{"id":614,"date":"2026-04-23T20:05:18","date_gmt":"2026-04-23T20:05:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/?p=614"},"modified":"2026-04-30T00:46:14","modified_gmt":"2026-04-30T00:46:14","slug":"1910","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/2026\/04\/23\/1910\/","title":{"rendered":"1910"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Janvier 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 1<sup>er<\/sup> janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous commen\u00e7ons l&rsquo;ann\u00e9e en faisant la sainte communion pour la placer sous la protection de Dieu. Papa et Maman arrivent d&rsquo;Ille dans la matin\u00e9e. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous faisons et recevons des visites. Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 2 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; nous nous promenons et \u00e9crivons des lettres.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 9 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 3 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voici de retour. Bebelle et le petit sont rentr\u00e9s par le train de 9h et moi l&rsquo;apr\u00e8s-midi en moto ; le matin, je suis all\u00e9 me promener, en moto, \u00e0 Prades et Villefranche. En rentrant je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;on fait quelques travaux \u00e0 la Grande F\u00e8che, \u00e0 Ille et \u00e0 Corb\u00e8re. En arrivant ici, j&rsquo;apprends une triste nouvelle qui ne me surprend pas : la pauvre Mme de Rovira<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> est morte aujourd&rsquo;hui \u00e0 midi apr\u00e8s cinq semaines de maladie&nbsp;; elle avait \u00e0 peu pr\u00e8s 82 ans ; c&rsquo;est une figure bien sympathique qui dispara\u00eet. Madame de Rovira, n\u00e9e de Lon, s\u0153ur de ma grand\u2019tante de Lazerme, \u00e9tait une femme des plus distingu\u00e9es, une v\u00e9ritable femme d&rsquo;Ancien r\u00e9gime ; tr\u00e8s bonne, tr\u00e8s charitable, tr\u00e8s instruite, elle manquera beaucoup dans la haute soci\u00e9t\u00e9 roussillonnaise. Je vais tout de suite voir Fernand et lui porter mes consolations&nbsp;; Bebelle et Maman, qui est ici, viennent aussi ; Fernand me fait voir la d\u00e9pouille mortelle de sa pauvre m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 4 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira et Torreilles en moto. Le soir, nous allons chez les Llobet voir notre cousin l&rsquo;abb\u00e9 de Martrin-Donos<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> de passage ici ; je l&rsquo;avais rencontr\u00e9 dans les congr\u00e8s de Jeunesse Catholique quand j&rsquo;habitais Angers et ne me doutais pas qu&rsquo;il deviendrait mon cousin.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/jean.0.de_martrin_donos.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"267\" height=\"308\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/jean.0.de_martrin_donos.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-621\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/jean.0.de_martrin_donos.jpg 267w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/jean.0.de_martrin_donos-260x300.jpg 260w\" sizes=\"auto, (max-width: 267px) 100vw, 267px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean de Martrin-Donos (1862-1930), archipr\u00eatre de Notre Dame de Bon Port, archipr\u00eatre des Sables d&rsquo;Olonne, chanoine honoraire de Lu\u00e7on et de Gap \u2013 Clich\u00e9 anonyme, s.d. [Archives Olivier de Prat, base g\u00e9n\u00e9alogique Roglo]<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan,&nbsp;mercredi 5 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous assistons aux obs\u00e8ques de Mme de Rovira \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de la R\u00e9al ; il y a une \u00e9norme affluence. Papa y vient mais arrive un peu en retard. Au cimeti\u00e8re Saint-Martin, l&rsquo;oncle Joseph de Lazerme prononce quelques paroles de remerciement au nom de la famille. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous commen\u00e7ons nos visites du Jour de l&rsquo;An ; nous allons voir la cousine d\u2019Albici et Monseigneur.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan,&nbsp;jeudi 6 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Torreilles&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous continuons nos visites ; nous allons voir Mme Delafosse, la cousine Victor de Guardia et Mme Latrobe<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. On a d&rsquo;assez mauvaises nouvelles de la sant\u00e9 de Th\u00e9r\u00e8se de Lazerme<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a> ; sa phl\u00e9bite est loin d&rsquo;\u00eatre gu\u00e9rie ; elle a eu de nouvelles menaces d&#8217;embolie ; c&rsquo;est bien inqui\u00e9tant. Il fait une temp\u00e9rature extraordinairement chaude ; le thermom\u00e8tre qui est mont\u00e9 hier \u00e0 21\u00b0 \u00bd \u00e0 l&rsquo;ombre, monte aujourd&rsquo;hui presque \u00e0 22\u00b0 ; on se croirait en \u00e9t\u00e9, et cette temp\u00e9rature est mauvaise pour la campagne.