{"id":147,"date":"2025-11-13T15:02:47","date_gmt":"2025-11-13T15:02:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/?p=147"},"modified":"2026-06-05T09:57:44","modified_gmt":"2026-06-05T09:57:44","slug":"1902","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/2025\/11\/13\/1902\/","title":{"rendered":"1902"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Janvier 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 4 janvier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 1<sup>er<\/sup> janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 8h \u00e0 Notre-Dame, o\u00f9 je communie. Papa nous donne ensuite notre cadeau de nouvel an&nbsp;; il me donne 10 francs&nbsp;; Maman m\u2019a donn\u00e9 hier 12 francs. Le temps est abominable, il pleut toute la journ\u00e9e&nbsp;; hier, au contraire, il faisait un temps magnifique et tr\u00e8s doux pour la saison. Malgr\u00e9 la temp\u00eate, l\u2019apr\u00e8s-midi, pendant que Maman re\u00e7oit des visites au salon, je distribue en ville un grand nombre de cartes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 2 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je re\u00e7ois 20 francs de l\u2019Oncle Paul. J\u2019\u00e9cris plusieurs lettres&nbsp;; \u00e0 2 heures, le\u00e7on de mandoline. J\u2019ai pri\u00e9 cette ann\u00e9e tous mes parents de me donner mes \u00e9trennes en esp\u00e8ces&nbsp;; je les r\u00e9unis pour l\u2019achat d\u2019une cha\u00eene de montre gileti\u00e8re en or jaune, du prix de 75 francs, que je fais venir de chez M. Laugier \u00e0 Biarritz&nbsp;; j\u2019en ai re\u00e7u hier deux au choix. Le soir \u00e0 7 heures, je vais d\u00eener chez M. et Mme des Loges&nbsp;; c\u2019est un d\u00eener de gar\u00e7ons, car, en dehors de M. et Mme des Loges et de leurs deux fils, il n\u2019y a que leurs cousins Robert de Kergaradek<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, Bonnet, Herv\u00e9-Bazin et moi. Apr\u00e8s le d\u00eener, on joue \u00e0 divers petits jeux de soci\u00e9t\u00e9. On se retire \u00e0 10h \u00bc apr\u00e8s le th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 3 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, nous recevons une lettre de Tata Mimi&nbsp;; elle contient un mandat de 55 francs dont 15 pour moi&nbsp;; avec ce que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0, cela me fait 77 francs pour mon premier de l\u2019an&nbsp;; j\u2019ai mis de c\u00f4t\u00e9 les 20 francs de Bonne Maman pour un ouvrage h\u00e9raldique qui arrivera au commencement de mars&nbsp;; mais comme d\u2019autre part&nbsp;; j\u2019ai enlev\u00e9 40 francs de mes \u00e9conomies de la caisse d\u2019\u00e9pargne, dont 15 s\u2019ajoutent aux 57 francs qu\u2019il me restaient, il me reste pour payer la cha\u00eene et la r\u00e9paration de la montre de mon bisa\u00efeul de Pontich, environ 70 francs, une fois les petites d\u00e9penses enlev\u00e9es&nbsp;; il est vrai que j\u2019ai envoy\u00e9 hier 20 francs au comit\u00e9 \u00e9lectoral de l\u2019Action lib\u00e9rale, qui s\u2019est form\u00e9 en vue des prochaines \u00e9lections l\u00e9gislatives sous la pr\u00e9sidence de M. Piou<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> et qui est patronn\u00e9 par <em>La Croix<\/em>&nbsp;; une autre fois, j\u2019avais donn\u00e9 5 francs \u00e0 une souscription faite parmi les \u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 pour envoyer aux comit\u00e9s \u00e9lectoraux catholiques ou monarchistes. Le matin, \u00e0 7h, j\u2019assiste \u00e0 la messe de la congr\u00e9gation \u00e0 la chapelle de la rue Rabelais, j\u2019y fais la sainte communion&nbsp;; ensuite, j\u2019assiste aux cours de droit qui reprennent aujourd\u2019hui. Le soir, \u00e0 8h \u00bd, nous allons tous \u00e0 un th\u00e9 chez la famille Gavouy\u00e8re&nbsp;; il y a aussi les dames Beaufils&nbsp;; on y fait beaucoup de musique. Nous nous retirons \u00e0 11 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 4 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; le soir, \u00e0 5h, escrime&nbsp;; \u00e0 8h conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 5 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me l\u00e8ve fort tard et nous n\u2019allons qu\u2019\u00e0 la grand\u2019messe. L\u2019apr\u00e8s-midi, avec Papa, nous allons distribuer un grand nombre de cartes en ville&nbsp;; nous allons faire une visite \u00e0 Monsieur Henry et \u00e0 son fils l\u2019abb\u00e9 Joseph Henry, nous ne les rencontrons pas. Le soir, entre 8h et 8h \u00bd, nous recevons au salon une quinzaine de personnes&nbsp;: M. et Mme Gavouy\u00e8re et les demoiselles Gavouy\u00e8re, M. Maurice et Mme Maurice Gavouy\u00e8re, Mme et Mlles Beaufils, Mme, Mlle et Ren\u00e9 de La Villebiot<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, M. de Falgui\u00e8re, Joseph et Jeanne de Soos<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. On fait de la musique, on joue \u00e0 divers petits jeux&nbsp;; on prend le th\u00e9 vers 10h \u00be, et on se retire vers 11h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 6 au 12 janvier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 6 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, il n\u2019y a que le premier cours de droit. \u00c0 dix heures, \u00e0 Saint Joseph, a lieu, ex\u00e9cut\u00e9 par les chanteurs de Saint Gervais, la messe du pape Marcel de Palestrina, au profit des \u0153uvres d\u2019\u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 catholique, car chaque place se paie 5 francs, m\u00eame pour les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 des chaises en location. Mgr Rumeau pr\u00e9side. Il y a plusieurs qu\u00eateuses, toutes parmi les dames ou les jeunes filles de l\u2019Universit\u00e9&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se qu\u00eate au bras d\u2019un \u00e9tudiant, M. Condroyer&nbsp;; c\u2019est elle qui re\u00e7oit l\u2019offrande de Monseigneur. La messe, sans accompagnement, est admirablement ex\u00e9cut\u00e9e. Par le train de 1h11, Papa part pour Le Mans, accompagnant au Sacr\u00e9-C\u0153ur Philom\u00e8ne, qui est rest\u00e9e deux jours de plus que ses vacances ne lui en donnaient le droit, afin d\u2019assister \u00e0 notre r\u00e9union d\u2019hier soir et \u00e0 la messe de ce matin. L\u2019apr\u00e8s-midi, avec Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, nous faisons plusieurs visites chez Mme de Moulins<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, que nous ne rencontrons pas&nbsp;; chez Mme Blanc, o\u00f9 nous sommes invit\u00e9s \u00e0 d\u00eener samedi&nbsp;; chez Mme Gavouy\u00e8re pour une visite de digestion&nbsp;; enfin, je vais seul faire une visite de digestion \u00e0 Mme des Loges. \u00c0 5h, conf\u00e9rence de droit romain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 7 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, les deux cours de droit&nbsp;; ensuite, je vais me faire couper les cheveux chez Normandin. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais, avec Papa, faire une visite \u00e0 Mgr Pasquier \u00e0 Saint-Aubin, il nous re\u00e7oit dans son magnifique cabinet de travail. \u00c0 quatre heures, le\u00e7on d\u2019allemand&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 8 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, cours d\u2019agriculture (d\u00e9sormais, le cours du samedi aura lieu le mercredi)&nbsp;; ensuite, je vais \u00e0 la biblioth\u00e8que de l\u2019Universit\u00e9 pr\u00e9parer la conf\u00e9rence de droit civil qui aura lieu \u00e0 5 heures&nbsp;; \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil de M. Jac.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 9 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures cours de m\u00e9t\u00e9orologie&nbsp;; \u00e0 2 heures, le\u00e7on de mandoline&nbsp;; \u00e0 8 heures, r\u00e9union de la congr\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 10 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2h \u00bd, je vais avec l\u2019Espagnol de Solis \u00e0 la foire aux vins d\u2019Anjou qui se tient dans un grand b\u00e2timent sur le champ de Mars. \u00c0 5h \u00be, cours d\u2019agriculture. Le soir \u00e0 8h \u00bc, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, conf\u00e9rence de M. Couette sur l\u2019a\u00e9rostation&nbsp;; elle dure jusqu\u2019\u00e0 8 heures. Nous apprenons, par une lettre de Tante Genin de Regnes \u00e0 Maman, la naissance du fils de mon oncle Albert de Lazerme, elle ne dit pas son nom<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp;; me voil\u00e0 un cousin de plus.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 11 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je retourne avec Herv\u00e9-Bazin \u00e0 la foire aux vins, je goute \u00e0 plusieurs \u00e9chantillons blancs et rouges. Le soir, \u00e0 7 heures, nous d\u00eenons tous chez les dames Blanc&nbsp;; c\u2019est un fort joli d\u00eener&nbsp;; nous sommes 14&nbsp;: Mme et les 2 demoiselles Blanc, M. et Mme Guinchez ou Quinchez<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, Mme Laforcade, la g\u00e9n\u00e9rale Bertrand, une dame dont je ne me rappelle pas le nom, M. et Mme Robiou du Pont<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> et nous 4. Nous nous retirons \u00e0 11 heures, apr\u00e8s le th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 12 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me l\u00e8ve \u00e0 8h \u00bd&nbsp;; je vais \u00e0 la messe de 11 heures. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 Saint-Serge aux v\u00eapres de l\u2019adoration et \u00e0 la procession qui les suit, avec le patronage. Le soir \u00e0 8h \u00be, nous allons tous en soir\u00e9e chez M. Ren\u00e9 Bazin qui r\u00e9unit ses coll\u00e8gues des facult\u00e9s catholiques et leur famille, la plupart des professeurs sont pr\u00e9sents. M. et Mme Ren\u00e9 Bazin, qui sont grand-p\u00e8re et grand-m\u00e8re depuis quinze jours, se sont amus\u00e9s \u00e0 se mettre des perruques blanches&nbsp;; de plus, M. Bazin porte 3 d\u00e9corations&nbsp;; c\u2019est une amusante plaisanterie. Apr\u00e8s le th\u00e9, on se retire, \u00e0 11 heures.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 13 au 19 janvier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 13 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 3 heures, je vais, avec Papa, Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se faire ma visite de digestion \u00e0 Mme Blanc&nbsp;; \u00e0 4 heures, conf\u00e9rence de droit administratif. Ensuite, comme, \u00e0 la place du cours d\u2019agriculture g\u00e9n\u00e9rale, il y a un cours de botanique dont Herv\u00e9-Bazin et moi nous sommes dispens\u00e9s, nous allons prendre le th\u00e9 dans la chambre de De Br\u00e9on. Le soir, Conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; Bonnet parle sur les \u00e9coles m\u00e9nag\u00e8res (sa m\u00e8re vient d\u2019en fonder une \u00e0 Angers)&nbsp;; puis Colcombet parle sur \u00ab&nbsp;Belle Isle en mer&nbsp;\u00bb&nbsp;; enfin, Normand d\u2019Authon, qui rentre de Saint-Nazaire, nous entretient pendant 35 minutes, en une brillante improvisation, sur les travaux \u00e9normes qui vont \u00eatre entrepris \u00e0 Nantes et \u00e0 Saint-Nazaire et qui feront de ces 2 ports, dans quelques ann\u00e9es, un des groupes maritimes les mieux outill\u00e9s d\u2019Europe, comme Hambourg en Br\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 14 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 15 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2h cours d\u2019agriculture, puis je vais travailler \u00e0 la biblioth\u00e8que jusqu\u2019\u00e0 5 heures, heure de la conf\u00e9rence de droit civil de M. Jac. Le soir \u00e0 7 heures, nous recevons \u00e0 d\u00eener quelques-uns de mes camarades&nbsp;: Jacques Herv\u00e9-Bazin, Jacques des Loges, Roger de Br\u00e9on, Henri Bonnet et l\u2019Espagnol Manuel de Solis-Desmaizi\u00e8res. Apr\u00e8s le d\u00eener, nous jouons \u00e0 divers petits jeux, on prend le th\u00e9 \u00e0 10h \u00bd et ils se retirent vers 11 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 16 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 2h, le\u00e7on de mandoline&nbsp;; ensuite nous allons tous faire une visite \u00e0 Mme Robiou du Pont&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours de m\u00e9t\u00e9orologie&nbsp;; le soir, il n\u2019y a pas r\u00e9union de la congr\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 17 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h, cours d\u2019agriculture&nbsp;; le soir \u00e0 8h \u00bc, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, conf\u00e9rence de M. Jac sur le bienheureux Grignon de Monfort, ses cantiques et ses po\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 18 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit, l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques, avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se, puis nous allons tous faire une visite de digestion chez Mme Ren\u00e9 Bazin&nbsp;; \u00e0 5h, je vais \u00e0 l\u2019escrime&nbsp;; le soir \u00e0 8h, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 19 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame, o\u00f9 je communie&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je reste au patronage Saint-Serge jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de 5 heures&nbsp;; ensuite, je vais, avec Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, faire une visite \u00e0 Mlle Grieshaker&nbsp;; le soir \u00e0 8h, nous recevons M. de Solis-Desmaisi\u00e8res&nbsp;qui vient prendre le th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 20 au 26 janvier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 20 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 5 heures \u00bc, cours d\u2019agriculture&nbsp;; avant le cours, je vais prendre le th\u00e9 chez De Br\u00e9on. Le soir \u00e0 8h, conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; Guy parle sur l\u2019assembl\u00e9e constituante et ses principaux orateurs, assez m\u00e9diocrement, aussi De la Coussaye<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a> fait-il des critiques qui durent une demi-heure&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u2020Angers, mardi 21 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; nous apprenons que Mademoiselle Marguerite Henry, la fille du professeur de droit civil, qui \u00e9tait malade depuis quelque temps, est menac\u00e9e d\u2019une pleur\u00e9sie&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je suis un moment le 135<sup>e<\/sup> qui revient d\u2019une revue&nbsp;; ensuite, je vais prendre une le\u00e7on d\u2019allemand chez Mlle Grieshaker, puis je vais au cours d\u2019agriculture&nbsp;; apr\u00e8s le cours, je vais \u00e0 l\u2019h\u00f4tel d\u2019Anjou o\u00f9 De Solis m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 d\u00eener, nous causons beaucoup de la l\u00e9gislation et des m\u0153urs de l\u2019Espagne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 22 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; j\u2019apprends \u00e0 la Facult\u00e9 que l\u2019\u00e9tat de Mlle Henry a empir\u00e9 pendant la nuit et que les m\u00e9decins la consid\u00e8rent comme perdue&nbsp;; aussi Papa passe-t-il son apr\u00e8s-midi \u00e0 d\u00e9commander les invitations \u00e0 d\u00eener qu\u2019il avait faites pour demain soir \u00e0 Mgr le Recteur et \u00e0 plusieurs autres personnes, presque toutes de l\u2019Universit\u00e9&nbsp;; en raison du deuil qui menace la famille d\u2019un professeur de l\u2019Universit\u00e9, Papa renvoie ce d\u00eener <em>sine die<\/em>. L\u2019apr\u00e8s-midi, cours d\u2019agriculture \u00e0 2 heures et conf\u00e9rence de droit civil \u00e0 5 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 23 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; j\u2019apprends \u00e0 la facult\u00e9 la mort de Mlle Henry survenue vers minuit&nbsp;; cette pauvre famille Henry si chr\u00e9tienne et si sympathique est vraiment bien \u00e9prouv\u00e9e&nbsp;; apr\u00e8s la mort de Paul Henry en juillet 1900 \u00e0 P\u00e9kin<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, on pouvait croire que Dieu l\u2019\u00e9pargnerait longtemps&nbsp;; il en a d\u00e9cid\u00e9 autrement&nbsp;! En raison de ce deuil, Papa et Maman, non contents d\u2019avoir ajourn\u00e9 <em>sine die<\/em> le d\u00eener qui devait avoir lieu ce soir, d\u00e9cident de renvoyer \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la mi-car\u00eame la soir\u00e9e que nous devions donner dans quelques jours. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, le\u00e7on de mandoline&nbsp;; ensuite, je vais visiter le mus\u00e9e que je ne connaissais pas encore&nbsp;; puis je vais faire la visite des pauvres&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours de m\u00e9t\u00e9orologie&nbsp;; \u00e0 8h, r\u00e9union de la Congr\u00e9gation de Notre-Dame de l\u2019Annonciation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 24 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit, l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, j\u2019assiste, aux Quinconces, \u00e0 une r\u00e9union de la commission des patronages o\u00f9 on d\u00e9cide d\u2019organiser dans les patronages des le\u00e7ons de gymnase&nbsp;; les \u00e9l\u00e8ves qui les suivront seront organis\u00e9s en compagnies appel\u00e9es \u00ab&nbsp;Compagnies de Saint-Maurice&nbsp;\u00bb. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. \u00c0 7 heures, je vais d\u00eener chez Mme Herv\u00e9-Bazin qui a r\u00e9uni quelques jeunes gens, De Br\u00e9on, Des Loges et moi (Bonnet, malade, s\u2019est excus\u00e9) en l\u2019honneur de Roger de Br\u00e9on qui a 20 ans aujourd\u2019hui&nbsp;; nous restons jusque vers 10h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 25 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, le premier cours seul a lieu \u00e0 cause des obs\u00e8ques de Mlle Marguerite Henry qui sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 10h \u00bd \u00e0 Saint-Joseph. Nous y assistons tous depuis la lev\u00e9e du corps \u00e0 la maison de la famille Henry jusqu\u2019\u00e0 la gare Saint-Serge o\u00f9 est conduit le cercueil qui sera amen\u00e9 \u00e0 Plougrescant (C\u00f4tes-du-Nord) o\u00f9 la famille poss\u00e8de une propri\u00e9t\u00e9 et o\u00f9 on a \u00e9lev\u00e9, il y a quelques mois, un monument \u00e0 Paul Henry&nbsp;; le corps de sa s\u0153ur y sera \u00e0 Plougrescant avant le sien, car ce dernier n\u2019arrivera que dans quelques semaines, ramen\u00e9 de P\u00e9kin aux frais du gouvernement. D\u00e9tail navrant&nbsp;: il y avait sur le cercueil, au milieu des couronnes et des autres bouquets, un bouquet de fleurs de mimosa que nous avions re\u00e7u d\u2019Ille pour orner la table le jour du d\u00eener en l\u2019honneur de Mgr Pasquier et que nous avions envoy\u00e9 aux Henry d\u00e8s que le d\u00eener a \u00e9t\u00e9 d\u00e9command\u00e9&nbsp;! Autre d\u00e9tail&nbsp;: devant la Mairie, le cort\u00e8ge fun\u00e8bre a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de s\u2019arr\u00eater pour laisser passer un mariage&nbsp;; quel contraste, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la vie, et de l\u2019autre la mort&nbsp;! L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques&nbsp;; \u00e0 5 heures, le\u00e7on d\u2019escrime&nbsp;; le soir, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 26 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame o\u00f9 je fais la sainte communion, puis \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste aux v\u00eapres \u00e0 Saint-Serge, puis au patronage, \u00e0 une s\u00e9ance o\u00f9 l\u2019on joue d\u2019abord une petite pi\u00e8ce enfantine <em>Don Quichotte et les petits meuniers<\/em>, puis <em>Le Malade imaginaire&nbsp;<\/em>; cette derni\u00e8re com\u00e9die est assez bien interpr\u00e9t\u00e9e, vue l\u2019inexp\u00e9rience des acteurs&nbsp;; malheureusement, les r\u00f4les de femmes \u00e9taient supprim\u00e9s. Le soir, nous attendons De Solis qui devait venir prendre le th\u00e9 comme dimanche dernier&nbsp;; mais il l\u2019a sans doute oubli\u00e9, ou il est malade, car il ne para\u00eet pas.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 27 au 31 janvier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 27 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; au cours de droit civil, M. Jac nous lit une lettre anonyme qu\u2019il a re\u00e7ue et dans laquelle on se plaint qu\u2019il fasse son cours beaucoup trop vite pour qu\u2019on puisse prendre des notes (ce qui est vrai) et on dit que si cela continue on se plaindra \u00ab&nbsp;au recteur Pasquier&nbsp;\u00bb&nbsp;; le ton de cette lettre est tout \u00e0 fait inconvenant, c\u2019est malheureux car M. Jac n\u2019en tiendra pas compte&nbsp;; ce qui est pire, c\u2019est que l\u2019auteur de cette lettre a sign\u00e9 \u00ab&nbsp;un \u00e9tudiant, au nom de tous&nbsp;\u00bb&nbsp;; pour s\u2019en venger et peut-\u00eatre aussi pour comparer les \u00e9critures, M. Jac \u00e9crit au bas de la lettre ces mots \u00ab&nbsp;l\u2019auteur de cette lettre est un goujat&nbsp;\u00bb et nous fait signer \u00e0 tous cette d\u00e9claration&nbsp;! L\u2019apr\u00e8s-midi, vers 4 heures, Maman, fatigu\u00e9e, se met au lit&nbsp;; \u00e0 4h, je vais \u00e0 la conf\u00e9rence de droit administratif&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, au cours d\u2019agriculture. Le soir \u00e0 8h, conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; De Saint-Pern lit un travail sur le scrutin de liste et le scrutin d\u2019arrondissement&nbsp;; il y a pas mal de choses \u00e0 relever de ce travail&nbsp;; j\u2019y fais quelques objections.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 28 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais, avec Papa, faire ma visite de digestion chez Mme Herv\u00e9-Bazin, nous ne la rencontrons pas. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Maman passe toute la journ\u00e9e au lit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 29 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin cours de droit&nbsp;; apr\u00e8s le cours, je vais envoyer de la part de Maman une d\u00e9p\u00eache de f\u00e9licitations \u00e0 ma cousine Marguerite de Saint-Jean<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a> qui \u00e9pouse aujourd\u2019hui M. Cl\u00e9ment Garau, receveur de l\u2019enregistrement \u00e0 Arles-sur-Tech (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales)&nbsp;; le mariage a lieu \u00e0 Prades. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, cours d\u2019agriculture&nbsp;; \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil. Le soir, Maman re\u00e7oit une lettre de ma tante Isabelle Cornet de Bosch lui annon\u00e7ant le prochain mariage de sa fille, ma cousine Marie, avec le lieutenant d\u2019infanterie Companyo<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>&nbsp;; c\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment le jour des mariages dans notre famille&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 30 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2h,&nbsp;le\u00e7on de mandoline&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 31 janvier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire une visite \u00e0 De Solis, puis le\u00e7on d\u2019escrime.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">F\u00e9vrier 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 f\u00e9vrier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit. Quand je rentre de la Facult\u00e9, Maman me fait lire une d\u00e9p\u00eache de Tante Josepha qu\u2019elle vient de recevoir, lui annon\u00e7ant la nomination de l\u2019oncle Paul \u00e0 Angers, au commandement du 6<sup>e<\/sup> g\u00e9nie. Cette nouvelle, reproduite d\u00e9j\u00e0 par le <em>Maine-et-Loire<\/em>, nous comble tous de joie, nous sommes litt\u00e9ralement ravis \u00e0 la pens\u00e9e que nous allons \u00eatre en famille ici&nbsp;; nous nous empressons de t\u00e9l\u00e9graphier notre joie aux Magu\u00e9. Ce bonheur, que nous n\u2019aurions pas os\u00e9 esp\u00e9rer, nous arrive pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 nous souffrions davantage de l\u2019isolement que notre origine \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l\u2019Anjou nous occasionnait&nbsp;; aussi nous para\u00eet-il d\u2019autant plus grand. Il faut avouer que s\u2019il y a de tristes jours dans la vie, il y a aussi, de loin en loin, des jours bien joyeux&nbsp;! Le soir, \u00e0 cause de la neige et de mon rhume de cerveau qui a l\u2019air de vouloir recommencer, je ne ressors pas.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"932\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie-1024x932.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-149\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie-1024x932.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie-300x273.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie-768x699.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie-1536x1398.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_115719-Copie.jpg 1695w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Paul Magu\u00e9 (1849-1912), colonel et futur g\u00e9n\u00e9ral de brigade &nbsp;\u2013 Collection Pierre Lemaitre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 2 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je ne vais qu\u2019\u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Notre-Dame&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s quelques courses, je vais au salut chez les Dominicains avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 9 f\u00e9vrier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 3 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit. Apr\u00e8s le second cours, je vais avec Papa et Marie-Th\u00e9r\u00e8se (Maman, malade, ne peut y venir) \u00e0 l\u2019enterrement de M. Fr\u00e9d\u00e9ric de La Villebiot, le p\u00e8re de MM. Georges et Geoffroy de La Villebiot, qui a lieu \u00e0 Saint-Joseph&nbsp;; on porte ensuite le corps \u00e0 Br\u00e9on. Le soir, \u00e0 7 heures, nous recevons \u00e0 d\u00eener Mgr le Recteur Pasquier, M. le cur\u00e9 de Saint-Serge, MM. A Gavouy\u00e8re, Jac, Courtois et Buston.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 4 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, je vais prendre une le\u00e7on de danse chez Letournel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 5 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, cours d\u2019agriculture&nbsp;; \u00e0 3h \u00bd, je vais prendre une le\u00e7on de danse. Le soir, \u00e0 dix heures, je vais au bal offert par le marquis et la marquise de Kergos<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>&nbsp;; je danse avec Mlles de Farcy, de Beauchamp, de Chemellier et, pour le cotillon, avec Mlle Bodinier, la fille du s\u00e9nateur conservateur d\u2019Angers<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>&nbsp;; le buffet est des mieux servis&nbsp;; il y a environ 110 \u00e0 120 invit\u00e9s&nbsp;; on se retire de bonne heure, vers 1h \u00bd.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/guillaume.0.bodinier.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"386\" height=\"476\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/guillaume.0.bodinier.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-150\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/guillaume.0.bodinier.png 386w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/guillaume.0.bodinier-243x300.png 243w\" sizes=\"auto, (max-width: 386px) 100vw, 386px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Guillaume Bodinier (1847-1922), s\u00e9nateur du Maine-et-Loire de 1897 \u00e0 1922 &nbsp;\u2013 Cr\u00e9dits Archives d\u00e9partementales du Maine-et-Loire<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 6 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, m\u2019\u00e9tant lev\u00e9 \u00e0 8 heures, je ne vais qu\u2019au second cours&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 un cours de chimie agricole de M. Moreau, puis je vais me confesser \u00e0 l\u2019\u00e9glise des P\u00e8res Dominicains&nbsp;; ensuite, \u00e0 5h \u00bc, j\u2019assiste au cours ordinaire d\u2019agriculture. \u00c0 7 heures, je vais d\u00eener chez M. et Mme Bonnet avec Des Loges, Herv\u00e9-Bazin et De Br\u00e9on&nbsp;; quand je rentre \u00e0 la maison, vers 11h \u00be, je trouve Maman affol\u00e9e et Papa d\u00e9j\u00e0 parti \u00e0 ma recherche parce qu\u2019ils me croyaient victime d\u2019une agression nocturne \u00e0 cause de l\u2019heure un peu tardive \u00e0 laquelle je rentre&nbsp;; elle s\u2019explique par ce fait que le d\u00eener n\u2019a commenc\u00e9 qu\u2019\u00e0 8 heures et que le th\u00e9, par voie de cons\u00e9quence, n\u2019a \u00e9t\u00e9 servi qu\u2019\u00e0 11 heures&nbsp;; heureusement, Papa rentre bient\u00f4t et nous nous mettons au lit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 7 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je ne me l\u00e8ve que vers 10 heures et je manque les deux cours parce que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 indispos\u00e9 pendant la nuit, probablement \u00e0 cause du trop bon d\u00eener de Mme Bonnet ou de l\u2019\u00e9motion que m\u2019a caus\u00e9 l\u2019effroi de Maman. L\u2019apr\u00e8s-midi, je fais la visite des pauvres, puis je vais voir De Solis avec qui je cause pendant plus d\u2019une heure.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 8 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je fais diverses commissions. Le soir, \u00e0 10h \u00bc, je vais au bal offert par la baronne Le Guay<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>&nbsp;; il y a environ 200 invit\u00e9s que le grand salon, une immense serre \u00e9clair\u00e9e par une multitude de lampions diss\u00e9min\u00e9s dans des guirlandes de lierre et le buffet, ont de la peine \u00e0 contenir&nbsp;; l\u2019orchestre est excellent, je danse avec Mlles de Farcy, de La Salle, Bodinier et de Chemellier&nbsp;; je me retire \u00e0 1h \u00bd avant le cotillon qui a d\u00fb durer au moins jusqu\u2019\u00e0 4 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 9 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve vers 10 heures et je vais \u00e0 la messe de 11 heures. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons au salut chez les Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 10 au 16 f\u00e9vrier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 10 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, Papa et Marie-Th\u00e9r\u00e8se partent pour Paris par le rapide de 10h25&nbsp;; Papa profite du cong\u00e9 des jours gras pour accompagner Marie-Th\u00e9r\u00e8se \u00e0 Neuilly o\u00f9 elle va passer une quinzaine chez Tata Mimi. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire ma visite de digestion chez Mme Bonnet&nbsp;; je vais aussi chez M. Delahaye avec qui je cause des premi\u00e8res n\u00e9gociations qu\u2019il a engag\u00e9es avec la famille Rogeron au sujet d\u2019un projet de mariage entre Mlle Rogeron et Henri des Cordes<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 11 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne me l\u00e8ve que fort tard \u00e0 cause du cong\u00e9 du mardi gras&nbsp;; toujours \u00e0 cause de ce cong\u00e9, j\u2019ai mon apr\u00e8s-midi libre&nbsp;; j\u2019en profite pour partir \u00e0 b\u00e9cane&nbsp;: je vais jusqu\u2019au Lion d\u2019Angers&nbsp;; je vais sonner chez Roussier que je ne rencontre pas. Je rentre par le train qui arrive \u00e0 Angers \u00e0 6h34.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 12 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aujourd\u2019hui le mercredi des cendres&nbsp;; je prends cendres \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 la chapelle de l\u2019Internat Saint-Clair&nbsp;; les cours ont lieu ensuite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 3 heures, je vais consulter un m\u00e9decin sp\u00e9cialiste, M. Devau, sur un rhume de cerveau que j\u2019ai pris en novembre et qui n\u2019est pas encore compl\u00e8tement termin\u00e9&nbsp;; il me dit que cela ne pr\u00e9sente pas la moindre gravit\u00e9 et passera \u00e0 la belle saison. \u00c0 5 heures, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 13 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; c\u2019est maintenant M. Albert qui nous fait le cours de droit criminel \u00e0 la place de M. Ren\u00e9 Bazin qui est \u00e0 Paris jusqu\u2019\u00e0 P\u00e2ques. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, le\u00e7on de mandoline&nbsp;; ensuite, je vais, avec un gar\u00e7on d\u2019une agence de locations, visiter des maisons pour le compte de l\u2019oncle Paul, je les trouve toutes trop petites&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. \u00c0 8 heures, r\u00e9union de la congr\u00e9gation, apr\u00e8s laquelle on nous occupe \u00e0 \u00e9crire beaucoup d\u2019adresse pour les convocations au prochain congr\u00e8s de l\u2019Association catholique de la jeunesse fran\u00e7aise qui aura lieu \u00e0 Nantes \u00e0 la fin du mois.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 14 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 11 heures, apr\u00e8s les cours, je vais, en compagnie du gar\u00e7on de l\u2019agence de location, visiter une maison que je n\u2019avais pas vue hier, rue Saint-Julien&nbsp;; il y a de grands salons&nbsp;; elle pourrait convenir \u00e0 l\u2019oncle Paul, mais le prix (2400 fr.) est un peu \u00e9lev\u00e9&nbsp;; peut-\u00eatre le propri\u00e9taire consentira-t-il \u00e0 une r\u00e9duction&nbsp;? L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019\u00e9cris \u00e0 l\u2019oncle Paul le r\u00e9sultat de mes recherches, puis je repasse des mati\u00e8res de droit civil. \u00c0 8 heures, je vais faire ma visite \u00e0 Madame de Kergos. Le soir, \u00e0 8 heures, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, conf\u00e9rence de M. l\u2019abb\u00e9 Marchand sur \u00ab&nbsp;Les ignorances de Louis XIV&nbsp;\u00bb, la conf\u00e9rence para\u00eet document\u00e9e, malheureusement, l\u2019abb\u00e9 Marchand a la voix si faible que, de ma place, on perd la moiti\u00e9 de sa conf\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 15 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019accompagne avec ma bicyclette, un bout de chemin, Roussier qui part, aussi \u00e0 bicyclette, pour Le Lion&nbsp;; puis je vais me confesser au cur\u00e9 de Saint-Jacques. \u00c0 5 heures, je vais voir De Solis, il me pr\u00e9sente son cousin, jeune officier de l\u2019arm\u00e9e espagnole, arriv\u00e9 avant-hier. Ensuite, je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Papa arrive ce soir de Paris, il a laiss\u00e9 Marie-Th\u00e9r\u00e8se \u00e0 Neuilly chez Tata Mimi. \u00c0 8 heures du soir, conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 16 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019assiste avec Papa \u00e0 la messe des soci\u00e9t\u00e9s de Saint-Vincent-de-Paul \u00e0 la cath\u00e9drale \u00e0 7h \u00bd o\u00f9 nous communions. L\u2019apr\u00e8s-midi, Papa et moi assistons au 8<sup>e<\/sup> concert populaire au cirque-th\u00e9\u00e2tre&nbsp;; on joue un tr\u00e8s joli po\u00e8me symphonique en r\u00e9 majeur de Beethoven en 4 actes&nbsp;; puis divers morceaux&nbsp;; enfin le 4<sup>e<\/sup> acte de Siegfried avec chant en allemand, puis Tristan et Yseult&nbsp;; il y a trop de Wagner, c\u2019est un bruit assourdissant qui casse la t\u00eate malgr\u00e9 le charme sp\u00e9cial que l\u2019on \u00e9prouve \u00e0 se sentir \u00e9cras\u00e9 par les sons puissants et par les grondements de l\u2019orchestre. \u00c0 5 heures, nous allons au salut chez les Dominicains, et \u00e0 8 heures, \u00e0 la r\u00e9union g\u00e9n\u00e9rale des conf\u00e9rences Saint-Vincent-de-Paul, place Saint-Martin.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 17 au 23 f\u00e9vrier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 17 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je fais ma visite \u00e0 Mme Le Guay, puis j\u2019assiste au cours d\u2019agriculture. \u00c0 8 heures, conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; No\u00ebl lit un int\u00e9ressant travail sur \u00ab&nbsp;Les chemins de fer au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 18 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, il n\u2019y a pas cours de droit romain parce que M. Coulbault est malade&nbsp;; mais il y a cours de droit administratif. Il n\u2019y a pas de cours d\u2019agriculture dans l\u2019apr\u00e8s-midi parce que les \u00e9l\u00e8ves sont en excursion agricole&nbsp;; j\u2019assiste, \u00e0 la cour d\u2019assises, \u00e0 la condamnation \u00e0 deux ann\u00e9es d\u2019emprisonnement avec b\u00e9n\u00e9fice de la loi B\u00e9renger d\u2019un individu qui avait vol\u00e9 800 frs. et \u00e0 l\u2019acquittement de sa femme qui \u00e9tait poursuivie pour complicit\u00e9&nbsp;; cette derni\u00e8re \u00e9tait d\u00e9fendue par Normand d\u2019Authon. Nous recevons une d\u00e9p\u00eache de l\u2019oncle Paul qui devait arriver ce soir&nbsp;; il est gripp\u00e9 et n\u2019arrivera que vendredi ou samedi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 19 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de droit&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures cours d\u2019agriculture&nbsp;; ensuite je pr\u00e9pare ma conf\u00e9rence \u00e0 la biblioth\u00e8que&nbsp;; \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 20 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels, M. Coulbault \u00e9tant r\u00e9tabli&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures cours d\u2019agriculture, auparavant le\u00e7on de mandoline et visite des pauvres. Une lettre de Tante Josepha nous dit que l\u2019oncle Paul n\u2019est pas parti lundi \u00e0 cause d\u2019un petit rhume mais qu\u2019il arrivera probablement demain matin. Le soir, r\u00e9union de la congr\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 21 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019oncle Paul n\u2019arrive pas, une lettre de N\u00e9nette nous annonce son arriv\u00e9e pour demain matin&nbsp;; je d\u00e9jeune \u00e0 10h \u00bd et d\u00e8s onze heures, je suis \u00e0 la cour d\u2019assises o\u00f9 il y a affluence, car on juge un nomm\u00e9 Delalande, \u00e2g\u00e9 de 19 ans \u00bd qui \u00e9tait d\u00e9tenu \u00e0 la Maison centrale de Fontevrault et qui a assassin\u00e9 un gardien pour s\u2019\u00e9vader&nbsp;; l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral, qui parle pendant pr\u00e8s d\u2019une heure, demande la peine de mort&nbsp;; l\u2019avocat demande le rejet des deux circonstances aggravantes de pr\u00e9m\u00e9ditation et du d\u00e9lit d\u2019\u00e9vasion. Le jury rejette ces deux circonstances et Delalande est condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, plus un an de cellule pour achever de purger son ancienne peine. Les d\u00e9bats sont termin\u00e9s vers 5 heures. \u00c0 5 heures, je vais me confesser \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Brossard, car je n\u2019aurai pas le temps d\u2019y aller demain avant mon d\u00e9part pour Nantes. \u00c0 8 heures \u00bd, conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du comte du Plessis de Gren\u00e9dan, professeur, sur \u00ab&nbsp;Le bluff anglo-saxon et la pr\u00e9tendue supr\u00e9matie des Anglo-saxons&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Nantes, samedi 22 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. Apr\u00e8s les cours, je trouve \u00e0 la maison l\u2019oncle Paul qui est arriv\u00e9 par le train de 8h45, il est encore il peu enrhum\u00e9. Par le train de 2h34, je pars pour Nantes avec plusieurs \u00e9tudiants&nbsp;; nous y arrivons \u00e0 4 heures \u00e0 peu pr\u00e8s. Nous descendons \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Bretagne&nbsp;; l\u2019h\u00f4tel est envahi par des jeunes gens venus un peu de partout assister au congr\u00e8s de l\u2019Union r\u00e9gionale de l\u2019Association catholique de la Jeunesse fran\u00e7aise de l\u2019Ouest. Nous visitons la ville, quelques camarades et moi&nbsp;; puis on d\u00eene \u00e0 6h \u00bd, et, \u00e0 8h \u00bc a lieu l\u2019ouverture du congr\u00e8s dans la salle de l\u2019\u0153uvre des cercles catholiques d\u2019ouvriers, rue du Chapeau rouge&nbsp;: allocution de Charles Gallet, discours de Jean Lerolle<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a> et du comte Rouill\u00e9 d\u2019Orfeuil<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a>&nbsp;; dans ces deux discours, je remarque quelques mots \u00e0 redire sur l\u2019action sociale&nbsp;; la s\u00e9ance est finie \u00e0 10h \u00bc. Avant de me coucher, j\u2019exp\u00e9die des cartes postales de Nantes un peu dans toutes les directions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Nantes, dimanche 23 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve \u00e0 6h \u00bd pour assister \u00e0 la messe de communion de 7h \u00bd dans la chapelle de l\u2019\u0153uvre des cercles catholiques d\u2019ouvriers, puis d\u00e9jeuner&nbsp;; \u00e0 9 heures, premi\u00e8re s\u00e9ance d\u2019\u00e9tude&nbsp;: lecture de plusieurs rapports sur les progr\u00e8s de la Jeunesse catholique depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re&nbsp;; discussions \u00e0 la suite de ces rapports&nbsp;; puis \u00e9lection du pr\u00e9sident de l\u2019Union r\u00e9gionale de l\u2019Ouest, Normand d\u2019Authon est \u00e9lu&nbsp;; du vice-pr\u00e9sident, De Saint-Pern est \u00e9lu&nbsp;; et de deux membres du conseil r\u00e9gional, Gaudineau et Joseph Vachez sont \u00e9lus&nbsp;; ce sont tous ceux pour lesquels j\u2019avais vot\u00e9 sauf pour le vice-pr\u00e9sident (j\u2019avais vot\u00e9 pour De Monti de Rez\u00e9)&nbsp;; n\u2019ont pris part au vote que ceux des membres ayant voix consultative, c\u2019est-\u00e0-dire un quart environ&nbsp;; je votais au nom de la Commission des patronages d\u2019Angers. \u00c0 midi, banquet suivi de 10 toasts, nous \u00e9tions plus de 250 \u00e0 ce banquet. \u00c0 2h \u00bc, seconde s\u00e9ance de travail \u00e0 la suite de laquelle on discute les statuts de la nouvelle Union dioc\u00e9saine nantaise qui est fond\u00e9e aujourd\u2019hui. Apr\u00e8s cette s\u00e9ance, je rentre un moment \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, puis je me dirige vers la basilique Saint-Nicolas ou a lieu la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture du congr\u00e8s&nbsp;; j\u2019y arrive un peu en retard \u00e0 cause des haies de troupes que l\u2019on rencontre dans tous les coins de rues pour prot\u00e9ger le passage du ministre radical-socialiste des Travaux publics, M. Pierre Baudin, venu aujourd\u2019hui \u00e0 Nantes pr\u00e9sider un congr\u00e8s de la Loire navigable&nbsp;; quand le cort\u00e8ge est pass\u00e9 au milieu de la place royale, noire de monde, et dans le silence glacial de la foule, je vais \u00e0 Saint-Nicolas&nbsp;; tr\u00e8s belle c\u00e9r\u00e9monie. Nous repartons par le train de 8h50 et nous arrivons \u00e0 Angers \u00e0 10h17&nbsp;; Jean m\u2019attendait \u00e0 la gare.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 24 au 28 f\u00e9vrier 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 24 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne vais qu\u2019au second cours&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 4 heures, conf\u00e9rence de droit administratif&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. \u00c0 8h \u00bd, salle des Quinconces, conf\u00e9rence de Jean Lerolle sur le m\u00eame sujet qu\u2019avant-hier \u00e0 Nantes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 25 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, avec l\u2019oncle Paul je fais une tourn\u00e9e de maisons, l\u2019oncle Paul ne trouve rien qui lui convienne. \u00c0 5 heures, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 26 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures cours d\u2019agriculture, \u00e0 5 heures conf\u00e9rence de droit civil. Au retour de la Facult\u00e9, je trouve \u00e0 la maison Margot<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a> et Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui sont arriv\u00e9es \u00e0 5 heures de Paris&nbsp;; Margot est ici pour une quinzaine de jours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 27 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s la le\u00e7on de mandoline, je vais faire avec Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se une visite \u00e0 Mme Bodinier, la femme du s\u00e9nateur<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, avec laquelle nous n\u2019\u00e9tions pas encore en relations, elle est tr\u00e8s aimable envers nous.