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan,&nbsp;vendredi 7 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons des visites&nbsp;; nous allons voir nos cousins de Chefdebien<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a> et Mme Conte de Bonet<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Le soir, nous allons chez les Llobet voir notre oncle Joseph de Llobet et sa famille ; ils sont ici pour deux jours. Le matin, je fais la sainte communion \u00e0 l&rsquo;occasion du premier vendredi du mois et de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan,&nbsp;samedi 8 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Claira o\u00f9 l&rsquo;on plante en am\u00e9ricains (<em>riparia rupestris<\/em>) les deux pr\u00e9s de la Cad\u00e8ne ; en plantant ces deux pr\u00e9s et la partie de la Griffaigne qui \u00e9tait en champ, je compte faire dans quelques ann\u00e9es 400 \u00e0 500 hectos de plus ; alors, j&rsquo;arriverai \u00e0 3000 hectos en ann\u00e9e moyenne ; ce sera un joli vignoble int\u00e9ressant ! L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous continuons nos visites (de \u00c7agarriga, de Lamer). J&rsquo;assiste \u00e0 une r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste et le soir au Panache, \u00e0 la f\u00eate des rois ; on y tire le traditionnel g\u00e2teau.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"685\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest-1024x685.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-623\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest-1024x685.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest-768x514.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ob_94b9f9_paysages-sortie-septembre-vitis-rupest.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plants de <em>Vitis riparia par Vitis rupestris<\/em>, hybride am\u00e9ricain pouvant servir de porte-greffe pour lutter contre le phyllox\u00e9ra \u2013 Site paysages-clansayes.over-blog.com<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan,&nbsp;dimanche 9 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et l&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Jean, puis \u00e0 une conf\u00e9rence assez b\u00eate au Th\u00e9\u00e2tre. Nous avons \u00e0 d\u00e9jeuner l&rsquo;oncle Gabriel, Tante Augustine, et les Joseph de Llobet avec leur m\u00e8re Rambaud ; le soir, nous d\u00eenons chez eux, puis nous allons au cin\u00e9matographe.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 10 au 16 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 10 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman viennent passer la journ\u00e9e ; je vais avec Papa visiter une propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 vendre entre Torreilles, Bompas et Claira.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 11 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe \u00e0 peu pr\u00e8s toute ma journ\u00e9e au Tribunal o\u00f9 j&rsquo;entends plaider la tr\u00e8s int\u00e9ressante affaire de M. Aug\u00e9, d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;H\u00e9rault, contre la pr\u00e9fecture, le vice-pr\u00e9sident de la C.G.V. section de Perpignan et contre le journal <em>L&rsquo;Ind\u00e9pendant<\/em>. Cet Aug\u00e9 est un d\u00e9put\u00e9 propri\u00e9taire viticulteur \u00e0 Villeneuve-de-la-Raho dont le r\u00e9gisseur fut surpris le 3 octobre mouillant sa vendange, par un agent de la r\u00e9pression des fraudes qui dressa proc\u00e8s-verbal contre lui. Comme il est d\u00e9put\u00e9 minist\u00e9riel, ce proc\u00e8s-verbal n&rsquo;eut aucune suite malgr\u00e9 les efforts de la C.G.V. et maintenant cet animal, pr\u00e9tendant malgr\u00e9 l&rsquo;aveu de son r\u00e9gisseur qu&rsquo;il ne mouillait pas, qu&rsquo;il lavait ses cuves, fait un proc\u00e8s en dommages int\u00e9r\u00eats aux trois parties ci-dessus. M<sup>e<\/sup> Poincar\u00e9, ancien ministre, de l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise, plaide pour lui, M<sup>e<\/sup> Desarnauts, de Toulouse, pour ses adversaires ; cette affaire passionne l&rsquo;opinion et l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9crase aux portes du palais ; je r\u00e9ussis, matin et soir, \u00e0 me placer au banc de la presse&nbsp;; l&rsquo;affaire continuera demain.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Justin_Auge.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"699\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Justin_Auge.