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 28 f\u00e9vrier 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec l\u2019oncle Paul \u00e0 la caserne du g\u00e9nie o\u00f9 l\u2019oncle Paul me fait visiter son bureau qui est fort bien install\u00e9&nbsp;; ensuite, je vais sur la place Monprofit attendre un bataillon du 6<sup>e<\/sup> g\u00e9nie qui devait passer par l\u00e0 et rentrer \u00e0 Angers musique en t\u00eate&nbsp;; j\u2019y suis \u00e0 4 heures, heure \u00e0 laquelle il devait passer, je l\u2019attends jusqu\u2019\u00e0 5h moins un quart, mais il ne passe pas, sans doute, l\u2019heure aura \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e au dernier moment&nbsp;; ensuite, je vais voir De Solis et son cousin avant de rentrer \u00e0 la maison, puis je vais faire la visite des pauvres \u00e0 Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mars 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 1<sup>er<\/sup> mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019oncle Paul va \u00e0 Tours faire une visite au g\u00e9n\u00e9ral Tanchot<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>, commandant du IX<sup>e<\/sup> corps d\u2019arm\u00e9e&nbsp;; il rentre \u00e0 5 heures. Le matin, j\u2019assiste aux cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusqu\u2019\u00e0 4h \u00bd, puis je sors avec Margot, ensuite je vais \u00e0 l\u2019escrime. Le soir \u00e0 8 heures, conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/TANCHOT.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"216\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/TANCHOT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-151\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Louis Tanchot (1838-1910), g\u00e9n\u00e9ral de division &nbsp;\u2013 Cr\u00e9dits site military-photos.com<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 2 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au patronage jusqu\u2019\u00e0 5 heures. Nous d\u00eenons \u00e0 5h 1\/4. Pour que l\u2019on puisse pr\u00e9parer la salle \u00e0 manger pour notre soir\u00e9e de ce soir. \u00c0 9 heures, nous recevons quarante \u00e0 quarante-cinq personnes&nbsp;; comme on ne danse pas \u00e0 cause du car\u00eame et aussi \u00e0 cause des malheurs publics, on fait de la musique \u2013 piano, violon, chant, monologues \u2013 puis, \u00e0 la fin, on proc\u00e8de au tirage d\u2019une loterie tr\u00e8s amusante, chaque invit\u00e9 emporte deux lots&nbsp;; nombreuses visites au buffet qui \u00e9tait fort bien garni. On se retire vers une heure.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 9 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 3 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 l\u2019heure du cours d\u2019agriculture qui n\u2019a pas lieu, je vais prendre un bain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 4 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi nous accompagnons Margot chez le P\u00e8re des Cars dont elle est la cousine, puis je vais faire une visite \u00e0 M. de Boisaubin<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>, que je ne rencontre pas&nbsp;; ensuite, le\u00e7on d\u2019allemand, puis cours d\u2019agriculture. Maman, qui a une forte migraine, ne quitte pas le lit de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 5 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, Maman ne re\u00e7oit pas \u00e0 cause de sa migraine d\u2019hier, qui va mieux, mais qui l\u2019a laiss\u00e9e fatigu\u00e9e. Je vais visiter la maison du boulevard du Palais, 7, appartenant \u00e0 M. Gautret de la Morici\u00e8re<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, que l\u2019oncle Paul a lou\u00e9e pour 2300 frs., elle a de grands avantages&nbsp;: d\u2019abord, \u00eatre fort bien plac\u00e9e, sur le Champ de Mars, sans vis-\u00e0-vis, puis d\u2019avoir \u00e9curie et remise et, avantage particulier nous nous, d\u2019\u00eatre \u00e0 une minute \u00e0 peine de chez nous ; mais elle a l\u2019inconv\u00e9nient d\u2019avoir un salon de dimension \u00e0 peine moyenne, et une toute petite salle \u00e0 manger. Mais il n\u2019y avait pas de maison plus confortable \u00e0 louer en ce moment. Je vais ensuite au cours d\u2019agriculture, puis \u00e0 la conf\u00e9rence de droit civil.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 6 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais, avec l\u2019oncle Paul et Margot, chez divers marchands de meubles pour l\u2019oncle Paul qui cherche une table de travail&nbsp;; \u00e0 5 heures \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir \u00e0 8 heures, salle des Quinconces, conf\u00e9rence de Mgr de Saune<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, \u00e9v\u00eaque coadjuteur de Madagascar, sur Madagascar&nbsp;; Mgr de Saune est un ancien lieutenant d\u2019artillerie, il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 Polytechnique dans la m\u00eame promotion que l\u2019oncle Paul, qui a conserv\u00e9 les meilleures relations avec lui. \u00c0 la suite de la conf\u00e9rence, il y a quelques projections.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/HenriLespinassedeSauneTananarive1903.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"578\" height=\"627\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/HenriLespinassedeSauneTananarive1903.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-154\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/HenriLespinassedeSauneTananarive1903.jpg 578w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/HenriLespinassedeSauneTananarive1903-277x300.jpg 277w\" sizes=\"auto, (max-width: 578px) 100vw, 578px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Mgr Henri Lespinasse de Saune (1850-1929) sur son cheval \u00e0 Madagascar, vers 1903<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 7 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit administratif&nbsp;; auparavant, je vais faire la visite des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 8 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours habituels&nbsp;; ensuite, je vais avec l\u2019oncle Paul faire un tour au march\u00e9 pour voir si nous ne trouverons pas \u00e0 acheter de vieilles fa\u00efences&nbsp;; nous ne trouvons rien. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures cours d\u2019agriculture \u00e0 la place de celui qui n\u2019a pas eu lieu lundi&nbsp;; ensuite, je vais faire visiter \u00e0 l\u2019oncle Paul plusieurs magasins de meubles anciens&nbsp;; puis, je vais me confesser \u00e0 M. le cur\u00e9 de Saint-Jacques&nbsp;; je vais ensuite \u00e0 la salle d\u2019armes. Le soir \u00e0 8 heures, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 9 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Papa \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Saint-Serge o\u00f9 nous faisons la sainte communion. L\u2019apr\u00e8s-midi, je visite avec l\u2019oncle Paul le mus\u00e9e \u00e9tabli dans l\u2019h\u00f4tel Pinc\u00e9 rue Lenepveu&nbsp;; puis je vais rejoindre Maman, Margot et Marie-Th\u00e9r\u00e8se \u00e0 Saint-Laud o\u00f9 nous entendons le premier sermon de la mission qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui pour durer jusqu\u2019\u00e0 P\u00e2ques. Ensuite, je vais avec Margot chez M. Delahaye en vue du projet de mariage entre Henri des Cordes et Mlle Rogeron.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 10 au 16 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 10 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi je travaille le droit romain jusqu\u2019\u00e0 cinq heures&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir \u00e0 8 heures, conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; Le Prado lit un travail sur \u00ab&nbsp;Les alcools d\u2019industrie&nbsp;\u00bb \u00e0 la suite duquel une assez vive discussion s\u2019engage sur la qualit\u00e9 des vins du Midi&nbsp;; j\u2019y prends part en faisant observer que si la qualit\u00e9 de ces vins est assez m\u00e9diocre depuis 2 ans, cela tient \u00e0 des circonstances exceptionnelles. \u00c0 10 heures, l\u2019oncle Paul part pour Toulouse o\u00f9 il va surveiller le d\u00e9m\u00e9nagement de ses meubles&nbsp;; il sera de retour dimanche matin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 11 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019accompagne Margot \u00e0 Saint-Laud, puis je me mets au travail jusque vers 5 heures. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir, \u00e0 Notre-Dame, nous assistons au sermon du P\u00e8re Vihan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 12 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, cours d\u2019agriculture&nbsp;; \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil. Le soir, je reste \u00e0 la maison, pendant que Papa, Maman et Margot sont au sermon, pour pr\u00e9parer mon examen pr\u00e9paratoire de demain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 13 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, je subis l\u2019examen pr\u00e9paratoire&nbsp;; j\u2019obtiens une rouge pour le droit romain, une rouge pour le droit civil et une rouge-blanche pour le droit administratif&nbsp;; je subirai l\u2019examen de droit criminel apr\u00e8s le retour de M. Bazin. Comme r\u00e9sultat, ce n\u2019est pas merveilleux, mais c\u2019est bien suffisant pour \u00eatre re\u00e7u et c\u2019est tout ce que je pouvais demander \u00e0 la fin du premier semestre, d\u2019ailleurs ce sont les notes que j\u2019avais obtenues l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 cet examen. Apr\u00e8s l\u2019examen, je vais, avec Papa, Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, chez Priet o\u00f9 nous choisissons pour Mimi Cornet, \u00e0 l\u2019occasion de son mariage, une grande fontaine \u00e0 th\u00e9 Louis XVI en m\u00e9tal fortement argent du prix de 100 francs. C\u2019est aujourd\u2019hui que nous arr\u00eatons le programme de mes vacances de P\u00e2ques&nbsp;: j\u2019irai, du vendredi 21 au vendredi 28 (vendredi saint) \u00e0 Neuilly chez Tata Mimi&nbsp;; j\u2019en partirai ce jour-l\u00e0 pour arriver le lendemain 29 mars (samedi saint) \u00e0 Ille ou \u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; j\u2019y resterai jusqu\u2019apr\u00e8s le mariage de ma cousine Marie Cornet de Bosch qui aura lieu probablement le 10 avril et pour lequel Mimi Cornet a eu l\u2019amabilit\u00e9 de m\u2019inviter \u00e0 \u00eatre gar\u00e7on d\u2019honneur<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Papa et moi, nous repartirons directement du Roussillon pour rentrer \u00e0 Angers. Le soir \u00e0 8 heures, Papa et moi nous assistons \u00e0 Saint-Serge \u00e0 une conf\u00e9rence pour les hommes (il y en a au moins 300 \u00e0 400), par le P\u00e8re Mouton.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 14 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 3 heures, je vais avec Maman chez M. Desvaux, le sp\u00e9cialiste que j\u2019avais consult\u00e9 il y a environ un mois au sujet de mon rhume de cerveau qui a dur\u00e9 tout l\u2019hiver et qui n\u2019est pas encore enti\u00e8rement termin\u00e9&nbsp;; il constate que la muqueuse est moins irrit\u00e9e qu\u2019il y a un mois. Ensuite, je vais me promener du c\u00f4t\u00e9 des casernes en construction \u00e0 la Brisepoti\u00e8re o\u00f9 il est probable que je logerai pendant mon service militaire si je puis le faire \u00e0 Angers, puis je vais faire la visite des pauvres. \u00c0 6 heures, je vais, ainsi que tous les autres \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole d\u2019agriculture, chez le P. V\u00e9tillart qui nous demande de remplir les fonctions de commissaires \u00e0 l\u2019audition que les chanteurs de Saint-Gervais donneront vendredi, \u00e0 la cath\u00e9drale, au profit de l\u2019\u00e9cole d\u2019agriculture&nbsp;; il nous explique ce que nous aurons \u00e0 faire&nbsp;; il est probable que je serai parti vendredi \u00e0 l\u2019heure de cette c\u00e9r\u00e9monie&nbsp;! Le soir, nous allons tous au sermon de la mission \u00e0 Saint-Serge.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 15 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, il n\u2019y a pas de premier cours, car le cours de droit international ne commence que lundi, j\u2019en profite pour aller \u00e0 la gare prendre du tuyau sur des billets circulaires. Ensuite, cours ordinaire. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, le\u00e7on d\u2019escrime. Le soir, \u00e0 8h \u00bc, Mgr Rumeau fait, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, une conf\u00e9rence sur la libert\u00e9 d\u2019enseignement qui est si compromise par les projets de loi d\u00e9pos\u00e9s au S\u00e9nat et par l\u2019abrogation de la loi Falloux qui a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e, en principe, par la Chambre des d\u00e9put\u00e9s. Il est \u00e9vident, comme le dit fort bien Monseigneur, que le sort de cette libert\u00e9 essentielle est subordonn\u00e9 au r\u00e9sultat des \u00e9lections l\u00e9gislatives.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 16 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019assiste \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph avec Margot. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019envoie \u00e0 <em>La Croix<\/em> le compte-rendu de la conf\u00e9rence d\u2019hier soir, puis je vais du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Laud o\u00f9 je vois passer la procession de la Vraie Croix&nbsp;; puis je vais me promener avec l\u2019oncle Paul, qui est rentr\u00e9 ce matin de Toulouse. Le soir, \u00e0 Saint-Serge, j\u2019assiste avec Papa \u00e0 la conf\u00e9rence donn\u00e9e pour les hommes seuls par le P\u00e8re Mouton.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 17 au 23 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 17 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, apr\u00e8s le cours de M. Jac, Papa devait faire le premier cours de droit international, mais je ne sais quel imb\u00e9cile ayant enlev\u00e9 et \u00e0 moiti\u00e9 bris\u00e9 la porte de la salle de cours, le cours de Papa ne peut avoir lieu. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 la gare faire ma demande d\u2019un billet circulaire \u00e0 itin\u00e9raire facultatif&nbsp;: je le prendrai vendredi au moment de mon d\u00e9part. L\u2019itin\u00e9raire est par Paris, Melun, Nevers, Clermont-Ferrand, Arvant, Neussargues, B\u00e9ziers, Narbonne, Perpignan, Ille, et, pour le retour, Perpignan, Narbonne, Toulouse, Bordeaux, Niort, Montreuil-Bellay et Angers, soit 2124 kilom\u00e8tres, il ne co\u00fbtera, en 2<sup>\u00e8me<\/sup> classe, que 124 ou 128 frs. Je vais ensuite faire, avec Maman, une visite \u00e0 la baronne Le Guay que nous ne rencontrons pas, puis quelques emplettes. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir, je vais, avec Papa et Margot, \u00e0 Saint-Serge o\u00f9 nous entendons un sermon sur \u00ab&nbsp;Le jugement particulier&nbsp;\u00bb par un R\u00e9demptoriste autre que le P\u00e8re Mouton.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 18 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser au P\u00e8re Mouton \u00e0 Saint-Serge, j\u2019attends 2 heures avant de le voir. \u00c0 4 heures, le\u00e7on d\u2019allemand&nbsp;; \u00e0 5h \u00bd, cours d\u2019agriculture&nbsp;; le soir, nous allons, avec Papa, Margot et moi, au sermon \u00e0 Saint-Serge. Tante Josepha et N\u00e9nette arrivent \u00e0 4h \u00bd.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 19 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de communion \u00e0 Notre-Dame, puis au cours de droit international public, que fait Papa (c\u2019est aujourd\u2019hui que commence ce cours). L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais, \u00e0 2 heures, au cours d\u2019agriculture&nbsp;; ensuite, je m\u2019occupe de trouver quelqu\u2019un qui veuille me remplacer vendredi comme commissaire \u00e0 l\u2019audition des chanteurs de Saint-Gervais, \u00e0 la cath\u00e9drale&nbsp;; Etienne Vachez y consent. Le soir, nous allons tous au sermon \u00e0 Saint-Serge.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 20 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels, ce sont les derniers avant les vacances de P\u00e2ques&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, le\u00e7on de mandoline&nbsp;; ensuite, je vais faire diverses commissions. Le soir, \u00e0 8 heures, j\u2019assiste, au cirque, \u00e0 la conf\u00e9rence organis\u00e9e par la Ligue de la Patrie fran\u00e7aise pour patronner la candidature de M. Joubert<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a> dans la 1<sup>\u00e8re<\/sup> circonscription d\u2019Angers, et celle de M. Cesbron \u00e0 Baug\u00e9. Il y a environ 2500 personnes, rien que des hommes qui acclament fr\u00e9n\u00e9tiquement les divers orateurs&nbsp;: Fran\u00e7ois Copp\u00e9e, Syveton, M. de Grandmaison<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a>, M. Cesbron, M. Joubert&nbsp;; \u00e0 mains lev\u00e9es, ils acclament les candidatures propos\u00e9es. Il n\u2019y a pas un seul cri hostile.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/3542.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"709\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/3542.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-155\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/3542.jpg 600w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/3542-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Georges Millin de Grandmaison (1865-1943), d\u00e9put\u00e9 de Saumur de 1893 \u00e0 1932 &nbsp;\u2013 Cr\u00e9dits Site de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, vendredi 21 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, apr\u00e8s la messe de communion pascale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, je pars pour Paris par le rapide de 10 heures 25, j\u2019y arrive \u00e0 3h30 et je suis \u00e0 4h15 \u00e0 Neuilly o\u00f9 m\u2019attendait Tata Mimi. Je sors \u00e0 5 heures et je fais diverses commissions dans Paris jusqu\u2019au moment o\u00f9 je rentre \u00e0 Neuilly pour d\u00eener. C\u2019est aujourd\u2019hui que j\u2019ai fait la connaissance de ma ni\u00e8ce, Marie Madeleine&nbsp;; elle est vraiment bien gentille, et ne crie jamais malgr\u00e9 ses 7 mois&nbsp;; elle ressemble \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 la photographie que nous avons de son p\u00e8re \u00e0 cet \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, samedi 22 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, de 8h \u00bd \u00e0 midi, je fais diverses courses&nbsp;: chez M. Chabert pour l\u2019affaire de la conversion des titres du Nord<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>&nbsp;; chez Piccot, que je ne rencontre pas. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au Coll\u00e8ge des Fr\u00e8res de Passy demander De La Touche, que je ne puis pas voir, puis je vais visiter la nouvelle gare du Quai d\u2019Orsay, ensuite je reviens chez Piccot, qui est encore sorti, je me prom\u00e8ne du c\u00f4t\u00e9 du boulevard S\u00e9bastopol, je vais du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Sulpice et je rentre par le m\u00e9tropolitain que je prends au Louvre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, dimanche 23 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 pied \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint-Augustin, je rentre par le tramway des Ternes. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au pensionnat des Fr\u00e8res de Passy o\u00f9 je vois De La Touche au parloir pendant plus d\u2019une heure, ensuite, j\u2019assiste au salut dans la chapelle espagnole de l\u2019avenue de Friedland, puis j\u2019allais chez Piccot lorsque, tout pr\u00e8s de chez lui, je le rencontre&nbsp;; il me raccompagne dans le m\u00e9tropolitain jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00c9toile&nbsp;; toujours aussi grotesque&nbsp;! Le soir, je vais avec Xavier au Palais de glace des Champs-\u00c9lys\u00e9es o\u00f9 je regarde pendant une petite demi-heure patineurs et patineuses, j\u2019y laisse Xavier et je vais me promener sur les boulevards jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Op\u00e9ra o\u00f9 je m\u2019amuse \u00e0 regarder un moment les d\u00e9p\u00eaches que l\u2019<em>\u00c9cho de Paris<\/em> affiche en lettres de feu au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elles arrivent. Je rentre \u00e0 Neuilly \u00e0 minuit par le m\u00e9tropolitain.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 24 au 30 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, lundi 24 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je ne vais pas \u00e0 Paris, je me prom\u00e8ne pendant plus de deux heures dans le bois de Boulogne, j\u2019y entre et j\u2019en sors par l\u2019all\u00e9e des Sablons, mais apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par Longchamps, par les lacs et par le pavillon d\u2019Armenonville. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais voir Piccot, nous nous promenons ensemble&nbsp;; je fais quelques commissions, et je rentre \u00e0 Neuilly par le m\u00e9tropolitain&nbsp;; j\u2019y trouve Margot, qui est arriv\u00e9e d\u2019Angers \u00e0 3h30.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, mardi 25 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je ne vais pas \u00e0 Paris&nbsp;; je vais, avec Margot, \u00e0 la messe \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Pierre de Neuilly \u00e0 cause de la f\u00eate de l\u2019Annonciation. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 la s\u00e9ance de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s&nbsp;; c\u2019est un spectacle auquel je n\u2019avais pas encore assist\u00e9. On a peine \u00e0 suivre les discours, tant les d\u00e9put\u00e9s font de tapage en allant et venant de la buvette \u00e0 leurs bancs. M. Denys Cochin adresse une question \u00e0 M. Delcass\u00e9 au sujet de la d\u00e9claration franco-russe qui a suivi l\u2019accord anglo-japonais&nbsp;; le ministre r\u00e9ponse que cette d\u00e9claration a pour but de garantir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la Chine. Il y a ensuite une assez vive discussion au sujet du projet de loi \u00e9lectorale, notamment sur le droit que la commission propose d\u2019accorder aux pr\u00e9fets de refuser la d\u00e9claration de candidature des citoyens ayant encouru la d\u00e9gradation civique&nbsp;; comme ce texte vise les condamn\u00e9s \u00e0 la Haute-Cour, l\u2019incident est tr\u00e8s chaud, finalement, il est repouss\u00e9 apr\u00e8s une intervention de M. Camille Pelletan qui dit qu\u2019il entrave aux principes r\u00e9publicains&nbsp;; Pelletan, chose curieuse, se fait applaudir par l\u2019extr\u00eame-gauche et par la droite&nbsp;! Quant \u00e0 l\u2019interpellation de M. Chich\u00e9 sur l\u2019attitude que le gouvernement compte prendre devant le S\u00e9nat au sujet de la loi, vot\u00e9e par la Chambre, qui porte de 4 \u00e0 6 ans la dur\u00e9e du mandat l\u00e9gislatif, elle est renvoy\u00e9e \u00e0 la suite, c\u2019est-\u00e0-dire apr\u00e8s les \u00e9lections&nbsp;; son renvoi soul\u00e8ve de vives protestations.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, mercredi 26 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me faire photographier, boulevard Rochechouart. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Versailles, suivant la recommandation de Maman, pour faire une visite \u00e0 Mme Salmon&nbsp;; j\u2019y aurais \u00e9t\u00e9 de bonne heure et j\u2019aurais eu le temps, \u00e0 mon retour, d\u2019aller voir les Barescut, si je n\u2019avais eu la distraction de laisser passer la station de Puteaux sans changer de train&nbsp;! En sorte que je suis all\u00e9 jusqu\u2019aux Moulineaux, et de l\u00e0, j\u2019ai d\u00fb revenir \u00e0 Puteaux pour aller \u00e0 Versailles. Par suite, dans cette ville, je n\u2019ai eu que le temps d\u2019aller faire ma visite et de rentrer de suite&nbsp;; Mme Salmon m\u2019a m\u00eame invit\u00e9 \u00e0 d\u00eener, ce que je n\u2019ai pu accepter n\u2019ayant pas pr\u00e9venu \u00e0 Neuilly.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, jeudi 27 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Saint-Gervais o\u00f9 j\u2019entends une partie de l\u2019office du jeudi saint chant\u00e9 par les c\u00e9l\u00e8bres chanteurs de Saint-Gervais. Je d\u00e9jeune avec ma tante de Barescut, qui est en ce moment \u00e0 Paris chez son fils le capitaine d\u2019artillerie Maurice de Barescut, \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00c9cole de guerre, avec ma cousine Jeanne de Barescut et avec mon cousin Maurice dont je fais la connaissance, car je n\u2019avais encore jamais eu l\u2019occasion de le voir&nbsp;; je le trouve tout \u00e0 fait \u00e0 mon go\u00fbt&nbsp;: tr\u00e8s aimable et tr\u00e8s simple \u00e0 la fois&nbsp;; Tata Mimi les avait invit\u00e9s \u00e0 cause du passage \u00e0 Paris de ma tante. L\u2019apr\u00e8s-midi, je visite les tombeaux de plusieurs \u00e9glises&nbsp;: Neuilly, Sainte-Clotilde, Saint-Augustin, la Madeleine. Je vais aussi faire une visite \u00e0 ma tante de Roig, boulevard de Courcelles, que je ne connaissais pas encore.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Neuilly, vendredi 28 mars 1902 (vendredi saint)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la basilique de Montmartre, puis, en redescendant, je rencontre Piccot, avec qui je me prom\u00e8ne un moment. L\u2019apr\u00e8s-midi, au moment o\u00f9 je sortais, je rencontre d\u2019Anteroche<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a> \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Bois, puis je vais visiter la chapelle de la rue Jean-Goujon \u00e9lev\u00e9e en souvenir de l\u2019incendie du Bazar de la Charit\u00e9, je vais me faire couper les cheveux boulevard Malesherbes et je vais visiter le reposoir de Saint-Eustache. Je rentre \u00e0 Neuilly de bonne heure et j\u2019en repars \u00e0 7 heures pour prendre, \u00e0 8h20, le train \u00e0 la gare de Lyon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 29 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai voyag\u00e9 toute la journ\u00e9e en passant par Paris, Nevers, Moulins, Clermont, Arvant, Neussargues, B\u00e9ziers, Narbonne, Perpignan et Ille&nbsp;; je n\u2019ai pas chang\u00e9 de wagon jusqu\u2019\u00e0 B\u00e9ziers. La r\u00e9gion que j\u2019ai travers\u00e9e entre Arvant et B\u00e9darieux est des plus curieuses, la ligne passe \u00e0 1100 m\u00e8tres d\u2019altitude dans les montagnes du Cantal et de la Loz\u00e8re&nbsp;; dans l\u2019Aveyron, on passe pr\u00e8s des fameuses gorges du Tarn&nbsp;; c\u2019est un pays tr\u00e8s peu habit\u00e9, tr\u00e8s triste et assez froid. J\u2019arrive \u00e0 Ille \u00e0 8 heures&nbsp;; Papa m\u2019attendait \u00e0 la gare.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 30 mars 1902 (jour de P\u00e2ques)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me l\u00e8ve avant 5 heures pour assister \u00e0 la procession qui a lieu \u00e0 six heures. Le <em>Regina<\/em> en musique est tr\u00e8s bien ex\u00e9cut\u00e9 au moment o\u00f9 la statue du Ressuscit\u00e9 et celle de la Sainte Vierge se rencontrent et se saluent. Nous d\u00e9jeunons chez M. le cur\u00e9, avec le vicaire et le P\u00e8re pr\u00e9dicateur. L\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s v\u00eapres, nous faisons plusieurs visites. Le soir, nous allons chez les demoiselles Matthieu o\u00f9 nous voyons leur neveu, le capitaine Scillie et sa femme.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 31 mars 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 31 mars 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Ille, apr\u00e8s la grand\u2019messe, par le train de 10h \u00bd et j\u2019arrive \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 10h \u00be, Bonne Maman m\u2019attendait \u00e0 la gare, j\u2019ai le plaisir de constater qu\u2019elle est en tr\u00e8s bonne sant\u00e9. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous assistons aux v\u00eapres, puis nous faisons plusieurs visites et deux tours du jardin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avril 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 avril 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 1er avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener \u00e0 Bentefarines. Nous d\u00e9jeunons \u00e0 10h \u00bd et nous partons, par le train de midi, pour Perpignan. Nous allons voir Mme de Guardia<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>, et Mme de Llamby<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a> que nous ne rencontrons pas&nbsp;; ensuite, nous retrouvons \u00e0 Saint-Jean Papa, qui est all\u00e9 \u00e0 Trouillas ce matin. Nous allons tous ensemble chez les Cornet que nous rencontrons. J\u2019y fais la connaissance de mon lointain cousin le lieutenant Louis Companyo<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Je vais ensuite avec Bonne Maman, faire une visite \u00e0 ma tante Bonafos, que nous rencontrons, puis chez Mme de Llobet<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> que nous rencontrons aussi&nbsp;; et nous finissons notre apr\u00e8s-midi chez la m\u00eame tante Bonafos, en compagnie de Tante Lutrand. Nous rentrons tous \u00e0 Vin\u00e7a par le train de 8 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 2 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener avec Papa au Cam dels Rocs&nbsp;; puis je vais attendre \u00e0 la gare Charouleau qui arrive par le train de 11 heures&nbsp;; il nous essaie nous habits d\u2019\u00e9t\u00e9. L\u2019apr\u00e8s-midi, Papa part en voiture pour Boule et Ille. J\u2019\u00e9cris \u00e0 <em>L\u2019Autorit\u00e9<\/em> pour faire venir 100 exemplaires de la brochure <em>Aux \u00e9lecteurs<\/em> par Cassagnac<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Puis, Bonne Maman et moi nous allons nous promener \u00e0 la Mirande et au grand jardin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 3 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Rod\u00e8s o\u00f9 je vois Joseph Cornet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 4 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Vin\u00e7a par le train de midi, apr\u00e8s \u00eatre all\u00e9 voir, le matin, la plantation de ch\u00eanes-li\u00e8ges de Bentefarines&nbsp;; les pousses de ch\u00eanes commencent \u00e0 se voir. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 Ille, je vais avec Papa \u00e0 la vigne du Bouc o\u00f9 Dominique Vall\u00e9 greffe quelques plants de vignes. Le soir, nous allons chez les demoiselles Matthieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 5 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais chez l\u2019oncle Victor<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a> avec M. le cur\u00e9<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>, nous fouillons dans les vieux papiers o\u00f9 M. le cur\u00e9 trouve quelques renseignements int\u00e9ressants pour l\u2019\u00e9tude qu\u2019il veut faire sur Ille et ses anciennes familles&nbsp;; je vais ensuite faire une visite \u00e0 Victor de Lacour qui part \u00e0 midi, je vois en m\u00eame temps son p\u00e8re M. Charles de Lacour<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons, Papa et moi, chez M. de Barescut pour l\u2019inviter \u00e0 venir d\u00e9jeuner demain matin&nbsp;; nous ne le rencontrons pas, mais nous laissons notre invitation \u00e9crite. Nous allons passer la soir\u00e9e chez les demoiselles Matthieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 6 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, apr\u00e8s la grand\u2019messe, nous avons \u00e0 d\u00e9jeuner M. le cur\u00e9, M. de Barescut et Th\u00e9r\u00e8se. Apr\u00e8s v\u00eapres, je vais me promener \u00e0 la m\u00e9tairie et aux travaux de d\u00e9fense contre le Boul\u00e8s&nbsp;; nous allons passer la soir\u00e9e chez les demoiselles Matthieu.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 avril 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 7 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019assiste avec Papa \u00e0 la grand\u2019messe qui est dite \u00e0 9 heures en l\u2019honneur de la f\u00eate de l\u2019Annonciation renvoy\u00e9e \u00e0 aujourd\u2019hui, puis je pars pour Vin\u00e7a par le train de 10h \u00bd. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 Vin\u00e7a, je vais me promener \u00e0 la vigne dite Ruscane.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 8 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 7h \u00bd, j\u2019assiste avec Bonne Maman au <em>Canta<\/em> qu\u2019elle fait dire pour Bon Papa de Pontich. L\u2019apr\u00e8s-midi, je pars pour Ille en voiture \u00e0 21h \u00bd. \u00c0 Ille, je fais distribuer par plusieurs individus 50 exemplaires de la brochure de propagande \u00e9lectorale intitul\u00e9e <em>Aux \u00e9lecteurs<\/em>, par Paul de Cassagnac&nbsp;; au retour, nous nous arr\u00eatons \u00e0 Bouletern\u00e8re&nbsp;; j\u2019en confie 20 exemplaires \u00e0 Joseph Jacomy, le fils du fermier, qui les distribuera&nbsp;; j\u2019en ai fait distribuer 30 exemplaires \u00e0 Vin\u00e7a. Papa et moi, nous arrivons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 6h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 9 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa, Bonne Maman et moi nous partons par le train de midi. Bonne Maman s\u2019arr\u00eate \u00e0 Bouletern\u00e8re, mais Papa et moi nous allons jusqu\u2019\u00e0 Perpignan&nbsp;; nous descendons au Grand H\u00f4tel, il est envahi par la noce de Mlle Grandidier, aussi, \u00e0 8 heures du soir, de peur d\u2019\u00eatre trop d\u00e9rang\u00e9s par le bal qui aura lieu cette nuit, nous quittons l\u2019h\u00f4tel et nous allons au Petit Paris. Nous trouvons au Grand H\u00f4tel l\u2019oncle Xavier qui y est arriv\u00e9 hier. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais voir, avec Papa, mes cousins de Lazerme et les Cornet&nbsp;; Papa va voir Monseigneur de Carsalade.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 10 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous nous levons assez tard&nbsp;; nous recevons, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, la visite de l\u2019oncle Joseph que nous n\u2019avions pas vu hier. Malheureusement, il tombe une pluie battante&nbsp;! Vers 10h \u00bd, je vais chez les Cornet que je trouve au milieu des derniers pr\u00e9paratifs de la noce. \u00c0 11 heures, arrivent les parents et amis&nbsp;: M. Companyo<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a>, M. et Mme Delmas, M., Mme et Mlles de Bonnefoy<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>, M. Az\u00e9mart<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a>, le g\u00e9n\u00e9ral Souhart<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a>, l\u2019oncle et tante Lutrand<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a>, M. et Mme Charles de Llobet<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a>, M. et Mme Michel de Pous<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a>, mon cousin Henri de Bla\u00ff<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a> et tous ses enfants, que je ne connaissais pas encore, etc, etc. On me pr\u00e9sente \u00e0 ma demoiselle d\u2019honneur, Mlle Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Massia<a href=\"#_ftn46\" id=\"_ftnref46\">[46]<\/a>&nbsp;; l\u2019autre gar\u00e7on d\u2019honneur est le sous-lieutenant Delmas avec Mlle de Bonnefoy. \u00c0 la messe, allocution du cur\u00e9 de La R\u00e9al, je me tire assez bien de la qu\u00eate. Apr\u00e8s la messe et le d\u00e9fil\u00e9 \u00e0 la sacristie, on rentre \u00e0 la maison, o\u00f9 a lieu un grand d\u00eener de 40 personnes qui dure de 1 heure \u00e0 4 heures&nbsp;; apr\u00e8s le d\u00eener, pendant lequel j\u2019\u00e9tais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la mari\u00e9e, on prend le caf\u00e9, les messieurs fument un cigare, puis on se retire parce que Louis Companyo et Mimi<a href=\"#_ftn47\" id=\"_ftnref47\">[47]<\/a> partent \u00e0 5 heures pour C\u00e9ret voir Mme Companyo m\u00e8re qui n\u2019a pu venir, \u00e9tant malade. Nous repartons de Perpignan par le dernier train, l\u2019oncle Xavier, Papa et moi, et nous arrivons \u00e0 Ille \u00e0 8 heures.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-13-120726.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"357\" height=\"647\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-13-120726.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-156\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-13-120726.jpg 357w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Capture-decran-2025-11-13-120726-166x300.jpg 166w\" sizes=\"auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Louis Companyo (1870-1959), alors jeune lieutenant d&rsquo;infanterie &nbsp;\u2013 Cr\u00e9dits photo famille Companyo\/<em>L&rsquo;Ind\u00e9pendant<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 11 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener avec l\u2019oncle Xavier dans la direction de Bouletern\u00e8re&nbsp;; nous voyons les nouveaux travaux de d\u00e9fense contre le Boul\u00e8s, qui sont presque achev\u00e9s&nbsp;; nous apprenons la mort de Mme Jules Marty survenue subitement ce matin. Je pars pour Vin\u00e7a par le train de 3h9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 12 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 7 heures \u00e0 l\u2019\u00e9glise o\u00f9 je fais la sainte communion. Papa arrive d\u2019Ille par le train de 11 heures. Nous partons, Papa et moi, par le train de 3h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 13 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la gare de Perpignan \u00e0 5 heures, nous voyons l\u2019oncle Xavier, qui nous y avait donn\u00e9 rendez-vous, et tous les Cornet qui viennent accompagner Louis Companyo et Mimi&nbsp;; ils partent pour leur voyage de noce, apr\u00e8s 2 jours pass\u00e9s \u00e0 C\u00e9ret aupr\u00e8s de Mme Companyo m\u00e8re qui \u00e9tait souffrante. Au buffet de Narbonne, nous d\u00eenons ensemble&nbsp;; ils descendent \u00e0 Toulouse. Dimanche matin \u00e0 5 heures, nous arrivons \u00e0 Bordeaux, nous allons vite \u00e0 la cath\u00e9drale o\u00f9 nous entendons la messe de 7 heures et nous repartons pour Angers par le train de 8h50. Nous y arrivons \u00e0 4h \u00bd. \u00c0 la maison, nous voyons les changements faits dans la distribution des appartements par Maman&nbsp;: petit salon transport\u00e9 dans la chambre du Champ de Mars (anciennement chambre de Maman) et chambre de Maman transport\u00e9e dans l\u2019ancien petit salon.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 avril 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 14 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je reprends mes cours&nbsp;; \u00e0 8 heures, celui de M. Jac, \u00e0 9h \u00bd, celui de Papa. L\u2019apr\u00e8s-midi, de 2h \u00e0 4h, je travaille du droit&nbsp;; \u00e0 5 heures \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 15 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 16 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin cours habituels, l\u2019apr\u00e8s-midi, le cours d\u2019agriculture est supprim\u00e9. \u00c0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 17 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels, les \u00e9tudiants, comme hier et avant-hier, font beaucoup de tapage au cours de Papa, qui les menace de les signaler au doyen. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir, \u00e0 8h, l\u2019oncle Paul, tante Josepha, N\u00e9nette et mon oncle Albert de Lazerme, qui est en ce moment \u00e0 Angers pour son service (il est contr\u00f4leur de l\u2019arm\u00e9e) viennent prendre le th\u00e9 \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 18 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels, le tapage continue au cours de Papa qui, pour comble du malheur, est oblig\u00e9 de faire cours tous les jours depuis qu\u2019il a commenc\u00e9 le droit international&nbsp;! L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit administratif. Le soir, \u00e0 8 heures, nous allons prendre le th\u00e9 chez l\u2019oncle Paul&nbsp;; l\u2019oncle Albert devait y venir aussi, mais il n\u2019y vient pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 19 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les cours, j\u2019accompagne \u00e0 la gare Maman qui part pour Biarritz o\u00f9 elle va faire une saison de bains salins chauds, et Papa qui l\u2019accompagne jusqu\u2019\u00e0 Saumur. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se me confesser \u00e0 M. l\u2019abb\u00e9 Brossard. \u00c0 5h, le\u00e7on d\u2019escrime. \u00c0 8 heures, conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 20 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame, o\u00f9 je communie&nbsp;; je travaille le reste de la matin\u00e9e&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons au salut \u00e0 4h \u00bd \u00e0 l\u2019Adoration, puis nous nous promenons avec tante Josepha et N\u00e9nette. Le soir \u00e0 8 heures, au patronage Saint-Serge, nous assistons \u00e0 la repr\u00e9sentation du <em>Bossu<\/em>, qui dure jusqu\u2019\u00e0 minuit.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 27 avril 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 21 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusqu\u2019\u00e0 6h 1\/2., puis je vais au cours d\u2019agriculture \u00e0 5h \u00bc. \u00c0 8 heures, conf\u00e9rence Saint-Louis. M. Ren\u00e9 Bazin nous fait plusieurs lectures, notamment un chapitre d\u2019un ouvrage de Maurice Barr\u00e8s appel\u00e9 <em>Leurs figures<\/em>, ce chapitre est consacr\u00e9 \u00e0 la peinture de la s\u00e9ance de la Chambre o\u00f9 Jules Delahaye d\u00e9non\u00e7a le scandale du Panama en novembre 1892&nbsp;; la frousse intense de ces parlementaires, en mieux, de ces parlementaires v\u00e9reux, est trac\u00e9e de main de ma\u00eetre par l\u2019ardent nationaliste et l\u2019antiparlementaire convaincu qu\u2019est Maurice Barr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 22 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture&nbsp;; nous allons ensuite d\u00eener et prendre le th\u00e9 chez l\u2019oncle Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 23 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures cours d\u2019agriculture&nbsp;; ensuite, je vais travailler \u00e0 la biblioth\u00e8que&nbsp;; \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit civil. Le soir, Papa re\u00e7oit une lettre de M. Joseph Batlle<a href=\"#_ftn48\" id=\"_ftnref48\">[48]<\/a>, d\u2019Ille, qui le d\u00e9cide \u00e0 partir demain afin d\u2019\u00eatre \u00e0 Ille le 27 avril pour des \u00e9lections l\u00e9gislatives, o\u00f9 sa pr\u00e9sence, dit M. Batlle, est n\u00e9cessaire pour entra\u00eener certains h\u00e9sitants en faveur de la candidature conservatrice de M. Circan. Le soir, nous allons tous chez les Magu\u00e9, \u00e0 qui Papa fait ses adieux&nbsp;; l\u2019oncle Albert s\u2019y trouve aussi. Vers 10 heures, je vais \u00e0&nbsp;la soir\u00e9e offerte par M. Bodinier, s\u00e9nateur, \u00e0 l\u2019occasion du mariage de sa fille, Mlle Genevi\u00e8ve Bodinier<a href=\"#_ftn49\" id=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. C\u2019est une simple r\u00e9ception&nbsp;; il doit y avoir environ 150 personnes. Je me retire vers 11 heures, la soir\u00e9e ne devant pas durer longtemps&nbsp;; buffet tr\u00e8s assorti.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 24 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, apr\u00e8s les cours, Papa part pour Ille o\u00f9 il va faire de la propagande \u00e9lectorale en faveur du candidat des conservateur, M. Albert Circan<a href=\"#_ftn50\" id=\"_ftnref50\">[50]<\/a>, qui, de m\u00eame que M. Joubert \u00e0 Angers, se pr\u00e9sente sous l\u2019\u00e9tiquette de \u00ab&nbsp;r\u00e9publicain lib\u00e9ral&nbsp;\u00bb, afin de rallier sur son nom tous les antiminist\u00e9riels. Papa, qui ne s\u2019est pas fait inscrire sur la liste \u00e9lectorale d\u2019Angers, va en Roussillon, d\u2019abord pour voter lui-m\u00eame, ce qui est un devoir essentiel dans les circonstances que nous traversons, et aussi pour user de son influence en faveur de M. Circan, comme le lui demandait un des conservateurs influents d\u2019Ille, M. Joseph Batlle, dont la lettre a d\u00e9cid\u00e9 Papa \u00e0 partir pour le 1<sup>er<\/sup> tour de scrutin. \u00c0 11 heures, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, Tante Josepha et moi nous allons \u00e0 Saint-Joseph assister au mariage de Mlle Genevi\u00e8ve Bodinier avec M. Robert Huault-Dupuy<a href=\"#_ftn51\" id=\"_ftnref51\">[51]<\/a>, qui est b\u00e9ni par Monseigneur Rumeau. La c\u00e9r\u00e9monie est splendide, et il y a tellement de monde que nous fraisons queue, Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi, pendant plus d\u2019une demi-heure avant de pouvoir p\u00e9n\u00e9trer dans la sacristie pour pr\u00e9senter nos v\u0153ux aux jeunes \u00e9poux. Comme ni Papa ni Maman ne sont \u00e0 Angers, nous n\u2019allons pas \u00e0 la r\u00e9ception qui suit le mariage, \u00e0 laquelle nous \u00e9tions invit\u00e9s. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc cours d\u2019agriculture. Ensuite, nous allons d\u00eener chez Tante Josepha, comme nous ferons tout le temps que Papa sera absent.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 25 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de M. Jac et cours de M. Bazin, qui remplace Papa&nbsp;; \u00e0 11 heures moins dix, je vais prendre ma 1<sup>\u00e8re<\/sup> le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au man\u00e8ge du 6<sup>e<\/sup> g\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille, puis \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit romain&nbsp;; ensuite, je vais faire une visite \u00e0 l\u2019oncle Albert \u00e0 l\u2019H\u00f4tel du Cheval blanc, puis je vais d\u00eener et passer la soir\u00e9e chez Tante Josepha.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 26 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, en l\u2019honneur de Notre-Dame du Bon conseil, nous allons, Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi, \u00e0 la messe de 7 heures \u00e0 Notre-Dame&nbsp;; ensuite, je vais \u00e0 mes cours&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusqu\u2019\u00e0 4 heures, puis nous allons au salut \u00e0 la chapelle de la route de Paris o\u00f9 l\u2019oncle Albert et Tante Josepha viennent nous rejoindre. \u00c0 5 heures, le\u00e7on d\u2019escrime. \u00c0 6h \u00bd, nous allons d\u00eener chez M&nbsp;; et Mme Perrin. Apr\u00e8s d\u00eener, je vais avec Joseph Perrin \u00e0 la conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul, puis je reviens prendre Marie-Th\u00e9r\u00e8se chez Mme Perrin, et nous rentrons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 27 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame&nbsp;; j\u2019y fais mes d\u00e9votions \u00e0 l\u2019intention des \u00e9lections l\u00e9gislatives qui ont lieu aujourd\u2019hui et dont le r\u00e9sultat sera si d\u00e9cisif pour l\u2019avenir de la France&nbsp;! \u00c0 midi, nous recevons \u00e0 d\u00e9jeuner l\u2019oncle Paul, Tante Josepha et N\u00e9nette&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusqu\u2019\u00e0 4 heures \u00e0 mon \u00e9tude pour Saint-Louis, puis je vais au salut \u00e0 l\u2019Adoration&nbsp;; je reviens travailler jusqu\u2019\u00e0 6 heures, \u00e0 6 heures, je vais assister au d\u00e9pouillement du scrutin \u00e0 la Mairie et \u00e0 la Pr\u00e9fecture. Nous d\u00eenons chez Tante Josepha. Apr\u00e8s d\u00eener, nous sortons tous, nous avons m\u00eame avec nous Herv\u00e9-Bazin et Roger Follenfant, pour essayer de conna\u00eetre le r\u00e9sultat des \u00e9lections. Notre 1<sup>\u00e8re<\/sup> impression est mauvaise car, en ville, c\u2019est le socialiste minist\u00e9riel Maurice qui arrive en t\u00eate&nbsp;; mais je vais ensuite aux bureaux du <em>Maine-et-Loire<\/em> o\u00f9 on centralise les r\u00e9sultats&nbsp;; l\u00e0 j\u2019apprends que Joubert<a href=\"#_ftn52\" id=\"_ftnref52\">[52]<\/a>, candidat lib\u00e9ral, nationaliste soutenu par tous les conservateurs, arrive en t\u00eate, du reste voici les chiffres&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Joubert&nbsp;: 5870 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bichon radical minist\u00e9riel 5775 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Abb\u00e9 Bosseboeuf, r\u00e9publicain d\u00e9mocrate 5551 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Maurice, socialiste minist\u00e9riel 5083 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Foucher, lib\u00e9ral 1127 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jox\u00e9, d\u00e9put\u00e9 sortant radical, 762 voix<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est un beau r\u00e9sultat&nbsp;; si l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf fait son devoir et se d\u00e9siste en faveur de Joubert, ce que fera certainement Foucher, Joubert sera \u00e9lu au second tour, et ce sera un si\u00e8ge gagn\u00e9&nbsp;! Somme toute, les antiminist\u00e9riels ont 12548 voix contre 11620 voix minist\u00e9rielles. \u00c0 Baug\u00e9, ballotage, mais l\u2019antiminist\u00e9riel Cesbron arrivait, aux derniers chiffres connus, avec 7800 voix contre 7060 \u00e0 Cathelineau minist\u00e9riel et 2600 environ \u00e0 Berlet&nbsp;; il est probable que les voix de ce dernier se partageront \u00e9galement entre les deux autres et le succ\u00e8s restera \u00e0 Cesbron. Ainsi, dans ces deux circonscriptions, les candidats de la Patrie fran\u00e7aise soutenus par les conservateurs, arrivent en t\u00eate. Dans les autres circonscriptions de Maine-et-Loire, les candidats conservateurs ont des majorit\u00e9s \u00e9crasantes&nbsp;! On ne sait pas encore grand-chose de Paris et de la province. Cependant, pour Paris, on sait que les seuls \u00e9lus, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent connus, sont des nationalistes \u2013 Prache, Sprouk, Berger, etc. \u2013 et, dans les autres circonscriptions, les nationalistes arrivent en t\u00eate des ballotages&nbsp;! Dans la Sarthe, le minist\u00e9riel d\u2019Estournelles est battu&nbsp;; le ministre Caillaux est en ballotage. \u00c0 Nantes, le candidat antiminist\u00e9riel est \u00e9lu dans une circonscription et, dans l\u2019autre, il y a un ballotage. \u00c0 Bordeaux, 3 ballotages. Somme toute, les nouvelles de ce soir sont excellentes. Puisse le Ciel nous en envoyer d\u2019autres aussi bonnes demain&nbsp;! Je rentre \u00e0 11 heures, j\u2019\u00e9cris ces lignes et je me couche.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 28 au 30 avril 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 28 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s que je suis hors du lit, j\u2019envoie acheter des journaux, je constate des succ\u00e8s tr\u00e8s r\u00e9els pour les antiminist\u00e9riels, surtout \u00e0 Paris o\u00f9 presque tous les \u00e9lus sont des nationalistes et o\u00f9 ils tiennent la t\u00eate dans les ballotages&nbsp;; dans l\u2019Ouest, beaucoup de victoires, par exemple dans le Calvados, dans la Seine-Inf\u00e9rieure, dans la Loire-Inf\u00e9rieure, la Vend\u00e9e, la Vienne, idem pour le d\u00e9partement du Nord, pour ceux des Vosges, de la Meuse et bien d\u2019autres&nbsp;; malheureusement, nous avons \u00e9prouv\u00e9 quelques \u00e9checs tr\u00e8s sensibles&nbsp;: Piou \u00e0 Saint-Gaudens&nbsp;; de Cassagnac dans le Gers&nbsp;; le marquis de Solages \u00e0 Carmaux o\u00f9 le socialiste Jaur\u00e8s est \u00e9lu&nbsp;; Drumont \u00e0 Alger&nbsp;; la d\u00e9faite de Drumont \u00e0 Alger est certainement due aux man\u0153uvres gouvernementales car le conseil municipal de cette ville qui \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019amis du d\u00e9put\u00e9 Drumont, avait \u00e9t\u00e9 dissous 3 ou 4 jours avant le scrutin et, \u00e0 sa place, on a mis une commission municipale d\u00e9vou\u00e9e au minist\u00e8re, qui a d\u00fb s\u2019en donner \u00e0 c\u0153ur joie de tripatouiller les urnes et de faire de l\u2019arithm\u00e9tique \u00e9lectorale&nbsp;! Esp\u00e9rons que l\u2019\u00e9lection d\u2019Alger sera invalid\u00e9e, lors de la v\u00e9rification des pouvoirs, si nos amis sont en majorit\u00e9 \u00e0 la nouvelle Chambre&nbsp;; \u00e0 Perpignan, Bartissol<a href=\"#_ftn53\" id=\"_ftnref53\">[53]<\/a>, r\u00e9publicain mod\u00e9r\u00e9 et lib\u00e9ral, est \u00e9lu contre des radicaux et des dreyfusards dans l\u2019ancienne circonscription du radical Rolland&nbsp;; c\u2019est un \u00e9chec de plus pour le minist\u00e8re. Malheureusement, \u00e0 Prades, Escany\u00e9<a href=\"#_ftn54\" id=\"_ftnref54\">[54]<\/a> est r\u00e9\u00e9lu&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais au cours de 9h \u00bd de Monsieur Bazin car il n\u2019y a pas de cours de 8 heures. Apr\u00e8s le cours, je vais prendre ma le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au quartier du g\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, je lis des nouvelles \u00e9ditions de journaux, j\u2019y vois, avec regret, que d\u2019Estournelles, dont on avait annonc\u00e9 l\u2019\u00e9chec, est \u00e9lu, ainsi que Caillaux qui, avait-on dit, \u00e9tait en ballotage. Mais, dans l\u2019ensemble, les antiminist\u00e9riels ont eu les succ\u00e8s de la journ\u00e9e. Je travaille toute l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 mon \u00e9tude sur \u00ab&nbsp;Cecil Rhodes et l\u2019Afrique du Sud&nbsp;\u00bb, que je lis, le soir, apr\u00e8s avoir d\u00een\u00e9 chez Tante Josepha, \u00e0 la Conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; il a un certain succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 29 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 4 heures, le\u00e7on d\u2019allemand&nbsp;; Mlle Grieshaker me fait lire une lettre de Piccot dans laquelle ce malheureux a l\u2019audace de lui demander, non pas une pi\u00e8ce de 5 francs, comme dans une lettre qu\u2019il lui \u00e9crivait la veille, mais sa main&nbsp;! \u00e0 cette lecture, je suis pris d\u2019un acc\u00e8s d\u2019hilarit\u00e9 bien compr\u00e9hensible&nbsp;; je n\u2019ai pas besoin d\u2019ajouter que Mlle Grieshaker, qui lui avait peut-\u00eatre envoy\u00e9 les 100 sous, si la seconde lettre n\u2019\u00e9tait pas arriv\u00e9e, ne lui a rien envoy\u00e9 du tout et s\u2019est bien gard\u00e9 de lui r\u00e9pondre. \u00c0 5 heures \u00bc, cours d\u2019agriculture. \u00c0 7 heures, nous allons d\u00eener chez Tante Josepha&nbsp;; l\u2019oncle Albert, qui part demain, vient y passer la soir\u00e9e et nous fait joliment rire&nbsp;! Les journaux publient de nombreuses statistiques sur les r\u00e9sultats des \u00e9lections&nbsp;; chaque feuille s\u2019efforce de prouver que les \u00e9lections se sont prononc\u00e9es en faveur de sa politique. La statistique la plus s\u00e9rieuse \u00e9mane du <em>Temps<\/em> qui, malgr\u00e9 ses opinions minist\u00e9rielles, veut bien reconna\u00eetre que les nationalistes et les mod\u00e9r\u00e9s reviennent \u00e0 la Chambre plus nombreux. Voici la statistique du <em>Temps&nbsp;; <\/em>il y avait 589 d\u00e9put\u00e9s \u00e0 \u00e9lire&nbsp;; 411 d\u00e9put\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus&nbsp;; ce sont&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ind\u00e9pendants&nbsp;: 4 socialistes antiminist\u00e9riels<\/li>\n\n\n\n<li>Minist\u00e9riels&nbsp;: 196<ul><li>18 socialistes minist\u00e9riels<\/li><\/ul><ul><li>150 radicaux ou radicaux socialistes<\/li><\/ul>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>28 r\u00e9publicains minist\u00e9riels<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n\n\n\n<li>Antiminist\u00e9riels&nbsp;: 211<ul><li>114 progressistes antiminist\u00e9riels<\/li><\/ul><ul><li>26 ralli\u00e9s<\/li><\/ul><ul><li>33 nationalistes<\/li><\/ul>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>38 conservateurs<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ne comptant pas les 4 socialistes antiminist\u00e9riels dans la majorit\u00e9 antiminist\u00e9rielle, nous avons donc&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Antiminist\u00e9riels&nbsp;(114+26+33+38)&nbsp;: 211<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Minist\u00e9riels (18+150+28)&nbsp;: 196<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ind\u00e9pendants&nbsp;: 4<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est donc un avantage s\u00e9rieux pour les antiminist\u00e9riels et, pour peu que la proportion se maintienne dans le scrutin de ballotage du 11 mai et dans les deux \u00e9lections de la R\u00e9union, la France sera enfin d\u00e9livr\u00e9e de ce minist\u00e8re de la trahison nationale qui, constitu\u00e9 uniquement en vue de l\u2019acquittement du tra\u00eetre Dreyfus, a invent\u00e9 cette inf\u00e2me parodie de la justice qu\u2019on appelle la Haute-Cour, a oblig\u00e9 par sa loi d\u2019association les meilleurs Fran\u00e7ais \u00e0 s\u2019exiler, a priv\u00e9 l\u2019arm\u00e9e de ses meilleurs chefs et a creus\u00e9 dans nos finances un d\u00e9ficit de pr\u00e8s de 400 millions. Il \u00e9tait temps&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 30 avril 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa arrive \u00e0 8 heures de Biarritz o\u00f9 il est pass\u00e9 \u00e0 son retour du Roussillon, et fait son cours \u00e0 9h \u00bd. \u00c0 11 heures, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, cours d\u2019agriculture&nbsp;; \u00e0 3 heures \u00bd je vais faire une visite de digestion \u00e0 Mme Perrin que je ne rencontre pas&nbsp;; \u00e0 5h \u00bc, conf\u00e9rence de droit civil. Le soir, nous d\u00eenons tous chez les Magu\u00e9. Les nouvelles que l\u2019on re\u00e7oit de tous c\u00f4t\u00e9s du scrutin de dimanche dernier prouvent que la pression gouvernementale a \u00e9t\u00e9 \u00e9hont\u00e9e&nbsp;; ainsi, dans une circonscription du Lot-et-Garonne o\u00f9 le ministre Leygue<a href=\"#_ftn55\" id=\"_ftnref55\">[55]<\/a> avait un concurrent antiminist\u00e9riel, le sous-pr\u00e9fet re\u00e7oit dans la journ\u00e9e de dimanche la d\u00e9p\u00eache suivante de Waldeck-Rousseau&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quel que soit le r\u00e9sultat, Leygue doit \u00eatre proclam\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;! Dans l\u2019Aveyron, on a enlev\u00e9 100 bulletins d\u2019une urne et on les a remplac\u00e9s par autant de bulletins du candidat minist\u00e9riel&nbsp;; \u00e0 Marennes, le candidat antiminist\u00e9riel, Ernest Renault, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lu parce que la veille au soir du jour de l\u2019\u00e9lection, on a fait afficher partout son d\u00e9sistement, ce qui \u00e9tait faux&nbsp;! Et il y a bien d\u2019autres exemples. Si, en d\u00e9pit de toutes ces fraudes, la majorit\u00e9 est aux antiminist\u00e9riels, j\u2019esp\u00e8re bien que les pr\u00e9tendus d\u00e9put\u00e9s proclam\u00e9s \u00e9lus \u00e0 la suite de man\u0153uvres de ce genre seront invalid\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mai 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 4 mai 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 1er mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. \u00c0 11 heures, le\u00e7on de mandoline. L\u2019apr\u00e8s-midi, vers 4 heures, je vais avec Papa et Marie-Th\u00e9r\u00e8se faire une visite de digestion \u00e0 Mme Bodinier. Ensuite, cours d\u2019agriculture. Le soir, Papa va d\u00eener chez Mme Jac&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi, nous y \u00e9tions invit\u00e9s aussi, mais au dernier moment, nous nous sommes excus\u00e9s \u00e0 cause des maladies de deux enfants de Mme Jac, dont l\u2019un a la rougeole et l\u2019autre la varicelle. Nous allons d\u00eener chez les Magu\u00e9 et, apr\u00e8s d\u00eener, nous allons tous \u00e0 l\u2019ouverture du Mois de Marie \u00e0 la cath\u00e9drale&nbsp;; le ma\u00eetre-autel est presque enti\u00e8rement tendu de gaze bleue et blanche&nbsp;; un moment, le feu prend \u00e0 cette gaze, un \u00e9norme jet de flamme jaillit&nbsp;; mais on se pr\u00e9cipite et on r\u00e9ussit \u00e0 arracher les parties enflamm\u00e9es avant qu\u2019elles aient pu communiquer le feu aux autres&nbsp;; les d\u00e9g\u00e2ts sont insignifiants et la c\u00e9r\u00e9monie n\u2019a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 interrompue. Les journaux continuent \u00e0 signaler, contre les candidatures antiminist\u00e9rielles, les faits de pression et de fraude les plus honteux&nbsp;; c\u2019est ainsi que, dans des localit\u00e9s de la Haute-Sa\u00f4ne, l\u2019une a \u00e9t\u00e9, plusieurs fois, enlev\u00e9e du bureau de vote et le d\u00e9pouillement a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 huis-clos. On cite aussi une commune o\u00f9 on n\u2019a port\u00e9 que 7 voix au candidat antiminist\u00e9riel et o\u00f9 28 \u00e9lecteurs ont affirm\u00e9 devant notaire avoir vot\u00e9 pour ce candidat&nbsp;; ailleurs, on a fait voter, pour le candidat minist\u00e9riel, des militaires, des condamn\u00e9s ou m\u00eame des inconnus \u00e0 qui l\u2019on avait d\u00e9livr\u00e9 de fausses cartes \u00e9lectorales. Enfin, dans plusieurs circonscriptions, la pr\u00e9fecture a d\u00e9clar\u00e9 \u00e9lus des candidats minist\u00e9riels qui \u00e9taient en minorit\u00e9&nbsp;! On esp\u00e8re que les commissions de recensement vont corriger plusieurs r\u00e9sultats proclam\u00e9s par les pr\u00e9fectures et reconnus faux depuis. C\u2019est honteux&nbsp;! Et il faut bien que le minist\u00e8re Waldeck-Millerand, qu\u2019un de ses membres a pu traiter de \u00ab&nbsp;minist\u00e8re de l\u2019\u00e9tranger&nbsp;\u00bb, se sente perdu pour se livrer \u00e0 de pareilles man\u0153uvres&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 2 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Notre-Dame, \u00e0 la messe de 7 heures o\u00f9 je fais la sainte communion en l\u2019honneur du premier vendredi du mois&nbsp;; ensuite, cours habituels&nbsp;; \u00e0 11 heures, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, visite des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul&nbsp;; le soir, nous allons au Mois de Marie \u00e0 Saint-Joseph.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 3 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; \u00e0 midi, nous avons \u00e0 d\u00e9jeuner M. et Mlle Louise Laugier, de passage \u00e0 Angers&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 4 heures, je vais me faire soigner les dents chez le dentiste M. Sicart&nbsp;; \u00e0 5 heures, le\u00e7on d\u2019escrime&nbsp;; \u00e0 8 heures, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul. M. Foucher, le r\u00e9publicain lib\u00e9ral qui avait obtenu 1127 voix et dont on escomptait le d\u00e9sistement en faveur de M. Joubert, fait afficher le maintien de sa candidature&nbsp;; c\u2019est un bien mauvais son de cloche pour le 11 mai, surtout en pr\u00e9sence du d\u00e9sistement du socialiste Maurice en faveur de Bichon, qui para\u00eet certain&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 4 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph avec Papa. \u00c0 midi, nous recevons les Magu\u00e9 \u00e0 d\u00e9jeuner&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Papa au salut \u00e0 l\u2019Adoration&nbsp;; le soir, \u00e0 cause d\u2019un petit rhume, je ne vais pas au Mois de Maris.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 5 au 11 mai 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 5 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels&nbsp;; apr\u00e8s le cours, je lis, sur tous les murs, une affiche de l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf annon\u00e7ant qu\u2019il est candidat le 11 mai&nbsp;! C\u2019est vouloir \u00e0 tout prix faire \u00e9lire le candidat minist\u00e9riel Bichon, en faveur de qui Maurice s\u2019est d\u00e9sist\u00e9&nbsp;! Ce malheureux abb\u00e9 Bosseboeuf, dont la candidature \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fort inopportune le 27 avril, est vraiment bien coupable en la maintenant au ballotage, alors que l\u2019autre candidat antiminist\u00e9riel, Joubert, a eu plus de voix que loi. Pour expliquer cette attitude, dont le v\u00e9ritable mobile est son ambition d\u00e9mesur\u00e9e, cet abb\u00e9 politicien invente que les partisans de Joubert faisaient courir le bruit qu\u2019ils avaient achet\u00e9 son d\u00e9sistement 50, 80 ou m\u00eame 100.000 francs, et il dit qu\u2019il se pr\u00e9sente uniquement pour r\u00e9duire cette accusation \u00e0 n\u00e9ant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. Joubert lui r\u00e9pond le soir m\u00eame, par une affiche tr\u00e8s calme et tr\u00e8s digne, qu\u2019il n\u2019a jamais cherch\u00e9 \u00e0 acheter personne. Ce bruit, s\u2019il a r\u00e9ellement couru, doit \u00e9maner des Bossebouviens qui voulaient trouver un pr\u00e9texte \u00e0 cette candidature (<em>is fecit cui prodest<\/em>)&nbsp;; quoi qu\u2019il en soit, c\u2019est doublement malheureux&nbsp;: d\u2019abord \u00e0 cause de l\u2019\u00e9lection de Bichon qui est assur\u00e9e maintenant, et ensuite \u00e0 cause du mauvais effet produit par l\u2019ambition de ce pr\u00eatre qui ne veut pas c\u00e9der \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat si pressant de la religion et de la Patrie. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures \u00bc cours d\u2019agriculture&nbsp;; avant le cours, je vais me faire arranger les dents par M. Sicart. Le soir, \u00e0 8 heures, Conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; Cotelle lit un travail sur \u00ab&nbsp;Le swating-system&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 6 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels ; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Le soir, Papa et moi nous allons \u00e0 la repr\u00e9sentation de <em>L\u2019Aiglon<\/em> de Rostand, par la troupe, de passage \u00e0 Angers, du Th\u00e9\u00e2tre Sarah-Bernhardt. Mlle Grumbach<a href=\"#_ftn56\" id=\"_ftnref56\">[56]<\/a>, qui remplace Sarah Bernhardt, joue tr\u00e8s bien, et avec beaucoup de feu, le beau r\u00f4le du duc de Reichstadt, mais elle a le malheur de ne pas poss\u00e9der du tout la t\u00eate du fils de Napol\u00e9on&nbsp;; l\u2019histoire nous le repr\u00e9sente comme un grand jeune homme blond, et aux traits creus\u00e9s et amincis, au lieu que Mlle Grumbach a la figure pleine et le nez en l\u2019air. Metternich est, peut-\u00eatre, un peu compass\u00e9&nbsp;: Flambeau et Marie-Louis sont tr\u00e8s naturels. Nous rentrons \u00e0 minuit 30.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jeanne_Grumbach.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"295\" height=\"382\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jeanne_Grumbach.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-157\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jeanne_Grumbach.jpg 295w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Jeanne_Grumbach-232x300.jpg 232w\" sizes=\"auto, (max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jeanne Grumbach (1871-1947), actrice fran\u00e7aise<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 7 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9tant assez enrhum\u00e9 et, \u00e0 cause du froid qui est tr\u00e8s vif pour la saison, je ne me l\u00e8ve que vers 11 heures et je ne sors pas de toute la journ\u00e9e. M. Pinguet vient me donner ma le\u00e7on de mandoline.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 9 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme mon rhume avait encore augment\u00e9 dans la nuit de mercredi \u00e0 jeudi et que je toussais beaucoup jeudi matin, je n\u2019ai pas quitt\u00e9 le lit de toute la journ\u00e9e d\u2019hier malgr\u00e9 la f\u00eate de l\u2019Ascension. Ce matin, comme j\u2019ai pass\u00e9 une bonne nuit, je me suis lev\u00e9 \u00e0 11h \u00bd&nbsp;; mais je n\u2019ai pas quitt\u00e9 la maison. J\u2019ai d\u00fb refuser une invitation \u00e0 d\u00eener, ce soir, chez Mme Herv\u00e9-Bazin qui r\u00e9unit les amis de Roger de Br\u00e9on&nbsp;; celui-ci, qui est malade dans sa famille depuis plus de deux mois, et qui, cependant, continue son droit comme il peut, est venu aujourd\u2019hui \u00e0 Angers pour prendre son inscription.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 10 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve \u00e0 la m\u00eame heure qu\u2019hier et je passe l\u2019apr\u00e8s-midi au petit salon&nbsp;; vers le soir, le Dr Sourice vient, il m\u2019ausculte et reconna\u00eet que ma toux ne vient pas d\u2019un refroidissement, elle tient \u00e0 ce que je subis l\u2019influence d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie de grippe qui s\u00e9vit en ce moment \u00e0 Angers&nbsp;; c\u2019est donc une grippe tr\u00e8s b\u00e9nigne, mais suffisante pour n\u00e9cessiter des pr\u00e9cautions, surtout par le temps si rigoureux de ces jours-ci, c\u2019est une v\u00e9ritable temp\u00e9rature d\u2019hiver&nbsp;; de tous c\u00f4t\u00e9s, on se plaint des gel\u00e9es&nbsp;; je dois m\u2019attendre \u00e0 rester deux ou trois jours dans la maison. C\u2019est tr\u00e8s ennuyeux \u00e0 cause des cours que je manque (il est vrai, qu\u2019\u00e0 la place, je travaille avec les notes que Papa me pr\u00eatre, ou avec mes ouvrages). Les journaux racontent, ce matin, l\u2019effroyable cataclysme de la Martinique&nbsp;; la Montagne Pel\u00e9e, ancien volcan qui domine la ville de Saint-Pierre et qui n\u2019\u00e9tait plus en activit\u00e9 depuis 1851, a repris tout \u00e0 coup de l\u2019activit\u00e9 et, dans la matin\u00e9e d\u2019avant-hier, une pluie de feu, de cendres et de scories s\u2019est abattue sur Saint-Pierre et, en quelques minutes, la ville a \u00e9t\u00e9 ensevelie sous les d\u00e9combres ou d\u00e9truite par le feu&nbsp;; on croit que plus de 30.000 personnes ont p\u00e9ri&nbsp;; c\u2019est la r\u00e9p\u00e9tition de la catastrophe qui d\u00e9truisit Pomp\u00e9\u00ef et Herculanum en 79 ap. J.C. Comme les communications t\u00e9l\u00e9graphiques ont \u00e9t\u00e9 en partie d\u00e9truites, c\u2019est le Suchet, navire de guerre qui \u00e9tait en rade de Saint-Pierre au moment de la catastrophe, et un navire anglais, qui ont c\u00e2blogramm\u00e9 ces nouvelles&nbsp;; tous les autres navires qui \u00e9taient en rade ont p\u00e9ri et le Suchet n\u2019a pu recueillir qu\u2019une trentaine de survivants&nbsp;! Il est probable qu\u2019il y a une corr\u00e9lation entre cette \u00e9ruption subite et le tremblement de terre qu\u2019on a ressenti, il y a une huitaine de jours, dans le Midi de la France et en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 11 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je ne me l\u00e8ve qu\u2019\u00e0 11 heures \u00bd&nbsp;; je passe toute mon apr\u00e8s-midi au petit salon. Le soir, Papa va s\u2019informer du r\u00e9sultat des \u00e9lections compl\u00e9mentaires qui ont eu lieu aujourd\u2019hui. Il apprend l\u2019\u00e9lection, \u00e0 Angers, du docteur Bichon<a href=\"#_ftn57\" id=\"_ftnref57\">[57]<\/a>, radical et minist\u00e9riel par 10895 voix contre 7562 \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf, 5093 \u00e0 M. Joubert et 439 \u00e0 M. Foucher. Ce r\u00e9sultat \u00e9tait pr\u00e9vu depuis le jour o\u00f9, contre toute convenance, contre tous les pr\u00e9c\u00e9dents et malgr\u00e9 les bl\u00e2mes s\u00e9v\u00e8res de beaucoup de journaux catholiques, m\u00eame d\u2019organises d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens, l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf qui avait eu au premier tour de scrutin moins de voix que l\u2019autre candidat antiminist\u00e9riel M. Joubert, avait maintenu sa candidature&nbsp;; la responsabilit\u00e9 de ce r\u00e9sultat retombe aussi, en partie, sur M. Foucher qui avait agi comme l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf. Ce qu\u2019il y a de plus \u00e9tonnant c\u2019est que l\u2019abb\u00e9 Bosseboeuf ait encore gagn\u00e9 2000 voix depuis quinze jours&nbsp;; ce sont, sans doute, des voix socialistes venues des \u00e9lecteurs de Maurice&nbsp;; elles ne lui font pas honneur&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 18 mai 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 12 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne me l\u00e8ve, encore aujourd\u2019hui, qu\u2019\u00e0 11h 1\/2&nbsp;; mais comme je tousse beaucoup moins et que le temps s\u2019est am\u00e9lior\u00e9, je vais faire une toute petite promenade dans l\u2019apr\u00e8s-midi. Les r\u00e9sultats des \u00e9lections compl\u00e9mentaires dans l\u2019ensemble de la France paraissent favorables au minist\u00e8re&nbsp;! Il y a, sans doute, bien des si\u00e8ges gagn\u00e9s par nos amis, comme \u00e0 Baug\u00e9 o\u00f9 M. Fabien Cesbron est \u00e9lu, \u00e0 Castelnaudary o\u00f9 le marquis de Laurens-Castelet, \u00e0 Lombez o\u00f9 le marquis de Pins, \u00e0 N\u00e9rac o\u00f9 M. L\u00e9opold Fabre sont \u00e9lus, et bien d\u2019autres si\u00e8ges conquis sur les minist\u00e9riels&nbsp;; mais, malheureusement, nous en perdons plusieurs et, comme pour conserver la petite majorit\u00e9 conquise le 24 avril, il aurait fallu avoir au moins la moiti\u00e9 des ballotages, le r\u00e9sultat est mauvais, car nous en avons \u00e0 peine un tiers. Notre petite majorit\u00e9 est perdue et m\u00eame, je crois (sauf \u00e0 changer d\u2019opinion lorsque j\u2019aurai vu les r\u00e9sultats dans toutes les circonscriptions et des statistiques bien nettes&nbsp;!) je crois, dis-je, que le minist\u00e8re a une petite majorit\u00e9&nbsp;! Ainsi, cet immense effort de tous les honn\u00eates gens unis sur le terrain de la libert\u00e9 et du patriotisme, cette magnifique campagne de conf\u00e9rences si bien conduite par les admirables lutteurs de la Patrie fran\u00e7aise et de l\u2019Action lib\u00e9rale, ces souscriptions qui ont eu tant de succ\u00e8s, tout cela n\u2019aura abouti qu\u2019\u00e0 amoindrir de quelques voix la majorit\u00e9 de Waldeck-Rousseau et de ses tristes acolytes&nbsp;! Je veux croire que le r\u00e9sultat sera plus encourageant et que les honn\u00eates gens auront, au moins, appris \u00e0 se conna\u00eetre et \u00e0 lutter ensemble et que cette union se poursuivra pour arriver, un jour, \u00e0 la victoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais, qu\u2019il est triste de constater l\u2019aveuglement du suffrage universel&nbsp;! Trois ans de gouvernement antinational, trois ans d\u2019attentats continuels contre la libert\u00e9, n\u2019ont pas assez remu\u00e9 le pays pour lui faire vomir, dans un acc\u00e8s de d\u00e9go\u00fbt, les inf\u00e2mes politiciens qui l\u2019oppriment&nbsp;! Je sais bien qu\u2019il faut tenir compte de toutes les causes qui vicient le suffrage universel&nbsp;: la pression gouvernementale, les fraudes (qui nous ont fait perdre au moins 30 si\u00e8ges), le d\u00e9faut de repr\u00e9sentation des minorit\u00e9s&nbsp;; mais, m\u00eame ces circonstances \u00e9cart\u00e9es, le suffrage universel est une institution essentiellement dangereuse. Il n\u2019est pas admissible que tout, m\u00eame les libert\u00e9s les plus essentielles, les principes les plus sacr\u00e9s, d\u00e9pende de la loi du nombre, c\u2019est-\u00e0-dire de la masse ignorante, pleine de pr\u00e9jug\u00e9s, et n\u2019agissant que sous l\u2019empire de la passion. Non&nbsp;! Le suffrage universel, tel qu\u2019il existe en France, n\u2019est pas fait pour l\u2019\u00e9tat actuel de notre soci\u00e9t\u00e9&nbsp;; il suppose un niveau d\u2019instruction tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, que nous n\u2019atteindrons pas de longtemps. Cette institution est tr\u00e8s dangereuse dans tous les pays&nbsp;; mais elle l\u2019est particuli\u00e8rement dans une r\u00e9publique comme la France, o\u00f9 il n\u2019existe pas de pouvoir pond\u00e9rateur. En Allemagne, en Espagne, pays monarchiques, tout ne d\u00e9pend pas du suffrage universel&nbsp;; le souverain est l\u00e0 pour l\u2019arr\u00eater ou pour le mod\u00e9rer&nbsp;; en France, au contraire, o\u00f9 tout d\u00e9pend de lui, il nous conduira \u00e0 notre perte si nous ne trouvons un moyen de l\u2019enrayer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 13 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve encore fort tard \u2013 vers 11 heures&nbsp;; mais comme je vais de mieux en mieux, je sors un peu plus longuement dans l\u2019apr\u00e8s-midi. \u00c0 4 heures, Mlle Greishaker vient me donner ma le\u00e7on d\u2019allemand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des statistiques assez exactes sont donn\u00e9es aujourd\u2019hui sur le r\u00e9sultat du scrutin de ballotage. Ce qui ressort de ces statistiques, c\u2019est que partout o\u00f9 les candidats minist\u00e9riels ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus, et c\u2019est h\u00e9las&nbsp;! dans plus de deux tiers des circonscriptions, ils ne l\u2019ont \u00e9t\u00e9 qu\u2019\u00e0 de tr\u00e8s faibles majorit\u00e9s o\u00f9, comme \u00e0 Angers, gr\u00e2ce \u00e0 la division des lib\u00e9raux. En additionnant les r\u00e9sultats du 27 avril avec ceux d\u2019avant-hier, on trouve que les antiminist\u00e9riels sont environ 260, dans la nouvelle Chambre, et les minist\u00e9riels environ 305&nbsp;; il y a, de plus, une vingtaine de douteux, parmi lesquels les socialistes guesdistes&nbsp;; enfin, quelques r\u00e9sultats ne sont pas connus, par exemple celui de la Martinique o\u00f9 l\u2019\u00e9lection n\u2019a pu avoir lieu \u00e0 cause de la catastrophe de jeudi. Ainsi, la majorit\u00e9 minist\u00e9rielle est de 45 voix environ&nbsp;; c\u2019est moins que dans l\u2019ancienne chambre o\u00f9 elle \u00e9tait presque toujours de 75 \u00e0 80 voix. Nous avons donc obtenu un r\u00e9sultat&nbsp;; c\u2019est d\u00e9j\u00e0 fort beau quand on a \u00e0 lutter contre un gouvernement sans scrupules et tout-puissant. Ce qu\u2019il y a de plus triste l\u00e0-dedans, c\u2019est que les minist\u00e9riels \u00e9lus frauduleusement, comme le ministre Millerand qui, pour obtenir sa petite majorit\u00e9 de 300 voix, a gris\u00e9 les porteurs de bulletins de son adversaire&nbsp;!, ne seront pas invalid\u00e9s et que, peut-\u00eatre m\u00eame, certains de nos amis n\u2019ayant obtenu qu\u2019une faible majorit\u00e9 sont expos\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00eatre. Je crains fort que le minist\u00e8re Waldeck, tout fier de cette majorit\u00e9, pourtant bien faible et obtenue Dieu sait comment&nbsp;!, ne se cramponne au pouvoir et ne fasse voter les propositions de loi contre la libert\u00e9 de l\u2019enseignement&nbsp;; il est bien triste aussi de penser que cette canaille de g\u00e9n\u00e9ral Andr\u00e9 va rester \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e. Ce succ\u00e8s relatif des minist\u00e9riels est une bien grosse d\u00e9ception pour les patriotes qui avaient tant esp\u00e9r\u00e9 avoir la majorit\u00e9 \u00e0 la nouvelle chambre&nbsp;! Et pourtant, malgr\u00e9 l\u2019absurdit\u00e9 du suffrage universel, n\u2019avons-nous pas lieu de nous r\u00e9jouir de ce fait que la majorit\u00e9 des \u00e9lecteurs s\u2019est prononc\u00e9e contre le minist\u00e8re&nbsp;? Oui, le 27 avril, o\u00f9 on votait partout, le chiffre de voix donn\u00e9es aux antiminist\u00e9riels a d\u00e9pass\u00e9, pour toute la France (colonies comprises) de 403.000 le chiffre des voix minist\u00e9rielles&nbsp;! Donc, si le minist\u00e8re reste au pouvoir, il brave le pays&nbsp;! Mais, je ne suis pas assez na\u00eff pour croire que cette consid\u00e9ration p\u00e8sera dans la balance minist\u00e9rielle&nbsp;: il est probable que le poids des 60.000 francs du traitement de \u00ab&nbsp;Leurs Excellences&nbsp;\u00bb aura plus d\u2019influence sur elle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 14 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais, ce matin, au second cours en voiture&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je ressorts. Le soir, nous recevons \u00e0 d\u00eener Tante Josepha et N\u00e9nette&nbsp;; l\u2019oncle Paul est parti en man\u0153uvres avec son r\u00e9giment, de mardi \u00e0 vendredi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un fait qui pourra donner une id\u00e9e des m\u0153urs des \u00e9lecteurs minist\u00e9riels est la mort du d\u00e9put\u00e9 Lorthiois, \u00e9lu dimanche \u00e0 Lille comme antiminist\u00e9riel et mort le soir m\u00eame des suites d\u2019une agression dont il avait \u00e9t\u00e9 victime, il y a quelques jours, \u00e0 la sortie d\u2019une r\u00e9union \u00e9lectorale, de la part des partisans de son adversaire. Dans un bourg des C\u00f4tes-du-Nord, un homme a \u00e9t\u00e9 \u00e0 moiti\u00e9 assomm\u00e9, sous les yeux du nouveau d\u00e9put\u00e9 minist\u00e9riel et maire de cette localit\u00e9, par les partisans et m\u00eame par le cocher du maire-d\u00e9put\u00e9, sans que celui-ci ait rien fait pour l\u2019emp\u00eacher, ce dernier fait s\u2019est produit le 27 avril. Le 11 mai, \u00e0 Paris, le candidat nationaliste Thi\u00e9baud ayant voulu entrer dans le bureau de vote d\u2019une section de sa circonscription pendant le d\u00e9pouillement du scrutin, a \u00e9t\u00e9 assailli et gri\u00e8vement bless\u00e9 par ses adversaires qui occupaient seuls la salle. Les journaux citent bien d\u2019autres faits de ce genre qui prouvent \u00e0 quels moyens ont recours les minist\u00e9riels.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 15 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais au second cours, puis \u00e0 ma le\u00e7on de mandoline&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je ne ressors pas, je travaille \u00e0 la maison&nbsp;; j\u2019ai, comme hier, la visite de Jacques des Loges. Tante Josepha et N\u00e9nette viennent encore d\u00eener ce soir. Les journaux citent encore des faits inou\u00efs de fraude, organis\u00e9s par le gouvernement, en faveur de ses candidats&nbsp;; je prends le plus monstrueux, il s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 Montauban. Deux candidats, M. Prax-Paris, conservateur, d\u00e9put\u00e9 sortant, et M. Cap\u00e9ran, minist\u00e9riel, \u00e9taient en pr\u00e9sence le 11 mai dans cette ville. Voyant la victoire de M. Prax-Paris certaine, on a fait distribuer \u00e0 tous les \u00e9lecteurs dans la nuit du 10 au 11 mai, par les facteurs de l\u2019administration des postes, et dans des enveloppes insuffisamment affranchies, sans que cela ait donn\u00e9 lieu \u00e0 aucune r\u00e9clamation, des bulletins de M. Prax-Paris, sur lesquels on avait \u00e9crit au crayon, et en caract\u00e8res minuscules, presque invisibles, le nom de M. Cap\u00e9ran. Beaucoup d\u2019\u00e9lecteurs, croyant votre pour M. Prax-Paris, mirent de ces bulletins dans l\u2019urne et, au d\u00e9pouillement du scrutin, on les annula comme portant deux noms. Et, malgr\u00e9 cette fraude monstrueuse, la commission de recensement n\u2019a proclam\u00e9 M. Cap\u00e9ran \u00e9lu qu\u2019\u00e0 une voix de majorit\u00e9 (comme la r\u00e9publique)&nbsp;! Si cette \u00e9lection n\u2019est pas invalid\u00e9e, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a plus pour un liard d\u2019honn\u00eatet\u00e9 chez les partisans de ce r\u00e9gime&nbsp;! Et, d\u2019abord, de quel droit des employ\u00e9s d\u2019une administration ont-ils \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s, de nuit, pour distribuer des enveloppes insuffisamment affranchies&nbsp;? Que r\u00e9pondra \u00e0 cela le baron Millerand, ministre du Commerce&nbsp;? Il est certain que, sans la fraude qui a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e sur une si vaste \u00e9chelle, les antiminist\u00e9riels avaient la majorit\u00e9 \u00e0 la Chambre&nbsp;; on nous a vol\u00e9, au bas mot, 30 \u00e0 40 si\u00e8ges. C\u2019est une majorit\u00e9 d\u2019une quarantaine de voix, acquise de cette fa\u00e7on, que chantent les journaux radicaux en c\u00e9l\u00e9brant la grande victoire que vient de remporter la r\u00e9publique&nbsp;! Par exemple, ils se gardent bien de dire qu\u2019une majorit\u00e9 de 403.000 \u00e9lecteurs s\u2019est prononc\u00e9e contre le minist\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 16 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit administratif.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 17 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous regardons le concours hippique, qui a lieu sous nos fen\u00eatres&nbsp;; Jacques Herv\u00e9-Bazin vient profiter de nos fen\u00eatres pour le voir. Malheureusement, le temps est tr\u00e8s mauvais&nbsp;; il pleut presque tout le temps, et les tribunes sont presque d\u00e9sertes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 18 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de communion de 8 heures \u00e0 Notre-Dame, et \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous recevons quelques personnes qui viennent profiter de nos fen\u00eatres pour voir le concours hippique&nbsp;: Mme Gavouy\u00e8re&nbsp;; M. et Mme Maurice Gavouy\u00e8re&nbsp;; Ren\u00e9 et Mlle de La Villebiot&nbsp;; M. et Mlles Blanc. Le temps est moins mauvais qu\u2019hier mais, de temps en temps, le concours est mouill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 19 au 25 mai 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 19 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de cours ce matin \u00e0 cause du cong\u00e9 de la Pentec\u00f4te. Comme il fait r\u00e9ellement froid et que le temps est mena\u00e7ant, je ne vais pas au concours hippique&nbsp;; je risquerais d\u2019y aggraver mon rhume qui ne veut pas finir avec ce mauvais temps. Marie-Th\u00e9r\u00e8se y va avec Tante Josepha et N\u00e9nette. Je vais, avec Papa, \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Joseph, et, en rentrant, j\u2019assiste \u00e0 la derni\u00e8re journ\u00e9e du concours de la fen\u00eatre de la chambre bleue.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 20 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon rhume s\u2019\u00e9tant aggrav\u00e9 pendant la nuit, je ne me l\u00e8ve qu\u2019\u00e0 11h \u00bd, le docteur Sourice vient me voir, m\u2019ausculte, reconna\u00eet encore que je n\u2019ai rien ni \u00e0 la poitrine ni dans les bronches. Il dit que ma toux est une toux coquelucho\u00efde, et il me donne des rem\u00e8des en cons\u00e9quence. Ce qu\u2019il y a de plus ennuyeux dans mon cas, c\u2019est que je ne vais pas pouvoir sortir d\u2019assez longtemps, surtout avec le temps froid qui continue et qui n\u2019a pas l\u2019air de vouloir finir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 21 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve \u00e0 11 heures et, l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille mon droit. \u00c0 4h \u00bd, Maman arrive de Biarritz apr\u00e8s une saison de bains salins de plus d\u2019un mois&nbsp;; au retour, elle s\u2019est arr\u00eat\u00e9e un jour \u00e0 Poitiers pour voir le P. Engrand, le Sacr\u00e9-C\u0153ur et Mme de Rouault.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 22 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Dr Sourice dit, aujourd\u2019hui, que j\u2019ai la coqueluche jusqu\u2019au 15 juin environ. \u00c0 11 heures, M. Pinguet vient me donner ma le\u00e7on de mandoline. On me traite par l\u2019hom\u00e9opathie et par des fumigations de formol dont on va faire br\u00fbler des pastilles, matin et soir, dans ma chambre&nbsp;; je vais \u00eatre oblig\u00e9 de respirer cela une partie de la matin\u00e9e et toute la nuit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 23 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je continue mon existence monotone comme hier. Ma coqueluche est stationnaire, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle a atteint son maximum et qu\u2019elle commencera, bient\u00f4t, \u00e0 d\u00e9cliner.