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-624\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Justin_Auge.jpg 500w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Justin_Auge-215x300.jpg 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Justin Aug\u00e9 (1850-1925), d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;H\u00e9rault de 1897 \u00e0 1910, inscrit au groupe radical-socialiste \u2013 Clich\u00e9 anonyme, s.d. (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 12 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toute la journ\u00e9e, je suis, au Palais, pour l&rsquo;affaire Aug\u00e9 ; c&rsquo;est tr\u00e8s int\u00e9ressant, les plaidoiries et les r\u00e9pliques durent jusqu&rsquo;\u00e0 6h du soir ; Me Poincar\u00e9 aura parl\u00e9 en tout, plus de six heures. Le jugement est renvoy\u00e9. Je commence, comme \u00e0 Angers, la qu\u00eate de Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 13 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 une petite r\u00e9union chez les Lazerme&nbsp;; il fait un vent violent et froid.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 14 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je continue, avec l&rsquo;abb\u00e9 Desplas, vicaire, la qu\u00eate pour la Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul dont je fais partie mais o\u00f9 je ne suis pas encore all\u00e9. Nous faisons des visites.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 15 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais visiter autour de Claira avec Papa des vignes en vente ; Papa, qui a vendu quelques champs \u00e0 Corb\u00e8re, est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 se constituer un petit vignoble en Salanque, mais il s&rsquo;agit de bien choisir, et \u00e0 bon compte ; nous visitons plusieurs vignes et marchons beaucoup. Je vais avec Bebelle \u00e0 une petite r\u00e9union chez les La Croix ; le soir, nous sortons avec les Massia, nous voyons de grotesques exhibitions carnavalesques et allons prendre le th\u00e9 chez les Passama.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 16 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais et viens de Vin\u00e7a \u00e0 motocyclette pour la r\u00e9union des chefs de section de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien qui a lieu de 2h \u00e0 3h&nbsp;; nous nommons \u00c9tienne Verg\u00e8s fils vice-pr\u00e9sident \u00e0 la place du pauvre Albert Batlle. De retour \u00e0 Perpignan \u00e0 4h \u00be, j&rsquo;assiste \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle du Panache ; on renouvelle le bureau et je suis nomm\u00e9 quelque chose ; je ne sais pas au juste si c&rsquo;est vice-pr\u00e9sident ou secr\u00e9taire. J&rsquo;ai eu un temps merveilleux pour ma course \u00e0 Vin\u00e7a. Demain, nous allons nous y installer pour la semaine afin d&rsquo;y passer la f\u00eate de Saint-S\u00e9bastien. Bonne Maman a re\u00e7u la nouvelle du mariage de notre cousine Th\u00e9r\u00e8se Pichard de la Caill\u00e8re avec M. Joseph de Ponsay, voisin de campagne des Blanpain de Saint-Mars.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 17 au 23 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 17 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de ne partir que demain pour pouvoir accepter une invitation \u00e0 d\u00e9jeuner mardi chez les Delafosse, n\u00e9anmoins, je voulais aller seul en moto \u00e0 Vin\u00e7a ce matin, y coucher, revenir demain matin ici et repartir pour Vin\u00e7a avec Bebelle demain ; mais il fait un vent terrible et, apr\u00e8s avoir essay\u00e9, j&rsquo;ai vu que j&rsquo;aurais trop de peine \u00e0 filer en moto contre le vent, j&rsquo;y ai donc renonc\u00e9, et nous partirons tous demain. Maman vient pour le cours de la Croix-Rouge. Le soir, j&rsquo;assiste \u00e0 la premi\u00e8re s\u00e9ance d&rsquo;une nouvelle section de la Soci\u00e9t\u00e9 Agricole, Scientifique et Litt\u00e9raire des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales dont on m&rsquo;a demand\u00e9 de faire partie ; cette section nouvelle dont je fais partie est la section d&rsquo;histoire et d&rsquo;arch\u00e9ologie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 18 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons d\u00e9jeun\u00e9 chez Madame Delafosse avec les Lazerme, La Croix<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a> et Passama&nbsp;; nous partons \u00e0 3 heures pour Vin\u00e7a, moi en moto malgr\u00e9 le vent, et Bebelle et le petit par le train.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 19 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me suis occup\u00e9 de diff\u00e9rentes questions concernant la Soci\u00e9t\u00e9 avant le soir ; le matin, je vais \u00e0 Boule et Ille. Le soir, Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la salle Anglade ; nous faisons approuver les modifications au bureau.