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 24 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame programme de journ\u00e9e qu\u2019hier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 25 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 31 mai 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 26 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 27 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour faire passer le temps, je lis, dans les moments o\u00f9 je ne travaille pas, des articles du <em>Correspondant<\/em>. Je lis aujourd\u2019hui une tr\u00e8s int\u00e9ressante \u00e9tude du vicomte de Meaux, ancien ministre, membre de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, sur l\u2019\u0153uvre de cette assembl\u00e9e. L\u2019auteur montre comment Thiers, qui avait \u00e9t\u00e9 choisi d\u2019un commun accord, \u00e0 Bordeaux, pour conclure la paix et r\u00e9organiser la France, \u00e0 condition qu\u2019il ne s\u2019occuperait pas, pour le moment, de la forme du gouvernement, trahit sa majorit\u00e9 et viola le pacte de Bordeaux en favorisant constamment les r\u00e9publicains et m\u00eame les radicaux et en tendant toujours \u00e0 faire de la r\u00e9publique la forme d\u00e9finitive du gouvernement jusqu\u2019au jour, beaucoup trop tardif \u00e0 mon avis, du 24 mai. M. de Meaux explique cette attitude par des engagements que Thiers avait pris, pendant la Commune, avec des personnalit\u00e9s r\u00e9volutionnaires de plusieurs grandes villes, du Midi surtout, qui promettaient d\u2019emp\u00eacher la Commune de s\u2019\u00e9tendre en province \u00e0 la condition que Thiers favoriserait l\u2019\u00e9tablissement de la r\u00e9publique. Dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019emp\u00eacher par la force un soul\u00e8vement g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9l\u00e9ment r\u00e9volutionnaire, Thiers aurait accept\u00e9 cette transaction. Cette explication donne la cl\u00e9 de bien des \u00e9nigmes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 28 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame programme de journ\u00e9e qu\u2019hier. Mais je commence \u00e0 esp\u00e9rer que cela ne durera plus bien longtemps&nbsp;; car j\u2019ai beaucoup moins de quintes depuis hier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 29 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame programme qu\u2019hier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 30 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 31 mai 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juin 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 1<sup>er<\/sup> juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pluie, qui n\u2019a pas cess\u00e9 de tomber durant toute la journ\u00e9e d\u2019hier, continue ce matin et on est oblig\u00e9 de renvoyer \u00e0 l\u2019apr\u00e8s-midi la procession du Sacre qui devait avoir lieu ce matin. Elle se fait apr\u00e8s les v\u00eapres et jouit d\u2019un temps relativement beau&nbsp;; mais elle se ressent beaucoup, para\u00eet-il, de ce contre-temps&nbsp;; on me dit qu\u2019elle est bien loin de valoir la procession des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes&nbsp;; Papa y assiste, avec l\u2019Universit\u00e9, en robe de c\u00e9r\u00e9monie&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se, avec l\u2019\u0153uvre des cat\u00e9chistes, dont elle porte, un moment, la banni\u00e8re. Quant \u00e0 moi, bien entendu, je reste \u00e0 la maison o\u00f9 je fais passer le temps en lisant un livre de Mgr Favier, \u00e9v\u00eaque de P\u00e9kin, sur cette ville. Il contient des renseignements tr\u00e8s int\u00e9ressants et relativement pr\u00e9cis sur les origines de l\u2019empire chinois&nbsp;; ils sont tir\u00e9s des ouvrages des historiens chinois, tr\u00e8s nombreux, para\u00eet-il, environ 5 si\u00e8cles avant notre \u00e8re. Le soir, une bien triste nouvelle nous arrive de Paris&nbsp;: M. Bourgeois, candidat de la concentration radicale, radicale-socialiste et socialiste, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident de la Chambre dans la 1<sup>\u00e8re<\/sup> s\u00e9ance de cette apr\u00e8s-midi par 303 voix contre 267 voix donn\u00e9es \u00e0 M. Deschanel, pr\u00e9sident de l\u2019ancienne Chambre et candidat des mod\u00e9r\u00e9s, des nationalistes et de la droite. Cette \u00e9lection qui est une indication des tendances de la nouvelle Chambre est accueillie par les cris de \u00ab&nbsp;\u00c0 bas la calotte&nbsp;\u00bb des d\u00e9put\u00e9s socialistes&nbsp;! Les deux vice-pr\u00e9sidents sont aussi choisis parmi les radicaux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 2 au 8 juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 2 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Programme de journ\u00e9e comme avant-hier. Maman va, l\u2019apr\u00e8s-midi, aux courses qui ont lieu \u00e0 l\u2019hippodrome d\u2019Eventard, avec l\u2019oncle Paul et Tante Josepha. On annonce que la paix est sign\u00e9e dans le sud-africain. Cette nouvelle serait de nature \u00e0 exciter une joie universelle si elle consacrait l\u2019ind\u00e9pendance des Bo\u00ebrs&nbsp;; malheureusement, d\u2019apr\u00e8s la mani\u00e8re dont l\u2019annoncent les journaux anglais, il semble certain que cette poign\u00e9e d\u2019hommes h\u00e9ro\u00efques qui a tenu en \u00e9chec pendant 2 ans et demi les arm\u00e9es anglaises, a fait le sacrifice de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 3 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour moi, m\u00eame programme de journ\u00e9e qu\u2019hier. Marie-Th\u00e9r\u00e8se va, avec Tante Josepha, aux environs de la Possonni\u00e8re o\u00f9 le r\u00e9giment du g\u00e9nie lance un pont de bateaux sur la Loire&nbsp;; la garnison d\u2019Angers franchira ensuite le fleuve sur ce pont. C\u2019est la m\u00eame int\u00e9ressante man\u0153uvre que celle dont j\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin le 5 juin de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Den\u00e9e. La nouvelle de la conclusion de la paix est confirm\u00e9e. Les Bo\u00ebrs reconnaissent la supr\u00e9matie britannique, mais ils rentrent dans leurs biens, re\u00e7oivent une indemnit\u00e9 de 75.000.000 frs. pour la reconstitution du cheptel de leurs fermes, obtiennent l\u2019amnistie pour les Afrikanders du Cap et du Natal qui se sont soulev\u00e9s en leur faveur et, de plus, l\u2019Angleterre s\u2019engage \u00e0 leur accorder la plus large autonomie et \u00e0 enseigner, dans les \u00e9coles, la langue hollandaise. Si l\u2019Angleterre, qui, il n\u2019y a pas encore bien longtemps, r\u00e9clamant une soumission sans conditions, consent \u00e0 de pareilles concessions, c\u2019est qu\u2019elle a compris qu\u2019elle ne pourrait pas arriver \u00e0 r\u00e9duire la r\u00e9sistance des deux r\u00e9publiques&nbsp;! Je d\u00e9croche du mur de ma chambre la carte de l\u2019Afrique du Sud que j\u2019avais dress\u00e9e au d\u00e9but de la guerre, en octobre 1899, et qui y \u00e9tait rest\u00e9e accroch\u00e9e depuis lors&nbsp;; j\u2019avoue que ce n\u2019est pas sans une p\u00e9nible impression. J\u2019avais esp\u00e9r\u00e9, en effet, que la vaillance des Bo\u00ebrs triompherait de l\u2019or britannique&nbsp;; h\u00e9las, c\u2019est l\u2019or qui triomphe&nbsp;; c\u2019est toujours le principe de Bismarck \u00ab&nbsp;la force prime le droit&nbsp;\u00bb. Dieu veuille que le droit ait un jour sa revanche&nbsp;! Il l\u2019aura, sans doute, et peut-\u00eatre plus t\u00f4t que ne le pense l\u2019Angleterre&nbsp;; car l\u2019antagonisme des deux nationalit\u00e9s, anglais et hollandaise, aussi prolifiques l\u2019une que l\u2019autre, ne peut manquer d\u2019amener des conflits sanglants en Afrique du Sud lorsque l\u2019\u00e9l\u00e9ment hollandais se sera reconstitu\u00e9 et, alors, qui sait si, pour avoir voulu s\u2019annexer le Transvaal et l\u2019Orange, l\u2019Angleterre ne perdra pas toutes ses colonies sud-africaines&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 4 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame vie que les jours pr\u00e9c\u00e9dents&nbsp;; le Dr Sourice, qui vient me voir le matin, refuse de me laisser sortir tant que je tousserai et comme j\u2019ai encore 8 ou 9 quintes de toux par jour, il est \u00e0 craindre que j\u2019en aie pour plusieurs semaines.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 5 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame programme qu\u2019hier, avant-hier et les jours pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 6 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je re\u00e7ois une lettre d\u2019Herv\u00e9-Bazin qui, ne pouvant venir me voir par crainte de la contagion, me demande de mes nouvelles. L\u2019apr\u00e8s-midi, Monsieur Jac vient me voir et m\u2019offre tr\u00e8s aimablement, pour me faire rattraper, dans la mesure du possible, le temps perdu, de me faire faire une r\u00e9vision du programme de droit civil quand je serai r\u00e9tabli. Un gar\u00e7on de Normandin vient me couper les cheveux, ce qui n\u2019avait pas eu lieu depuis un mois et demi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 7 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monsieur Sourice vient me voir et refuse de me dire quand je pourrai sortir. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous apprenons la constitution du nouveau minist\u00e8re qui va remplacer le minist\u00e8re Waldeck-Rousseau. Il ne vaut pas mieux que l\u2019ancien, \u00e9tant choisi, presqu\u2019enti\u00e8rement, dans le parti radical. Le pr\u00e9sident du Conseil, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et des Cultes est M. Combes, ex-s\u00e9minariste et protestant&nbsp;; ministre de la Guerre, l\u2019infect g\u00e9n\u00e9ral Andr\u00e9&nbsp;; aux Finances, le panamiste Rouvier&nbsp;; \u00e0 la Justice, M. Vall\u00e9<a href=\"#_ftn58\" id=\"_ftnref58\">[58]<\/a>, rapporteur au S\u00e9nat de la loi sur les associations&nbsp;; aux Affaires \u00e9trang\u00e8res, Delcass\u00e9, l\u2019homme de Fachoda qui a, d\u00e9cid\u00e9ment, la vie dure puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 dans 4 minist\u00e8res successifs, etc. Ce minist\u00e8re est un d\u00e9fi jet\u00e9 aux catholiques car il r\u00e9unit dans son sein Combes, pr\u00e9sident de la commission s\u00e9natoriale pour la loi sur les associations, Vall\u00e9, rapporteur de cette m\u00eame commission, et Trouillot, rapporteur de la commission de la Chambre sur la m\u00eame loi, qui a, je crois, le portefeuille des Travaux publics. Les catholiques, qui avaient cru \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration possible de la r\u00e9publique, perdent, je pense, toute illusion&nbsp;! Le nouveau minist\u00e8re a, dans son programme, l\u2019application rigoureuse de la loi sur les associations et la suppression de la libert\u00e9 d\u2019enseignement. Il est assur\u00e9 du concours de la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine dont la premi\u00e8re manifestation, \u00e0 la nouvelle Chambre, a \u00e9t\u00e9 le cri de \u00ab&nbsp;\u00c0 bas la calotte&nbsp;\u00bb, qui a accueilli l\u2019\u00e9lection de Bourgeois au fauteuil pr\u00e9sidentiel&nbsp;! Il est donc prouv\u00e9 qu\u2019en r\u00e9publique, le programme essentiel de gouvernement est la guerre aux catholiques&nbsp;! Avec ce programme, un gouvernement est s\u00fbr de rallier la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine et d\u2019associer des hommes qui sont tr\u00e8s divis\u00e9s sur d\u2019autres points&nbsp;! C\u2019est ainsi que, dans le minist\u00e8re actuel, on trouve M. Rouvier, aux Finances, tr\u00e8s hostile \u00e0 l\u2019imp\u00f4t progressif sur le revenu (qui est un des points principaux du programme radical et radical-socialiste) et Camille Pelletan, ministre de la Marine (pourquoi&nbsp;? probablement parce qu\u2019il a l\u2019habitude de se lever \u00e0 midi), partisan r\u00e9solu de la progressivit\u00e9 de l\u2019imp\u00f4t. Combes, d\u00e9sireux de s\u2019assurer le concours de Rouvier dont la comp\u00e9tence financi\u00e8re est n\u00e9cessaire pour remettre en \u00e9tat nos finances fortement compromises par le pr\u00e9c\u00e9dent minist\u00e8re, a biff\u00e9 de son programme cette r\u00e9forme et les radicaux n\u2019ont pas protest\u00e9, tant il est vrai que, pour eux, la guerre \u00e0 la religion tient lieu de programme \u00e9conomique, financier, militaire, etc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 8 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est incertain et les processions du Petit Sacre s\u2019en ressentent&nbsp;; elles se font, mais sont moins brillantes que si le temps avait \u00e9t\u00e9 beau&nbsp;; le matin, je vois passer celle de Saint-Serge, de la fen\u00eatre du salon.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 9 au 15 juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 9 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma coqueluche va mieux&nbsp;; aujourd\u2019hui, je n\u2019ai que 4 quintes, au lieu du 18 ou 19 que j\u2019en avais au d\u00e9but et des 8 ou 10 que j\u2019avais encore ces jours-ci.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 10 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nouvelle am\u00e9lioration, aujourd\u2019hui, je n\u2019ai que deux quintes, je commence \u00e0 entrevoir la fin de ma s\u00e9questration.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 11 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Dr Sourice, qui vient ce matin, me permet d\u2019aller, en voiture, \u00e0 la messe vendredi, f\u00eate de Saint Antoine. Papa rentre \u00e0 4h \u00bd d\u2019Angoul\u00eame, o\u00f9 il \u00e9tait all\u00e9 pr\u00e9sider un concours, organis\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Angers, entre les coll\u00e8ges catholiques de l\u2019Ouest.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 12 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait un temps affreux, un vent furieux accompagn\u00e9 de grains, on se croirait en mars&nbsp;; esp\u00e9rons qu\u2019il fera meilleur demain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 13 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est aussi mauvais, plus mauvais m\u00eame qu\u2019hier, le vent, la pluie, la gr\u00eale font rage&nbsp;; le matin \u00e0 9 heures, je profite d\u2019une \u00e9claircie pour aller, en voiture, \u00e0 la cath\u00e9drale o\u00f9 j\u2019entends la messe du Chapitre&nbsp;; nous en revenons avec Tante Josepha et N\u00e9nette qui \u00e9taient venues nous y rejoindre. Le Dr Sourice ayant bien voulu lever la consigne pour N\u00e9nette qui a eu d\u00e9j\u00e0 la coqueluche, et en consid\u00e9rant que ma maladie touche \u00e0 sa fin, Tante Josepha et N\u00e9nette viennent d\u00e9jeuner avec nous. \u00c0 l\u2019occasion de ma f\u00eate, Tante Josepha m\u2019a offert une tr\u00e8s jolie aquarelle repr\u00e9sentant un cavalier pied \u00e0 terre et un cheval au repos, \u00e0 leurs pieds, deux chiens de chasse&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se m\u2019a donn\u00e9 une bo\u00eete \u00e0 poudre&nbsp;; Papa et Maman m\u2019ont donn\u00e9 chacun 10 frs.&nbsp;; Bonne Maman, 20 frs.&nbsp;; je n\u2019ai donc pas \u00e0 me plaindre de ma f\u00eate, cette ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 14 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je re\u00e7ois une lettre de Xavier et une autre de l\u2019abb\u00e9 Sarr\u00e8te, ainsi qu\u2019une carte postale de Jacques des Loges, tout cela pour ma f\u00eate. Nous d\u00e9jeunons \u00e0 11 heures et, d\u00e8s midi et demi, nous nous pr\u00e9cipitons, en voiture, au fameux cirque Barnum et Bailey qui, apr\u00e8s avoir fait courir tout Paris o\u00f9 il \u00e9tait install\u00e9, dans les anciens b\u00e2timents de l\u2019Exposition au Champ de Mars, fait maintenant courir toute la province o\u00f9 il va de ville en ville, passant deux jours ici, un jour l\u00e0, ailleurs 3 jours suivant l\u2019importance de la localit\u00e9. \u00c0 Perpignan, il y a un mois, il a pass\u00e9 un jour&nbsp;; ici, il va passer deux jours. Il voyage la nuit&nbsp;; ainsi, dimanche soir, apr\u00e8s sa 4<sup>\u00e8me<\/sup> repr\u00e9sentation, il partira pour Nantes, s\u2019y installera dans la matin\u00e9e de lundi et y jouera dans l\u2019apr\u00e8s-midi, puis le soir, pendant 3 jours. Son mat\u00e9riel r\u00e9uni forme 4 trains qui roulent discr\u00e8tement sur les voies ferr\u00e9es et les wagons sont conditionn\u00e9s de telle sorte que le personnel qui n\u2019est pas employ\u00e9 au roulement dort pendant les trajets. Voil\u00e0 une installation bien am\u00e9ricaine. Ici, ils sont install\u00e9s place La Rochefoucauld. Nous sommes uax places \u00e0 5 francs&nbsp;; nous traversons d\u2019abord une immense tente de 50 m\u00e8tres de long environ qui forme, sur le pourtour m\u00e9nagerie avec des animaux de toutes sortes, et, au milieu, sur une estrade, on voit des monstres humains&nbsp;; il y a l\u00e0 une toute petite femme de la taille d\u2019un b\u00e9b\u00e9 de 2 ans, mais tr\u00e8s bien proportionn\u00e9e&nbsp;; un homme-caniche, sa figure est couverte enti\u00e8rement de poils&nbsp;; l\u2019homme-t\u00e9l\u00e9scope qui s\u2019allonge, \u00e0 volont\u00e9, de 0m45&nbsp;; la femme qui avale des \u00e9p\u00e9es enti\u00e8res, des scies, etc. (nous assistons \u00e0 son exercice) etc. etc.&nbsp;; nous entrons ensuite dans une seconde tente, plus grande encore (elle a, au moins 100 m\u00e8tres de long, sur 30 m\u00e8tres de large, et est aussi haute que la plupart des \u00e9glises) il y a place, l\u00e0-dedans, pour environ 12.000 personnes, et toutes les places sont bien vite occup\u00e9es, tant la publicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable, en ville et dans tout le d\u00e9partement (il y a beaucoup de spectateurs venus de la campagne). Le spectacle, qui a lieu simultan\u00e9ment sur 3 pistes, ressemble, en plus grand, \u00e0 ce que l\u2019on voit dans tous les grands cirques&nbsp;; il est termin\u00e9 avant 4 heures.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/bar-jongl-02.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"412\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/bar-jongl-02.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-158\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/bar-jongl-02.jpg 533w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/bar-jongl-02-300x232.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Affiche de la tourn\u00e9e du Cirque Barnum en France en 1902 \u2013 Cr\u00e9dits Site circus-parade.com<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 15 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Notre-Dame. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous retournons \u00e0 Barnum pour voir, dans une 3<sup>\u00e8me<\/sup> tente plus petite, des monstres humains qui nous n\u2019avons pas vus hier. Nous voyons l\u00e0 un homme \u00e9trange&nbsp;: son corps est \u00e0 peu pr\u00e8s comme celui de tout le monde, mais sa t\u00eate est toute petite, par derri\u00e8re surmont\u00e9e d\u2019une touffe de cheveux&nbsp;; il a \u00e9t\u00e9 recueilli par M. Barnum, il y a 50 ans, \u00e0 Calcutta, il a donc au moins 70 ans, quoiqu\u2019il n\u2019en porte que 20&nbsp;; il n\u2019a jamais dit un mot, mais il \u00e9met des sons gutturaux, et il comprend quand on lui parle anglais, il adore la musique, c\u2019est, sans contredit, une des plus grandes curiosit\u00e9s du monde&nbsp;; on l\u2019appelle Zip ou encore \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que c\u2019est que \u00e7a&nbsp;\u00bb \u00e0 cause de cette question qu\u2019on ne manque jamais de poser quand on le voit. Dans la m\u00eame tente, nous voyons deux petits hommes de Born\u00e9o de la taille d\u2019un enfant de 8 ans&nbsp;; ils ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s, en 1848, par le capitaine Hammond&nbsp;; l\u2019un a environ 70 ans&nbsp;; l\u2019autre, 80 ans, ce dernier est aveugle, les savantes ne peuvent dire \u00e0 quelle race humaine ils appartiennent. Nous voyons aussi deux jeunes Chinois \u00e2g\u00e9s d\u2019environ 20 ans, qui se tiennent par une membrane, \u00e0 la hauteur du thorax, \u00e0 la mani\u00e8re des fameux fr\u00e8res siamois, ils marchent tr\u00e8s facilement, font beaucoup de mouvements et paraissent tr\u00e8s heureux. Toujours dans la m\u00eame tente, nous avons vu un Fran\u00e7ais, d\u2019une taille plut\u00f4t petite, mais tr\u00e8s bien membr\u00e9, d\u2019une force hercul\u00e9enne&nbsp;; il p\u00e8se 125 livres et soul\u00e8ve le double de ce poids, je l\u2019ai vu briser avec les mains un fer \u00e0 cheval, s\u2019entourer la poitrine d\u2019une cha\u00eene de fer qu\u2019il fait voler en \u00e9clat par le seul effort de ses poumons. Dans la m\u00eame tente, j\u2019ai vu une charmeuse des serpents&nbsp;; un homme qui avale des aiguilles et udu fil s\u00e9par\u00e9ment, puis un liquide, et une minute apr\u00e8s, les aiguilles sortent par son nez, toutes enfil\u00e9es et toutes s\u00e9par\u00e9es, sur le fil, par une m\u00eame distance, je n\u2019ai pas vu op\u00e9rer cet homme, mais Tante Joseph a assist\u00e9, hier, \u00e0 son exercice. Nous rentrons vers 4 heures apr\u00e8s avoir pass\u00e9 environ une heure dans cette tente o\u00f9 nous avons vu des choses bien plus int\u00e9ressantes qu\u2019hier. Partout, il y a une foule \u00e9norme&nbsp;; toutes les tentes, aujourd\u2019hui encore, \u00e9taient combles, si bien que la cuisini\u00e8re, qui y est all\u00e9e vers 2h \u00bd, n\u2019a pas pu y rentrer. Comme la tente principale contient 12.000 personnes, et qu\u2019il y a des places \u00e0 8 frs., \u00e0 5 frs., \u00e0 2 fr. 40 et \u00e0 1 fr. 50, on trouve, en prenant comme moyenne 3 frs. par place, 36.000 frs. comme produit de chaque repr\u00e9sentation, soit 144.000 frs. pour les 4 repr\u00e9sentations donn\u00e9es \u00e0 Angers&nbsp;; avec les attractions secondaires, comme la tente que nous avons vue ce soir o\u00f9 on payait 0 fr. 40, ils emporteront d\u2019Angers plus de 150.000 frs.&nbsp;! Il est vrai qu\u2019ils ont plus de 1000 personnes, dans tout l\u2019\u00e9tablissement, au moins 200 chevaux, 20 \u00e9l\u00e9phants, etc. etc. En un mot, c\u2019est une exhibition des plus curieuses. Mais, d\u2019apr\u00e8s moi, la plus grande curiosit\u00e9, c\u2019est qu\u2019ils puissent s\u2019installer en une matin\u00e9e&nbsp;! Enfin, je ne regrette pas les deux imprudences que j\u2019ai commises en y allant, et j\u2019esp\u00e8re que la gu\u00e9rison de ma coqueluche n\u2019en sera pas retard\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 16 au 22 juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 16 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne sors pas aujourd\u2019hui et je travaille la plus grande partie de la journ\u00e9e&nbsp;; les journaux annoncent que le cirque Barnum a emport\u00e9 plus de 200.000 frs. de son s\u00e9jour \u00e0 Angers&nbsp;; c\u2019est joli pour 2 jours&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 17 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille comme hier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 18 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, visite du docteur qui me trouve bien mieux et m\u2019autorise \u00e0 aller aux cours&nbsp;; il ne juge pas utile un s\u00e9jour de quelques jours au bord de la mer comme il en avait parl\u00e9 dans sa derni\u00e8re visite, \u00e0 cause du temps humide et frais qui ne finira, d\u00e9cid\u00e9ment, jamais.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 19 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais au second cours. Papa va passer l\u2019apr\u00e8s-midi au Mans pour faire sortir Philom\u00e8ne. Nous avons \u00e0 d\u00e9jeuner l\u2019oncle Paul, Tante Josepha et N\u00e9nette. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, Madame Perrin, qui a entendu dire que je devais aller m\u2019installer pour quelques jours \u00e0 la maison Saint-Ren\u00e9 au Pouliquen o\u00f9 son fils Maurice, Michel Herv\u00e9-Bazin et Roger de Br\u00e9on sont tous trois en convalescence en ce moment, arrive toute effray\u00e9e et vient dire \u00e0 Maman, sur un ton presque cavalier, en son nom et au nom de Madame Herv\u00e9-Bazin, qu\u2019elles enl\u00e8veront leurs fils de la maison Saint-Ren\u00e9 pendant mon s\u00e9jour si je vais m\u2019y installer, par crainte de la contagion. Maman lui r\u00e9pond que, dans ces conditions, sa d\u00e9licatesse lui interdit de me mettre \u00e0 la maison Saint-Ren\u00e9 que, d\u2019ailleurs, le danger de la contagion n\u2019existe plus puisque ma coqueluche est presque gu\u00e9rie et que le docteur me laisse communiquer, depuis plusieurs jours d\u00e9j\u00e0 avec ma petite cousine mais qu\u2019elle peut se rassurer car je n\u2019irai pas \u00e0 la maison Saint-Ren\u00e9 si le m\u00e9decin juge un n\u00e9cessaire un changement d\u2019air. Madame Perrin comprenant, sans doute, le manque de tact dont elle a fait preuve, cherche \u00e0 s\u2019excuser en disant qu\u2019elle n\u2019avait pas l\u2019intention de m\u2019emp\u00eacher d\u2019aller \u00e0 la maison Saint-Ren\u00e9, mais, qu\u2019au contraire, son fils et Michel Herv\u00e9-Bazin pourraient tr\u00e8s facilement s\u2019installer ailleurs pour quelques jours&nbsp;; Maman lui r\u00e9pond qu\u2019offrir cela, c\u2019est nous emp\u00eacher de m\u2019envoyer \u00e0 la maison Saint-Ren\u00e9&nbsp;; qu\u2019elle comprend ses craintes \u00e0 la rigueur, mais que, plac\u00e9e dans sa situation, elle aurait fait partir son fils sans laisser comprendre la raison du d\u00e9part. Je pense que Madame Perrin doit \u00eatre assez mortifi\u00e9e de la le\u00e7on de politesse qu\u2019elle est venue se faire donner, car, avant de partir, elle dit \u00e0 Maman que si elle lui a fait de la peine, c\u2019est bien involontairement et qu\u2019elle la prie de l\u2019oublier. Naturellement, Maman assure bien qu\u2019elle n\u2019est nullement f\u00e2ch\u00e9e, que cet incident n\u2019en vaut pas la peine. Mais, ce qu\u2019on peut dire, c\u2019est que Madame P. a joliment mis les pieds dans le plat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 20 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais au second cours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 21 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 l\u2019occasion du huiti\u00e8me anniversaire de ma 1<sup>\u00e8re<\/sup> communion, je vais \u00e0 la messe de huit heures \u00e0 Notre-Dame, je me confesse et je fais la sainte communion&nbsp;; je ne vais pas \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 parce que j\u2019attends la visite du docteur&nbsp;; il constate que je vais de mieux en mieux et me permet de sortir davantage, j\u2019en profite tout de suite et, apr\u00e8s d\u00e9jeuner, je fais une assez longue promenade. Je lis les d\u00e9bats devant le S\u00e9nat de la proposition de M. Rolland tendant \u00e0 abaisser \u00e0 2 ans la dur\u00e9e du service militaire avec suppression de toutes les dispenses pour essayer de compenser le d\u00e9ficit occasionn\u00e9 par l\u2019abaissement dans la dur\u00e9e du service. Ce projet sera tr\u00e8s certainement vot\u00e9, mais le S\u00e9nat va faire l\u00e0 une \u0153uvre politique et antimilitaire car une foule de g\u00e9n\u00e9raux se sont prononc\u00e9s contre ce projet&nbsp;; le ministre de la Guerre, qui en est partisan, n\u2019a m\u00eame pas daign\u00e9 donner l\u2019avis du Conseil sup\u00e9rieur de la Guerre, qui est tout entier hostile. Je pr\u00e9f\u00e8rerais l\u2019adoption de la proposition de M. de Tr\u00e9veneuc qui consiste \u00e0 abaisser \u00e0 un an la dur\u00e9e normale du service, mais \u00e0 la condition de trouver tous les ans 40.000 rengag\u00e9s pour 5 ans, on aurait ainsi une solide arm\u00e9e de m\u00e9tier qui encadrerait bien les recrues d\u2019un an&nbsp;; mais cette proposition peut \u00eatre s\u00fbre d\u2019\u00eatre rejet\u00e9e pour deux raisons&nbsp;: parce qu\u2019elle \u00e9mane d\u2019un membre de la Droite et parce que la R\u00e9publique redoute une arm\u00e9e de m\u00e9tier (qui serait pourtant bien pr\u00e9f\u00e9rable, pour la d\u00e9fense nationale, \u00e0 notre cohue arm\u00e9e), elle a peur d\u2019\u00eatre f\u2026 \u00e0 la porte par elle. Ce qui ressort de ce d\u00e9bat, c\u2019est qu\u2019une fois de plus l\u2019int\u00e9r\u00eat national va \u00eatre sacrifi\u00e9 par nos parlementaires \u00e0 la passion et \u00e0 la surench\u00e8re \u00e9lectorale. Quant au minist\u00e8re, pendant que cette grave question se discute au S\u00e9nat, il d\u00e9cide en conseil des ministres cette choses monstrueuse&nbsp;: \u00ab&nbsp;que d\u00e9sormais aucune nomination de fonctionnaire n\u2019aura lieu sans que l\u2019on ait consult\u00e9 le dossier de son attitude politique, et cela dans tous les d\u00e9partements minist\u00e9riels&nbsp;; les pr\u00e9fets sont charg\u00e9s d\u2019\u00e9tablir ce dossier&nbsp;; ils ont la surveillance de tous les fonctionnaires&nbsp;\u00bb. Il est impossible d\u2019afficher plus de cynisme et un plus grand m\u00e9pris des principes&nbsp;; c\u2019est bien la peine de faire de \u00ab&nbsp;la d\u00e9claration des droits de l\u2019homme&nbsp;\u00bb l\u2019\u00c9vangile des temps modernes pour violer aussi cyniquement ses d\u00e9clarations les plus solennelles&nbsp;! Jamais, jusqu\u2019ici, un gouvernement n\u2019avait os\u00e9 se vanter tout haut des injustices qu\u2019il commettait derri\u00e8re le voile&nbsp;; il \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la 3<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9publique d\u2019inaugurer ces m\u0153urs nouvelles&nbsp;; mais nous en verrons bien d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 22 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, premier jour de l\u2019\u00e9t\u00e9 d\u2019apr\u00e8s le calendrier, le temps change du tout au tout&nbsp;; il fait tr\u00e8s chaud et le soleil est \u00e9clatant. Cela contraste avec le temps humide et froid qui s\u00e9vissait depuis la fin d\u2019avril, presque sans interruption, au point que l\u2019on se demandait s\u2019il y aurait un \u00e9t\u00e9 cette ann\u00e9e. Je vais \u00e0 la messe et au salut.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 23 au 29 juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 23 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps chaud et sec continue&nbsp;; je travaille toute la journ\u00e9e et je ne sors qu\u2019\u00e0 6 heures de l\u2019apr\u00e8s-midi et apr\u00e8s le d\u00eener.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 24 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je sors d\u00e9sormais \u00e0 6 heures et apr\u00e8s d\u00eener car je ne tousse plus&nbsp;; le matin et l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille. Si je ne vais pas aux cours, c\u2019est que Papa estime que j\u2019emploierai mieux mon temps \u00e0 la maison qu\u2019\u00e0 l\u2019Universit\u00e9 o\u00f9, apr\u00e8s une absence de 7 semaines, je ne saurais plus o\u00f9 on est ni ce qu\u2019on voit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 25 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne tousse plus, mais, par contre, j\u2019ai attrap\u00e9 un rhume de cerveau&nbsp;; le Dr Sourice m\u2019avait pr\u00e9venu que cela m\u2019arriverait probablement apr\u00e8s la coqueluche qui vous laisse tr\u00e8s sensible. Les journaux remarquent que la maladie du roi d\u2019Angleterre Edouard VIII, qui arrive \u00e0 la veille de son couronnement, qui renvoie celui-ci \u00e0 une date ind\u00e9termin\u00e9e, et qui met en danger la vie du roi, doit \u00eatre un ch\u00e2timent de la Providence. Dieu ne veut pas permettre cette apoth\u00e9ose de la grandeur britannique au lendemain de la criante injustice et de la guerre si cruelle que l\u2019Angleterre a inflig\u00e9e aux r\u00e9publiques bo\u00ebrs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 26 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019op\u00e9ration de l\u2019appendicite que l\u2019on a pratiqu\u00e9e sur le roi Edouard a r\u00e9ussi, mais le roi n\u2019est pas sauv\u00e9, et dire que le couronnement \u00e9tait pour aujourd\u2019hui&nbsp;! Quel coup de la Providence et comme les pauvres Bo\u00ebrs sont veng\u00e9s&nbsp;! Mon rhume de cerveau est assez fort&nbsp;; le Dr Sourice me pr\u00e9vient qu\u2019il pourra me faire tousser, mais que ce ne sera plus de la coqueluche. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se chez le Dr Desvaux, moi pour mon rhume, elle pour se faire soigner les oreilles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 27 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille ferme matin et soir malgr\u00e9 la chaleur qui est torride.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 28 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 8 heures, je vais chez Monsieur Jac qui veut bien me faire repasser mon cours de code civil pour remplacer les cours que j\u2019ai manqu\u00e9s. L\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille et je ne puis pas sortir le soir \u00e0 cause de la pluie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 29 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je sors plusieurs fois dans la journ\u00e9e&nbsp;; mais, dans l\u2019intervalle, je travaille. Le soir, en l\u2019honneur de l\u2019oncle Paul dont c\u2019est aujourd\u2019hui la f\u00eate, nous allons d\u00eener chez lui et, apr\u00e8s d\u00eener, nous allons nous promener \u00e0 la musique au Mail. Nous avons fait cadeau \u00e0 l\u2019oncle Paul d\u2019une petite plaque de bronze repr\u00e9sentant je ne sais quel sujet et encadr\u00e9 de peluche et nous l\u2019avons fait exp\u00e9dier par Jean, de Saint-Barth\u00e9lemy, sans autre indication&nbsp;; il est arriv\u00e9 hier soir et l\u2019oncle Paul n\u2019a pas encore devin\u00e9 qui le lui a offert, il croit que c\u2019est Tante Josepha&nbsp;; le tour a \u00e9t\u00e9 bien jou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 30 juin 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 30 juin 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille la plus grande partie de la journ\u00e9e&nbsp;; dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Maman faire une visite \u00e0 Mme Bonnet qui m\u2019avait invit\u00e9, il y a quinze jours, \u00e0 un d\u00eener que je n\u2019avais pas pu accepter \u00e0 cause de ma coqueluche. Le soir, je me prom\u00e8ne avec l\u2019oncle Paul et N\u00e9nette.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juillet 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 juillet 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 1er juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8 heures, je vais chez M. Jac et je revois avec lui quelques questions de droit civil. L\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille ferme&nbsp;; l\u2019examen approche, j\u2019apprends aujourd\u2019hui que je le passerai les 25 et 26 juillet&nbsp;; mon bureau sera assez bon. Le soir, je ne sors pas \u00e0 cause d\u2019un bain que j\u2019ai pris dans l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 2 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je commence aujourd\u2019hui ma saison douches, je l\u2019aurais commenc\u00e9e bien plus t\u00f4t sans la coqueluche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 3 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Brossard, \u00e0 Saint-Jacques.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 4 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe de communion de 7 heures \u00e0 Notre-Dame, puis \u00e0 8h \u00bd, je suis au man\u00e8ge du g\u00e9nie o\u00f9 je prends une le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation apr\u00e8s deux mois d\u2019interruption. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 \u00e0 une conf\u00e9rence de droit romain&nbsp;; quand je rentre \u00e0 la maison, j\u2019apprends que nous avons eu la visite d\u2019Henry des Cordes, qui ne nous a pas trouv\u00e9. Le soir, nous nous mettons \u00e0 sa recherche&nbsp;; au Grand H\u00f4tel, on nous dit qu\u2019il repart dans la nuit, je lui laisse ma carte sans le voir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 5 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, je vais \u00e0 un cours suppl\u00e9mentaire de Papa sur le contentieux administratif. Le soir, apr\u00e8s la Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul, nous faisons un tour \u00e0 la musique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 6 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, malgr\u00e9 une chaleur de 34 degr\u00e9s, je vais avec Papa \u00e0 la chapelle des Dominicains o\u00f9 a lieu, \u00e0 5h \u00bd, une belle c\u00e9r\u00e9monie pour c\u00e9l\u00e9brer le 25<sup>e<\/sup> anniversaire du r\u00e9tablissement de l\u2019ordre des Dominicains \u00e0 Angers. Mgr Rumeau pr\u00e9side la c\u00e9r\u00e9monie et prononce un tr\u00e8s beau discours o\u00f9 il stigmatise comme il convient la l\u00e9gislation actuelle qui laisse la libert\u00e9 pour tout sauf pour mettre en commun ses pri\u00e8res et ses mortifications. C\u2019est, de sa part, un grand acte de courage, au lendemain du d\u00e9cret Combes qui vient de fermer brutalement 130 \u00e9coles congr\u00e9ganistes ouvertes depuis la loi de 1901 sur les associations et o\u00f9 les gendarmes n\u2019ont m\u00eame pas respect\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 de tiers qui avaient lou\u00e9 leur maison aux congr\u00e9ganistes pour y instruire les enfants du peuple. Au reste, le minist\u00e8re actuel comme le pr\u00e9c\u00e9dent et comme presque tous ceux qui se sont succ\u00e9d\u00e9 depuis 25 ans, est l\u2019esclave de la franc-ma\u00e7onnerie. Je n\u2019en veux d\u2019autre preuve que l\u2019attitude du nouveau garde des Sceaux, Monsieur Vall\u00e9&nbsp;: avant la constitution du minist\u00e8re et alors qu\u2019il ne songeait pas \u00e0 d\u00e9crocher un portefeuille, Monsieur Vall\u00e9, avocat, disait \u00e0 qui voulait l\u2019entendre qu\u2019\u00e0 la place du ministre de la Justice, il ne laisserait pas 24 heures \u00e0 son poste Monsieur Bulot, procureur g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Paris et franc-ma\u00e7on militant, dont la partialit\u00e9 dans l\u2019affaire Humbert a \u00e9t\u00e9 r\u00e9voltante. Devenu ministre de la Justice, M. Vall\u00e9 s\u2019est bien gard\u00e9 de toucher \u00e0 Monsieur Bulot, et comme il \u00e9tait somm\u00e9 par la presse et par des d\u00e9put\u00e9s ind\u00e9pendants de mettre \u00e0 ex\u00e9cution ses menaces d\u2019antan, il a r\u00e9pondu, en singeant un mot c\u00e9l\u00e8bre, ce qui sied \u00e0 un ministre r\u00e9publicain comme un pardessus sur le dos d\u2019un singe, que le ministre ne devait pas se souvenir des injures de l\u2019avocat (!), et Monsieur Bulot continue toujours \u00e0 prot\u00e9ger la suite des Humbert \u00e0 son poste de procureur g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;! La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que Monsieur Bulot, en bon franc-ma\u00e7on, n\u2019a pas voulu faire la lumi\u00e8re sur une affaire o\u00f9 de tr\u00e8s hautes personnalit\u00e9s r\u00e9publicaines sont compromises, c\u2019est que la franc-ma\u00e7onnerie a prot\u00e9g\u00e9 son enfant, c\u2019est enfin, qu\u2019en devenant ministre, Monsieur Vall\u00e9 a abdiqu\u00e9 toute ind\u00e9pendance entre les mains de la puissante et t\u00e9n\u00e9breuse association \u00e0 laquelle il doit ob\u00e9ir, comme tout ministre de&nbsp;la R. F., <em>\u00ab&nbsp;perinde ac cadaver&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 juillet 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 7 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8h \u00bd, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au man\u00e8ge du g\u00e9nie. Dans la journ\u00e9e, je travaille \u00e0 peu pr\u00e8s tout le temps. Le soir \u00e0 5h \u00bd, je fais diff\u00e9rentes emplettes avec Maman en vue des vacances, puis je vais prendre une douche. Le soir, nous allons nous promener avec les Magu\u00e9 aux all\u00e9es Jeanne d\u2019Arc et au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 8 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais chez M. Jac qui me fait revoir quelques questions de droit civil&nbsp;; le soir, \u00e0 5 heures, conf\u00e9rence de droit criminel par M. Ren\u00e9 Bazin. Le soir, apr\u00e8s d\u00eener, nous allons \u00e0 la musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 9 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8h \u00bd, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie, j\u2019y vais et j\u2019en viens \u00e0 bicyclette, ce qui me fait gagner beaucoup de temps. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 un cours suppl\u00e9mentaire de Papa sur le droit administratif. Le soir, nous allons tous \u2013 les Magu\u00e9 et nous \u2013 nous promener au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 10 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais au cours de Papa, puis je reste \u00e0 une conf\u00e9rence de r\u00e9vision que fait M. Bazin. Le soir \u00e0 7 heures, nous avons les Magu\u00e9 \u00e0 d\u00eener en l\u2019honneur de la f\u00eate de Papa, qui a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e de 5 jours parce que l\u2019oncle Paul part samedi pour aller faire des man\u0153uvres de pontage sur le Rh\u00f4ne pr\u00e8s de Vienne. Ensuite, nous allons \u00e0 la musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 11 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie&nbsp;; je vais, avec le mar\u00e9chal des logis qui me donne des le\u00e7ons, et qui est aussi \u00e0 cheval, sur la piste du polygone, puis nous passons par la Baumette et nous rentrons par la r\u00e9gion de la gare Saint-Laud c\u2019est tr\u00e8s amusant. Le soir \u00e0 5h \u00bd, cours de r\u00e9vision de Papa. Apr\u00e8s d\u00eener nous allons nous promener au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 12 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais chez M. Jac pour la r\u00e9p\u00e9tition de droit civil. L\u2019apr\u00e8s-midi, je jette quelques invitations \u00e0 venir assister, lundi, \u00e0 la revue. Le soir, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 13 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de communion de 7 heures \u00e0 Notre-Dame&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au salut chez les Dominicains&nbsp;; le reste du temps, je travaille. Le soir, apr\u00e8s d\u00eener, nous assistons \u00e0 la retraite aux flambeaux des musiques des 3 r\u00e9giments.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 juillet 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 14 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 9 heures a lieu, sous nos fen\u00eatres au Champ de Mars, la revue de la garnison par le g\u00e9n\u00e9ral de division&nbsp;; nous avons invit\u00e9 quelques personnes&nbsp;: M. et Mme Jac et leur petit Pierre&nbsp;; M. Delahaye et son petit gar\u00e7on&nbsp;; M. et Mme et Jacques des Loges&nbsp;; Mlle Sabine de Kergaradek<a href=\"#_ftn59\" id=\"_ftnref59\">[59]<\/a>&nbsp;; Mlle Grolleau&nbsp;; Mlle Chennechot&nbsp;; Jacques Herv\u00e9-Bazin \u00e0 venir y assister de notre balcon. Il fait une chaleur terrible (pr\u00e8s de 37\u00b0 \u00e0 l\u2019ombre&nbsp;!) et plusieurs soldats sont indispos\u00e9s. L\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusqu\u2019\u00e0 5 heures, puis je vais assister \u00e0 un cours de Papa. Le soir, nous allons un moment voir les illuminations du Mail&nbsp;; elles sont assez m\u00e9diocres, mais beaucoup trop belles pour le souvenir que rappelle cette journ\u00e9e du 14 juillet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 15 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais prendre une r\u00e9p\u00e9tition chez M. Jac, ensuite je travaille \u00e0 la maison&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille tout le temps \u00e0 la maison. Nous avons Tante Josepha \u00e0 d\u00eener \u00e0 l\u2019occasion de la Saint Henri. Apr\u00e8s d\u00eener, nous allons \u00e0 la musique au Mail, nous nous y asseyons avec les Des Loges, les Herv\u00e9-Bazin, Mlle de Kergaradek et les demoiselles de La Masseli\u00e8re<a href=\"#_ftn60\" id=\"_ftnref60\">[60]<\/a>&nbsp;; nous en partons vers 9 heures \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 16 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8 heures, dernier cours de Papa (cours de droit international)&nbsp;; j\u2019y assiste et je ne vais prendre ma le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation qu\u2019\u00e0 10h \u00bd. Je travaille toute l\u2019apr\u00e8s-midi. Apr\u00e8s d\u00eener, nous allons nous promener jusqu\u2019\u00e0 la Ma\u00eetre-Ecole.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 17 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Travail matin et soir tout le temps, le soir, musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 18 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8h \u00bc, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation&nbsp;; le mar\u00e9chal des logis Marin et moi allons dans les prairies de la Baumette o\u00f9 nous galopons \u00e0 c\u0153ur joie&nbsp;! Je travaille le reste de la journ\u00e9e et m\u00eame avant la le\u00e7on, car, depuis quelques jours, je me suis mis \u00e0 me lever \u00e0 5 heures afin de travailler le matin de bonne heure. Nous allons entendre deux ou 3 morceaux de concert qui a lieu sur la place du Ralliement, puis nous rentrons et Papa me dicte, jusqu\u2019\u00e0 plus de 10 heures, du droit international.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 19 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8 heures, je vais prendre ma r\u00e9p\u00e9tition chez M. Jac&nbsp;; je travaille \u00e0 la maison le reste de la matin\u00e9e et toute l\u2019apr\u00e8s-midi. Le soir \u00e0 8 heures, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul, c\u2019est la derni\u00e8re de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 20 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Temps affreux, il pleut presque toute la journ\u00e9e&nbsp;; je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame, j\u2019avais travaill\u00e9 deux heures avant et je passe le reste de la journ\u00e9e sur ma table de travail, sauf \u00e0 6 heures pour aller au salut chez les Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 27 juillet 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 21 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille du matin au soir, et m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de 11 heures du soir, presque sans interruption.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 22 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me mets devant ma table de travail \u00e0 6 heures pr\u00e9cises du matin et, jusqu\u2019\u00e0 midi, je ne me d\u00e9range que 25 minutes (le temps de prendre mon petit d\u00e9jeuner et de laisser faire la chambre). L\u2019apr\u00e8s-midi, de 2 heures \u00e0 7 heures, je ne me d\u00e9range aussi qu\u2019une demi-heure&nbsp;; apr\u00e8s d\u00eener, nous faisons Papa et moi une \u00e9tude-promenade, c\u2019est-\u00e0-dire une promenade pendant laquelle Papa me fait subir un v\u00e9ritable examen de droit international, comme il avait fait hier entre 6 et 7 heures. Apr\u00e8s cette promenade, il me dicte du droit international jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de onze heures&nbsp;! J\u2019avoue qu\u2019\u00e0 la fin, mes yeux se fermaient de force&nbsp;; heureusement qu\u2019il n&rsquo;y en a plus que pour deux jours&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"596\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie-596x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-164\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie-596x1024.jpg 596w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie-175x300.jpg 175w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie-768x1319.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie-894x1536.jpg 894w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_113139-Copie.jpg 1143w\" sizes=\"auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Henri d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch (1852-1914), ici professeur \u00e0 Toulouse \u2013 Collection Pierre Lemaitre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, Papa \u2013 pas moi \u2013 assiste \u00e0 la s\u00e9ance extraordinaire du Conseil g\u00e9n\u00e9ral qui a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par la demande de plus des 2\/3 des membres de l\u2019Assembl\u00e9e d\u00e9partementale&nbsp;; il y a entendu plusieurs discours tr\u00e8s \u00e9loquents de MM. de La Guilloni\u00e8re, de Blois, de Castries, contre les mesures d\u2019expulsion des religieuses enseignantes qui ont eu pour effet de jeter, dans ce seul d\u00e9partement, 1539 religieuses hors de leurs couvents&nbsp;! Le pr\u00e9fet feint une grande indignation contre ce qu\u2019il appelle la violation de la loi de 1871, demande la question pr\u00e9alable qui n\u2019est pas vot\u00e9e et d\u00e9clare que la d\u00e9lib\u00e9ration sera annul\u00e9e, puis il se retire. Le v\u0153u en faveur de la r\u00e9int\u00e9gration des religieuses dans leurs \u00e9coles et le cr\u00e9dit de 10.000 frs. pour leur venir en aide sont vot\u00e9s par la presque unanimit\u00e9 des 28 membres pr\u00e9sents (heureux d\u00e9partement&nbsp;!) aux applaudissements du public. Pendant la s\u00e9ance, une manifestation en faveur des s\u0153urs a eu lieu devant la Pr\u00e9fecture. Puisse tout cela produire un heureux r\u00e9sultat&nbsp;! Je crains bien qu\u2019il n\u2019en soit rien. Mais on a raison de protester contre les mesures de jacobinisme et les proc\u00e9d\u00e9s terroristes des forcen\u00e9s qui nous gouvernent. J\u2019oubliais de dire que, pendant la s\u00e9ance, le comte de Maill\u00e9, pr\u00e9sident du Conseil g\u00e9n\u00e9ral, a donn\u00e9 lecture d\u2019une lettre de Mgr l\u2019\u00e9v\u00eaque f\u00e9licitant le Conseil g\u00e9n\u00e9ral de sa noble initiative (il pourrait lui en cuire&nbsp;!).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 23 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille depuis le matin \u00e0 7 heures jusqu\u2019au soir \u00e0 11h \u00bd&nbsp;! Comme seule interruption, je vais faire la visite des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul \u00e0 1h \u00bd&nbsp;; le soir apr\u00e8s d\u00eener, je fais avec Papa une promenade sur la route de Paris&nbsp;; Papa me pose tout le temps des questions sur le droit administratif.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caen, jeudi 24 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parti par le train de 10h25, je suis \u00e0 11h50 au Mans o\u00f9 je d\u00e9jeune&nbsp;; j\u2019en repars 25 minutes plus tard, et j\u2019arrive \u00e0 Caen \u00e0 4 heures 50&nbsp;; depuis Le Mans, je fais route avec l\u2019abb\u00e9 Bellanger, surveillant de Sainte-Croix, qui am\u00e8ne \u00e0 Caen deux \u00e9l\u00e8ves pour des examens, Ben\u00e9 et un que je ne reconnais pas. J\u2019arrive \u00e0 Caen dans un assez lamentable costume, car, un peu avant S\u00e9es, ayant mis un instant la t\u00eate \u00e0 la porti\u00e8re, mon chapeau en a profit\u00e9 pour faire connaissance avec le sol de l\u2019Orne, sans demander la permission&nbsp;; je le d\u00e9clare au chef de train \u00e0 la station suivante, mais je crains de ne plus le revoir. Je retrouve maman \u00e0 Caen \u00e0 l\u2019H\u00f4tel d\u2019Angleterre&nbsp;; elle y est arriv\u00e9e hier soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caen, vendredi 25 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, j\u2019assiste \u00e0 la messe de communion de 8 heures \u00e0 Saint-Pierre&nbsp;; j\u2019y communie \u00e0 l\u2019intention de mon examen de ce soir. Ensuite, je prends un sapin et je vais porter des cartes \u00e0 tous les professeurs qui doivent m\u2019interroger&nbsp;; au retour, je revois quelques questions de droit civil et de droit romain. Je passe l\u2019examen \u00e0 3h \u00bc&nbsp;; je suis interrog\u00e9, pour le droit civil, d\u2019abord par M. Degoat, puis par M. Villey&nbsp;; je devais \u00eatre interrog\u00e9 par MM. Guillouard et Lenet des Hayes, mais le bureau a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9&nbsp;; je ne m\u2019en plains pas, car un ami de M. Villey m\u2019avait recommand\u00e9 \u00e0 lui. M. Degoat m\u2019interroge sur une partie de la vente&nbsp;; je n\u2019avais pas eu le temps de repasser la vente, je r\u00e9ponds tout de m\u00eame bien et j\u2019ai une blanche&nbsp;; pour M. Villey, j\u2019ai une blanche-rouge, sur une question sur les hypoth\u00e8ques. Enfin, M. Debray (qui \u00e9tait bien indiqu\u00e9 pour mon bureau celui-l\u00e0) m\u2019interroge sur le droit romain, je m\u2019embrouille sur la novation, et je n\u2019ai qu\u2019une rouge-noire. Mais enfin, je suis re\u00e7u, c\u2019est le principal&nbsp;! Je m\u2019empresse d\u2019envoyer des d\u00e9p\u00eaches.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caen, samedi 26 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 7 heures, j\u2019assiste \u00e0 la messe de communion \u00e0 Saint-Pierre&nbsp;; j\u2019y communie en actions de gr\u00e2ce du premier succ\u00e8s et pour en demander un second au Bon Dieu. Ensuite, de 8h \u00bd \u00e0 midi, je revois un tr\u00e8s grand nombre de questions de droit international&nbsp;; apr\u00e8s d\u00e9jeuner, de 1h \u00bd \u00e0 2h \u00bd, je repasse plusieurs questions de droit administratif. Aujourd\u2019hui, je dois avoir M. Le Fur, M. Worms et M. Degoat&nbsp;; ce sont bien eux qui sont au bureau. M. Worms m\u2019interroge d\u2019abord, en droit international, sur la fin d\u2019une longue question qui avait d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet de l\u2019examen de mes 3 camarades de bureau, au sujet des diverses nationalit\u00e9s r\u00e9unies en Autriche-Hongrie (il faut dire que M. Worms m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 fait rectifier les inexactitudes de mes camarades au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elles se produisaient)&nbsp;; ensuite, il me demande quels seraient pour la France les inconv\u00e9nients qui r\u00e9sulteraient de l\u2019\u00e9tablissement des Russes \u00e0 Constantinople, je lui r\u00e9ponds que cela serait fatal \u00e0 notre protectorat religieux en Orient&nbsp;; cette r\u00e9ponse lui pla\u00eet, et il m\u2019interroge alors sur ce protectorat&nbsp;; comme derni\u00e8re question, il me demande ce que sont les charg\u00e9s d\u2019affaires. M. Le Fur, qui lui succ\u00e8de, m\u2019interroge en droit administratif, sur les conseils g\u00e9n\u00e9raux, sur leurs diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de d\u00e9lib\u00e9rations, sur les avis qu\u2019ils peuvent ou ne peuvent pas \u00e9mettre (comparaison sur ce point avec les pouvoirs des conseils municipaux), sur les inscriptions d\u2019office et, au sujet de la commission d\u00e9partementale, sur les motifs qui ont d\u00e9termin\u00e9 le l\u00e9gislateur de 1871 \u00e0 d\u00e9cider que cette commission n\u2019aurait pas de pr\u00e9sident \u00e9lu&nbsp;; je r\u00e9ponds bien \u00e0 la plupart de ces questions et je n\u2019h\u00e9site que sur quelques points de d\u00e9tail. Enfin, M. Degoat m\u2019interroge, en droit criminel, sur le cas o\u00f9 le mineur qui a commis un crime est justiciable de la cour d\u2019assises et sur ceux o\u00f9 il est justiciable du tribunal correctionnel, je lui cite la plupart des cas des deux cat\u00e9gories, mais je ne sais pas lui \u00e9tablir la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale sur la question. \u00c0 la proclamation, je suis re\u00e7u avec une blanche, une blanche-rouge et une rouge-noire (comme hier), j\u2019attribue la premi\u00e8re de ces notes au droit international&nbsp;; la seconde, au droit administratif et la troisi\u00e8me au droit criminel (cette derni\u00e8re est s\u00e9v\u00e8re). Je suis tr\u00e8s content d\u2019avoir de bonnes notes pour les cours de Papa, cela va lui faire grand plaisir. Somme toute, surtout apr\u00e8s avoir manqu\u00e9 les cours pendant deux mois, je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 me f\u00e9liciter du r\u00e9sultat de mon examen. Deux blanches-rouges, c\u2019est tr\u00e8s beau. Les deux notes faibles de droit romain et de droit criminel sont la ran\u00e7on de la coqueluche qui ne m\u2019avait pas permis de revoir mon programme aussi compl\u00e8tement que je l\u2019aurais voulu. Je t\u00e9l\u00e9graphie \u00e0 Bonne Maman, \u00e0 Papa, \u00e0 Tante Mimi, et \u00e0 l\u2019internat de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Angers. Le soir, je regarde passer la retraite aux flambeaux du r\u00e9giment d\u2019infanterie (36<sup>\u00e8me<\/sup>).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caen, dimanche 27 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous partons par le train de 7h45 de la Compagnie de Caen \u00e0 la mer pour la D\u00e9livrande o\u00f9 nous entendons la messe et communions en actions de gr\u00e2ce&nbsp;; nous commandons, comme pour l\u2019examen de l\u2019an dernier, une plaque en reconnaissance. \u00c0 11 heures, nous allons \u00e0 Saint-Aubin, jolie station de bains de mer, tr\u00e8s coquette et b\u00e2tie de tr\u00e8s nombreuses villas et chalets&nbsp;; elle d\u00e9dommage de l\u2019aspect monotone pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019immense plaine plate et nue qui s\u00e9pare Caen de la mer. Nous y d\u00e9jeunons et nous en repartons \u00e0 2h56 et nous arrivons \u00e0 Caen \u00e0 4 heures.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 28 au 31 juillet 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le Havre, lundi 28 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 Caen \u00e0 2h \u00bd par le vapeur (j\u2019ai oubli\u00e9 son nom)&nbsp;; il suit l\u2019Orne pendant une heure et demi, puis d\u00e9bouche dans la Manche \u00e0 Ouistreham et pique droit sur Le Havre o\u00f9 il arrive \u00e0 5h \u00bd environ&nbsp;; au passage, nous apercevons Dives, Cabourg, Deauville, Trouville et toutes les jolies stations de cette charmante partie de la c\u00f4te normande&nbsp;; mer assez belle, pas la moindre indisposition. Roques, qui a pass\u00e9 son examen il y a quelques jours et qui a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u, fait le voyage avec nous&nbsp;; il s\u2019embarque ce soir sur le Columbia \u00e0 destination de Southampton, il va passer 2 mois en Angleterre. Le Havre, que nous commen\u00e7ons \u00e0 visiter dans la soir\u00e9e, est une ville aux rues droites, larges, anim\u00e9es mais sans aucune originalit\u00e9, les maisons sont laides. Une promenade agr\u00e9able, que nous faisons apr\u00e8s le d\u00eener, consiste \u00e0 suivre les quais jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e du port \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 sont les deux lanternes&nbsp;; l\u2019air de mer y est tr\u00e8s sain, presque trop froid, et on aper\u00e7oit les lumi\u00e8res de Trouville, Deauville, qui brillent dans le lointain de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019estuaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 30 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de journal hier parce que j\u2019\u00e9tais en chemin de fer. Hier matin, nous prenons une voiture qui nous m\u00e8ne \u00e0 Sainte-Adresse&nbsp;; au passage, nous voyons la villa de feu le Pr\u00e9sident F\u00e9lix Faure. Nous nous arr\u00eatons \u00e0 la chapelle Notre-Dame des Flots qui domine la rade, nous voyons en passant le pain de sucre blanc \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire de Lefebvre-Desnoettes&nbsp;; nous voyons, ou plut\u00f4t nous soup\u00e7onnons, car \u00e9tant au ras du sol, ils sont \u00e0 peine visibles, les deux forts dont les \u00e9normes canons tiennent toute la rade sous leur feu&nbsp;; nous voyons aussi les deux phares, puis nous redescendons sur Le Havre par une route qui passe au milieu d\u2019un v\u00e9ritable d\u00e9dale de jardins et de parcs d\u2019aspect charmant. Nous nous faisons porter devant les hangars de la Compagnie g\u00e9n\u00e9rale transatlantique o\u00f9 nous visitons le transatlantique \u00ab&nbsp;La Lorraine&nbsp;\u00bb, qui est avec le \u00ab&nbsp;Savoie&nbsp;\u00bb le dernier que la compagnie ait fait construire. Nous admirons les colossales dimensions de ce superbe navire, le luxe de ses appartements (salon de musique, de conversation, biblioth\u00e8que, fumoir, vaste salle \u00e0 manger, etc.)&nbsp;; il y a sur ce navire des appartements de famille comprenant 3 chambres, un salon, une salle de bain, le tout meubl\u00e9 avec le plus grand luxe, \u00e9clair\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, avec t\u00e9l\u00e9phone etc. comme dans tout le navire d\u2019ailleurs. Les premi\u00e8res sont encore tr\u00e8s convenables, les secondes ne se distinguent des premi\u00e8res que par leur position \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du navire, ce qui fait qu\u2019elles regardent davantage la tr\u00e9pidation des h\u00e9lices. Enfin, tout cela me donne une furieuse envie de partir pour New York. Le service est assur\u00e9 par 85 gar\u00e7ons (le personnel complet comprend plus de 300 hommes)&nbsp;; personnel et passagers de toutes classes compris, la Lorraine donne asile \u00e0 plus de 2000 personnes&nbsp;! Toutes les pr\u00e9cautions sont prises contre les dangers de naufrage car il y a une ceinture de sauvetage au-dessus de chaque couchette. De plus, des pompes \u00e0 incendie, sp\u00e9cialement appropri\u00e9es, sont diss\u00e9min\u00e9es \u00e0 chaque coin du navire. En un mot, c\u2019est merveilleux. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"723\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4-1024x723.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-165\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4-1024x723.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4-768x542.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/le-havre-le-transatlantique-la-lorraine-paquebot-dampfer-cgt-french-line-utilisation-dans-le-monde-entier-2d528m4.jpg 1300w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le paquebot \u00ab\u00a0La Lorraine\u00a0\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, nous nous pr\u00e9parions \u00e0 passer l\u2019apr\u00e8s-midi au Havre et \u00e0 ne partir pour Trouville que par le bateau qu\u2019on nous avait dit \u00eatre \u00e0 4h45, lorsque nous apprenons que ce bateau ne part qu\u2019\u00e0 5h15&nbsp;; comme nous devons prendre \u00e0 Trouville le train de 6h26 et que la travers\u00e9e demande \u00e0 elle seule trois quarts d\u2019heure, sans compter le temps n\u00e9cessaire pour op\u00e9rer le transbordement du d\u00e9barcad\u00e8re \u00e0 la gare de Trouville, nous sommes oblig\u00e9s d\u2019op\u00e9rer en toute h\u00e2te nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part afin de prendre le bateau de 11h45&nbsp;; nous y parvenons, mais comme nous sortons de table, nous craignons beaucoup pour nos pauvres estomacs&nbsp;! Contre toute attente, ils se comportent merveilleusement bien, alors que tout autour de nous, nous ne voyons que visages d\u00e9compos\u00e9s et nous n\u2019entendons que sanglots et hoquets suivis d\u2019autres bruits qui, s\u2019ils ne sont pas agr\u00e9ables \u00e0 \u00e9crire, le sont encore moins \u00e0 ou\u00efr&nbsp;!!! Nous passons l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage de Trouville et nous partons \u00e0 6h26 pour Caen o\u00f9 nous d\u00eenons&nbsp;; \u00e0 la gare, nous nous rencontrons De Br\u00e9on qui a pass\u00e9 aujourd\u2019hui la seconde partie de son examen et qui s\u2019est fait refuser aux deux parties&nbsp;; pauvre gar\u00e7on, ce n\u2019est pas de sa faute, car il a \u00e9t\u00e9 malade depuis le commencement de mars jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent&nbsp;; je lui promets de lui pr\u00eater mes cahiers de notes qui, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, me sont devenus inutiles. Repartis de Caen \u00e0 10h22 du soir, nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Angers ce matin \u00e0 4h2 apr\u00e8s changement \u00e0 M\u00e9zidon et au Mans. Nous nous couchons jusqu\u2019\u00e0 9 heures. Ensuite, je re\u00e7ois les f\u00e9licitations de tout le monde et j\u2019embrasse Philom\u00e8ne qui est en vacances depuis le 25 et que je n\u2019avais pas vue depuis le jour de l\u2019an. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me faire couper les cheveux, puis je vais, \u00e0 b\u00e9cane, faire une visite \u00e0 Henri Bonnet et \u00e0 Pierre Hardouin-Duparc qui est descendu chez lui&nbsp;; je ne les rencontre pas&nbsp;; j\u2019en profite pour aller me promener \u00e0 Tr\u00e9laz\u00e9, je reviens par Saint-Barth\u00e9lemy.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caen, jeudi 31 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019apprends ce matin, par <em>Le Maine-et-Loire<\/em>, qu\u2019un chien danois enrag\u00e9 a parcouru hier soir entre 8h \u00bd et 9 heures une foule de rues de la ville, p\u00e9n\u00e9trant dans plusieurs maisons et mordant une dizaine de personnes&nbsp;; il a mordu notamment Mme Den\u00e9cheau, la m\u00e8re d\u2019un de mes anciens professeurs de math\u00e9matiques. Nous avons failli nous trouver sur son passage, car, au moment o\u00f9 il commettait tous ces m\u00e9faits, je parcourais avec Papa une partie de son itin\u00e9raire, mais, heureusement, avec une dizaine de minutes d\u2019avance sur lui&nbsp;; c\u2019est \u00e9gal, nous l\u2019avons \u00e9chapp\u00e9 belle&nbsp;! L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Papa acheter une paire de gu\u00eatres Leghens qui me serviront en Roussillon pour le cheval&nbsp;; puis je fais plusieurs visites, presque toutes par carte. Le soir, musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ao\u00fbt 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 3 ao\u00fbt 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 1er ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019assiste \u00e0 la messe de 7 heures \u00e0 Notre-Dame o\u00f9 je fais la sainte communion en l\u2019honneur de la f\u00eate du premier vendredi du mois, puis je vais prendre une le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au man\u00e8ge du g\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire deux visites par carte, puis je vais voir Monsieur Den\u00e9cheau qui me donne des nouvelles de sa m\u00e8re&nbsp;; elle a re\u00e7u deux morsures, l\u2019une \u00e0 la cuisse et \u00e0 l\u2019autre au bras, et elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e imm\u00e9diatement sur l\u2019Institut Pasteur&nbsp;; on esp\u00e8re la gu\u00e9rir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 2 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, apr\u00e8s la messe de 8 heures \u00e0&nbsp;Notre-Dame o\u00f9 je communie en l\u2019honneur de la f\u00eate de la Portioncule, je fais une promenade \u00e0 b\u00e9cane, je vais \u00e0 Soulaire et je rentre par Briollay et Ecouflant, je franchis la Mayenne sur un pont \u00e0 p\u00e9age, la Sarthe, sur une barque (car il n\u2019y a pas de pont), enfin le Loir sur un pont. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons au salut \u00e0 la chapelle de l\u2019Esni\u00e8re, puis nous allons faire une visite \u00e0 Mlle Chennechot. Le soir, musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 3 juillet 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s le salut de 2 heures \u00e0 la chapelle de l\u2019Esp\u00e9rance, nous allons tous (except\u00e9 Papa) avec les Magu\u00e9, par bateau, faire une visite aux De Soos dans l\u2019habitation qu\u2019ils ont lou\u00e9e pour l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Ecouflant sur les bords de la Sarthe&nbsp;; c\u2019est gentil surtout \u00e0 cause du petit bois qui est fond du vaste jardin. Nous rentrons, toujours par bateau, \u00e0 7 heures. Le soir, nous allons \u00e0 la musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 4 au 10 ao\u00fbt 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 4 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8 heures \u00bd, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation, je vais au polygone du g\u00e9nie et aux pr\u00e9s de la Baumette o\u00f9 je galope \u00e0 mon aise. L\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 6 heures, nous allons tous au salut chez les Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 5 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais, \u00e0 9 heures, \u00e0 la ferme de la Sermonnerie o\u00f9 m\u2019attend M. Lavall\u00e9e le professeur d\u2019agriculture&nbsp;; il me fait voir les bl\u00e9s superbes, des betteraves, des tr\u00e8fles qu\u2019il a obtenus gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019emploi d\u2019engrais appropri\u00e9s ou d\u2019assolements rationnels. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019ai la visite d\u2019Henri Bonnet qui me raconte comment il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, le 25 juillet, au cours de la manifestation qui a lieu ce soir-l\u00e0 devant la Mairie en faveur des religieuses expuls\u00e9es&nbsp;; comme il \u00e9tait assailli par une bande d\u2019\u00e9nergum\u00e8nes de barri\u00e8res, probablement pay\u00e9s par la Pr\u00e9fecture, et qui r\u00e9pondaient non seulement par des cris hostiles mais par des coups de poing, \u00e0 ses cris en faveur des pers\u00e9cut\u00e9es, il a lev\u00e9 sa canne pour faire fuir ces \u00e9chapp\u00e9s du bagne&nbsp;; mal lui en prit&nbsp;! Aper\u00e7u par un agent de police (qui \u00e9tait myope sans doute au moment o\u00f9 il recevait des coups de poing\u2026&nbsp;!), il fut arr\u00eat\u00e9 et men\u00e9 au poste&nbsp;; rel\u00e2ch\u00e9 vers une heure du matin gr\u00e2ce aux instances de Normand d\u2019Authon, il n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 poursuivi et esp\u00e8re ne pas l\u2019\u00eatre. Le lendemain, 26 juillet, il n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la conf\u00e9rence de protestation contre la pers\u00e9cution religieuse, faite au Cirque-th\u00e9\u00e2tre par M. Marc Sangnier-Lachaux<a href=\"#_ftn61\" id=\"_ftnref61\">[61]<\/a>, et \u00e0 la suite de laquelle des collisions se sont produites entre partisans des s\u0153urs et \u00ab&nbsp;\u00e9glantinards&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn62\" id=\"_ftnref62\">[62]<\/a>, et deux agents de police ont \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9s&nbsp;; Papa y \u00e9tait, et nous la raconte. Le soir, nous allons \u00e0 la musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 6 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 8h \u00bd, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation, au man\u00e8ge aujourd\u2019hui&nbsp;; je fais du sous-\u00e9trier, m\u00eame du galop sans \u00e9trier pendant la moiti\u00e9 de la le\u00e7on. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Maman \u00e0 la chapelle de Notre-Dame du Bon Conseil, route de paris&nbsp;; nous voyons la Sup\u00e9rieure&nbsp;; elle nous dit qu\u2019elle a demand\u00e9 l\u2019autorisation pour son couvent&nbsp;; aussi est-elle tranquille pour le moment et n\u2019est-elle pas comprise dans la liste des 2500 \u00e9coles ou asiles que Combes le d\u00e9froqu\u00e9 ferme de force depuis quinze jours. Elle nous dit que, si sa demande en autorisation n\u2019est pas agr\u00e9\u00e9e, et qu\u2019on veuille l\u2019obliger \u00e0 fermer, elle se laissera jeter dehors par force, comme le font les religieuses de plus de 400 maisons \u00e0 Paris et dans une foule de d\u00e9partements, surtout dans les Vosges, en Savoie, dans le Finist\u00e8re, le Morbihan et les C\u00f4tes-du-Nord. Dans certaines communes du Finist\u00e8re, la population enti\u00e8re, hommes et femmes, est debout, veillant autour des \u00e9coles, sonnant le tocsin et le clairon \u00e0 la premi\u00e8re alerte, et mettant depuis quinze jours le gouvernement dans l\u2019impossibilit\u00e9 de mettre \u00e0 ex\u00e9cution ses odieux d\u00e9cret et de chasser les religieuses&nbsp;; c\u2019est un bien bel exemple que la Bretagne donne au reste de la France&nbsp;! Et il prouve que les petits-fils des vaillants Chouans n\u2019ont pas d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Du reste, le m\u00eame fait s\u2019est produit dans les Vosges. De plus, dans une foule de d\u00e9partements du Nord comme du Midi, de l\u2019Est comme de l\u2019Ouest, les populations ont vaillamment d\u00e9fendu leurs bonnes s\u0153urs, s\u2019opposant souvent au passage des commissaires de police et des gendarmes, poussant des acclamations en l\u2019honneur des pauvres expuls\u00e9es. Dans beaucoup de localit\u00e9s, les propri\u00e9taires des \u00e9coles s\u2019y sont enferm\u00e9s et les agents du gouvernement, honteux de l\u2019inf\u00e2me besogne qu\u2019on leur faisait faire, ont d\u00fb les en arracher de force apr\u00e8s avoir crochet\u00e9 les portes ou les fen\u00eatres&nbsp;; dans beaucoup d\u2019endroits aussi, les propri\u00e9taires d\u2019\u00e9coles ont fait sauter les scell\u00e9s appos\u00e9s sur leur immeuble par le commissaire de police, contrairement au Code de proc\u00e9dure civile. En un mot, un v\u00e9ritable r\u00e9veil de l\u2019opinion se manifeste, suscit\u00e9 enfin par les inf\u00e2mes mesures d\u2019un gouvernement de sc\u00e9l\u00e9rats qui ne conna\u00eet plus ni la loi, ni le principe de la s\u00e9paration des pouvoirs, et ne craint pas de faire jeter dans la rue en pleine nuit de malheureuses orphelines \u00e2g\u00e9es de 3 ou 5 ans&nbsp;!!!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 7 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, pas de le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation et rien \u00e0 faire, j\u2019en profite pour me lever \u00e0 pr\u00e8s de neuf heures. L\u2019apr\u00e8s-midi, je fais quelques commissions&nbsp;; le soir, nous allons tous \u2013 les Magu\u00e9 et nous \u2013 \u00e0 la musique au Mail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Tours, vendredi 8 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, derni\u00e8re le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation, nous allons au polygone, puis aux pr\u00e8s de la Baumette, je vais ensuite \u00e0 Saint-Jacques voir l\u2019abb\u00e9 Brossard et me confesser. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, Papa et moi nous partons pour Tours o\u00f9 nous devons passer la nuit, nous y arrivons \u00e0 7 heures et nous nous promenons un peu apr\u00e8s d\u00eener.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Brive (Corr\u00e8ze), samedi 9 ao\u00fbt 190<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 Tours, nous allons entendre une partie de la messe \u00e0 la chapelle de la Sainte-Face, nous en partons \u00e0 8h21 pour Brive-la-Gaillarde. \u00c0 Ch\u00e2teauroux o\u00f9 nous changeons de train et o\u00f9 nous devons attendre 3 heures, nous en profitons pour aller d\u00e9jeuner en ville et pour jeter un coup-d\u2019\u0153il sur celle-ci, qui n\u2019a pas le moindre int\u00e9r\u00eat. De Ch\u00e2teauroux \u00e0 Brive (2h25 \u00e0 6h34), nous faisons route avec un charmant petit gar\u00e7on que sa m\u00e8re a embarqu\u00e9 pour Toulouse et sur lequel elle nous a pri\u00e9s de veiller. Le soir, \u00e0 Brive, nous nous promenons un peu&nbsp;; cette petite ville est entour\u00e9e de boulevards b\u00e2tis de villas entour\u00e9es de jardins et fort riants d\u2019aspect, l\u2019int\u00e9rieur de la ville n\u2019a pas grand int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Brive, dimanche 10 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 7h1\/2, nous partons \u00e0 pied pour les grottes de Saint-Antoine-de-Padoue, but de notre voyage \u00e0 Brive&nbsp;; nous y arrivons en une vingtaine de minutes, nous y entendons la messe de 8 heures et y faisons la sainte commun&nbsp;; malheureusement Papa se trouve indispos\u00e9&nbsp;; en rentrant \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, il se fait servir du th\u00e9&nbsp;; cette indisposition ne sera rien du tout mais elle nous obligera \u00e0 retarder notre d\u00e9part jusqu\u2019\u00e0 demain soir au lieu que nous devions partir ce soir pour Lourdes et Cauterets, Papa ne se sent pas assez fort pour passer la nuit prochaine en chemin de fer. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous explorons un peu la ville, puis nous revenons aux grottes et nous faisons une visite au P\u00e8re gardien.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 17 ao\u00fbt 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, mardi 12 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier matin, nous retournons aux grottes, mais je manque la messe de 7 heures et je vais l\u2019entendre \u00e0 l\u2019\u00e9glise paroissiale de Brive. Ensuite, nous allons en voiture aux grottes de Lamouroux \u00e0 6 kilom\u00e8tres. L\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s une petite promenade, nous revenons une derni\u00e8re fois aux grottes et nous partons par le train de 7 heures pour Toulouse o\u00f9 nous arrivons \u00e0 10h \u00be, nous y d\u00eenons et en repartons \u00e0 minuit 22 pour Lourdes&nbsp;; nous y sommes \u00e0 5 heures&nbsp;; nous allons au Rosaire, \u00e0 la grotte, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de la Chapelle o\u00f9 nous nous assurons que des chambres nous sont r\u00e9serv\u00e9es pour le p\u00e8lerinage national, puis nous prenons le train de 8 heures pour Cauterets o\u00f9 nous arrivons \u00e0 10 heures. Nous descendons \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de l\u2019Univers, on nous donne une chambre \u00e0 2 lits en attendant mieux. L\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s avoir attendu 2 heures, nous finissons par voir le Dr Duhourcaut<a href=\"#_ftn63\" id=\"_ftnref63\">[63]<\/a> qui nous ordonne un traitement&nbsp;; le mien, qui vise \u00e0 la fois la gorge et la muqueuse du nez, comprend des boissons, des gargarisations, des aspirations nasales, des pulv\u00e9risations et des douches \u00e9cossaises. De suite, apr\u00e8s la visite chez le Docteur, nous allons \u00e0 la Raill\u00e8re et au Mauhourat o\u00f9 nous commen\u00e7ons notre traitement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, mercredi 13 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 la Raill\u00e8re au Mauhourat, boisson, gargarisation et aspiration nasale&nbsp;; \u00e0 C\u00e9sar, pulv\u00e9risation&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous \u00e9coutons l\u2019orchestre du Casino \u00e0 la place des \u0152ufs jusqu\u2019\u00e0 3 heures, puis nous rentrons et vers 5 heures, nous allons \u00e0 la Raill\u00e8re et au Mauhourat faire notre traitement qui est le m\u00eame que celui fait hier soir et ce matin dans ces \u00e9tablissements.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, jeudi 14 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin et ce soir, m\u00eame traitements et, par suite, m\u00eames occupations dans la journ\u00e9e qu\u2019hier&nbsp;; la seule diff\u00e9rence, c\u2019est que, le matin, je prends une douche \u00e9cossaise au C\u00e9sar \u00e0 la place de la pulv\u00e9risation. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, vendredi 15 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, messe de 7 heures, nous y communions en l\u2019honneur de la f\u00eate de l\u2019Assomption, puis nous allons faire le traitement et nous revenons \u00e0 la grand\u2019messe&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 v\u00eapres \u00e0 3 heures et nous faisons le traitement ensuite.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, samedi 16 ao\u00fbt 190<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Matin\u00e9e comme \u00e0 l\u2019ordinaire&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous posons pr\u00e8s de deux heures avant de pouvoir \u00eatre re\u00e7us par le Docteur&nbsp;; il ne modifie que tr\u00e8s peu mon traitement pour la boisson, les aspirations, les gargarismes et les aspirations nasales, mais il m\u2019ordonne une douche tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, dimanche 17 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 la grand\u2019messe et aux v\u00eapres, nous nous promenons un peu dans l\u2019intervalle et nous continuons notre traitement&nbsp;; le soir apr\u00e8s d\u00eener, nous \u00e9coutons le concert donn\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la f\u00eate de charit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, par la musique du 53<sup>e<\/sup> de ligne venue de Tarbes&nbsp;; illuminations au parc des \u0152ufs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 18 au 15 ao\u00fbt 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, lundi 18 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s notre traitement, nous partons \u00e0 9h \u00bc pour le lac de Gaube&nbsp;; nous d\u00e9jeunons \u00e0 l\u2019h\u00f4tellerie du Pont d\u2019Espagne, arrivons au lac \u00e0 1 heure, en repartons vers 2h \u00bc et sommes \u00e0 4h \u00bd \u00e0 la Raill\u00e8re pour le traitement du soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, mardi 19 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons faire une visite \u00e0 M. le cur\u00e9 de Cauterets que nous ne rencontrons pas et \u00e0 M. et Mme de Mollans<a href=\"#_ftn64\" id=\"_ftnref64\">[64]<\/a>&nbsp;; nous ne sommes re\u00e7us que par Monsieur car Madame, qui vient d\u2019\u00eatre tr\u00e8s malade, repose&nbsp;; \u00e0 la Raill\u00e8re, nous voyons aussi M. et Mme de Gardilane qui, de Capvern o\u00f9 ils font une saison, sont venus \u00e0 Cauterets se rendre compte de l\u2019\u00e9tat de leur fille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9 du p\u00e8lerinage de Lourdes du mardi 20 ao\u00fbt au lundi 25 ao\u00fbt 1902 [\u00e9crit le 26 ao\u00fbt]<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis rentr\u00e9 hier soir \u00e0 Cauterets apr\u00e8s avoir pass\u00e9 cinq jours \u00e0 Lourdes pour assister au p\u00e8lerinage national&nbsp;; mes occupations de brancardier m\u2019ont tellement absorb\u00e9 que je n\u2019ai pas trouv\u00e9 une minute pour faire mon journal tous ces jours-ci. Arriv\u00e9 \u00e0 Lourdes mercredi soir, j\u2019y ai trouv\u00e9 Tata Mimi arriv\u00e9e dans la journ\u00e9e et descendue au m\u00eame h\u00f4tel que nous (H\u00f4tel de la Chapelle)&nbsp;; le lendemain matin, Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se sont arriv\u00e9es d\u2019Angers apr\u00e8s un arr\u00eat \u00e0 Brive. Jeudi matin, je me suis occup\u00e9 d\u2019obtenir mes bretelles de brancardier, cela m\u2019a \u00e9t\u00e9 facile, car j\u2019ai \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 par le marquis de Latour et par M. Moreau des Briosti\u00e8res, d\u2019Angers. La journ\u00e9e de jeudi a \u00e9t\u00e9 surtout une journ\u00e9e de pr\u00e9paration&nbsp;; je rencontre De Damas et son p\u00e8re<a href=\"#_ftn65\" id=\"_ftnref65\">[65]<\/a> qui sont aussi brancardiers, De Lavaur<a href=\"#_ftn66\" id=\"_ftnref66\">[66]<\/a>. Damas a\u00een\u00e9 et De Lavaur sont attach\u00e9s \u00e0 la m\u00eame \u00e9quipe que moi (la 2<sup>\u00e8me<\/sup>, de service \u00e0 l\u2019H\u00f4pital des 7 Douleurs)&nbsp;; nous avons pour chef d\u2019\u00e9quipe le marquis de Latour, pour sous-chef le comte de Cahuzac<a href=\"#_ftn67\" id=\"_ftnref67\">[67]<\/a>&nbsp;; De Lavaur et moi nous sommes de la 5<sup>\u00e8me<\/sup> escouade (chef M. Mellet, ancien \u00e9tudiant de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Angers). Vendredi 22, je suis \u00e0 l\u2019H\u00f4pital \u00e0 3 heures du matin et j\u2019y passe presque toute la journ\u00e9e, car notre escouade est de service dans l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019H\u00f4pital&nbsp;; je suis libre, vendredi, samedi et dimanche, pendant la procession du Saint-Sacrement. \u00c0 l\u2019H\u00f4pital, arrive De Prunel\u00e9, un de mes anciens camarades de Sainte-Croix, ainsi que deux de ses fr\u00e8res. Je rencontre aussi plusieurs personnes de connaissance pendant le p\u00e8lerinage&nbsp;: M. l\u2019abb\u00e9 Latour qui nous pr\u00e9sente sa ni\u00e8ce et pupille, Des Monstiers-M\u00e9rinville<a href=\"#_ftn68\" id=\"_ftnref68\">[68]<\/a>, Hardouin-Duparc<a href=\"#_ftn69\" id=\"_ftnref69\">[69]<\/a>, de Cordoue<a href=\"#_ftn70\" id=\"_ftnref70\">[70]<\/a>, Mmes No\u00ebll<a href=\"#_ftn71\" id=\"_ftnref71\">[71]<\/a> et Jeoffre<a href=\"#_ftn72\" id=\"_ftnref72\">[72]<\/a>, Mlle Grieshaker, etc. Plusieurs des malades que j\u2019avais transport\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ris&nbsp;; je remarque particuli\u00e8rement une jeune fille que j\u2019avais transport\u00e9e, aid\u00e9e de 3 autres brancardiers, sur un brancard \u00e0 la salle du Sacr\u00e9-C\u0153ur&nbsp;; au moindre mouvement que nous faisions, elle criait et pleurait, car elle avait un cancer dans le ventre, qui la faisait horriblement souffrir, et de plus, elle \u00e9tait boiteuse&nbsp;; aussi, ne pouvait-elle pas faire le plus petit mouvement sans d\u2019horribles souffrances&nbsp;; ses souffrances \u00e9taient m\u00eame si fortes que, remise sur son lit, elle continuait encore \u00e0 pleurer et \u00e0 crier. \u00c9tant remont\u00e9 dimanche soir dans la salle du Sacr\u00e9-C\u0153ur, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tout surpris de voir cette jeune fille marcher, toute souriante, et parler comme tout le monde&nbsp;; elle me dit qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie dans la piscine et, maintenant, elle se porte admirablement. Vraiment ceux qui d\u00e9blat\u00e8rent contre le miracle, Zola en t\u00eate, feraient bien de venir voir de pr\u00e8s les malades du p\u00e8lerinage national&nbsp;! Le p\u00e8lerinage est reparti lundi, ce jour-l\u00e0, malgr\u00e9 une pluie battante qui n\u2019a cess\u00e9 qu\u2019a midi, j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019H\u00f4pital d\u00e8s 4 heures du matin afin de faire partir pour la gare tous les malades hospitalis\u00e9s. Je remets mes bretelles vers 2 heures&nbsp;; je fais mes pr\u00e9paratifs de d\u00e9part, je dis \u00ab&nbsp;Au revoir&nbsp;\u00bb \u00e0 Tata Mimi qui repart \u00e0 5 heures pour Neuilly, \u00e0 Maman et \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui partent mardi matin pour Vin\u00e7a, et, par le train de 5h \u00bd, je remonte \u00e0 Cauterets&nbsp;; j\u2019y suis avant 8 heures du soir.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 31 ao\u00fbt 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, mardi 26 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je fais mon traitement comme d\u2019habitude, malgr\u00e9 la pluie (qui dure toute la journ\u00e9e)&nbsp;; Papa, un peu courbatur\u00e9, est oblig\u00e9 de l\u2019\u00e9courter, il ne peut aller \u00e0 la Raill\u00e8re. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons chez le Dr Duhourcaut qui nous trace notre traitement pour la fin de notre s\u00e9jour.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, mercredi 27 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa va mieux et vient ce matin \u00e0 la Raill\u00e8re. Une carte de Mme Herv\u00e9-Bazin nous annonce les fian\u00e7ailles de sa fille, Mlle Gabrielle, avec Normand d\u2019Authon, c\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment l\u2019\u00e8re des mariages \u00e0 Angers puisque pendant notre s\u00e9jour \u00e0 Lourdes, Maman a re\u00e7u une lettre de Mme de La Villebiot lui annon\u00e7ant aussi le prochain mariage de sa fille, Mlle Jeanne, avec M. de Guibert<a href=\"#_ftn73\" id=\"_ftnref73\">[73]<\/a>, neveu de la Sup\u00e9rieure de l\u2019Externat de Bellefontaine. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous assistons \u00e0 un sermon de charit\u00e9 donn\u00e9 par la P. Maumus<a href=\"#_ftn74\" id=\"_ftnref74\">[74]<\/a>&nbsp;; le c\u00e9l\u00e8bre dominicain y laisse trop percer ses tendances de d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, jeudi 28 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait un peu moins mauvais que les autres jours et nous pouvons rester un moment au parc dans les heures laiss\u00e9es libres par le traitement. Le soir, nous assistons \u00e0 une s\u00e9ance de cin\u00e9matographe au Caf\u00e9 Persan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, vendredi 29 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tr\u00e8s mauvais temps&nbsp;; il pleut la plus grande partie de la journ\u00e9e&nbsp;; nous profitons d\u2019une \u00e9claircie dans l\u2019apr\u00e8s-midi pour aller nous promener du c\u00f4t\u00e9 de la ferme de la Reine Hortense.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, samedi 30 ao\u00fbt 190<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Temps pire encore qu\u2019hier&nbsp;; la pluie ne cesse presque pas. Cependant, avant le traitement du soir, nous allons nous promener sur la route en aval de Cauterets.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, dimanche 31 ao\u00fbt 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 10 heures apr\u00e8s le traitement&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, comme le temps est passable, nous pouvons rester au parc \u00e9couter la musique&nbsp;; puis nous allons \u00e0 v\u00eapres et nous faisons notre traitement du soir. Apr\u00e8s d\u00eener, nous nous promenons un peu au parc, puis nous allons au salon de l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 une dame d\u2019Alger, Mme Meiffren, dont nous avons fait la connaissance \u00e0 table d\u2019h\u00f4te, nous a invit\u00e9s \u00e0 venir \u00e9couter une jeune fille, aussi d\u2019Alger, qui viendra jouer le piano&nbsp;; il y a aussi au salon plusieurs autres familles de l\u2019h\u00f4tel, entr\u2019autres la famille Saint-P\u00e8re qui a habit\u00e9 le P\u00e9rou pendant longtemps&nbsp;; elle se compose d\u2019un jeune homme dont je fais la connaissance, d\u2019une jeune fille, et de la m\u00e8re (une Martiniquaise)<a href=\"#_ftn75\" id=\"_ftnref75\">[75]<\/a>&nbsp;; apr\u00e8s l\u2019audition de plusieurs morceaux de piano, on danse pendant plus d\u2019une heure&nbsp;; c\u2019est charmant&nbsp;; il para\u00eet qu\u2019on recommencera demain soir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Septembre 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 7 septembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cauterets, lundi 1er septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons chez le Dr Duhourcau pour prendre cong\u00e9 de lui, mais il y a tellement de monde chez lui que nous n\u2019avons pas la patience d\u2019attendre. Le soir apr\u00e8s d\u00eener, on recommence \u00e0 danser comme hier soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Saint-Sauveur, mardi 2 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons cl\u00f4tur\u00e9 notre saison de Cauterets ce matin&nbsp;; nous sommes all\u00e9s voir le docteur dans la matin\u00e9e et nous avons quitt\u00e9 Cauterets par le train de 3h15&nbsp;; nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de France \u00e0 Saint-Sauveur o\u00f9 nous devons passer la nuit. En nous promenant le soir, apr\u00e8s avoir admir\u00e9 le pont Napol\u00e9on, nous rencontrons Mme, Mlle et Daniel Lamothe d\u2019Angers, qui sont ici depuis 5 semaines, nous causons un moment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 4 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier matin \u00e0 8h \u00bc, d\u00e9part de Saint-Sauveur en victoria pour Gavarnie par un temps superbe, pas un nuage au ciel. Nous arrivons \u00e0 10h40 \u00e0 Gavarnie o\u00f9 nous d\u00e9jeunons. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, nous partons \u00e0 pied pour le cirque, chemin faisant nous rencontrons M. et Mme de Mollans qui, profitant du beau temps, sont partis le matin de Cauterets&nbsp;; nous faisons ensemble l\u2019excursion, nous allons ensemble jusqu\u2019au pont de neige o\u00f9 nous prenons de la glace qui sert un moment apr\u00e8s \u00e0 glacer le Champagne qu\u2019ils ont apport\u00e9 et dont ils nous offrent aimablement deux verres. Le coup-d\u2019\u0153il de ces cimes \u00e9tincelantes de neige et se d\u00e9coupant sur l\u2019azur ardent du ciel est f\u00e9\u00e9rique. Nous repartons de Gavarnie \u00e0 4 heures et nous sommes \u00e0 6h \u00bc \u00e0 Pierrefitte o\u00f9 nous nous s\u00e9parons, M. et Mme de Mollans remontant \u00e0 Cauterets et nous partant pour Lourdes o\u00f9 nous sommes \u00e0 8h \u00bc&nbsp;; nous couchons \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Toulouse. Ce matin, nous nous confessons et nous communions, puis nous partons par le train de 7h50 pour Vin\u00e7a o\u00f9 nous sommes ce soir \u00e0 8h 1\/4.&nbsp;; \u00e0 la gare de Lourdes, nous nous apercevons qu\u2019il me manque une malle que nous avions laiss\u00e9e hier soir en consigne, nous faisons les r\u00e9clamations n\u00e9cessaires, mais quand j\u2019arrive seul \u00e0 Vin\u00e7a (j\u2019ai laiss\u00e9 Papa \u00e0 Perpignan o\u00f9 il s\u2019arr\u00eate un jour pour aller demain \u00e0 Trouillas), Maman est litt\u00e9ralement d\u00e9sol\u00e9e de voir que cette malle me manque, elle est persuad\u00e9e que je ne la retrouverai pas et se fait comme on dit vulgairement un sang de vinaigre, pour cette affaire qui n\u2019en vaut pas la peine. \u00c0 la gare de Vin\u00e7a, m\u2019attendaient Bonne Maman, Maman, Marie-Th\u00e9r\u00e8se et Philom\u00e8ne, Tante Josepha, N\u00e9nette, Tante Delestrac, Paul, Antoine, Genevi\u00e8ve et Yvonne Delestrac<a href=\"#_ftn76\" id=\"_ftnref76\">[76]<\/a>. Mes cousins Delestrac sont venus \u00e0 Vin\u00e7a pour quelques jours. Je suis d\u2019autant plus heureux de leur pr\u00e9sence que je ne les connaissais pour ainsi dire pas encore, car je n\u2019avais pas vu Paul depuis douze ans et Tante Delestrac et Genevi\u00e8ve depuis neuf ans&nbsp;; quant \u00e0 Yvonne et \u00e0 Antoine, je ne les avais jamais vus. Ils me plaisent tout de suite par leur distinction et leur amabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 5 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me prom\u00e8ne un peu avec Paul et Antoine&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Ille avec Paul et Antoine en voiture car nous n\u2019avons pas nos bicyclettes, celle de l\u2019oncle Paul, dont Paul se servira pendant son s\u00e9jour ici \u00e9tant en r\u00e9paration \u00e0 Ille, c\u2019est m\u00eame pour cette r\u00e9paration que nous allons \u00e0 Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 6 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Paul \u00e0 Ille en chemin de fer et nous rentrons avec nos bicyclettes&nbsp;; au retour (nous passons par le chemin de la Foun dal Boul\u00e8s), une p\u00e9dale de sa machine tombe et je suis oblig\u00e9, apr\u00e8s plusieurs essais de r\u00e9paration, de le laisser revenir tout doucement et de partir en avant pour qu\u2019on ne s\u2019inqui\u00e8te pas&nbsp;; il arrive \u00e0 Vin\u00e7a 20 minutes apr\u00e8s moi juste assez t\u00f4t pour emp\u00eacher le d\u00e9part de la voiture qu\u2019on allait envoyer pour le ramener.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 7 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la grand\u2019messe&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, au moment o\u00f9 nous nous dispositions \u00e0 faire des visites, nous voyons arriver apr\u00e8s v\u00eapres Tante Bonafos et Tante Lutrand qui restent jusqu\u2019au d\u00e9part du train de 7 heures.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 septembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 8 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais avec Paul \u00e0 Prades en chemin de fer en amenant nos bicyclettes&nbsp;; nous les faisons r\u00e9parer&nbsp;; Paul fait remettre la p\u00e9dale qui manquait \u00e0 celle dont il se sert et moi, je fais changer la chambre \u00e0 air de ma roue de derri\u00e8re qui \u00e9tait us\u00e9e&nbsp;; nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a en 25 minutes avec nos bicyclettes remises \u00e0 neuf. \u00c0 11h \u00bd de l\u2019apr\u00e8s-midi, nous partons tous pour Millas, dans deux voitures, pour aller voir nos cousins Ferriol, nous les voyons tous et, au retour, nous nous arr\u00eatons chez nos cousins de Barescut&nbsp;; nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 7 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 9 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 7 heures, nous partons tous pour Doma Nova, les grandes personnes en voiture, Antoine et N\u00e9nette avec les domestiques et Genevi\u00e8ve, Paul, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, Philom\u00e8ne et moi \u00e0 pied par le chemin de Rigarda&nbsp;; malgr\u00e9 la pluie et le brouillard intense, nous y arrivons vers 8h \u00bd, nous nous confessons \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Borrella, puis Paul et Moi nous lui servons la messe o\u00f9 nous communions tous&nbsp;; ensuite, nous absorbons un repas froid, puis avant de redescendre, nous allons chanter (?) des cantiques \u00e0 la chapelle&nbsp;; nous trouvons deux voitures au pied de la colline, elles nous portent \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 c\u2019est aujourd\u2019hui la foire, j\u2019y vois un cheval qui ferait bien mieux mon affaire que l\u2019abominable rosse que m\u2019a envoy\u00e9e hier Garrigue&nbsp;; cet homme-l\u00e0 s\u2019est moqu\u00e9 de moi en m\u2019envoyant un cheval tout au plus bon pour les courses de taureaux&nbsp;; mais, suivant nos conventions, je vais le lui renvoyer. \u00c0 Boule, nous nous entendons aussi avec un menuisier pour refaire le portail de l\u2019\u00e9curie qui tombe en morceaux&nbsp;; puis nous partons pour Ille o\u00f9 nous lunchons, et nous visitons l\u2019\u00e9glise, nous en repartons \u00e0 5 heures \u00bc et sommes \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 6 heures \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 10 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, Jacques qui va dans le bas Roussillon pour les vendanges, ram\u00e8ne sa rosse \u00e0 Garrigue, il lui apporte en m\u00eame temps une lettre de moi. Dans la matin\u00e9e, je vais avec Paul tirer quelques oiseaux au jardin. Par le train de 11 heures, arrivent l\u2019oncle et Tante Lutrand avec leur ni\u00e8ce Mlle Delafosse et leur neveu le jeune Henri Fourcade&nbsp;; ils d\u00e9jeunent \u00e0 la maison. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous invitons Am\u00e9d\u00e9e et Mimi Jocaveil, ainsi que leur cousine Mlle Mathieu \u00e0 venir danser et, tous r\u00e9unis, nous improvisons une matin\u00e9e dansante dans la grande salle, l\u2019oncle Lutrand tient le piano&nbsp;; ils repartent par le train de 6h \u00be.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 11 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 7h \u00bd du matin, je pars avec Paul pour Ille en voiture&nbsp;; je m\u2019arr\u00eate \u00e0 Boule o\u00f9 Joseph Jacomy me dit que notre fermier Xatard, propri\u00e9taire du cheval que j\u2019ai vu mardi, refuse de louer sa b\u00eate, il veut la vendre. \u00c0 Ille, nous prenons le train de 9h10, dit train des poules, qui nous am\u00e8ne \u00e0 Perpignan \u00e0 10h50. \u00c0 Perpignan, chez l\u2019oncle Lutrand o\u00f9 nous allons d\u00e9jeuner, je trouve une d\u00e9p\u00eache de Papa me disant qu\u2019on a re\u00e7u \u00e0 Vin\u00e7a une lettre fort m\u00e9contente de Garrigue, et me recommandant de ne pas chercher un cheval chez lui. Avant le d\u00e9jeuner, nous allons, avec le lieutenant Fourcade et son fr\u00e8re Henri Fourcade<a href=\"#_ftn77\" id=\"_ftnref77\">[77]<\/a>, chez plusieurs maquignons, aucun n\u2019a de cheval qui me convienne&nbsp;; apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, suite de nos investigations et m\u00eames \u00e9checs&nbsp;; tous les chevaux que je vois sont \u00e0 vendre et non \u00e0 louer, on ne consentirait \u00e0 les louer qu\u2019\u00e0 des prix exorbitants&nbsp;; force m\u2019est de renoncer \u00e0 trouver un cheval \u00e0 Perpignan, je t\u00e2cherai de rep\u00eacher celui de Boule. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire une visite \u00e0 ma tante Cornet, je suis re\u00e7u par elle, par Mimi Companyo et par Joseph&nbsp;; je vais ensuite me faire arranger les dents, je me prom\u00e8ne avec Paul aux Platanes, je fais quelques emplettes et nous repartons par le train de 7 heures, nous sommes \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 8h \u00bc&nbsp;; nous trouvons Maman au lit avec la migraine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 12 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais avec Paul \u00e0 Boule pour t\u00e2cher de rep\u00eacher le cheval de Xatard&nbsp;; il me suffit pour cela de le voir et de faire mes propositions, il les accepte de suite&nbsp;; je lui prends son cheval pour les vacances au prix de 100 francs, plus, bien entendu, la nourriture et l\u2019entretien&nbsp;; j\u2019avoue que je suis bien heureux de ce r\u00e9sultat car je commen\u00e7ais \u00e0 me demander si je pourrais trouver un cheval \u00e0 louer cette ann\u00e9e. Paul et moi nous partons par le train de 11h \u00be pour Saint-F\u00e9liu-d\u2019Avail. De l\u00e0, nous partons \u00e0 bicyclette pour Trouillas o\u00f9 nous arrivons \u00e0 1h 1\/2.&nbsp;; je fais la connaissance de notre nouveau m\u00e9tayer Auguste Faliu, qui me montre les emplettes que Papa vient de faire pour la cave, comportes, pompe, fouloir, emplettes rendues n\u00e9cessaires par le d\u00e9part des Torrent qui \u00e9taient propri\u00e9taires de toute une partie du mat\u00e9riel&nbsp;; ensuite, nous allons aux vignes, nous mangeons un raisin \u00e0 la fontaine de la Fon Rouge, puis nous partons pour Ponteilla o\u00f9 nous faisons une visite \u00e0 Mme de Llamby qui nous re\u00e7oit, avec Louis et Isabelle, dans sa maison de campagne et qui nous invite \u00e0 revenir l\u2019y voir&nbsp;; de Ponteilla nous allons \u00e0 Corb\u00e8re o\u00f9 la fermi\u00e8re, Baby Poull, nous offre un succulent go\u00fbter&nbsp;; enfin, nous allons \u00e0 Millas o\u00f9 nous attendons plus d\u2019une heure avant de prendre le train pour Vin\u00e7a. Dans le train, nous sommes tout \u00e9tonn\u00e9s de voir Tante Delestrac, Tante Josepha, Genevi\u00e8ve et Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui sont all\u00e9es, par le train de 3h \u00bd, faire quelques visites \u00e0 Perpignan et qui rentrent \u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; \u00e0 Ille, monte dans le train Papa qui, reparti de Vin\u00e7a ce matin, y est rappel\u00e9 par une d\u00e9p\u00eache de Maman&nbsp;; nous y arrivons \u00e0 8h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 13 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous partons tous \u00e0 9 heures du matin, dans deux voitures diff\u00e9rentes pour Velmanya o\u00f9 nous arrivons \u00e0 11 heures. Nous y d\u00e9jeunons, et apr\u00e8s d\u00e9jeuner, nous allons \u00e0 la m\u00e9tairie du maire de Velmanya, M. Bach\u00e8s, qui nous fait voir les cachettes o\u00f9 mon bisa\u00efeul de Pontich<a href=\"#_ftn78\" id=\"_ftnref78\">[78]<\/a>, qui avait \u00e9migr\u00e9 en Espagne pendant la R\u00e9volution, revenait de tr\u00e8s loin en tr\u00e8s loin se rencontrer avec quelque membre de sa famille&nbsp;; quelle triste \u00e9poque&nbsp;! Pourvu que les Jacobins qui nous gouvernent ne nous y ram\u00e8nent pas d\u2019ici peu&nbsp;! Nous repartons de Velmanya \u00e0 4h \u00bd et nous arrivons \u00e0 Vin\u00e7a juste \u00e0 temps pour que Papa puisse prendre le train de 6h \u00be pour Ille. \u00c0 Vin\u00e7a, est arriv\u00e9 le cheval que j\u2019ai lou\u00e9 hier \u00e0 Xatard.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 14 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la grand\u2019messe, apr\u00e8s laquelle je vais, avec Paul, canarder quelques oiseaux au jardin. L\u2019apr\u00e8s-midi, avant v\u00eapres, et apr\u00e8s v\u00eapres, nous recevons et faisons quelques visites, puis, de 5 heures \u00e0 6 heures, je vais avec Paul au grand jardin pour tirer encore des oiseaux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 septembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 15 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je fais ma premi\u00e8re promenade \u00e0 cheval, Jean me suit sur Reinette et Paul \u00e0 bicyclette (au bout de 3 kilom\u00e8tres, il est oblig\u00e9 de s\u2019en retourner parce que la p\u00e9dale de sa bicyclette c\u00e8de de nouveau)&nbsp;; je vais \u00e0 Ille, puis, au retour, je m\u2019arr\u00eate \u00e0 Boule et je rentre \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 11 heures&nbsp;; je ne suis pas m\u00e9content de mon cheval, Bijou, bien qu\u2019il craigne un peu les mouches et qu\u2019il n\u2019allonge pas assez au pas. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous au grand jardin o\u00f9 moi d\u2019abord, puis Paul, nous photographions le groupe ainsi form\u00e9 par toute la famille. \u00c0 6h \u00be, h\u00e9las&nbsp;! nous allons \u00e0 la gare accompagner les Delestrac qui partent pour la Burbanche<a href=\"#_ftn79\" id=\"_ftnref79\">[79]<\/a>. C\u2019est avec un serrement de c\u0153ur que nous leur disons \u00ab&nbsp;Au revoir&nbsp;\u00bb, car la p\u00e9riode pass\u00e9e avec eux a \u00e9t\u00e9, pour moi du moins, la plus agr\u00e9able de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;; finies maintenant les promenades \u00e0 bicyclette avec Paul&nbsp;! Finies les longues poses au jardin \u00e0 guetter des oiseaux&nbsp;! Finies les sauteries du soir dans la grande salle&nbsp;! Mais il fallait bien en arriver l\u00e0, car il n\u2019y a pas de joie sans fin ici-bas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 16 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Marquixanes, Jean m\u2019accompagne sur Reinette. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous recevons la visite de Tante Isabelle, de Mimi Companyo et de Joseph Cornet, puis je vais avec Amiel \u00e0 Bentefarines voir la plantation de ch\u00eanes-li\u00e8ges faite l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re&nbsp;; il y a bien des manquants, mais on les remplacera facilement au moyen des p\u00e9pini\u00e8res faites avec le surplus des glands&nbsp;; ensuite, je fais avec Maman une longue visite \u00e0 Mme Dalverny<a href=\"#_ftn80\" id=\"_ftnref80\">[80]<\/a>, puis je pars \u00e0 bicyclette pour Ille pendant que Maman et Philom\u00e8ne font le m\u00eame trajet en chemin de fer. Marie-Th\u00e9r\u00e8se reste encore quelques jours \u00e0 Vin\u00e7a pour prendre les bains de Nossa.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 17 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 bicyclette jusque pr\u00e8s de Neffiach&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les photographies prises avant-hier, je vais \u00e0 bicyclette \u00e0 Boule o\u00f9 je vois Bonne Maman, l\u2019oncle Paul et Tante Josepha venus pour affaires, puis \u00e0 Corb\u00e8re o\u00f9 Papa et Philom\u00e8ne sont venus \u00e0 pied.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 18 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin par le train de 6h \u00be, je pars avec Jean pour Vin\u00e7a o\u00f9 nous montons \u00e0 cheval, nous allons \u00e0 Finestret et recevons par la route de Prades, nous rentrons \u00e0 Ille par le train de midi&nbsp;; j\u2019y trouve Monsieur Charouleau qui, apr\u00e8s d\u00e9jeuner, me fait choisir mes costumes d\u2019hiver. Apr\u00e8s son d\u00e9part, je fais un peu de photographie&nbsp;; puis nous allons tous nous promener \u00e0 Saint-Martin. Le soir, nous allons chez les Dlles Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 19 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me l\u00e8ve fort tard, puis je fais de la photo. \u00c0 midi \u00bc, nous partons tous, sauf Philom\u00e8ne, pour Perpignan. Nous faisons quelques commissions, puis nous allons voir les Vassal que nous ne rencontrons pas, les Cornet qui nous re\u00e7oivent&nbsp;; ensuite, je vais me faire couper les cheveux. Je suis tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 d\u2019apprendre par Papa que Maman est chez l\u2019oncle Joseph de Lazerme&nbsp;; elle passait rue de l\u2019Ange quand l\u2019oncle Joseph, qui l\u2019a vue, a voulu absolument la faire monter chez lui&nbsp;; je vais l\u2019y rejoindre, je vois aussi Carlos<a href=\"#_ftn81\" id=\"_ftnref81\">[81]<\/a>&nbsp;; mais Tante H\u00e9l\u00e8ne, Marthe, Th\u00e9r\u00e8se et Jacques sont dans l\u2019Indre chez M. du Limbert<a href=\"#_ftn82\" id=\"_ftnref82\">[82]<\/a>&nbsp;; en sortant de chez l\u2019oncle Joseph, nous allons voir tante Lutrand. Nous rentrons par le train de 7h3, en compagnie de M. l\u2019abb\u00e9 Sarr\u00e8te<a href=\"#_ftn83\" id=\"_ftnref83\">[83]<\/a> et de M. l\u2019abb\u00e9 Badrignans qui, la retraite eccl\u00e9siastique finie, vont \u00e0 Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 20 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bonne Maman, Tante Josepha, l\u2019oncle Paul, N\u00e9nette et Marie-Th\u00e9r\u00e8se viennent d\u00e9jeuner ici&nbsp;; apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, Poupon et son fils viennent pour renouveler le bail des propri\u00e9t\u00e9s de Bouletern\u00e8re qui leur sont afferm\u00e9es. C\u2019est Joseph Jacomy fils qui succ\u00e8de \u00e0 son p\u00e8re et qui devient notre fermier&nbsp;; mais nous sommes oblig\u00e9s de consentir une diminution de fermage par suite de la m\u00e9vente des denr\u00e9es. Bonne Maman et sa suite repartent \u00e0 5h \u00bc pour Vin\u00e7a. Nous allons nous confesser.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 21 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 7 heures \u00e0 l\u2019H\u00f4pital o\u00f9 nous communions. Nous revenons \u00e0 la grand\u2019messe qui est tr\u00e8s solennelle aujourd\u2019hui parce qu\u2019on f\u00eate le camail de M. le cur\u00e9 Bonet qui vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 chanoine. L\u2019apr\u00e8s-midi, avant v\u00eapres, nous allons faire une visite au marquis et \u00e0 la marquise de Dax<a href=\"#_ftn84\" id=\"_ftnref84\">[84]<\/a> et \u00e0 la famille Roca<a href=\"#_ftn85\" id=\"_ftnref85\">[85]<\/a>&nbsp;; apr\u00e8s v\u00eapres, nous allons voir Mme Terrats d\u2019Aguillon<a href=\"#_ftn86\" id=\"_ftnref86\">[86]<\/a> que nous ne rencontrons pas, puis, pendant que Papa et Maman font d\u2019autres visites, Philom\u00e8ne et moi nous allons nous promener du c\u00f4t\u00e9 de la T\u00eat. Apr\u00e8s d\u00eener, nous allons chez les demoiselles Mathieu d\u2019o\u00f9 nous voyons les danses de la place&nbsp;; nous profitons m\u00eame de la musique pour danser un peu&nbsp;; il y a aussi la famille Batlle, la famille Roca et Mlle Marie-Louise de Lacour.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 22 au 28 septembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 22 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais, par le train de 7 heures, \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 je monte \u00e0 cheval&nbsp;; je rentre \u00e0 Ille par le train de midi, Marie-Th\u00e9r\u00e8se m\u2019accompagne pour venir dire \u00ab&nbsp;Au revoir&nbsp;\u00bb \u00e0 Papa qui part par le train de 3h \u00bd pour Rome o\u00f9 il va avec le train de p\u00e8lerinage de Toulouse&nbsp;; il rejoindra ce train \u00e0 Cette&nbsp;; c\u2019est le p\u00e8lerinage de la France du travail organis\u00e9 par M. Harmel<a href=\"#_ftn87\" id=\"_ftnref87\">[87]<\/a>. Nous allons tous l\u2019accompagner \u00e0 la gare, puis nous nous promenons un peu. Marie-Th\u00e9r\u00e8se repart pour Vin\u00e7a par le train de 8h du soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 23 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous assistons \u00e0 une grand\u2019messe en l\u2019honneur de Saint Ferr\u00e9ol&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 une heure, je pars \u00e0 bicyclette pour Trouillas par Millas&nbsp;; j\u2019y suis \u00e0 2h \u00bd&nbsp;; j\u2019y reste jusqu\u2019\u00e0 3h50 pour surveiller un peu la vendange qui s\u2019ach\u00e8ve et je suis de retour \u00e0 Ille \u00e0 5h20.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 24 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a par le train de 6h 3\/4&nbsp;; je vais \u00e0 cheval \u00e0 Prades, je d\u00e9jeune \u00e0 Vin\u00e7a et je rentre \u00e0 Ille par le train de 3h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 25 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la journ\u00e9e&nbsp;; impossible de sortir&nbsp;; vers 5 heures, je vais mesurer l\u2019eau tomb\u00e9e au pluviom\u00e8tre de la maisonnette du chemin de fer&nbsp;; je recueille 20 millim\u00e8tres&nbsp;; cette plus est f\u00e2cheuse pour les vignes qu\u2019elle expose \u00e0 la pourriture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 26 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marie-Th\u00e9r\u00e8se arrive par le train de midi et vient passer l\u2019apr\u00e8s-midi ici&nbsp;; dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous nous promener dans la direction de la m\u00e9tairie du Sals de Caball et le chemin des deux ruisseaux, nous revenons par la grand\u2019route. Ensuite, je fais installer dans l\u2019\u00e9curie de la grande maison, que l\u2019on a am\u00e9nag\u00e9e hier, la provision de foin que l\u2019on apporte de Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 27 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin par le train de 7 heures, je vais \u00e0 Vin\u00e7a, je rentre \u00e0 cheval et j\u2019am\u00e8ne le cheval \u00e0 l\u2019\u00e9curie de la grande maison o\u00f9 il est tr\u00e8s bien install\u00e9 et o\u00f9 il restera pendant tout notre s\u00e9jour \u00e0 Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 28 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, Philom\u00e8ne et moi nous assistons \u00e0 la messe de 8 heures \u00bd parce que nous devons prendre le 10h \u00bd pour Vin\u00e7a o\u00f9 a lieu aujourd\u2019hui le tirage de la loterie des Dames de la Charit\u00e9 auquel Bonne Maman, qui est pr\u00e9sidente des Dames de la Charit\u00e9, tient \u00e0 ce que nous assistions. Au retour de la messe, je trouve Jean l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 au genou par le cheval qu\u2019il n\u2019a pas su tenir en allant le faire boire et qui lui a donn\u00e9 un petit coup de pied&nbsp;; nous le faisons panser, j\u2019esp\u00e8re que ce ne sera pas grand\u2019chose, mais il ne s\u2019occupera plus du cheval&nbsp;; nous chargeons de ce soin un mar\u00e9chal-ferrant, ancien mar\u00e9chal des logis, qui en a l\u2019habitude. \u00c0 Vin\u00e7a, l\u2019apr\u00e8s-midi, tirage de la loterie sur la place du Vieux cimeti\u00e8re&nbsp;; je n\u2019ai gu\u00e8re de chance car je ne gagne qu\u2019une vulgaire tasse que je remets en loterie et qui est gagn\u00e9e ensuite par Paul Delestrac&nbsp;! Nous rentrons \u00e0 Ille par le train de 7 heures du soir.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 29 au 31 septembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 29 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, le genou de Jean \u00e9tant plus enfl\u00e9 qu\u2019hier, nous profitons de la voiture qui est venue accompagner Tante Josepha au train de 9h10 pour envoyer Jean \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 Bonne Maman le soignera au moyen d\u2019estoufades, je le pr\u00e9c\u00e8de \u00e0 bicyclette pour pr\u00e9venir Bonne Maman de son arriv\u00e9e, je rentre \u00e0 11h \u00bd \u00e0 bicyclette et j\u2019apprends que Philom\u00e8ne va partir apr\u00e8s-demain avec Tante Josepha pour Angers d\u2019o\u00f9 elle rentrera au Mans parce que les dames du Sacr\u00e9-C\u0153ur du Mans veulent absolument qu\u2019elle soit exacte cette ann\u00e9e pour sa rentr\u00e9e&nbsp;; dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je l\u2019accompagne faire quelques visites d\u2019adieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 30 septembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous partons tous, l\u2019apr\u00e8s-midi, pour Vin\u00e7a parce que notre cuisini\u00e8re nous quitte et que celle qui doit la remplacer ne peut commencer son service que jeudi soir. \u00c0 la gare, Tata Mimi Est\u00e8ve et Madeleine<a href=\"#_ftn88\" id=\"_ftnref88\">[88]<\/a> descendent du train o\u00f9 nous montons&nbsp;; elles viennent pour le mois d\u2019octobre \u00e0 Ille. Le soir \u00e0 Vin\u00e7a, Bonne Maman re\u00e7oit \u00e0 d\u00eener Mme Jean-Baptiste No\u00ebll<a href=\"#_ftn89\" id=\"_ftnref89\">[89]<\/a>, son fr\u00e8re le commandant No\u00ebll<a href=\"#_ftn90\" id=\"_ftnref90\">[90]<\/a>, ses deux fils<a href=\"#_ftn91\" id=\"_ftnref91\">[91]<\/a>, sa belle-s\u0153ur Mme Marty<a href=\"#_ftn92\" id=\"_ftnref92\">[92]<\/a> et son neveu M. Bouch\u00e8de<a href=\"#_ftn93\" id=\"_ftnref93\">[93]<\/a>&nbsp;; apr\u00e8s le d\u00eener, on joue \u00e0 divers petits jeux jusque vers 10h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Octobre 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 5 octobre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 1<sup>er<\/sup> octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener au Cam dal Roc, je pars pour Perpignan par le train de midi&nbsp;; l\u00e0, je fais quelques recherches aux Archives d\u00e9partementales et \u00e0 la Biblioth\u00e8que de la ville, puis je vais me promener aux Platanes, je rencontre Rodolphe Bonet<a href=\"#_ftn94\" id=\"_ftnref94\">[94]<\/a>&nbsp;; je rentre \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 8h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 2 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je tue quelques oiseaux au jardin. Je vais \u00e0 Ille par le train de midi pour emp\u00eacher Papa, qui doit rentrer ce soir de Rome, de s\u2019arr\u00eater \u00e0 Ille et pour l\u2019amener \u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; je vois l\u2019oncle Xavier, arriv\u00e9 hier, Tata Mimi et Madeleine, puis je vais me promener \u00e0 cheval \u00e0 B\u00e9lesta&nbsp;; le cur\u00e9, M. Badrignans, me re\u00e7oit chez lui et me fait go\u00fbter, je rentre \u00e0 Ille \u00e0 4 heures, et je vais me confesser&nbsp;; \u00e0 7 heures, je re\u00e7ois une d\u00e9p\u00eache de Papa, envoy\u00e9e de Cette, disant qu\u2019il n\u2019arrivera que demain&nbsp;; aussi je rentre seul \u00e0 Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 3 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019assiste \u00e0 la messe de communion en l\u2019honneur du premier vendredi du mois, puis je pars \u00e0 bicyclette pour Ille commander notre d\u00e9jeuner, car nous serons tous \u00e0 Ille avant midi. Ensuite, je vais \u00e0 la m\u00e9tairie de l\u2019oncle Xavier o\u00f9 je vois Tata Mimi et, Madeleine et moi nous partons, tous deux \u00e0 bicyclette, au-devant de Maman et de Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui arrivent en voiture et que nous rencontrons \u00e0 Rod\u00e8s&nbsp;; nous rentrons \u00e0 Ille o\u00f9 Papa arrive de Rome, malheureusement il est \u00e0 la maison avant nous car nous arrivons \u00e0 Ille apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de son train. Il nous raconte en d\u00e9tail son voyage, l\u2019audience pontificale, sa courte conversation avec L\u00e9on XIII qui, en le quittant, lui a donn\u00e9 une tape amicale sur la joue, etc. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Boule, et, au retour, je trouve \u00e0 la maison Tante Cornet, Mimi, Joseph et Louis Companyo, qui sont venus nous voir de Rod\u00e8s o\u00f9 ils sont en ce moment. Ensuite nous nous promenons avec Tata Mimi, l\u2019oncle Xavier et Madeleine&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 l\u2019\u00e9glise et chez les demoiselles Mathieu \u00e0 qui papa raconte son voyage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 4 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 10 heures, je vais prendre Madeleine \u00e0 la m\u00e9tairie et nous faisons ensemble une promenade \u00e0 b\u00e9cane jusque tout pr\u00e8s de Millas. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval au Bouc o\u00f9 on vendange, puis Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi allons nous promener du c\u00f4t\u00e9 de la Garrigue avec Tata Mimi et Madeleine&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire, puis chez les demoiselles Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 5 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons communier en l\u2019honneur de la f\u00eate du Rosaire, puis nous retournons \u00e0 la grand\u2019messe&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais, avec Papa et Maman, faire une visite \u00e0 Mme Terrats d\u2019Aguillon, puis \u00e0 v\u00eapres&nbsp;; apr\u00e8s v\u00eapres, nous nous promenons avec Tata Mimi et Madeleine, sur la route de Perpignan. Apr\u00e8s d\u00eener, M. le cur\u00e9 et le vicaire viennent prendre le th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 6 au 12 octobre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 6 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener \u00e0 Neffiach avec Madeleine \u00e0 bicyclette&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Millas. \u00c0 8 heures, nous partons pour Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 7 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 7 heures \u00bd, nous faisons la sainte communion pour c\u00e9l\u00e9brer le septi\u00e8me anniversaire de la mort de Bon Papa, puis nous assistons au service fun\u00e8bre qui est chant\u00e9 \u00e0 cette occasion. Ensuite, je vais tirer quelques oiseaux au jardin, puis nous allons au cimeti\u00e8re, puis devant le caveau de la famille o\u00f9 sont d\u00e9pos\u00e9s les restes de Bon Papa. Nous rentrons \u00e0 Ille par le train de 3h30&nbsp;; \u00e0 4 heures, je vais \u00e0 bicyclette \u00e0 Bouletern\u00e8re faire une commission dont m\u2019a charg\u00e9 Tata Mimi Civelli aupr\u00e8s de son fermier de Boule Antoine B\u00f4&nbsp;; apr\u00e8s d\u00eener, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 8 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 b\u00e9cane avec Madeleine&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 la vigne de la Foun dal Boul\u00e8s o\u00f9 on vendange. Nous avons \u00e0 d\u00eener l\u2019oncle Xavier, Tata Mimi et Madeleine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 9 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Montalba. Le soir, apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire, nous allons \u00e0 la gare attendre Papa qui est all\u00e9 \u00e0 Perpignan avec l\u2019oncle Xavier, Tata Mimi et Madeleine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 10 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019am\u00e8ne \u00e0 Vin\u00e7a le cheval Bijou qui sera attel\u00e9 demain \u00e0 l\u2019omnibus avec Reinette. L\u2019apr\u00e8s-midi, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, Maman et moi, nous allons \u00e0 Casenove esp\u00e9rant y rencontrer Tata Mimi et Madeleine, mais nous ne les y rencontrons pas&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 11 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous d\u00e9jeunons \u00e0 10h \u00bc avec Bonne Maman qui est arriv\u00e9e dans l\u2019omnibus attel\u00e9 de Bijou et de Reinette. Nous partons \u00e0 midi \u00bc pour Ponteilla o\u00f9 nous arrivons \u00e0 2h \u00bd apr\u00e8s un arr\u00eat d\u2019une vingtaine de minutes \u00e0 Corb\u00e8re. \u00c0 Ponteilla, nous allons chez Mme de Llamby<a href=\"#_ftn95\" id=\"_ftnref95\">[95]<\/a> qui nous attendait avec sa s\u0153ur, Mlle d\u2019Oms<a href=\"#_ftn96\" id=\"_ftnref96\">[96]<\/a>, ses deux filles, Louise et Isabelle, et son mari (pour un jour, il n\u2019est pas pochard)<a href=\"#_ftn97\" id=\"_ftnref97\">[97]<\/a>&nbsp;; apr\u00e8s un go\u00fbter et une longue visite, nous repartons pour Trouillas o\u00f9 l\u2019omnibus est all\u00e9 nous attendre, accompagn\u00e9s par tous les Llamby, sauf Monsieur&nbsp;; \u00e0 Trouillas, nous allons \u00e0 la maison voir le fermier Faliu, puis nous disons \u00ab&nbsp;Au revoir&nbsp;\u00bb aux Llamby et nous repartons \u00e0 5h \u00bc&nbsp;; nous sommes \u00e0 Ille \u00e0 7h \u00bd&nbsp;; apr\u00e8s d\u00eener, Maurice, qui est arriv\u00e9 par le train de 3 heures de Verdun, vient nous faire une visite.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 12 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la grand\u2019messe&nbsp;; le soir, apr\u00e8s v\u00eapres, je vais me promener \u00e0 la Foun dal Boul\u00e8s esp\u00e9rant y rencontrer Maurice, mais je ne l\u2019y trouve pas. \u00c0 7 heures moins le quart, nous allons d\u00eener chez l\u2019oncle Xavier.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 13 au 19 octobre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 13 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Vin\u00e7a par le train de 10h \u00bd pour reprendre le cheval et le ramener \u00e0 Ille&nbsp;; je rentre \u00e0 Ille \u00e0 cheval et j\u2019y suis \u00e0 midi. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, je pars dans la voiture d\u2019Augustin, avec l\u2019oncle Xavier et Maurice pour l\u2019usine \u00e9lectrique de M. Bartissol, que Monsieur d\u2019Arx<a href=\"#_ftn98\" id=\"_ftnref98\">[98]<\/a> nous fait visiter dans tous ses d\u00e9tails. De retour \u00e0 Ille, je vais, avec Maurice et son domestique Gabriel, p\u00eacher sous le pont de la T\u00eat, mais je ne prends rien. Le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire apr\u00e8s laquelle je me confesse \u00e0 M. le cur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 14 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons tous \u00e0 la messe de 6h \u00bc \u00e0 laquelle nous faisons la sainte communion en l\u2019honneur du vingti\u00e8me anniversaire de ma naissance, du treizi\u00e8me de ma gu\u00e9rison en 1889. Ensuite, je vais \u00e0 la recherche de Maurice qui m\u2019a donn\u00e9 rendez-vous dans le lit de la rivi\u00e8re o\u00f9 il p\u00eache&nbsp;; mais, malgr\u00e9 toutes mes recherches, je ne puis le retrouver&nbsp;; j\u2019attends alors, dans la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019oncle Xavier \u00e0 Casenoves, ce dernier qui doit y arriver avec M. Domenach pour tracer les limites de la propri\u00e9t\u00e9. En attendant, je r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 l\u2019anniversaire d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;; je me dis que je ne suis plus un enfant, qu\u2019un tiers de ma vie est d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9, et je fais toutes sortes de r\u00e9flexions s\u00e9rieuses. Apr\u00e8s avoir assist\u00e9 aux recherches de M. Domenach, je rentre d\u00e9jeuner \u00e0 la maison, puis nous accompagnons \u00e0 la gare Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui vont \u00e0 Perpignan. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Corb\u00e8re, Maurice me suit \u00e0 b\u00e9cane&nbsp;; ensuite, avec Madeleine et Maurice, je vais p\u00eacher \u00e0 la rivi\u00e8re. Le soir, nous allons attendre Maman \u00e0 la gare apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 15 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pars pour Perpignan par le train de 6h du matin pour assister aux obs\u00e8ques de Mme Lutrand, m\u00e8re de l\u2019oncle Louis Lutrand<a href=\"#_ftn99\" id=\"_ftnref99\">[99]<\/a>, qui ont lieu \u00e0 8h \u00bd \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Joseph&nbsp;; l\u2019inhumation a lieu au vieux cimeti\u00e8re. Apr\u00e8s l\u2019enterrement, je vais chez les Lazerme demander un renseignement \u00e0 Carlos&nbsp;; je vois en m\u00eame temps Tante H\u00e9l\u00e8ne, Marthe, Th\u00e9r\u00e8se et Jacques. Ensuite, apr\u00e8s quelques commissions, je vais d\u00e9jeuner chez M. et Mme Dalverny<a href=\"#_ftn100\" id=\"_ftnref100\">[100]<\/a> qui m\u2019avaient invit\u00e9, et je rentre \u00e0 Ille par le train de 2h9. \u00c0 4 heures, \u00e0 Ille, nous assistons tous, Tata Mimi et Madeleine aussi, au pan\u00e9gyrique de Sainte Th\u00e9r\u00e8se prononc\u00e9, dans l\u2019\u00e9glise du Carmel, par le sup\u00e9rieur du Couvent des Capucins de Perpignan. Le soir, nous allons chez les demoiselles Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 16 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener \u00e0 bicyclette avec l\u2019oncle Xavier et Gabriel&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Corb\u00e8re \u00e0 bicyclette avec Madeleine et Maurice, puis, de retour \u00e0 Ille, Maurice nous quitte et je continue \u00e0 me promener jusqu\u2019aupr\u00e8s de Rod\u00e8s, avec Madeleine et l\u2019oncle Xavier. Ensuite, je viens \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 cheval&nbsp;; Maman y arrive par le train de 8h \u00bc avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 17 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais tirer quelques oiseaux au grand jardin. Puis j\u2019essaie les habits d\u2019hiver que Charouleau a apport\u00e9s pour l\u2019essayage. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Ille o\u00f9 j\u2019assiste au transfert par l&rsquo;oncle Xavier du grand tableau de Saint Martin, de la grande maison \u00e0 leur m\u00e9tairie\u00a0; il le fait mettre dans la salle \u00e0 manger. Avant de repartir pour Vin\u00e7a, Maurice et moi nous nous amusons \u00e0 nous lancer \u00e0 tour de r\u00f4le au grand galop dans une prairie qui d\u00e9pend de la m\u00e9tairie de l\u2019oncle Xavier\u00a0; je rentre \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 5h \u00bd\u00a0; le soir nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 18 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 10h \u00be, nous allons \u00e0 la gare attendre l\u2019oncle Xavier, Tata Mimi et Maurice qui viennent d\u00e9jeuner&nbsp;; Madeleine n\u2019a pas pu venir \u00e0 cause d\u2019un l\u00e9ger refroidissement. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner on se prom\u00e8ne un peu&nbsp;; ils repartent \u00e0 3h30&nbsp;; Papa, qui \u00e9tait arriv\u00e9 hier soir, repart \u00e0 7 heures. Le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 19 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, avant la grand\u2019messe, Viguier vient nous dire qu\u2019un n\u00e9gociant offre 18 francs l\u2019hecto de vin de Vin\u00e7a, Maman accepte ce prix&nbsp;; je crois donc qu\u2019on peut consid\u00e9rer la vente comme faite&nbsp;; apr\u00e8s v\u00eapres, je vais tirer quelques oiseaux au jardin.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 20 au 26 octobre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 20 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous partons tous, sauf Bonne Maman, de Vin\u00e7a \u00e0 8 heures et demi dans l\u2019omnibus et nous arrivons \u00e0 Ille pour assister \u00e0 la grand\u2019messe de la f\u00eate de l\u2019Adoration perp\u00e9tuelle qui est aujourd\u2019hui. Bonne Maman, qui a \u00e9t\u00e9 retenue ce matin \u00e0 Vin\u00e7a par l\u2019enterrement de Mlle de Massia<a href=\"#_ftn101\" id=\"_ftnref101\">[101]<\/a>, la s\u0153ur du docteur de Massia, arrive par le train de midi. L\u2019apr\u00e8s-midi apr\u00e8s les v\u00eapres, nous nous promenons avec les Est\u00e8ve&nbsp;; Maman, Bonne Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se repartent vers 6 heures du soir&nbsp;; moi je reste jusqu\u2019au d\u00e9part de Maurice qui a lieu vendredi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 21 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maurice et moi nous prenons le train de 6h45 pour Bouletern\u00e8re&nbsp;; \u00e0 Boule, nous prenons \u00e0 pied le chemin de Serrabone&nbsp;; nous arrivons au Monastir vers 9h \u00bd&nbsp;; nous visitons l\u2019\u00e9glise et le clo\u00eetre si curieux avec ses colonnes romanes admirablement conserv\u00e9es, puis, apr\u00e8s un d\u00e9jeuner tir\u00e9 du havresac que nous portions \u00e0 tour de r\u00f4le, et pris au bord de la fontaine du Monastir, nous repartons \u00e0 midi \u00bd et nous grimpons au col de Las Arques \u00e0 plus de 1000 m\u00e8tres d\u2019altitude&nbsp;; nous y sommes \u00e0 1h \u00bd, nous admirons le superbe panorama qui se d\u00e9roule \u00e0 nos yeux&nbsp;: \u00e0 l\u2019est toute la plaine du Roussillon parsem\u00e9e de villages, et pour fond de tableau la mer&nbsp;; au nord, la vall\u00e9e de la T\u00eat et les Corbi\u00e8res&nbsp;; \u00e0 l\u2019ouest, le Canigou, l\u00e9g\u00e8rement couvert de nuages, le Carlitte et toutes les montagnes&nbsp;; au sud enfin, une partie de la vall\u00e9e du Tech et les Alb\u00e8res. Nous redescendons ensuite dans la direction de Glorianes apr\u00e8s avoir contourn\u00e9 la vall\u00e9e de Domanova et de Canah\u00e8tes, nous passons par Rigarda et nous sommes \u00e0 4h \u00bd \u00e0 Vin\u00e7a, o\u00f9 nous go\u00fbtons bien. Nous rentrons \u00e0 Ille par le train de 7 heures. Apr\u00e8s le d\u00eener, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire et chez les demoiselles Mathieu. La superbe excursion que je viens de faire, favoris\u00e9e par un temps superbe, trop chaud m\u00eame, ne m\u2019a pas fatigu\u00e9 du tout.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 22 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me l\u00e8ve tr\u00e8s tard ce matin&nbsp;; \u00e0 midi, nous allons accompagner \u00e0 la gare l\u2019oncle Xavier qui repart pour Paris et Verdun. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Papa me promener \u00e0 la m\u00e9tairie, puis aux Escatllar&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire et chez les demoiselles Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 23 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais avec Maurice me promener dans la garrigue&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se arrive \u00e0 midi de Vin\u00e7a passer l\u2019apr\u00e8s-midi. Vers 3 heures, je vais avec papa \u00e0 la m\u00e9tairie Barescut. Marie-Th\u00e9r\u00e8se repart \u00e0 8 heures du soir. Par le m\u00eame train, arrivent de Perpignan Tata Mimi, Madelon et Maurice&nbsp;; je fais mes adieux \u00e0 Maurice, qui part pour Montauban, Paris et Verdun, demain par le train de 6 heures du matin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 24 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous recevons la visite de M. Marie<a href=\"#_ftn102\" id=\"_ftnref102\">[102]<\/a>, de Prades, qui est venu \u00e0 Ille pour s\u2019occuper de la fondation d\u2019un groupe de l\u2019Action lib\u00e9rale populaire&nbsp;; ensuite, je vais me promener avec Papa \u00e0 l\u2019olivette du Pont de la Fouste. L\u2019apr\u00e8s-midi, je pars \u00e0 b\u00e9cane pour Vin\u00e7a&nbsp;; en passant devant la m\u00e9tairie, je vais dire \u00ab&nbsp;Au revoir&nbsp;\u00bb \u00e0 Tata Mimi et \u00e0 Madelon. Le soir \u00e0 Vin\u00e7a, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire&nbsp;; Papa et Jean arrivent par le train de 8 heures. Papa nous annonce qu\u2019\u00e0 Corb\u00e8re, o\u00f9 il est all\u00e9 dans l\u2019apr\u00e8s-midi, il a vendu le vin au prix de 20 francs l\u2019hecto, c\u2019est le meilleur prix que nous ayons atteint cette ann\u00e9e, car les vins de Boule et d\u2019Ille n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 vendus qu\u2019\u00e0 17fr. 60 l\u2019hecto, celui de Vin\u00e7a \u00e0 18 francs et la partie vendue de Trouillas \u00e0 16 francs. Si tout cela pouvait \u00eatre la fin de la terrible crise viticole que notre pays traverse depuis deux ans&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/joseph.0.marie_.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"607\" height=\"743\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/joseph.0.marie_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-166\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/joseph.0.marie_.jpg 607w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/joseph.0.marie_-245x300.jpg 245w\" sizes=\"auto, (max-width: 607px) 100vw, 607px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Joseph Marie (1849-1902), docteur en m\u00e9decine et pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;arrondissement de Prades \u2013 Collection Famille Vilar<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 25 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 cheval \u00e0 Prades sur une selle que m\u2019a pr\u00eat\u00e9e Henri Sabat\u00e9. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais tirer quelques oiseaux au jardin&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 26 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons aux c\u00e9r\u00e9monies du matin et du soir. Apr\u00e8s v\u00eapres, je vais me promener au grand jardin avec Am\u00e9d\u00e9e Jocaveil. Papa repart pour Ille \u00e0 2 heures en voiture.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 27 au 31 octobre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 27 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pars \u00e0 8h \u00be \u00e0 cheval pour Ille&nbsp;; l\u00e0, apr\u00e8s d\u00e9jeuner, je vais avec Papa me promener \u00e0 Casenove&nbsp;; \u00e0 4 heures, je repars pour Vin\u00e7a&nbsp;; le soir, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire, apr\u00e8s laquelle le vicaire, M. Borrella, vient passer la soir\u00e9e avec nous.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 28 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tata Mimi et Madelon, qui partent demain d\u2019Ille pour Paris et Verdun, viennent passer avec nous une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi&nbsp;; nous allons les raccompagner \u00e0 la gare o\u00f9 nous leur faisons nos adieux, pour le train de 6h \u00bd. Papa arrive de Perpignan par le dernier train. Le matin, Am\u00e9d\u00e9e Jocaveil me photographie \u00e0 cheval dans le grand jardin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 29 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous en omnibus \u00e0 Marquixanes, o\u00f9 nous allons voir le cur\u00e9, M. Vidal, ancien vicaire de Vin\u00e7a, et \u00e0 Prades o\u00f9 nous allons voir les Marie que nous rencontrons et les De Saint-Jean que nous ne rencontrons pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 30 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 onze heures, je pars avec Papa pour Ille en omnibus&nbsp;; Papa continue sur Trouillas, et moi je vais, \u00e0 bicyclette, \u00e0 Ballesta<a href=\"#_ftn103\" id=\"_ftnref103\">[103]<\/a> o\u00f9 je vois Mlle Badrignans, mais o\u00f9 je ne rencontre pas son fr\u00e8re, M. le cur\u00e9&nbsp;; de l\u00e0, je redescends sur Millas en passant devant le ch\u00e2teau de Caladroy, o\u00f9 nous sommes tous all\u00e9s l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, puis je rentre \u00e0 Ille o\u00f9 je m\u2019arr\u00eate un moment, et \u00e0 Boule o\u00f9 je fais signer \u00e0 Joseph Jacomy les nouveaux baux&nbsp;; je suis \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 5h \u00bd. En passant pr\u00e8s de la m\u00e9tairie Barescut, j\u2019ai rencontr\u00e9 M. de Barescut qui m\u2019a annonc\u00e9 que Maurice vient de passer brillamment ses examens de sortie \u00e0 l\u2019\u00c9cole de guerre&nbsp;: il a obtenu le num\u00e9ro 4 et la note tr\u00e8s bien, aussi il a la garnison d\u2019Alger qu\u2019il convoitait<a href=\"#_ftn104\" id=\"_ftnref104\">[104]<\/a>. Papa rentre de Trouillas vers 7 heures \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 31 octobre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je fais emballer la bicyclette dans son cadre par Jean. L\u2019apr\u00e8s-midi, Am\u00e9d\u00e9e Jocaveil vient me remettre la photo prise mardi&nbsp;; elle est assez r\u00e9ussie, puis je vais faire 3 ou 4 tours de jardin&nbsp;; ensuite je vais me confesser chez M. le cur\u00e9&nbsp;; \u00e0 7 heures, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Novembre 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 novembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 1<sup>er<\/sup> novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019occasion de la f\u00eate de la Toussaint, le matin nous allons tous faire la sainte communion&nbsp;; ensuite, nous allons \u00e0 tous les offices&nbsp;; nous nous promenons un peu apr\u00e8s la grand\u2019messe.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 2 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la grand\u2019messe, nous allons nous promener sur la route de Perpignan, et apr\u00e8s v\u00eapres, sur celle de Joch&nbsp;; Bonne Maman, qui est tr\u00e8s enrhum\u00e9e, garde le lit toute la journ\u00e9e. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous avons la visite de Mme Dalverny qui est venue passer deux jours \u00e0 Vin\u00e7a, et de Mme Jocaveil.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 9 novembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 3 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aujourd\u2019hui la f\u00eate des morts retard\u00e9e d\u2019un jour \u00e0 cause du dimanche&nbsp;; nous allons \u00e0 la messe de communion de 7 heures et au service fun\u00e8bre \u00e0 10 heures. Bonne maman garde encore le lit et re\u00e7oit la visite des demoiselles Par\u00e8s&nbsp;; je vais \u00e0 Boule dans l\u2019apr\u00e8s-midi pour rendre le cheval \u00e0 son propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 5 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de journal hier parce que j\u2019\u00e9tais en chemin de fer. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la matin\u00e9e \u00e0 faire des visites \u00e0 Vin\u00e7a, Papa et moi nous sommes partis par le train de 3h \u00bd pour Angers, laissant Maman en meilleure sant\u00e9 et lev\u00e9e&nbsp;; Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se nous accompagnent jusqu\u2019\u00e0 Perpignan o\u00f9 elles ont les commissions \u00e0 faire, elles repartiront le soir m\u00eame pour Vin\u00e7a o\u00f9 elles passeront encore une dizaine de jours avant leur d\u00e9part pour Angers. De Boule \u00e0 Perpignan, nous faisons route avec Joseph Cornet. \u00c0 la gare de Perpignan, nous rencontrons l\u2019oncle Joseph de Lazerme, sa tante Mme de Rovira<a href=\"#_ftn105\" id=\"_ftnref105\">[105]<\/a>, Tante H\u00e9l\u00e8ne et Marthe qui descendent de l\u2019express dans lequel nous montons, nous causons un moment. Nous d\u00eenons au buffet de Narbonne&nbsp;; nous arrivons \u00e0 Bordeaux ce matin \u00e0 5h \u00bd, nous allons \u00e0 la cath\u00e9drale Saint-Andr\u00e9 o\u00f9 nous entendons la messe, nous repartons de Bordeaux \u00e0 8h45 et nous sommes \u00e0 Angers \u00e0 4h \u00bd, l\u2019oncle Paul et Tante Josepha nous attendaient \u00e0 la gare&nbsp;; nous d\u00eenons chez eux. Voil\u00e0 donc finies ces vacances longues de 3 mois et demi, pendant lesquelles je puis me vanter d\u2019avoir pris le grand air et d\u2019avoir fait beaucoup d\u2019exercice. Le grand bonheur de ces vacances a \u00e9t\u00e9 de pouvoir me retrouver en famille au milieu de mes cousins Delestrac et de mes cousins Est\u00e8ve, chose que j\u2019aime par-dessus tout. J\u2019esp\u00e8re bien que ce sera la m\u00eame chose l\u2019ann\u00e9e prochaine. Maintenant, c\u2019est le moment de travailler car chaque chose en son temps&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 6 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis les premiers cours, ce sont ceux de M. Buston (droit commercial) et de M. Courtois (proc\u00e9dure civile). Apr\u00e8s les cours, je vais avec Herv\u00e9-Bazin voir Normand d\u2019Authon \u00e0 l\u2019H\u00f4tel d\u2019Anjou, et le f\u00e9liciter de son prochain mariage avec Mlle Gabrielle Herv\u00e9-Bazin. Nous allons d\u00e9jeuner chez Tante Josepha&nbsp;; et l\u2019apr\u00e8s-midi, je fais plusieurs commissions en ville. Apr\u00e8s d\u00eener, je vais avec Papa \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de la cath\u00e9drale.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 7 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de droit civil (M. Jac) et de droit international priv\u00e9 (M. Albert). L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Papa chez le Dr Sourice, puis je vais faire mes visites \u00e0 mes nouveaux professeurs&nbsp;; je rencontre MM. Buston et Jac, je ne rencontre pas MM. Courtois et Albert&nbsp;; je vois aussi M. Gavouy\u00e8re. Le soir, nous allons, avec papa et Tante Josepha \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de l\u2019Adoration \u00e0 Notre-Dame.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 8 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de droit commercial et de proc\u00e9dure civile. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais acheter mes livres de droit, puis je vais me confesser \u00e0 M. l\u2019abb\u00e9 Brossard, ensuite, je vais voir le P. V\u00e9tillart pour m\u2019entendre avec lui au sujet des cours d\u2019agriculture que je pourrai suivre cette ann\u00e9e&nbsp;; nous d\u00e9cidons que je suivrai 3 cours par semaine jusque vers le 1 janvier et 2 \u00e0 partir du 1 janvier&nbsp;; ce sont (pour le moment du moins) le compl\u00e9ment du cours d\u2019agriculture g\u00e9n\u00e9rale vu l\u2019an dernier, le compl\u00e9ment du cours d\u2019agriculture sp\u00e9ciale vu aussi l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re&nbsp;; quant au 3<sup>\u00e8me<\/sup> cours que je suivrai jusqu\u2019au premier de l\u2019an, c\u2019est une s\u00e9rie de 10 cours sur les machines agricoles. Le soir, nous allons \u00e0 la conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul, j\u2019y reprends mes fonctions de secr\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 9 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais faire la sainte communion \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame, je retourne \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph, apr\u00e8s quoi, \u00e0 11h \u00bd, nous allons d\u00e9jeuner chez Tante Josepha. \u00c0 1h \u00bd, nous allons, avec l\u2019oncle Paul et Tante Josepha, au concert populaire au cirque-th\u00e9\u00e2tre&nbsp;; on y ex\u00e9cute une foule de morceaux dont les plus remarquables sont&nbsp;: l\u2019ouverture du <em>Roi Lear<\/em>, la bacchanale de <em>Tannh\u00e4user<\/em> et <em>Per Gynt<\/em>, fort bien ex\u00e9cut\u00e9s&nbsp;; on entend aussi une tr\u00e8s forte violoniste, Mlle Samuels. Nous allons au salut chez les Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 10 au 16 novembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 10 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire la visite des pauvres \u00e0 4h \u00bd et je vais \u00e0 la salle d\u2019armes \u00e0 5h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 11 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, visite avec Papa \u00e0 Mme Herv\u00e9-Bazin qui nous a tous invit\u00e9s \u00e0 sa soir\u00e9e de mercredi 19 novembre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 12 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. Papa part pour Le Mans par le rapide de 10h25, pour faire sortir Philom\u00e8ne&nbsp;; je passe une grande partie de l\u2019apr\u00e8s-midi chez Jacques Herv\u00e9-Bazin avec Bonnet pour l\u2019aider \u00e0 d\u00e9monter a bicyclette.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 13 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, je re\u00e7ois avec Papa la visite de M. Courtois, puis, \u00e0 5h \u00bc, je vais au cours d\u2019agriculture sp\u00e9ciale de M. Lavall\u00e9e, on commence l\u2019\u00e9tude du bl\u00e9. Auparavant, je vais me faire couper les cheveux chez Normandin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 14 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture sur les machines agricoles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 15 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, je re\u00e7ois avec Papa quelques \u00e9tudiants qui viennent le voir. \u00c0 5 heures, je vais voir M. Ren\u00e9 Bazin, puis je vais \u00e0 la salle d\u2019armes o\u00f9 je livre plusieurs assauts. Apr\u00e8s d\u00eener, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 16 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 la foire avec Tante Josepha et N\u00e9nette&nbsp;; nous assistons d\u2019abord \u00e0 une s\u00e9ance de cin\u00e9matographe et ensuite nous allons voir jouer la Passion de Notre Seigneur, c\u2019est une s\u00e9rie de tableaux vivants bien naturels. \u00c0 5 heures, je vais avec Tante Josepha au salut chez les Dominicains. Apr\u00e8s d\u00eener, nous allons prendre le th\u00e9 chez les Magu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 17 au 23 novembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 17 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire la visite des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul&nbsp;; \u00e0 4h \u00bd, je vais voir M. Maurice Gavouy\u00e8re que je ne rencontre pas&nbsp;; \u00e0 5h, je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Apr\u00e8s d\u00eener, je vais avec Tante Josepha \u00e0 la s\u00e9ance de rentr\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 catholique&nbsp;; 6 \u00e9v\u00eaques y assistent, Mgr Catteau, de Lu\u00e7on, pr\u00e9side&nbsp;; plusieurs rapports, plusieurs discours empreints de tristesse \u00e0 cause du projet de loi contre la libert\u00e9 de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur etc. On se retire vers 10 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 18 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 7h \u00bd, je vais avec Papa \u00e0 la messe du Saint-Esprit c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque du Mans dans la chapelle de l\u2019Internat. Ensuite, je cause avec Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se arriv\u00e9es cette nuit \u00e0 minuit, et que je n\u2019avais vues qu\u2019un petit moment \u00e0 1h du matin au moment de leur arriv\u00e9e (elles \u00e9taient venues me voir dans&nbsp;mon lit). \u00c0 11 heures, nous avons la visite de l\u2019abb\u00e9 Llobet, ancien vicaire de Vin\u00e7a, qui a pass\u00e9 la nuit chez Tante Josepha, il s\u2019est arr\u00eat\u00e9 un jour \u00e0 Angers pour une affaire et il va \u00e0 Vannes o\u00f9 il vient d\u2019\u00eatre agr\u00e9\u00e9 comme pr\u00e9cepteur chez M. de Breda, capitaine adjudant-major. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 la s\u00e9ance de rentr\u00e9e de l\u2019\u00e9cole d\u2019agriculture pr\u00e9sid\u00e9e par le duc de Plaisance, pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration de l\u2019\u00e9cole&nbsp;; on y entend un discours de M. Courton, membre de la Soci\u00e9t\u00e9 des Agriculteurs de France&nbsp;; puis je fais quelques courses avec Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, malgr\u00e9 le froid tr\u00e8s vif (il n\u2019a pas d\u00e9gel\u00e9 de toute la journ\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 19 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Le soir \u00e0 9h \u00bd, nous allons tous \u00e0 la soir\u00e9e de mariage de Mlle Gabrielle Herv\u00e9-Bazin&nbsp;; il y a une centaine de personnes&nbsp;; on ex\u00e9cute plusieurs morceaux&nbsp;; buffet bien servi&nbsp;; nous rentrons \u00e0 11h \u00be.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 20 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois ; le second est un peu \u00e9court\u00e9&nbsp;; nous d\u00e9jeunons \u00e0 10h \u00bd, puis nous allons tous \u00e0 Saint-Laud au mariage de Mlle Gabrielle Herv\u00e9-Bazin avec Paul Normand d\u2019Authon, c\u2019est Mgr Rumeau qui leur donne la b\u00e9n\u00e9diction nuptiale. Apr\u00e8s le d\u00e9file \u00e0 la sacristie, on se pr\u00e9cipite \u00e0 la maison o\u00f9 Mme Herv\u00e9-Bazin re\u00e7oit et o\u00f9 est servi un lunch&nbsp;; nous rentrons \u00e0 la maison \u00e0 2h \u00bc, transis car il neige assez fort. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 21 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de M. Jac et Albert. Apr\u00e8s le second cours, j\u2019assiste \u00e0 la r\u00e9union de la Conf\u00e9rence Saint-Louis pour \u00e9lire les membres du bureau&nbsp;: Couteau est \u00e9lu pr\u00e9sident, Herv\u00e9-Bazin et Clayeux vice-pr\u00e9sidents, Catta secr\u00e9taire et De Monsabert tr\u00e9sorier. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc cours d\u2019agriculture sur les machines agricoles&nbsp;; auparavant je vais voir M. Lavall\u00e9e et le P. Lionnet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 22 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, Papa et moi nous recevons la visite du P. Lionnet, puis je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques et ensuite je vais \u00e0 la salle d\u2019armes&nbsp;; le soir, conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 23 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame o\u00f9 je fais la sainte communion, je retourne \u00e0 la grand\u2019messe en musique de Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais voir Jacques des Loges que je vois pour la premi\u00e8re fois en soldat&nbsp;; puis je vais au salut chez les P\u00e8res Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 24 au 30 novembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 24 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 5h, je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Apr\u00e8s d\u00eener, conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;; \u00e9lection des nouveaux membres, puis lecture par De Monti de Rez\u00e9 d\u2019un travail sur le <em>labour copartnership<\/em> tir\u00e9 de sa th\u00e8se de doctorat en droit qui est sur le m\u00eame sujet et qu\u2019il doit soutenir vendredi. Le <em>labour copartnership<\/em> est un syst\u00e8me de participation aux b\u00e9n\u00e9fices dans lequel on retient la part qui revient aux ouvriers sur les b\u00e9n\u00e9fices, et on leur ach\u00e8te, avec cet argent, les actions de l\u2019entreprise, en sorte que les ouvriers peuvent arriver \u00e0 \u00eatre propri\u00e9taires de tout le capital social, comme cela est arriv\u00e9 pour la maison Godin (actuellement soci\u00e9t\u00e9 du familist\u00e8re de Guise). Il me semble que ce syst\u00e8me, dans lequel De Monti voit beaucoup d\u2019avantages, est absolument socialiste, car, s\u2019il se g\u00e9n\u00e9ralisait, il arriverait \u00e0 supprimer un des facteurs de la production, le capital, qui se confondrait avec un autre facteur, le travail, et la fameuse revendication des socialistes \u00ab&nbsp;les instruments de production aux mains des travailleurs&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;la mine aux mineurs&nbsp;\u00bb serait r\u00e9alis\u00e9&nbsp;; de plus, on peut se demander ce que deviendrait, dans ce syst\u00e8me, les capitalistes, ils n\u2019auraient plus d\u2019entreprises \u00e0 soutenir&nbsp;; il me semble que tout cela est de l\u2019utopie. J\u2019aimerais mieux chercher \u00e0 assurer la paix sociale en rendant chaque ouvrier propri\u00e9taire de sa maison comme cela a \u00e9t\u00e9 essay\u00e9 par beaucoup de grands industriels, notamment \u00e0 Mulhouse.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 25 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. \u00c0 11 heures, je vais prendre une le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au man\u00e8ge du g\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 26 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais faire quelques commissions avec Maman et Tante Josepha, puis je vais faire la visite des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul, enfin je vais prendre un bain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 27 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous faire une visite de digestion \u00e0 Mme Herv\u00e9-Bazin, puis je vais au cours d\u2019agriculture&nbsp;; le soir, r\u00e9union de la congr\u00e9gation, rue Rabelais, instruction du nouvel aum\u00f4nier l\u2019abb\u00e9 (lisez le P\u00e8re) Barbier&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 28 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. Apr\u00e8s le second cours, je vais prendre une le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au man\u00e8ge du g\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 29 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques, puis je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Le soir, conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 30 novembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais faire la sainte communion \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Notre-Dame&nbsp;; je reviens avec Papa \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais voir Mlle Grieshaker, puis nous allons au salut chez les Dominicains. Le soir nous recevons \u00e0 d\u00eener l\u2019oncle Paul, Tante Josepha et N\u00e9nette.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9cembre 1902<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 7 d\u00e9cembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5 heures, je vais \u00e0 l\u2019escrime. Apr\u00e8s d\u00eener, Conf\u00e9rence Saint-Louis&nbsp;: Roques lit un travail sur \u00ab&nbsp;Le nationalisme aux antipodes&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire sur le mouvement qui se manifeste en Australie en faveur de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 2 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Buston et Courtois. Apr\u00e8s le second cours, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie&nbsp;; pour la premi\u00e8re fois, je franchis les obstacles. Le soir \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Apr\u00e8s d\u00eener, nous allons tous \u00e0 la cath\u00e9drale pour assister \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture de l\u2019Adoration perp\u00e9tuelle&nbsp;; j\u2019assiste, avec une foule d\u2019\u00e9tudiants, \u00e0 la procession du Tr\u00e8s-Saint Sacrement qui la termine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 3 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours de MM. Jac et Albert. L\u2019apr\u00e8s-midi, Maman re\u00e7oit pour la premi\u00e8re fois, elle a un assez grand nombre de visites. Apr\u00e8s d\u00eener, nous assistons tous, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, au discours que Monseigneur Rumeau prononce \u00e0 l\u2019occasion de la prochaine ouverture des cours de jeunes filles dont le programme est tr\u00e8s vari\u00e9 et qui vont durer jusqu\u2019\u00e0 P\u00e2ques&nbsp;; Marie-Th\u00e9r\u00e8se se propose de s\u2019y faire inscrire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 4 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, commence \u00e0 la chapelle de l\u2019Internat Saint-Martin la retraite de l\u2019Universit\u00e9 qui durera 3 jours, c\u2019est le P. Barbier qui la pr\u00eache. \u00c0 8 heures, instruction et messe, puis un seul cours. \u00c0 2 heures, instruction, \u00e0 5 heures, cours d\u2019agriculture. \u00c0 8h du soir, instruction et salut.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 5 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8 heures du matin, messe et instruction, suivies d\u2019un cours&nbsp;; \u00e0 11 heures, je vais \u00e0 l\u2019\u00e9quitation. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h, cours d\u2019agriculture, \u00e0 8h du soir, instruction et salut de retraite.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 6 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8h du matin messe et instruction, puis un cours de droit. L\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 2h instruction, \u00e0 5h je vais me confesser puis je vais \u00e0 l\u2019escrime. \u00c0 8h du soir, nous allons tous, Tante Josepha est aussi avec nous, au concert de charit\u00e9 des Quinconces o\u00f9 nous entendons Botrel et sa femme qui chantent plusieurs chansons nouvelles et qui jouent une pi\u00e9cette de la composition de Botrel <em>Fleur d\u2019ajonc&nbsp;<\/em>; Marie-Th\u00e9r\u00e8se fait la qu\u00eate avec M. Gaudineau, il y a aussi plusieurs autres qu\u00eateuses. Tr\u00e8s brillantes assistance. On se retire \u00e0 pr\u00e8s de minuit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 7 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8 heures, je vais avec Papa \u00e0 la messe de communion que cl\u00f4ture notre retraite. Je retourne \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Serge o\u00f9 on c\u00e9l\u00e8bre aujourd\u2019hui la f\u00eate de la corporation des ouvriers m\u00e9tallurgistes. Un ch\u0153ur de dames du monde chante la grand\u2019messe&nbsp;; on m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 qu\u00eater ainsi que Marie-Th\u00e9r\u00e8se. Je qu\u00eate avec Mlle de Contades et Marie-Th\u00e9r\u00e8se avec De La Guillonni\u00e8re. L\u2019apr\u00e8s-midi je vais voir patiner aux prairies du Bon Pasteur (il g\u00e8le continuellement depuis 3 jours et, la nuit derni\u00e8re, le thermom\u00e8tre a d\u00fb descendre \u00e0 8\u00b0 ou 9\u00b0 au-dessous de 0). Ensuite, j\u2019assiste avec plusieurs \u00e9tudiants aux v\u00eapres de la Cath\u00e9drale o\u00f9 tous les professeurs de l\u2019Universit\u00e9, en robe, pr\u00eatent serment devant Mgr Rumeau. Cette c\u00e9r\u00e9monie a lieu en l\u2019honneur de la f\u00eate patronale de l\u2019Universit\u00e9, qui est le jour de l\u2019Immacul\u00e9e Conception. Le soir, les Magu\u00e9 viennent prendre le th\u00e9&nbsp;avec nous pour c\u00e9l\u00e9brer l\u2019heureuse d\u00e9cision qui a \u00e9t\u00e9 prise aujourd\u2019hui au sujet d\u2019une affaire dont je n\u2019ai pas voulu parler dans mon journal, tant qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas certaine&nbsp;; je veux dire le prochain mariage de Marie-Th\u00e9r\u00e8se avec M.&nbsp;Max du Pin de Saint-Cyr, un jeune homme de 25 ans, ami de Xavier Civelli, et appartenant \u00e0 une des plus anciennes familles du P\u00e9rigord&nbsp;; il habite, avec sa m\u00e8re (qui est une demoiselle de la Bardonnie) et sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e, le ch\u00e2teau de Sainte-Croix pr\u00e8s de Mareuil-sur-Belle (Dordogne). C\u2019est ma tante Civelli qui a eu l\u2019id\u00e9e de ce mariage et qui a conduit les n\u00e9gociations. L\u2019entrevue, m\u00e9nag\u00e9e par M. le chanoine Galais, a eu lieu \u00e0 P\u00e9rigueux le 16 novembre&nbsp;; c\u2019est en pr\u00e9vision de cette entrevue que Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se ont retard\u00e9 de deux semaines leur d\u00e9part de Vin\u00e7a. Les deux futurs se sont convenus et, maintenant que toutes les questions sont r\u00e9gl\u00e9es, Mme de Saint-Cyr vient d\u2019\u00e9crire la lettre officielle qui demande pour son fils Max la main de Marie-Th\u00e9r\u00e8se&nbsp;; inutile de dire que la r\u00e9ponse sera favorable. Max de Saint-Cyr, on peut dire, n\u2019a que des qualit\u00e9s&nbsp;; on a \u00e9t\u00e9 unanime \u00e0 nous en dire tout le bien possible. Il poss\u00e8de autour de son ch\u00e2teau une grande propri\u00e9t\u00e9 de 214 hectares. Il me tarde vivement de faire sa connaissance. Il a une s\u0153ur plus \u00e2g\u00e9e que lui et un fr\u00e8re, G\u00e9rard de Saint-Cyr, plus jeune, qui est au s\u00e9minaire de P\u00e9rigueux et qui sera ordonn\u00e9 pr\u00eatre dans un an ou deux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 d\u00e9cembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 8 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais patiner sur les pr\u00e8s de Saint-Jacques, la gel\u00e9e de la nuit de samedi \u00e0 dimanche, qui a \u00e9t\u00e9 de -10\u00b0, a bien affermi la glace qui est tr\u00e8s solide, il y a beaucoup de monde sur ce lac. Le soir, Conf\u00e9rence Saint-Louis, le P. Lionnet lit une \u00e9tude sur les causes de la haine des Protestants anglais contre les Catholiques, il l\u2019attribue \u00e0 ce fait qu\u2019\u00e0 la suite de la conspiration des poudres, et d\u2019une autre conspiration, invent\u00e9e de toute pi\u00e8ce celle-l\u00e0, les Catholiques ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des ennemis publics, des ennemis de l\u2019Angleterre, et que ce pr\u00e9jug\u00e9 n\u2019est pas encore tomb\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 9 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, je vais patiner avec l\u2019oncle Paul et Tante Josepha&nbsp;; ils ne patinent pas, mais Tante Josepha se fait porter en traineau par un capitaine du g\u00e9nie, c\u2019est tr\u00e8s amusant. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 10 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le froid diminue, il d\u00e9g\u00e8le, je ne retourne pas patiner. \u00c0 5 heures, escrime.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 11 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il d\u00e9g\u00e8le tout \u00e0 fait&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 5h, conf\u00e9rence de droit civil qui me fait manquer le cours d\u2019agriculture&nbsp;; apr\u00e8s d\u00eener, r\u00e9union de la congr\u00e9gation, on proc\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9fet et des assistants&nbsp;: De Br\u00e9on est \u00e9lu pr\u00e9fet, De Monsabert 1<sup>er<\/sup> assistant et De Saint-Pern 2<sup>\u00e8me <\/sup>assistant.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 12 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 2h moins le quart de l\u2019apr\u00e8s-midi, conf\u00e9rence de droit international. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Apr\u00e8s d\u00eener, nous assistons, avec Tante Josepha, \u00e0 la conf\u00e9rence de M. Ren\u00e9 Bazin sur l\u2019Alsace, qu\u2019il a visit\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. M. Bazin estime que la germanisation ne fait pas de progr\u00e8s&nbsp;; il nous dit que, tous les ans, 4 \u00e0 5000 jeunes gens quittent l\u2019Alsace-Lorraine pour ne pas servir dans l\u2019arm\u00e9e allemande, que la langue fran\u00e7aise n\u2019est pas en recul (en 1895, il y avait 159.000 personnes en Alsace-Lorraine qui d\u00e9clar\u00e8rent que le fran\u00e7ais \u00e9tait leur langue maternelle&nbsp;; au recensement de 1901, 200.000 personnes ont fait la m\u00eame d\u00e9claration, ce r\u00e9sultat a rempli les Allemands de stup\u00e9faction). M. Ren\u00e9 Bazin se fait longuement applaudir quand il cite ce beau trait d\u2019une jeune Alsacien incorpor\u00e9 dans un r\u00e9giment allemand et qui fut remarqu\u00e9, dans une revue, par un g\u00e9n\u00e9ral le faisant sortir du rang, lui demande d\u2019o\u00f9 il est&nbsp;; sur sa r\u00e9ponse, il lui demande s\u2019il a des parents dans l\u2019arm\u00e9e&nbsp;; alors le jeune Alsacien se dressant r\u00e9pondit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oui, mon g\u00e9n\u00e9ral, j\u2019ai des parents dans l\u2019arm\u00e9e&nbsp;: un oncle lieutenant-colonel \u00e0 Paris, un cousin capitaine au Mans, un autre cousin capitaine \u00e0 Belfort, enfin un oncle colonel \u00e0 Lun\u00e9ville, c\u2019est tout, mon g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;\u00bb. Le g\u00e9n\u00e9ral allemand roula des yeux terribles, puis, apr\u00e8s une minute de r\u00e9flexion, eut l\u2019esprit de partir sans rien dire. Puisse l\u2019exemple de ce jeune homme \u00eatre suivi et la cr\u00e2nerie et l\u2019attachement des Alsaciens \u00e0 la France forcent les Allemands \u00e0 partir&nbsp;! M. Bazin fait remarquer qu\u2019apr\u00e8s 32 ans de conqu\u00eate, il y a encore au Reichstag 10 d\u00e9put\u00e9s alsaciens protestataires sur 15&nbsp;; ce n\u2019est pas un mince r\u00e9sultat de la t\u00e9nacit\u00e9 des Alsaciens&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 13 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques, ensuite je vais \u00e0 la salle d\u2019armes. Le soir \u00e0 8 heures, je vais avec Papa \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de la retraite des Conf\u00e9rences Saint-Vincent-de-Paul dans la chapelle de la rue du Voilier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 14 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 7h \u00bd, je vais avec Papa \u00e0 la messe de communion qui cl\u00f4ture la retraite de Saint-Vincent-de-Paul, rue du Voilier&nbsp;; je retourne \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019\u00e9cris, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 mon futur beau-fr\u00e8re Max de Saint-Cyr. \u00c0 5h, nous allons tous au salut chez les Dominicains. \u00c0 8h, j\u2019assiste avec Papa \u00e0 la r\u00e9union g\u00e9n\u00e9rale des conf\u00e9rences Saint-Vincent-de-Paul place Saint-Martin&nbsp;; \u00e0 notre retour, \u00e0 9h \u00bd, nous trouvons \u00e0 la maison les Magu\u00e9 que nous avons invit\u00e9 \u00e0 venir prendre le th\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 d\u00e9cembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 15 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin cours ordinaire&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h escrime. Apr\u00e8s d\u00eener, Conf\u00e9rence Saint-Louis, j\u2019y lis un petit travail sur Bizerte, ensuite le P. Lionnet continue la lecture de son travail sur les causes de la haine des protestantes anglais contre les catholiques, il nous parle notamment de la campagne men\u00e9e contre les catholiques par la puissante Alliance protestante. Apr\u00e8s lui, M. Ren\u00e9 Bazin lit une partie de la nouvelle <em>Le retour de Donatienne<\/em> qu\u2019il publie en ce moment dans la <em>Revue des Deux Mondes<\/em>. Toutes ces lectures ont prolong\u00e9 la s\u00e9ance un peu plus que d\u2019habitude, aussi je rentrais tranquillement avec De La Morini\u00e8re<a href=\"#_ftn106\" id=\"_ftnref106\">[106]<\/a>, lorsque je rencontre Papa qui vient \u00e0 ma rencontre sur le boulevard, envoy\u00e9e par Maman affol\u00e9e qui me croyait d\u00e9j\u00e0 assassin\u00e9, c\u2019est la r\u00e9\u00e9dition de ce qui se passa l\u2019hiver dernier le jour du d\u00eener de Mme Bonnet, et cependant il n\u2019\u00e9tait que 10h20&nbsp;! <em>A nervosis mulieribus libera nos Domine&nbsp;!!!<\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 16 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires suivis de ma le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 17 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, je pr\u00e9pare la conf\u00e9rence de droit civil \u00e0 laquelle j\u2019assiste \u00e0 5 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 18 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires suivis de la le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie&nbsp;; en allant la prendre, je vois dans la cour du quartier la revue des jeunes recrues que passe le g\u00e9n\u00e9ral Mortagne assist\u00e9 de l\u2019oncle Paul, du lieutenant-colonel et de plusieurs officiers du r\u00e9gime, tout cela malgr\u00e9 la pluie. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. \u00c0 8 heures, je vais \u00e0 la r\u00e9union de la congr\u00e9gation o\u00f9 les nouveaux dignitaires \u00e9lus il y a huit jours sont re\u00e7us solennellement par Mgr Pasquier. En sortant, vers 9h \u00bc, je rejoins Papa et Maman chez les Magu\u00e9 o\u00f9 ils sont all\u00e9s passer la soir\u00e9e et prendre le th\u00e9 en l\u2019honneur du 9<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de la naissance de N\u00e9nette.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 19 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 1 heures \u00be, conf\u00e9rence de droit commercial. \u00c0 5h \u00bc, cours d\u2019agriculture. Apr\u00e8s d\u00eener, je vais avec papa et Tante Josepha (Maman, enrhum\u00e9e, reste \u00e0 la maison et Marie-Th\u00e9r\u00e8se lui tient compagnie) \u00e0 la s\u00e9ance de rentr\u00e9e de la Conf\u00e9rence Saint-Louis dans la grande salle de l\u2019Universit\u00e9. Apr\u00e8s un petit discours assez bien tourn\u00e9 du nouveau pr\u00e9sident Couteau, Catta<a href=\"#_ftn107\" id=\"_ftnref107\">[107]<\/a> lit son rapport, tr\u00e8s bien ordonn\u00e9 et tr\u00e8s vari\u00e9, sur les travaux de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re&nbsp;; apr\u00e8s lui M. Ren\u00e9 Bazin prononce quelques mots en l\u2019honneur du conf\u00e9rencier qui est venu pr\u00e9sider la s\u00e9ance, M. Henry Reverdy<a href=\"#_ftn108\" id=\"_ftnref108\">[108]<\/a> avocat \u00e0 la Cour d\u2019appel de Paris, ancien d\u00e9fenseur des P\u00e8res Assomptionnistes devant le Tribunal de la Seine en janvier 1900, ancien pr\u00e9sident de l\u2019Association catholique de la jeunesse fran\u00e7aise. M. Reverdy, dans un beau discours, parle des devoirs des jeunes gens catholiques \u00e0 notre \u00e9poque et insiste surtout sur les devoirs sociaux. Nous ne restons pas au punch qui a lieu ensuite dans la biblioth\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 20 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, je travaille jusque vers 5 heures&nbsp;; quand je sors, vers 5 heures, pour aller \u00e0 la salle d\u2019armes, je remarque un mouvement inusit\u00e9 dans les rues, bient\u00f4t je suis abord\u00e9 par des marchands de journaux qui crient la nouvelle sensationnelle de l\u2019arrestation de la famille Humbert-Daurignac<a href=\"#_ftn109\" id=\"_ftnref109\">[109]<\/a> \u00e0 Madrid ce matin. Dans les agences o\u00f9 arrivent les d\u00e9p\u00eaches, il y a foule&nbsp;; on s\u2019interpelle en s\u2019annon\u00e7ant la nouvelle, on s\u2019y attendait si peu&nbsp;! La note qui domine est que le gouvernement connaissait depuis longtemps la retraite de cette bande d\u2019escrocs, mais que le gouvernement espagnol pour les faire arr\u00eater, attendait que le gouvernement fran\u00e7ais le lui dise. Quelles n\u00e9gociations entre le minist\u00e8re Combes et la famille Humbert ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 cette arrestation&nbsp;! Ce qui est probable c\u2019est que leur silence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des hommes politiques compromis a \u00e9t\u00e9 sans doute achet\u00e9. Quand je rentre \u00e0 la maison, je trouve un num\u00e9ro extraordinaire du <em>Maine-et-Loire<\/em> que ce journal a envoy\u00e9 \u00e0 tous ses abonn\u00e9s pour annoncer la c\u00e9l\u00e8bre nouvelle. Le soir, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 21 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph&nbsp;; en en sortant, je rencontre Dupr\u00e9, ancien camarade du Mans, qui fait son ann\u00e9e de service \u00e0 Angers au 135<sup>e<\/sup>. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste au patronage Saint-Serge, avec Papa, Tante Josepha et N\u00e9nette, \u00e0 une pi\u00e8ce de Leroy-Villard, <em>Les piastres rouges<\/em>, bien interpr\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 22 au 28 d\u00e9cembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 22 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me faire photographier chez Margerie, rue Plantagen\u00eat. \u00c0 5 heures, escrime. Le soir, Conf\u00e9rence Saint-Louis, travail bien fait de M\u00e9zerette sur l\u2019Inquisition, suivi d\u2019une longue discussion (le sujet y pr\u00eatait).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"685\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-685x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-170\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-685x1024.jpg 685w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-201x300.jpg 201w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-768x1148.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-1027x1536.jpg 1027w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie-1370x2048.jpg 1370w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20250821_170758-Copie.jpg 1399w\" sizes=\"auto, (max-width: 685px) 100vw, 685px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch (auteur du journal) photographi\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1902 chez Margerie, photographe \u00e0 Angers \u2013 Collection Pierre Lemaitre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 23 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours habituels&nbsp;; apr\u00e8s le second cours, le\u00e7on d\u2019\u00e9quitation au g\u00e9nie&nbsp;; le soir, pas de cours d\u2019agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 24 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, cours habituels. L\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 2 heures, je vais me confesser \u00e0 Saint-Jacques&nbsp;; en revenant, j\u2019entre voir, chez Margerie, l\u2019\u00e9preuve de ma photo d\u2019avant-hier&nbsp;; comme l\u2019\u00e9preuve sur papier n\u2019est pas vis\u00e9e, je ne puis pas bien me rendre compte de ce qu\u2019elle sera. Le soir, en attendant l\u2019heure d\u2019aller \u00e0 la messe de minuit, nous \u00e9crivons un tr\u00e8s grand nombre de cartes de faire-part des fian\u00e7ailles de Marie-Th\u00e9r\u00e8se avec Max de Saint-Cyr, mais nous n\u2019avons pas fini, loin de l\u00e0&nbsp;; heureusement qu\u2019elles ne partiront pas avant quelques jours. Tous les journaux se demandent avec anxi\u00e9t\u00e9 quelle est la raison de l\u2019arrestation des Humbert, car pas un journal propre n\u2019\u00e9met l\u2019id\u00e9e que le garde des Sceaux les ait fait arr\u00eater par devoir, pour faire rendre la justice&nbsp;! Les uns disent que le gouvernement espagnol a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019arrestation pour jouer un tour au minist\u00e8re Combes qui avait vu d\u2019un mauvais \u0153il l\u2019arriv\u00e9e des conservateurs et du cabinet de M. Silvela \u00e0 Madrid&nbsp;; d\u2019autres croient que Combes les a fait arr\u00eater afin de para\u00eetre juste aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s s\u00e9natoriaux en vue des prochaines \u00e9lections&nbsp;; l\u2019opinion la plus r\u00e9pandue est que le gouvernement fran\u00e7ais a \u00e9t\u00e9 surpris par cette arrestation qui serait une vengeance de M. Paten\u00f4tre, ambassadeur de France \u00e0 Madrid, r\u00e9cemment rappel\u00e9, qui a voulu, avant de quitter son poste, emb\u00eater le gouvernement en arr\u00eatant les Humbert&nbsp;; il aurait \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame pouss\u00e9 par Waldeck-Rousseau, rentr\u00e9 vendredi \u00e0 Paris apr\u00e8s un long voyage en Gr\u00e8ce et en Italie&nbsp;; Waldeck, qui lorgne l\u2019Elys\u00e9e, voudrait en fait sortir Loubet&nbsp;; pour arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat, il a lev\u00e9 le li\u00e8vre de l\u2019affaire Humbert avant de quitter le pouvoir au mois de mai, et, maintenant, au moyen des scandales que r\u00e9v\u00e9lera (?) le proc\u00e8s, il voudrait obliger Loubet \u00e0 d\u00e9guerpir pour prendre sa place. Quelles combinaisons&nbsp;! Et quelles ignobles fripouilles que tous ces gens-l\u00e0, Combes, Loubet, Humbert, Waldeck et C<sup>ie&nbsp;<\/sup>!!!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, jeudi 25 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tr\u00e8s belle messe de minuit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 dans la chapelle de l\u2019Internat Saint-Martin, il y a un ch\u0153ur d\u2019enfants, un ch\u0153ur d\u2019hommes et plusieurs musiciens du th\u00e9\u00e2tre. Je rentre \u00e0 la maison \u00e0 1h \u00bc bien avant Papa, Maman et Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui sont all\u00e9s \u00e0 la messe de Saint-Joseph&nbsp;; je me couche \u00e0 2 heures et me l\u00e8ve \u00e0 9h. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais voir Ren\u00e9 de La Villebiot et Jacques des Loges&nbsp;; puis nous allons tous, avec Tante Josepha, au salut des Dominicains.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, vendredi 26 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, conf\u00e9rence de droit commercial.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, samedi 27 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi, escrime&nbsp;; le soir, Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, dimanche 28 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Joseph&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au salut dans la chapelle de l\u2019Adoration.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 29 au 31 d\u00e9cembre 1902<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, lundi 29 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cours ordinaires. L\u2019apr\u00e8s-midi de 1h \u00bd \u00e0 3h, composition de droit commercial. Le soir, \u00e0 8h \u00bd, nous allons \u00e0 une petite soir\u00e9e chez M. et Mme Maurice Gavouy\u00e8re&nbsp;; il y a environ 25 personnes. Nous rentrons \u00e0 11h.