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 20 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La f\u00eate de la Soci\u00e9t\u00e9 a eu lieu par un temps merveilleux, un vrai temps d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Tout a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9ussi, la c\u00e9r\u00e9monie religieuse, le d\u00e9fil\u00e9, les danses ; tout s&rsquo;est pass\u00e9 suivant le programme habituel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 21 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps s&rsquo;est g\u00e2t\u00e9 ; le matin, je vais cependant \u00e0 Boule pour donner mes instructions au sujet de l&rsquo;engrais que je fais mettre aujourd&rsquo;hui \u00e0 la Grande F\u00e8che. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, le temps se g\u00e2te tout \u00e0 fait.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 22 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il neige un peu ; quelle diff\u00e9rence avec le temps de jeudi ! Je ne bouge pas ou \u00e0 peu pr\u00e8s pas. Tony est un peu enrhum\u00e9 et si le temps ne s&rsquo;arrange pas, je crois que nous ne pourrons pas sortir demain comme nous le devions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 23 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est tr\u00e8s froid et nous d\u00e9cidons, \u00e0 cause de Tony, de ne pas partir d\u2019aujourd&rsquo;hui ; nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres et nous nous promenons, apr\u00e8s v\u00eapres, dans le bas-fond de la Tet, \u00e0 l&rsquo;abri du vent.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 24 au 30 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 24 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps \u00e9tant moins froid, nous arrivons ; Bebelle par le train de deux heures, moi \u00e0 motocyclette avec arr\u00eats \u00e0 Bouletern\u00e8re et Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 25 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;\u00e9cris et fais diverses commissions&nbsp;; il fait encore froid. \u00c0 Paris, la Seine d\u00e9borde et envahit plusieurs quartiers ; il y a fort longtemps qu&rsquo;on n&rsquo;avait vu une pareille crue, depuis 1802 dit-on.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 26 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec l&rsquo;abb\u00e9 Desplas vicaire, je continue la qu\u00eate pour les Conf\u00e9rences Saint-Vincent-de-Paul. L&rsquo;inondation de la Seine a encore augment\u00e9, la plupart des lignes de l&rsquo;Orl\u00e9ans et du P.L.M. autour de Paris sont coup\u00e9es, les communications sont tr\u00e8s difficiles. Maurice Roger me t\u00e9l\u00e9graphie que mon cheval de Claira est malade ; j&rsquo;irai voir demain ce qu&rsquo;il en est.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 27 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis all\u00e9 \u00e0 Claira ; le cheval est tr\u00e8s malade, il est atteint de parapl\u00e9gie, le v\u00e9t\u00e9rinaire ne me cache pas qu&rsquo;il a beaucoup plus de chances de mourir que de s&rsquo;en tirer ; c&rsquo;est cruel de perdre au bout de six mois une b\u00eate de 1400 francs ! Et cette maladie est venue comme un coup de foudre ; rien ne pouvait la faire pr\u00e9voir. J\u2019ai ordonn\u00e9 de le soigner le mieux que l&rsquo;on pourrait, mais je n&rsquo;ai pas grand espoir. Je prie Saint Antoine de m&rsquo;\u00e9pargner cette perte ! Papa, qui est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 acheter 8 ayminates de vigne \u00e0 Claira, y vient par la voiture de 3h \u00bd et examine la parcelle qu\u2019il compte choisir. L&rsquo;inondation \u00e0 Paris d\u00e9passe toutes les pr\u00e9visions ; tous les affluents de la Seine ont d\u00e9bord\u00e9 en m\u00eame temps&nbsp;; l&rsquo;inondation d\u00e9passe celle de 1802 et il faut, para\u00eet-il, remonter au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en 1658 pour en trouver une pareille ; aucun train des Compagnies du Midi et de l&rsquo;Orl\u00e9ans ne peut plus arriver \u00e0 Paris et ces compagnies, pour assurer tant bien que mal le service, en sont r\u00e9duites \u00e0 faire arriver cinq ou six express chacune (choisis parmi les plus importants) par la ceinture \u00e0 la gare de l&rsquo;Est ou \u00e0 celle du Nord. Les gares d&rsquo;Orsay, d&rsquo;Austerlitz et de Lyon, des Invalides, sont compl\u00e8tement envahis, le M\u00e9tropolitain ne circule plus, ses souterrains sont compl\u00e8tement envahis&nbsp;; le Palais Bourbon est envahi et les d\u00e9put\u00e9s doivent y aller en barque (la plupart devraient chavirer et noyer leurs passagers&nbsp;!), dans la plupart des quartiers la lumi\u00e8re \u00e9lectrique et le gaz manquent, beaucoup d&rsquo;effondrements se sont produits. Aux environs de Paris, la situation est atroce ; dans beaucoup de r\u00e9gions de la France il y a d&rsquo;immenses d\u00e9g\u00e2ts. Notre pays est \u00e9pargn\u00e9 \u00e0 cause de son climat m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 28 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La situation s&rsquo;est encore aggrav\u00e9e hier \u00e0 Paris, la Seine a encore mont\u00e9 ; les d\u00e9g\u00e2ts se chiffreront par des centaines de millions ; on croit cependant que le maximum est atteint. Je retourne \u00e0 Claira ; le cheval ne va ni mieux ni plus mal. Le soir, j&rsquo;assiste pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la r\u00e9union de la Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul o\u00f9 l&rsquo;on m&rsquo;a fait entrer. Hier, je n\u2019ai pas re\u00e7u <em>L&rsquo;Action fran\u00e7aise<\/em> ; celle d\u2019avant-hier ne m\u2019arrive qu\u2019aujourd&rsquo;hui, ce soir toutes les communications avec Paris sont difficiles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 29 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vois [\u00e0] Claira, le cheval est toujours la m\u00eame chose ; \u00e0 Paris, l&rsquo;inondation a encore fait de nouveaux progr\u00e8s ; on circule en barque dans beaucoup de rues ; dans d&rsquo;autres rues, la chauss\u00e9e s&rsquo;effondre, min\u00e9e par les eaux, et cela tr\u00e8s loin de la Seine, aux environs de la gare Saint-Lazare par exemple, c&rsquo;est inou\u00ef. Le soir, je vais au Panache o\u00f9 nous prenons nos dispositions en vue de la conf\u00e9rence que feront, le 20 f\u00e9vrier, Vaugeois et Daudet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 30 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Jean&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, j&rsquo;assiste \u00e0 la Salle des \u0152uvres \u00e0 une repr\u00e9sentation de <em>Pour la couronne<\/em> de Fran\u00e7ois Copp\u00e9e&nbsp;; Monseigneur y assiste ; on y fait une qu\u00eate pour les inond\u00e9s de Paris. Les journaux, qui arrivent tr\u00e8s irr\u00e9guli\u00e8rement, disent que l&rsquo;inondation a atteint son maximum \u00e0 Paris dans la nuit de vendredi \u00e0 samedi, et qu&rsquo;elle commence \u00e0 d\u00e9cro\u00eetre, mais elle d\u00e9cro\u00eet tr\u00e8s tr\u00e8s lentement. On voit dans les journaux des vues de certaines rues de Paris qui ont l&rsquo;air de rues de Venise ; on y circule en barque&nbsp;; l&rsquo;approvisionnement en vivres de Paris est difficile. Bref, c&rsquo;est une catastrophe qui fera date dans l&rsquo;histoire de Paris.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 31 janvier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 31 janvier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira ; le matin, j&rsquo;y suis en m\u00eame temps que le v\u00e9t\u00e9rinaire Mul\u00e8s qui me dit qu&rsquo;il faut abattre le cheval, tout espoir de le sauver \u00e9tant perdu. Je ne veux cependant pas m&rsquo;y r\u00e9signer ainsi et je retourne l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 Claira avec un v\u00e9t\u00e9rinaire de Perpignan M. Delhoste ; son avis est le m\u00eame ; cependant il me conseille d&rsquo;attendre encore quatre \u00e0 cinq jours ; c&rsquo;est ce que je vais faire. Le soir, nous d\u00eenons chez Tante Augustine. Maman vient passer la journ\u00e9e pour son cours \u00e0 la Croix-Rouge et couche ici. \u00c0 Paris, l&rsquo;inondation d\u00e9cro\u00eet avec une tr\u00e8s grande lenteur ; on a pass\u00e9 par les armes des pillards trouv\u00e9s dans des maisons \u00e9vacu\u00e9es. Ma tante Civelli nous \u00e9crit donnant de tr\u00e8s int\u00e9ressants d\u00e9tails ; \u00e0 sa paroisse les enterrements se font en barque ; un enfant est n\u00e9 dans une barque.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">F\u00e9vrier 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 f\u00e9vrier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman partent pour la Bastide d&rsquo;Anjou o\u00f9 Maman va faire constater son \u00e9tat par le cur\u00e9-m\u00e9decin et lui demander des instructions pour son traitement ; tous les deux mois environ, il faut qu&rsquo;elle y revienne. Je continue la qu\u00eate de la Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul : la crue continue \u00e0 baisser \u00e0 Paris, et partout, mais avec lenteur.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 2 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me confesse et fais la sainte communion \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate de la Purification. Je continue la qu\u00eate de Saint-Vincent-de-Paul. La Seine continue \u00e0 baisser \u00e0 Paris et aux environs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 3 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, je re\u00e7ois un mot de Maurice Roger me disant que le cheval est mort cette nuit ; cette fin, que je croyais voir, m&rsquo;\u00e9vite de le faire abattre ; mais quelle perte ! Je regrette bien d&rsquo;avoir achet\u00e9 un cheval de ce prix. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle au Mas Pardal faire une visite \u00e0 Madame Fourcade, malgr\u00e9 un vent \u00e9pouvantable ; en passant nous nous arr\u00eatons un moment \u00e0 la gare voir passer Maman qui rentre \u00e0 Ille&nbsp;; le cur\u00e9 de Labastide l&rsquo;a trouv\u00e9e bien mieux. Dieu soit lou\u00e9 ! Le soir, nous d\u00eenons chez les Lazerme, puis allons avec Marthe et Th\u00e9r\u00e8se \u00e0 une petite soir\u00e9e chez les Bausil&nbsp;; on y r\u00e9p\u00e8te la nouvelle petite pi\u00e8ce d&rsquo;Albert Bausil<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> <em>La Blouse<\/em>, qui est faite dans un excellent esprit ; il y a, \u00e0 cette soir\u00e9e, une vingtaine de personnes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/557057_33e21d64a36e4aa39811a87869191d68.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"553\" height=\"820\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/557057_33e21d64a36e4aa39811a87869191d68.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/557057_33e21d64a36e4aa39811a87869191d68.jpeg 553w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/557057_33e21d64a36e4aa39811a87869191d68-202x300.jpeg 202w\" sizes=\"auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Albert Bausil (1881-1943), \u00e9crivain et journaliste des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales \u2013 Clich\u00e9 anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Archives <em>L&rsquo;Ind\u00e9pendant<\/em>)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 4 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je fais la sainte communion \u00e0 l&rsquo;occasion du premier vendredi du mois. L&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 2 heures, je fais une petite conf\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Association des Jeunes filles royalistes pr\u00e9sid\u00e9e par Mlle Ren\u00e9e Desp\u00e9ramons<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a> ; c&rsquo;est cette derni\u00e8re qui m&rsquo;avait pri\u00e9 de faire cette conf\u00e9rence. Je parle \u00e0 ces jeunes filles du \u00ab&nbsp;Comment faire la monarchie&nbsp;\u00bb, autrement dit de l\u2019inefficacit\u00e9 des \u00e9lections et de la pr\u00e9paration du coup. Le soir, je vais \u00e0 la conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 5 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Ille et Bouletern\u00e8re en moto ; je d\u00e9jeune \u00e0 Ille et rentre ici vers 5 heures ; le soir, r\u00e9union du conseil au Panache ; la r\u00e9union Daudet-Vaugeois sera peut-\u00eatre renvoy\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 6 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Saint-Jean ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi avec les Lazerme, Passama, Massia, Larboust<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, nous assistons \u00e0 la bataille de fleurs aux Platanes&nbsp;; de toutes les attractions du carnaval, c&rsquo;est certainement la plus r\u00e9ussie ; ensuite th\u00e9 chez les Lazerme.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 f\u00e9vrier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 7 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous offrons un petit th\u00e9 ; nous avons comme invit\u00e9s les Lazerme, Passama, La Croix, Mme Delafosse, nos cousines de Bla\u00ff et de Llobet. Le soir, avec les Massia, nous allons entendre le c\u00e9l\u00e8bre chanteur Mayol<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Felix_Mayol_PQC250_image_1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"257\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Felix_Mayol_PQC250_image_1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-626\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Felix_Mayol_PQC250_image_1.jpg 257w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Felix_Mayol_PQC250_image_1-154x300.jpg 154w\" sizes=\"auto, (max-width: 257px) 100vw, 257px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">F\u00e9lix Mayol (1872-1941), chanteur fran\u00e7ais de la \u00ab\u00a0Belle \u00e9poque\u00a0\u00bb \u2013 Clich\u00e9 dans&nbsp;<em>Paris qui chante<\/em>&nbsp;n\u00b0 250, 5 novembre 1907, p.6 (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 8 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira ; le soir, nous d\u00eenons chez les Llobet et allons passer la soir\u00e9e, pour finir le carnaval, chez les Passama.