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mardi 30 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En rentrant des cours, qui sont les derniers de l\u2019ann\u00e9e, j\u2019apprends que Max de Saint-Cyr qui devait arriver samedi pour remettre la bague de fian\u00e7ailles \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se, est enrhum\u00e9 et ne pourra venir que dans quelques jours. Quel f\u00e2cheux contretemps&nbsp;! L\u2019apr\u00e8s-midi, nous faisons partir des quantit\u00e9s de lettres et de cartes pour annoncer les fian\u00e7ailles&nbsp;; ce sont celles du Roussillon qui partent aujourd\u2019hui&nbsp;; celles d\u2019Angers ne partiront que dans quelques jours. \u00c0 2h, je vais avec Papa et N\u00e9nette attendre \u00e0 la gare Philom\u00e8ne qui est en vacances. Le soir, Tante Josepha, l\u2019oncle Paul, Papa, Marie-Th\u00e9r\u00e8se et moi (Maman, fatigu\u00e9e, s\u2019est fait excuser) nous assistons \u00e0 une petite soir\u00e9e toute intime chez Mme Herv\u00e9-Bazin, il n\u2019y a, en dehors des familles Herv\u00e9-Bazin et Normand d\u2019Authon, que le comte et la comtesse du Plessis de Gren\u00e9dan, Henri Bonnet, Jacques des Loges et nous&nbsp;; on joue tout le temps \u00e0 des petits jeux de soci\u00e9t\u00e9. Nous rentrons \u00e0 11h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Angers, mercredi 31 d\u00e9cembre 1902<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis occup\u00e9 une grande partie de la journ\u00e9e \u00e0 \u00e9crire mes lettres du jour de l\u2019An, et \u00e0 aider Papa et Maman \u00e0 faire partir leurs cartes de fian\u00e7ailles. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me faire couper les cheveux. Nous recevons une lettre de Sainte-Croix nous disant que Max de Saint-Cyr va mieux et qu\u2019il arrivera probablement lundi. Le soir, je vais acheter une urne en bronze japonais que Marie-Th\u00e9r\u00e8se, Philom\u00e8ne et moi nous offrons \u00e0 Papa et \u00e0 Maman au moment o\u00f9 on se met \u00e0 table.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1902 passe \u00e0 l\u2019histoire&nbsp;; triste ann\u00e9e, pour la France&nbsp;! Elle a vu la grosse d\u00e9ception de nos esp\u00e9rances \u00e9lectorales et les abominables expulsions qui ont \u00e9t\u00e9 la rapide cons\u00e9quence des \u00e9lections radicales. Mais que nous r\u00e9serve 1903&nbsp;? N\u2019allons-nous pas voir encore de pires choses&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Robert Le Jumeau de Kergaradec (Angers, 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1885-Saint-Malo, 6 d\u00e9cembre 1966), fils de Camille Le Jumeau de Kergaradec, capitaine de fr\u00e9gate, issu d\u2019une famille de la noblesse bretonne, et d\u2019Henriette de Place. Il \u00e9pousera en 1922 Marie-Louise de Montaignac de Chauvance (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Jacques Piou (Angers, 6 ao\u00fbt 1838-Paris, 12 mai 1932), avocat et d\u00e9put\u00e9 de la Haute-Garonne, qui prit en 1889 la t\u00eate des catholiques ralli\u00e9s \u00e0 la R\u00e9publique. Fondateur en 1901 de l\u2019Action lib\u00e9rale populaire, premier parti politique de droite solidement organis\u00e9, qui d\u00e9fendait essentiellement la libert\u00e9 religieuse (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Ren\u00e9 Guillemot de La Villebiot, n\u00e9 le 18 juillet 1884 au ch\u00e2teau de La Roche \u00e0 Chevill\u00e9 (Sarthe), fils de Georges Guillemot de La Villebiot et de Marie Lemonnier de Lori\u00e8re. Il \u00e9pousera en 1911 \u00e0 Rennes Marie Lucas de Bourgerel. Voir aussi <em>supra<\/em> note du 8 mars 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Voir <em>supra<\/em> notes du 2 et du 18 juin 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Il pourrait s\u2019agir de Marie de Bruc de Liverni\u00e8re (1856-1946), mari\u00e9e en 1874 \u00e0 L\u00e9opold de Moulins de Rochefort, inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des haras (1846-1919), ou de l\u2019\u00e9pouse d\u2019un autre membre de cette famille (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Il sagit de Jean Lazerme, n\u00e9 le 2 janvier 1902 \u00e0 Paris 7<sup>e<\/sup>, fils d\u2019Albert Lazerme et de Jeanne G\u00e9nin, futur m\u00e9decin phtisiologue (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Il s\u2019agit de la famille Quinchez, originaire du Pas-de-Calais mais dont plusieurs membres \u00e9taient fix\u00e9s dans l\u2019Ouest \u00e0 cette \u00e9poque. On citera Gaston Quinchez (1855-1922), directeur puis inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des haras \u00e0 Bordeaux, mari\u00e9 en 1890 \u00e0 Madeleine Promis (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Il pourrait s\u2019agir de Ferdinand-Louis Robiou du Pont, mari\u00e9 en 1890 \u00e0 Alice Miche de Malleray (1864-1956), ou bien de son oncle Ludovid D\u00e9sir\u00e9, administrateur g\u00e9n\u00e9ral de la Marine (1845-1918) et de son \u00e9pouse Hortense Barot (1854-1941), mari\u00e9s en 1886 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Il pourrait s\u2019agir d\u2019Emmanuel de La Coussaye, fils de Gaston, comte de La Coussaye, issu d\u2019une vieille famille noble poitevine, et de Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Fontane, qui \u00e9pousera en 1905 \u00e0 Nueil-sur-Layon dans le Maine-et-Loire Marie de La Selle (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Voir <em>supra <\/em>au 19 janvier 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Marguerite Balalud de Saint-Jean, fills de Joseph Balalud de Saint-Jean et de Marie de Romeu, de Prades&nbsp;; Joseph \u00e9tait le fils de Sophie d\u2019Argiot de La Ferri\u00e8re, elle-m\u00eame fille de Suzanne Lazerme. Voir <em>supra<\/em>, note du 5 novembre 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Voir plus loin note au 10 avril 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Alain de Kernafflen de Kergos (Quimper, 29 novembre 1848), fils de Fran\u00e7ois de Kernafflen de Kergos et de Denise Ponthier de Chamaillard, avait \u00e9pous\u00e9 \u00e0 Angers le 27 septembre 1880 Madeleine Charbonnier de La Guesnerie, fils du comte de La Guesnerie, maire de Savenni\u00e8res dans le Maine-et-Loire. M. de Kergos, officier de cavalerie, dont la famille \u00e9tait de noblesse douteuse, portait le titre de courtoisie de \u00ab&nbsp;marquis&nbsp;\u00bb de Kergos (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Guillaume Bodinier (Angers, 30 mai 1847-Tr\u00e9laz\u00e9, 15 septembre 1922), s\u00e9nateur de 1897 \u00e0 1922. Il avait \u00e9pous\u00e9 en 1876 \u00e0 Tours Cl\u00e9mence Jeanne Faye (1856-1909), fills de Jean Louis Faye et d\u2019Ad\u00e8le Meauz\u00e9, elle-m\u00eame cousine germaine d\u2019Elisabeth Meauz\u00e9, propre m\u00e8re de Ren\u00e9 Bazin. La fille dont il est question ici est Genevi\u00e8ve Bodinier (1878-1931), qui \u00e9pousera le 24 avril 1902 \u00e0 Angers Robert Huault-Dupuy (1876-1946), artiste sculpteur et lui-m\u00eame conseiller d\u2019arrondissement dans le Maine-et-Loire (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Il pourrait s\u2019agir de Madeleine Thouin (La Meignanne, Maine-et-Loire, 10 octobre 1844-Angers, 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1909), fille d\u2019Urbain Thouin, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau de La Meignanne, et d\u2019Estelle Violas. Elle avait \u00e9pous\u00e9 le 23 septembre 1863 \u00e0 La Meignanne L\u00e9on Le Guay (Paris, 3 juillet 1827-Angers, 25 janvier 1891), pr\u00e9fet et s\u00e9nateur du Maine-et-Loire, dont le grand-p\u00e8re, Fran\u00e7ois-Joseph Le Guay (1764-1812), g\u00e9n\u00e9ral de brigade, avait re\u00e7u en 1809 un titre de baron d\u2019Empire (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Henri des Cordes, fr\u00e8re de Marguerite-Marie des Cordes, \u00e9pouse de Xavier Civelli, cousin germain d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch. Le mariage Des Cordes\/Rogeron ne se r\u00e9alisera pas. Voir <em>supra <\/em>note du 9 avril 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 21 d\u00e9cembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Roger Rouill\u00e9 d\u2019Orfeuil (Fontainebleau, 22 f\u00e9vrier 1873-Rostrenen, C\u00f4tes-d\u2019Armor, 21 ao\u00fbt 1963), fils de Charles Rouill\u00e9 d\u2019Orfeuil et de Jeanne Moisant, mari\u00e9 en 1900 \u00e0 Anne de Goulaine, fille du s\u00e9nateur du Morbihan Geoffroy de Goulaine. Il portait le titre de baron et non de comte (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Il s\u2019agit de Marguerite-Marie des Cordes, \u00e9pouse de Xavier Civelli, cousin germain d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch. Voir <em>supra<\/em> note du 9 avril 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 5 f\u00e9vrier 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Louis Tanchot (Saint-Etienne, 22 f\u00e9vrier 1838-Rouen, 31 octobre 1910), g\u00e9n\u00e9ral de division en 1898, commandant la 26<sup>e<\/sup> DI puis le 9<sup>e<\/sup> CA de 1901 \u00e0 1902 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Edmond van Schalkwyck de Boisaubin (Morriston, New-Jersey, \u00c9tats-Unis, 23 f\u00e9vrier 1834-Angers, 14 octobre 1914), d\u2019une famille originaire d\u2019Utrecht et fix\u00e9e \u00e0 la Guadeloupe, Saint-cyrien et colonel de dragons, qui \u00e9pousa en premi\u00e8res noces en 1875 C\u00e9cile Meissner, en secondes noces en 1880 Juliette de Becdeli\u00e8vre, et en troisi\u00e8mes noces en 1884 Olympe de Bruc de Montplaisir (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Georges Gautret de La Morici\u00e8re (1842-1917), officier, issu d\u2019une famille bourgeoise de l\u2019Anjou. Ne pas confondre avec la famille du g\u00e9n\u00e9ral de Lamorici\u00e8re, les Juchault de Lamorici\u00e8re (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Henri Lespinasse de Saune (Toulouse, 7 juillet 1850-Tananarive, 7 ao\u00fbt 1929), polytechnicien, lieutenant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, d\u00e9missionna pour devenir J\u00e9suite et fut nomm\u00e9 coadjuteur de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Tananarive puis, en 1911, vicaire apostolique, en charge de Madagascar central (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Voir plus loin note du 10 avril 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> Voir plus loin note du 27 avril 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Georges Millin de Grandmaison (Paris, 14 mai 1865-3 d\u00e9cembre 1943), d\u00e9put\u00e9 de la circonscription de Saumur de 1893 \u00e0 1932, membre de l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences, Belles-Lettres et Arts d\u2019Angers (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Il s\u2019agit probablement de titres boursiers de la Compagnie des Chemins de fer du Nord (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> Il peut s\u2019agir d\u2019Henri d\u2019Anterroches (1884-1945), fils de Louis d\u2019Anterroches et de Marie Angot des Rotours, ou de son cousin germain Ferdinand d\u2019Anterroches (1877-1933), avocat, fils d\u2019Henri d\u2019Anterroches et de Blanche Mathieu, issus d\u2019une famille noble d\u2019origine auvergnate (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> Il s\u2019agit peut-\u00eatre de Marie Rose Anne Garrigue, \u00e9pouse de Joseph de Guardia, r\u00e9dacteur au <em>Roussillon<\/em>. Voir <em>supra<\/em> note du 1<sup>er<\/sup> septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 19 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> Voir plus loin note au 10 avril 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Il s\u2019agit probablement de Mme Charles de Llobet. Voir note plus loin au 10 avril 1902 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> Paul Granier de Cassagnac (Paris, 2 d\u00e9cembre 1842-Saint-Vi\u00e2tre, Loir-et-Cher, 4 novembre 1904), journaliste politique, d\u00e9put\u00e9 bonapartiste d\u2019extr\u00eame droite du Gers de 1876 \u00e0 1893 et de 1898 \u00e0 1902<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la maison de la rue Sainte-Croix, o\u00f9 \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 23 avril 1889 Victor de Bosch, grand-oncle paternel d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch. La maison n\u2019ayant pas encore \u00e9t\u00e9 partag\u00e9e en 1902, ce n\u2019est qu\u2019en 1907 que la famille s\u2019y installera. Voir plus loin note du 22 d\u00e9cembre 1907 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> Pierre Jean Th\u00e9ophile Bonet, n\u00e9 \u00e0 Oms (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales) le 17 septembre 1851, ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 15 juin 1878 pour le dioc\u00e8se de Perpignan, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 C\u00e9ret le 22 janvier 1916, o\u00f9 il est inhum\u00e9. Professeur \u00e0 Saint-Louis de Gonzague, au Petit s\u00e9minaire de Prades, cur\u00e9 doyen d\u2019Ille-sur-Tet du 20 juillet 1892 au 1<sup>er<\/sup> mars 1904, cur\u00e9 archipr\u00eatre de C\u00e9ret de 1904 \u00e0 sa mort en 1916. Il publiera en 1908 <em>Impressions et souvenirs. Ille-sur-Tet et ses environs<\/em>, C\u00e9ret, Impr. Louis Roque, 1908, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2007 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9\/Sophie Milard).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Charles de Lacour (Faulx, Meurthe-et-Moselle, 11 ao\u00fbt 1849-Cazouls-l\u00e8s-B\u00e9ziers, H\u00e9rault, 1<sup>er<\/sup> novembre 1927), capitaine de la garde nationale mobile des Pyr\u00e9n\u00e9es, \u00e9tait le fils de Victor de Lacour (1810-1878), lieutenant-colonel du 9<sup>e<\/sup> dragons, qui fut maire d\u2019Ille-sur-Tet de 1867 \u00e0 1870 et en 1871, et de Fran\u00e7oise Charlotte Cuisset, originaire de Faulx. Son grand-p\u00e8re paternel, Jean Nicod\u00e8me Auguste de Lacour (1764-1859), n\u00e9 dans le P\u00e9rigord, s\u2019\u00e9tait fix\u00e9 en Roussillon et avait \u00e9t\u00e9 sous-pr\u00e9fet de C\u00e9ret puis lui-m\u00eame maire d\u2019Ille de 1831 \u00e0 1837 et de 1840 \u00e0 1848, ayant \u00e9pous\u00e9 en 1801 Marie-Th\u00e9r\u00e8se Chamayou de Montalba, d\u2019une vieille famille de la ville. Les Lacour, appel\u00e9s parfois \u00ab&nbsp;Lacour de Montalba&nbsp;\u00bb, seront souvent cit\u00e9s au cours de ce journal. Charles de Lacour, comme son p\u00e8re et son grand-p\u00e8re, avait \u00e9t\u00e9 maire d\u2019Ille en 1877-1878. Il \u00e9pousa en 1881 \u00e0 B\u00e9ziers Th\u00e9r\u00e8se Louise Lugagne, et partagera son temps entre Ille et Cazouls-l\u00e8s-B\u00e9ziers o\u00f9 son \u00e9pouse poss\u00e9dait une importante propri\u00e9t\u00e9. Victor Armand de Lacour, n\u00e9 le 13 juin 1882 \u00e0 B\u00e9ziers, son fils, r\u00e9sidera principalement dans l\u2019H\u00e9rault, o\u00f9 il \u00e9pousera Jeanne Mandoul (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> Le mari\u00e9 \u00e9tait Louis Charles Henri Companyo (C\u00e9ret, 5 septembre 1870-12 avril 1959), alors lieutenant d\u2019infanterie, qui finira sa carri\u00e8re comme chef de bataillon, et se fera aussi conna\u00eetre comme un talentueux peintre r\u00e9gional (<a href=\"https:\/\/www.institutdugrenat.com\/2018\/10\/exposition-louis-companyo-a-ceret\/\">https:\/\/www.institutdugrenat.com\/2018\/10\/exposition-louis-companyo-a-ceret\/<\/a>). Il \u00e9tait le fils de Paul Companyo, ici cit\u00e9 en t\u00eate (C\u00e9ret, 4 septembre 1840-6 juin 1908), avocat, et de Laure de Bonnefoy (Perpignan, 3 avril 1848-C\u00e9ret, 16 avril 1917), tous deux mari\u00e9s \u00e0 Castelnaudary le 15 ao\u00fbt 1869. Les Companyo \u00e9taient une ancienne famille authentiquement c\u00e9r\u00e9tane depuis de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations, et dont les membres s\u2019y \u00e9taient succ\u00e9d\u00e9 comme notaires \u2013 ce qu\u2019\u00e9tait encore Louis Companyo (1809-1864), p\u00e8re de Paul cit\u00e9 ci-dessus. Une autre branche de cette famille, lointainement parente, compta aussi un homonyme, Louis Companyo (1781-1871), docteur en m\u00e9decine, naturaliste, et pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 Agricole, Scientifique et Litt\u00e9raire des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales de 1843 \u00e0 1845, qui ne semble cependant pas avoir entretenu de liens \u00e9troits avec la branche qui nous int\u00e9resse strictement ici. La m\u00e8re du jeune mari\u00e9, n\u00e9e De Bonnefoy, \u00e9tait la fille de l\u2019arch\u00e9ologue et \u00e9rudit roussillonnais Louis de Bonnefoy (1815-1887), dont une autre fille, Marie de Bonnefoy, avait \u00e9galement \u00e9pous\u00e9 en 1868 un c\u00e9r\u00e9tan, Joseph Delmas, juge d\u2019instruction \u00e0 C\u00e9ret, n\u00e9 en 1840 et qui mourra en 1902 quelques mois apr\u00e8s ce mariage (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> Voir note ci-dessus. Henri de Bonnefoy (n\u00e9 en 1850 \u00e0 Castelnaudary) \u00e9tait le fr\u00e8re de Mmes Delmas et Companyo (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> Edouard Az\u00e9mar (Perpignan, 13 d\u00e9cembre 1832-6 mai 1930), vice-consul d\u2019Espagne, qui avait \u00e9pous\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> juin 1863 \u00e0 Perpignan Am\u00e9lie Jaume, d\u2019o\u00f9 une fille Am\u00e9lie Az\u00e9mar, mari\u00e9e en 1887 \u00e0 Henri de \u00c7agarriga (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Georges Barth\u00e9lemi Souhart (Paris, 2 novembre 1844-8 octobre 1914), membre de l\u2019exp\u00e9dition de Chine, g\u00e9n\u00e9ral de brigade le 30 d\u00e9cembre 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 9 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> Charles de Llobet (Perpignan, 22 juin 1856-Caraman, Haute-Garonne, le 20 novembre 1943), fils de Joseph de Llobet et de Gabrielle de Chefdebien, mari\u00e9 le 7 octobre 1885 au Falga avec Genevi\u00e8ve Guiraud du Falga (Le Falga, Haute-Garonne, 18 juin 1861-Perpignan, 10 avril 1928). Les Llobet, famille anoblie en 1760 au titre de burg\u00e8s honrat de Perpignan, seront tr\u00e8s souvent cit\u00e9s au fil du journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> Michel de Pous (Lugan, Tarn, 30 septembre 1870-Palalda, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, 1<sup>er<\/sup> juillet 1934), fils d\u2019Henri de Pous et de Marie-Christine de Marliave, issu d\u2019une famille noble du Tarn, avait \u00e9pous\u00e9 le 7 f\u00e9vrier 1898 Henriette de Balanda (1871-1954), h\u00e9riti\u00e8re de la propri\u00e9t\u00e9 de \u00ab&nbsp;Can Day&nbsp;\u00bb \u00e0 Palalda (aujourd\u2019hui H\u00f4tel \u00ab&nbsp;Le Roussillon&nbsp;\u00bb, commune d\u2019Am\u00e9lie-les-Bains Palalda). Cette derni\u00e8re \u00e9tait la fille d\u2019Eulalie de Chefdebien, cousine germaine, par sa m\u00e8re n\u00e9e de Richard de Ga\u00efx, d\u2019Henri de Bla\u00ff cit\u00e9 \u00e0 la note suivante, \u00e9galement pr\u00e9sent au mariage. Mais elle \u00e9tait surtout, par son p\u00e8re, la petite-fille de Th\u00e9r\u00e8se de Bonnefoy, s\u0153ur de l\u2019arch\u00e9ologue Louis de Bonnefoy. M. de Balanda, beau-p\u00e8re de M. de Pous, \u00e9tait donc le cousin germain de Mme Companyo n\u00e9e de Bonnefoy. Michel de Pous et son \u00e9pouse sont les parents de l\u2019arch\u00e9ologue et historienne Anny de Pous (1908-1991) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> Henri de Bla\u00ff (Perpignan, 16 novembre 1855-A\u00efn Bessem, Alg\u00e9rie, 28 mai 1911), fils de Jean de Blay et de Mathilde de Richard de Ga\u00efx, Saint-cyrien, capitaine puis aide-major, avait \u00e9pous\u00e9 le 19 f\u00e9vrier 1889 \u00e0 Perpignan Madeleine Cornet (Perpignan, 8 juin 1866-A\u00efn Bessem, 26 avril 1900), fille de Joseph Cornet et d\u2019Isabelle Ribes, et donc s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Marie Victorine Henriette Isabelle Cornet, mari\u00e9e \u00e0 Louis Companyo. Mme de Bla\u00ff n\u00e9e Cornet, donc d\u00e9c\u00e9d\u00e9e depuis deux ans au moment du mariage de sa s\u0153ur, ainsi que Mme Companyo, \u00e9taient les petites-cousines d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch. Henri de Bla\u00ff \u00e9tait, par sa m\u00e8re, le cousin germain de Mme de Balanda n\u00e9e Chefdebien cit\u00e9e ci-dessus. Le m\u00e9nage Bla\u00ff-Cornet avait eu cinq enfants&nbsp;: Marcelle (1892), Jeanne (1893), Maurice (1895), Mathilde (1897) et Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Bla\u00ff (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref46\" id=\"_ftn46\">[46]<\/a> Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Massia de Ranchin (C\u00e9ret, 13 septembre 1880-La Rochette, Seine-et-Marne, 3 mai 1974), fille d\u2019Albert de Massia de Ranchin et de C\u00e9cile Conte de Bonet (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref47\" id=\"_ftn47\">[47]<\/a> La mari\u00e9e est Marie Victorine Henriette Isabelle (dite Mimi) Cornet, n\u00e9e \u00e0 Perpignan le 30 avril 1874. Le mariage civil avait eu lieu la veille, le 9 avril, \u00e0 Perpignan (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref48\" id=\"_ftn48\">[48]<\/a> \u00c0 ne pas confondre avec son cousin \u00e9loign\u00e9 \u00c9tienne Batlle, aussi d\u2019Ille, dont il est question plus haut \u00e0 la note du 27 ao\u00fbt 1901. Joseph Batlle, n\u00e9 le 12 juillet 1842 \u00e0 Ille, fils de Fran\u00e7ois Batlle et de Monique Sire, avait \u00e9pous\u00e9 le 27 septembre 1881 \u00e0 C\u00e9ret Elisabeth Delcros. Ce sont les beaux-parents du po\u00e8te Jean Amade (1878-1949) et les grands-parents du parolier Louis Amade (1915-1992) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref49\" id=\"_ftn49\">[49]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 5 f\u00e9vrier 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref50\" id=\"_ftn50\">[50]<\/a> Albert Circan (Prades, 5 ao\u00fbt 1847-1928), avocat, ancien maire de Prades de 1877 \u00e0 1878, fils d\u2019Auguste Circan et de Catherine Roca, avait \u00e9pous\u00e9 en 1871 \u00e0 C\u00e9ret Elisa Cogomblis du Rivage. Par son \u00e9pouse, il \u00e9tait parent de M. Batlle cit\u00e9 ci-dessus, mais aussi des Companyo de C\u00e9ret (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref51\" id=\"_ftn51\">[51]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 5 f\u00e9vrier 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref52\" id=\"_ftn52\">[52]<\/a> Il s\u2019agit de Joseph Jo\u00fbbert-Bonnaire (Angers, 13 ao\u00fbt 1853-1924), fils d\u2019Achille Jo\u00fbbert-Bonnaire (1814-1883), ancien maire d\u2019Angers et s\u00e9nateur du Maine-et-Loire, et de Val\u00e9rie Le Motheux, qui avait \u00e9pous\u00e9 en 1889 Marguerite Duval. Il fut sous-lieutenant d\u2019infanterie et industriel, conseiller municipal d\u2019Angers ne r\u00e9ussissant cependant jamais \u00e0 \u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9. Il sera titr\u00e9 en 1920 comte pontifical par Beno\u00eet XV (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref53\" id=\"_ftn53\">[53]<\/a> Edmond Bartissol (Portel-des-Corbi\u00e8res, Aude, 20 d\u00e9cembre 1841-Paris, 16 ao\u00fbt 1916), entrepreneur de travaux publics, c\u00e9l\u00e8bre pour la d\u00e9molition des remparts de Perpignan, d\u00e9put\u00e9 de C\u00e9ret en 1889, de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> circonscription de Perpignan en 1902, r\u00e9\u00e9lu en 1906 et battu en 1910 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref54\" id=\"_ftn54\">[54]<\/a> Fr\u00e9d\u00e9ric Escany\u00e9 (Thuir, 15 mai 1833-Perpignan, 31 ao\u00fbt 1906), pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de d\u00e9fense nationale des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales en 1870, conseiller municipal de Perpignan, conseiller g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 Prades en 1876, battu en 1877 mais r\u00e9\u00e9lu en 1878, et constamment r\u00e9\u00e9lu jusqu\u2019en 1906. R\u00e9publicain opportuniste, il soutiendra les gouvernements Gambetta et Ferry (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref55\" id=\"_ftn55\">[55]<\/a> Georges Leygues (1856-1933), ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, d\u00e9put\u00e9 de 1885 \u00e0 1933, qui sera pr\u00e9sident du Conseil en 1920-1921 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref56\" id=\"_ftn56\">[56]<\/a> Jeanne Grumbach (1871-1947), actrice fran\u00e7aise, premier prix de trag\u00e9die et de com\u00e9die du Conservatoire en 1893, membre de la Troupe de l\u2019Od\u00e9on, du Th\u00e9\u00e2tre de Vaudeville et du Th\u00e9\u00e2tre de la Renaissance, elle jouera aussi dans le cin\u00e9ma muet entre 1908 et 1929 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref57\" id=\"_ftn57\">[57]<\/a> Pierre Bichon (Bourgneuf-en-Retz, Loire-Inf\u00e9rieure, 26 novembre 1848-Angers, 3 juillet 1915), pharmacien et docteur en m\u00e9decine, conseiller municipal et g\u00e9n\u00e9ral, se pr\u00e9senta en appelant <em>\u00ab tous les r\u00e9publicains \u00e0 s&rsquo;unir contre le p\u00e9ril nationaliste r\u00e9actionnaire \u00bb.<\/em> Peu actif \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e, il ne fut pas r\u00e9\u00e9lu en 1906 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref58\" id=\"_ftn58\">[58]<\/a> Ernest Vall\u00e9 (Avize, Marne, 19 septembre 1845-Paris, 24 janvier 1920), avocat, d\u00e9put\u00e9 (1889-1898) puis s\u00e9nateur (1898-1920) de la Marne, rapporteur g\u00e9n\u00e9ral de la commission d\u2019enqu\u00eate parlementaire sur les affaires de Panama, pr\u00e9sident du Parti radical en 1901, garde des Sceaux de 1902 \u00e0 1905. Il relancera les proc\u00e9dures judiciaires pour innocenter Dreyfus et pr\u00e9parera la s\u00e9paration de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref59\" id=\"_ftn59\">[59]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 9 juin 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref60\" id=\"_ftn60\">[60]<\/a> Marie-Antoinette (1878-1958), Marie-Th\u00e9r\u00e8se (1885-1965) et Anne-Marie (1892-1951) Charlery de La Masseli\u00e8re, filles de Ren\u00e9 Charlery de La Masseli\u00e8re, capitaine de cavalerie, et de Th\u00e9r\u00e8se Lemercier de La Monneraye (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref61\" id=\"_ftn61\">[61]<\/a> Marc Sangnier (1873-1950), cr\u00e9ateur du mouvement Le Sillon et promoteur de la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref62\" id=\"_ftn62\">[62]<\/a> Mot injurieux cr\u00e9\u00e9 par le journaliste nationaliste et antidreyfusard Henri Rochefort en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9glantine rouge, port\u00e9e notamment lors des comm\u00e9morations du 14 juillet 1900, et utilis\u00e9 depuis dans la presse nationaliste comme nom injurieux pour d\u00e9signer les socialistes et apparent\u00e9s (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref63\" id=\"_ftn63\">[63]<\/a> Jean Marie Fran\u00e7ois Emile Duhourcau (Cauterets, 3 mai 1847-Paris, 26 f\u00e9vrier 1904), docteur en m\u00e9decine \u00e0 Paris et \u00e0 Cauterets, maire de Cauterets. Il avait \u00e9pous\u00e9 en 1875 \u00e0 Angers Mathilde Gaucher, elle-m\u00eame angevine (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref64\" id=\"_ftn64\">[64]<\/a> Charles d\u2019Amedor de Mollans (n\u00e9 \u00e0 Langres en 1850), conseiller de pr\u00e9fecture, qui avait \u00e9pous\u00e9 en 1892 Mathilde de Gardilanne (1861-1944). M. et Mme de Gardilanne, dont il est question plus loin, peuvent \u00eatre les parents de cette derni\u00e8re ou bien son fr\u00e8re Jean mari\u00e9 en 1897 avec Paule Dutour (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref65\" id=\"_ftn65\">[65]<\/a> Pierre de Damas d\u2019Anlezy (Paris, 2 f\u00e9vrier 1861-Anlezy, Ni\u00e8vre, 30 janvier 1931), fils d\u2019Edmond de Damas et de Blanche de Bessou avait \u00e9pous\u00e9 \u00e0 Paris le 22 janvier 1884 Mathilde de Maill\u00e9 de La Tour-Landry, issue d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre famille de la r\u00e9gion angevine. Le fils dont il est question doit \u00eatre son a\u00een\u00e9 Maxence de Damas (1885-1957) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref66\" id=\"_ftn66\">[66]<\/a> Peut-\u00eatre s\u2019agit-il de Raymond de Lavaur de Laboisse, n\u00e9 en 1876 et mari\u00e9 en 1901 \u00e0 Antoinette de Roig, cousine tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch par les Pontich, cela n\u2019est pas enti\u00e8rement s\u00fbr vu qu\u2019il ne cite pas cette parent\u00e9. Voir aussi note du 25 juin 1901. (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref67\" id=\"_ftn67\">[67]<\/a> Il doit peut-\u00eatre s\u2019agir de Robert de Roquefeuil Cahuzac (1864-1940), exploitant agricole, pr\u00e9sident de l\u2019Association Catholique de la Jeunesse fran\u00e7aise, ralli\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique en 1902 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref68\" id=\"_ftn68\">[68]<\/a> Il pourrait s\u2019agir de plusieurs personnages de cette famille&nbsp;: Jean, marquis des Monstiers-M\u00e9rinville (1847-1919), conseiller g\u00e9n\u00e9ral de la Haute-Vienne, son fr\u00e8re Henri, officier de cavalerie (1858-1903), ou encore leurs cousins germains Ren\u00e9 (n\u00e9 en 1853), Fran\u00e7ois (1854-1914) ou Maurice (n\u00e9 en 1867), tous trois \u00e9galement officiers de cavalerie (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref69\" id=\"_ftn69\">[69]<\/a> Andr\u00e9 Hardouin-Duparc (1844-1919), avocat, membre associ\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 historique et arch\u00e9ologique du Maine (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref70\" id=\"_ftn70\">[70]<\/a> Fernand de Cordo\u00fce (1851-1928), dit le marquis de Cordo\u00fce, fils de Gonzalve de Cordo\u00fce et de Gabrielle de Pr\u00e9aulx, mari\u00e9 en 1878 \u00e0 Marie Thomas des Chesnes (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref71\" id=\"_ftn71\">[71]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 9 septembre 1901. La personne identifi\u00e9e ici comme Mme No\u00ebll peut \u00eatre Jos\u00e9phine Monniot (1848-1939), \u00e9pouse de Jean Baptiste No\u00ebll, ou bien sa belle-s\u0153ur Th\u00e9r\u00e8sine Jos\u00e9phine L\u00e9ocadie de Girv\u00e8s (Llo, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, 25 f\u00e9vrier 1843-Vin\u00e7a, 7 ao\u00fbt 2929), mari\u00e9e \u00e0 Vin\u00e7a en 1860 avec Fran\u00e7ois Xavier No\u00ebll, qui fut la m\u00e8re de Th\u00e9r\u00e8se No\u00ebll cit\u00e9e \u00e0 la note suivante (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref72\" id=\"_ftn72\">[72]<\/a> Il s\u2019agit certainement de Th\u00e9r\u00e8se No\u00ebll (Vin\u00e7a, 4 juillet 1872-Rivesaltes, 22 janvier 1957), mari\u00e9e le 14 f\u00e9vrier 1901 \u00e0 Vin\u00e7a avec Antoine Joffre (1865-1906), n\u00e9gociant et fr\u00e8re cadet du mar\u00e9chal Joffre. Th\u00e9r\u00e8se No\u00ebll \u00e9tait donc probablement la ni\u00e8ce de la personne cit\u00e9e \u00e0 la note pr\u00e9c\u00e9dente (voir note du 9 septembre 1901) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref73\" id=\"_ftn73\">[73]<\/a> Louis-Marie de Guibert (1876-1956), fils de Louis Marie de Guibert et Marie Nelly Ogier, \u00e9pousa le 27 octobre 1902 \u00e0 Angers Jeanne Guillemot de La Villebiot (1881-1953) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref74\" id=\"_ftn74\">[74]<\/a> Vincent Maumus (1842-1912), issu d\u2019une famille farouchement r\u00e9publicaine, entr\u00e9 dans l\u2019ordre dominicain en 1861, dreyfusard, proche du couple Waldeck-Rousseau, il se rend c\u00e9l\u00e8bre pour ses pr\u00eaches \u00e0 travers la France, et soutient le ralliement des catholiques \u00e0 la R\u00e9publique (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref75\" id=\"_ftn75\">[75]<\/a> Constant Julien Saint-P\u00e8re (Dijon, 18 avril 1845-Callao, P\u00e9rou, 13 ao\u00fbt 1899), commissaire de la marine, fils de Jules Saint-P\u00e8re et de Suzanne Guillaume de G\u00e9vigney. Il avait \u00e9pous\u00e9 le 16 avril 1879 \u00e0 Callao Eug\u00e9nie Marie Aline Lestonnat Chasot, n\u00e9e \u00e0 Saint-Pierre (Martinique) le 2 d\u00e9cembre 1861. Ils avaient eu deux fils, n\u00e9s en 1880 et 1882, et une fille, Alice Ernestine Saint-P\u00e8re (1890-1975), qui \u00e9pousera en 1910 L\u00e9o Sigougne Latouche (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref76\" id=\"_ftn76\">[76]<\/a> Lucien Delestrac (Apt, Vaucluse, 12 novembre 1847-Paris, 13 juin 1921), polytechnicien et ing\u00e9nieur g\u00e9n\u00e9ral des Ponts-et-Chauss\u00e9es, avait \u00e9pous\u00e9 le 11 d\u00e9cembre 1883 \u00e0 Paris Marie Collet-Meygret (Perpignan, 30 septembre 1857-Paris, 15 mars 1914), fille de Louis Alcide Collet-Meygret (1819-1885), lui aussi polytechnicien et inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des Ponts-et-Chauss\u00e9es, et de Mathilde Lazerme (1831-1886), cette derni\u00e8re s\u0153ur d\u2019Auguste Lazerme, grand-p\u00e8re maternel d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch. Quatre enfants \u00e9taient n\u00e9s de ce mariage Delestrac\/Collet-Meygret&nbsp;: Genevi\u00e8ve (1884-1957), Paul (1886-1914), Yvonne (1889-1966) et Antoine dit plus tard Ren\u00e9 (1891-1961) Delestrac (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref77\" id=\"_ftn77\">[77]<\/a> Henri Ange Andr\u00e9 Fourcade, n\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1887 \u00e0 Perpignan, fils de Prosper Fourcade, n\u00e9gociant, et d\u2019Henriette Dejean, cette derni\u00e8re fille d\u2019Am\u00e9lie Ribelll, s\u0153ur de Marie-Fanny Ribell mari\u00e9e \u00e0 Emmanuel Bonafos (la \u00ab&nbsp;tante Bonafos&nbsp;\u00bb), m\u00e8re de Th\u00e9r\u00e8se Bonafos mari\u00e9e \u00e0 Louis Lutrand (la \u00ab&nbsp;tante Lutrand&nbsp;\u00bb). Henri Fourcade \u00e9pousera en 1920 Madeleine Pepratx. Voir aussi <em>supra<\/em> note du 9 septembre 1901. (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref78\" id=\"_ftn78\">[78]<\/a> Antoine de Pontich Sicart (1775-1865). Voir <em>supra<\/em> note du 29 ao\u00fbt 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref79\" id=\"_ftn79\">[79]<\/a> La Burbanche (Ain), ville d\u2019origine des Collet-Meygret (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref80\" id=\"_ftn80\">[80]<\/a> Voir note du 6 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref81\" id=\"_ftn81\">[81]<\/a> Carlos de Lazerme (Perpignan, 26 janvier 1873-Elne, 26 ao\u00fbt 1936), homme de lettres et po\u00e8te, fils de Joseph de Lazerme (1846-1922) et de Marie-H\u00e9l\u00e8ne Pougeard du Limbert (1853-1920). Voir aussi la note du 10 avril 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref82\" id=\"_ftn82\">[82]<\/a> Marthe (1883-1972), Th\u00e9r\u00e8se (1890-1926) et Jacques (1887-1959) de Lazerme sont les enfants de Joseph de Lazerme et Marie-H\u00e9l\u00e8ne du Limbert, qui avait deux fr\u00e8res vivants en 1902&nbsp;: Henri (1855-1906) et Jacques Pougeard du Limbert (1870-1943)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref83\" id=\"_ftn83\">[83]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 10 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref84\" id=\"_ftn84\">[84]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 19 ao\u00fbt 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref85\" id=\"_ftn85\">[85]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 29 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref86\" id=\"_ftn86\">[86]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 22 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref87\" id=\"_ftn87\">[87]<\/a> L\u00e9on Harmel (1829-1915), industriel dans la Marne, qui fit une exp\u00e9rience d\u2019application de la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise dans sa filature. Fondateur des p\u00e8lerinages de \u00ab La France du Travail \u00e0 Rome \u00bb et de la confr\u00e9rie Notre-Dame de l\u2019Usine, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint puis pr\u00e9sident de l\u2019Oeuvre des cercles catholiques d\u2019ouvriers ; promoteur des cercles d\u2019\u00e9tudes sociales et des \u00ab congr\u00e8s ouvriers \u00bb, pr\u00e9sident du conseil national de la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref88\" id=\"_ftn88\">[88]<\/a> Il s\u2019agit de Madeleine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch (Perpignan, 20 janvier 1880-Le Chesnay, Yvelines, 24 novembre 1966), qui \u00e9pousera le 6 ao\u00fbt 1908 \u00e0 Saint-Mihiel Henri de Rodellec du Porzic. Elle \u00e9tait la fille du g\u00e9n\u00e9ral Fran\u00e7ois-Xavier d\u2019Est\u00e8ve de Bosch, et donc la cousine germaine d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch, et comme lui la ni\u00e8ce de Mme Civelli n\u00e9e Est\u00e8ve (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref89\" id=\"_ftn89\">[89]<\/a> Jos\u00e9phine Monniot (1848-1939), \u00e9pouse depuis 1876 de Jean Baptiste No\u00ebll, lieutenant-colonel d\u2019infanterie (1836-1898), et p\u00e8re de Louis No\u00ebll futur \u00e9poux de \u00ab&nbsp;N\u00e9nette&nbsp;\u00bb Magu\u00e9. Voir aussi <em>supra<\/em> notes du 9 septembre 1902 et 20-25 ao\u00fbt 1902.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref90\" id=\"_ftn90\">[90]<\/a> Il s\u2019agit de Louis No\u00ebll (Finestret, 28 mars 1833-Vin\u00e7a, 6 juillet 1914), commandant puis chef de bataillon d\u2019infanterie, fr\u00e8re de Jean Baptiste et de Fran\u00e7ois Xavier No\u00ebll, et donc beau-fr\u00e8re \u2013 et non fr\u00e8re comme indiqu\u00e9 dans le journal \u2013 de Mme veuve Jean Baptiste No\u00ebll n\u00e9e Monniot (cit\u00e9e \u00e0 la note pr\u00e9c\u00e9dente). Il mourut c\u00e9libataire (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref91\" id=\"_ftn91\">[91]<\/a> Henri No\u00ebll (1883-1980), futur biblioth\u00e9caire du S\u00e9nat, et Louis No\u00ebll (1885-1964), futur \u00e9poux de Marie-Antoinette dite \u00ab&nbsp;N\u00e9nette&nbsp;\u00bb Magu\u00e9 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref92\" id=\"_ftn92\">[92]<\/a> Marie No\u00ebll, n\u00e9e \u00e0 Finestret le 25 mai 1839, mari\u00e9e le 5 juin 1872 dans ce village avec Eug\u00e8ne Marty, n\u00e9 \u00e0 P\u00e9zilla-la-Rivi\u00e8re en 1840 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref93\" id=\"_ftn93\">[93]<\/a> Paul Bouch\u00e8de, notaire \u00e0 Vin\u00e7a, mari\u00e9 \u00e0 Marie No\u00ebll, fille de Fran\u00e7ois Xavier No\u00ebll et de Th\u00e9r\u00e8sine de Girv\u00e8s. Il sera tr\u00e8s souvent question de lui dans ce journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref94\" id=\"_ftn94\">[94]<\/a> Il peut s\u2019agir de Rodolphe Bonet, avocat \u00e0 Perpignan, n\u00e9 \u00e0 N\u00e9fiach en 1854, mari\u00e9 en 1881 \u00e0 Th\u00e9r\u00e8se No\u00e9, on de son fils Rodolphe Bonet (ou Bonet-No\u00e9) (1883-1946), qui \u00e9pousera en 1908 sa cousine germaine Marguerite Bonet (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref95\" id=\"_ftn95\">[95]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 19 septembre 1901. La maison des Oms \u00e0 Ponteilla \u00e9tait situ\u00e9e entre la route du Soler et la rue de la M\u00e9diterran\u00e9e (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref96\" id=\"_ftn96\">[96]<\/a> Il s\u2019agit de Marie d\u2019Oms (Sainte-Marie-la-Mer, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, 8 septembre 1853-Perpignan, 1<sup>er<\/sup> mars 1954), s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Mme de Llamby n\u00e9e Caroline d\u2019Oms (voir <em>supra<\/em> note du 19 septembre 1901). Elle mourut c\u00e9libataire (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref97\" id=\"_ftn97\">[97]<\/a> Il s\u2019agit de Joseph de Llamby (Lunel, H\u00e9rault, 27 janvier 1852-Perpignan, 17 juillet 1904), licenci\u00e9 en droit, avou\u00e9, fils de Louis de Llamby et de Marie Zo\u00e9 Saisset. Issu d\u2019une famille anoblie au titre de <em>burg\u00e8s honrat<\/em> de Perpignan, il eut de son mariage avec Caroline d\u2019Oms, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 26 janvier 1880 \u00e0 Perpignan, deux filles, les futures Mme de La Bardonnie et Darru, dont il sera tr\u00e8s souvent question dans ce journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref98\" id=\"_ftn98\">[98]<\/a> Voire <em>supra<\/em> note du 24 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref99\" id=\"_ftn99\">[99]<\/a> Louise Bouis (Perpignan, 1835-1902), fille de Dominique Bouis (1797-1866), qui fut pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 Agricole, Scientifique et Litt\u00e9raire des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales de 1837 \u00e0 1839, et de Raymonde Vilar, avait \u00e9pous\u00e9 le 19 janvier 1859 \u00e0 Perpignan Alphonse Lutrand, principal du Coll\u00e8ge de Perpignan. Elle \u00e9tait la m\u00e8re de Louis Lutrand (1859-1915), mari\u00e9 \u00e0 Th\u00e9r\u00e8se Bonafos, dont il a souvent \u00e9t\u00e9 question dans ce journal, et qui sera lui-m\u00eame pr\u00e9sident de la SASL en 1914-1915&nbsp;; de Marguerite Lutrand, devenue Mme Fernand Gillet&nbsp;; et de Jeanne Lutrand, devenue Mme Xavier Rovani (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref100\" id=\"_ftn100\">[100]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 6 septembre 1901.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref101\" id=\"_ftn101\">[101]<\/a> Virginie de Massia (Mosset, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, 19 mars 1827-Molitg-les-Bains, 18 octobre 1902), fille de Fran\u00e7ois de Massia, ancien maire de Mosset, et de Sophie Bompeyre, \u00e9tait la s\u0153ur d\u2019Edouard de Massia (1824-1892), m\u00e9decin qui se rendit c\u00e9l\u00e8bre par l\u2019expansion des thermes de Molitg dont il \u00e9tait propri\u00e9taire. Elle resta c\u00e9libataire. Les Massia \u00e9taient cousins \u00e9loign\u00e9s, par une parent\u00e9 remontant au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, des Pontich et donc d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref102\" id=\"_ftn102\">[102]<\/a> Il s\u2019agit certainement de Joseph Marie (Prades, 19 janvier 1849-6 d\u00e9cembre 1902), m\u00e9decin dans sa ville natale, dont il fut pr\u00e9sident du conseil d\u2019arrondissement. Mort c\u00e9libataire, il \u00e9tait le fils d\u2019Hyacinthe Marie et d\u2019Alexandrine, toutes deux issues de vieilles familles de Prades (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref103\" id=\"_ftn103\">[103]<\/a> Il s\u2019agit de B\u00e9lesta (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref104\" id=\"_ftn104\">[104]<\/a> Maurice de Barescut (1865-1960), dont il a \u00e9t\u00e9 question plusieurs fois dans le journal, sera un g\u00e9n\u00e9ral c\u00e9l\u00e8bre de la Guerre de 1914-1918 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref105\" id=\"_ftn105\">[105]<\/a> Gabrielle Delon de Marouls (Perpignan, 17 f\u00e9vrier 1829-3 janvier 1910), fille de Ferdinand Delon et d\u2019Esp\u00e9range Buget, avait \u00e9pous\u00e9 en 1860, en secondes noces, Henri de Rovira. Elle \u00e9tait la tante, par sa s\u0153ur Charlotte Delon de Marouls mari\u00e9e avec Charles de Lazerme, de Joseph de Lazerme (1846-1922), tr\u00e8s souvent cit\u00e9 dans ce journal. Elle \u00e9tait aussi la m\u00e8re de Fernand de Rovira, dont il sera aussi beaucoup question (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref106\" id=\"_ftn106\">[106]<\/a> Il s\u2019agit peut-\u00eatre de Michel Le Bault de La Morini\u00e8re (1880-1934), fils d\u2019Olivier Le Bault de La Morini\u00e8re et Marie Madeleine de Menou, issu d\u2019une famille de la noblesse angevine (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref107\" id=\"_ftn107\">[107]<\/a> Jean Catta (Nantes, 27 janvier 1882-Nice, 1966), fils d\u2019Antoine, comte Catta, procureur de la R\u00e9publique et conseiller municipal de Nantes, comte pontifical, et de Marguerite D\u00e9zanneau (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref108\" id=\"_ftn108\">[108]<\/a> Henry Reverdy (Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir, 15 ao\u00fbt 1866-ch\u00e2teau de Bury, Molineuf, Loir-et-Cher, 26 ao\u00fbt 1950), avocat, collaborateur du journal <em>La Croix<\/em>, pr\u00e9sident de l\u2019Association catholique de la Jeunesse fran\u00e7aise (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref109\" id=\"_ftn109\">[109]<\/a> L\u2019affaire Humbert, ou affaire de l\u2019h\u00e9ritage Crawford, est une c\u00e9l\u00e8bre escroquerie&nbsp;: Mme Humbert, n\u00e9e Th\u00e9r\u00e8se Daurignac, avait pr\u00e9tendu \u00eatre h\u00e9riti\u00e8re d\u2019un millionnaire am\u00e9ricain, et avait r\u00e9ussi \u00e0 abuser la justice et de nombreuses personnes pendant une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Son beau-p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 ministre d\u2019un gouvernement r\u00e9publicain en 1882 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Janvier 1902 Semaine du 1er au 4 janvier 1902 Angers, mercredi 1er janvier 1902 Je vais \u00e0 la messe de 8h \u00e0 Notre-Dame, o\u00f9 je communie. Papa nous donne ensuite notre cadeau de nouvel an&nbsp;; il me donne 10 francs&nbsp;; Maman m\u2019a donn\u00e9 hier 12 francs. 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