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 9 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe et \u00e0 l&rsquo;imposition des cendres&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons chez les Bonafos qui r\u00e9unissent beaucoup d&rsquo;invit\u00e9s pour voir d\u00e9filer les masques dits de Mailloles<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>&nbsp;; f\u00e2cheuse habitude&nbsp;! Ensuite, nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 Saint-Jean, puis \u00e0 un bridge chez les Massia.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 10 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste ; on s&rsquo;occupe d&rsquo;une souscription pour <em>Le Roussillon&nbsp;<\/em>; personnellement, je cherche des souscripteurs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 11 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Ille par le train de 8h50 ; \u00e0 midi, je vais \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 je d\u00e9jeune ; je rentre \u00e0 Ille en voiture et m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Boule, tout cela pour m&rsquo;occuper de la nomination du successeur de M. Albert Batlle comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 mutualiste cantonal&nbsp;; la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien soutiendra le candidat des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;Ille&nbsp;; je couche \u00e0 Ille. Le matin, je fais la sainte communion \u00e0 la messe de 7h 1\/2 \u00e0 Saint-Jean ; le soir \u00e0 Ille, je vais \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de&nbsp;Notre-Dame de Lourdes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 12 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je rentre d&rsquo;Ille par le train de 9h \u00bd. Je vais \u00e0 Claira en moto. Je poursuis dans plusieurs villages M. Henri Bertran qui fait une tourn\u00e9e de propagande dans la Salanque ; je le rejoins \u00e0 Villelongue. C\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment le 20 f\u00e9vrier qu&rsquo;aura lieu la conf\u00e9rence de Vaugeois et Daudet&nbsp;; nous la pr\u00e9parons de notre mieux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 13 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais un moment au tennis, puis \u00e0 l&rsquo;ouverture de la station de car\u00eame \u00e0 Saint-Jean. De 5h \u00e0 7h, nous allons au th\u00e9 chez le m\u00e9nage O\u2019Byrne<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a> et le soir \u00e0 un autre th\u00e9 chez nos cousins de Bla\u00ff.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 f\u00e9vrier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 14 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira. Je ne suis plus pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien ; le bureau tout entier a d\u00e9missionn\u00e9 et naturellement je joins ma d\u00e9mission \u00e0 celle de mes coll\u00e8gues \u00e0 la suite de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 hier soir. \u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de Vin\u00e7a hier soir, M. Bouch\u00e8de en son nom et au nom de tout le bureau (nous nous \u00e9tions mis d&rsquo;accord) a pr\u00e9sent\u00e9 M. Antoine Baux, notaire \u00e0 Ille, pour le poste de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 mutualiste cantonal ; nous avions d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9senter \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 M. Baux parce qu&rsquo;il \u00e9tait le candidat des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;Ille qui, la derni\u00e8re fois, avaient assur\u00e9 le succ\u00e8s de notre candidat M. Batlle et que, d&rsquo;ailleurs, le candidat que pr\u00e9sentait la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab La Fraternelle \u00bb de Vin\u00e7a (qui avait positivement refus\u00e9 de s&rsquo;entendre avec nous) ne pouvait nous convenir ; c&rsquo;\u00e9tait ce m\u00eame Roca que \u00ab&nbsp;La Fraternelle&nbsp;\u00bb avait oppos\u00e9, en 1906, \u00e0 M. Albert Batlle. \u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, M. Bouch\u00e8de voyant que plusieurs soci\u00e9taires voulaient voter pour Rocca, a longuement expos\u00e9 les motifs de notre choix et a insist\u00e9 au nom du bureau tout entier pour que la soci\u00e9t\u00e9 nomme M. Baux ; le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 que M. Baux a eu 21 voix, Roca 33 voix (et 5 bulletins nuls). Devant ce r\u00e9sultat, qui est un d\u00e9saveu formel pour le bureau, tous les membres du bureau pr\u00e9sents ont imm\u00e9diatement donn\u00e9 leur d\u00e9mission ; d\u00e8s que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de la chose par une lettre de M. Bouch\u00e8de, j&rsquo;ai t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 que je me solidarisais enti\u00e8rement avec mes coll\u00e8gues. Puisque nous n&rsquo;avons pas la confiance des soci\u00e9taires malgr\u00e9 tout ce que nous avons fait pour la Soci\u00e9t\u00e9, qu&rsquo;ils se choisissent de nouveaux chefs. Ils ne m\u00e9ritent pas que l\u2019on s\u2019occupe d\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 15 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voici \u00e0 Ille pour quelques jours, il y avait longtemps que nous n&rsquo;\u00e9tions venus ici en famille et il me tardait d&rsquo;y faire un s\u00e9jour. Nous venons par le train de 4 heures. D\u00e8s demain, j&rsquo;irai \u00e0 Vin\u00e7a voir ces messieurs et me concerter avec eux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 16 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons, Tony est tr\u00e8s bien ici au grand air. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Vin\u00e7a ; la situation n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait ce que je voyais. M. Bouch\u00e8de n&rsquo;a pas, comme il me l&rsquo;avait \u00e9crit, donn\u00e9 la d\u00e9mission du bureau ; il a seulement manifest\u00e9, en-dehors de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;intention de la donner. N\u00e9anmoins, nous sommes tous d&rsquo;accord pour convenir que nous ne pouvons pas rester \u00e0 la t\u00eate de la Soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s le d\u00e9saveu qui nous a \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9. D&rsquo;autre part, beaucoup de vieux soci\u00e9taires nous supplient de ne pas abandonner l&rsquo;\u0153uvre. Nous r\u00e9unirons donc la Soci\u00e9t\u00e9 et nous lui demanderons si nous avons encore sa confiance ; elle se prononcera au scrutin absolument secret et nous ne resterons que si nous avons l&rsquo;unanimit\u00e9, ou au moins une unanimit\u00e9 morale. Nous mettrons ce plan \u00e0 ex\u00e9cution, si tous les membres du bureau l&rsquo;approuvent, d\u00e8s que le r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9lection sera connu, bien qu&rsquo;il soit certain que M. Baux est \u00e9lu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 17 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je me prom\u00e8ne en voiture avec Bebelle ; nous emmenons Tony avec nous ; nous allons \u00e0 Boule, Rod\u00e8s et Vin\u00e7a ; je fais de la propagande pour qu&rsquo;il vienne du monde \u00e0 la conf\u00e9rence de dimanche \u00e0 Perpignan. Ce soir, je m&rsquo;en vais par le dernier train pour assister \u00e0 la r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste chez M. Desp\u00e9ramons. Bebelle vient aussi pour voir ses cousines.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 18 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je rentre en motocyclette ; j\u2019arrive \u00e0 10 heures. Bebelle rentre par le train de midi. J&rsquo;assiste aux obs\u00e8ques du fils du granger de M. Trull\u00e8s qui a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 en trois jours par une m\u00e9ningite ; ce jeune homme faisait partie de la Jeunesse Catholique d&rsquo;Ille, qui assiste en corps \u00e0 ses obs\u00e8ques. Deux ans aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;op\u00e9ration qui m&rsquo;a sauv\u00e9 la vie. Je n&rsquo;\u00e9tais pas fier alors !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 19 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous assistons tous \u00e0 la messe d&rsquo;action de gr\u00e2ce que M. le cur\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre pour remercier Dieu de ma gu\u00e9rison il y a 2 ans&nbsp;; nous y communions tous. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons en voiture \u00e0 B\u00e9lesta o\u00f9 nous sommes tr\u00e8s bien re\u00e7us par l&rsquo;abb\u00e9 Badrignans.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 20 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui, magnifique manifestation royaliste \u00e0 Perpignan&nbsp;; bonne journ\u00e9e pour la cause du Roi qui est celle de la Patrie ! La conf\u00e9rence de Vaugeois et de Daudet a eu lieu au milieu d&rsquo;un enthousiasme g\u00e9n\u00e9ral et devant un magnifique auditoire de 1500 personnes&nbsp;; la Salle des \u0152uvres \u00e9tait archibond\u00e9e, beaucoup d&rsquo;hommes ont d\u00fb rester dehors ; les d\u00e9monstrations de Vaugeois, les appels \u00e9nergiques de Daudet ont \u00e9t\u00e9 vigoureusement applaudis. Les cris de \u00ab \u00c0 bas la r\u00e9publique \u00bb et de \u00ab Vive le Roi \u00bb sont sortis de 1500 poitrines. \u00c0 6 heures, r\u00e9union au Panache ; \u00e0 7 heures, banquet \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de la Loge, les dames y \u00e9taient admises ; Bebelle \u00e9tait \u00e0 la table d&rsquo;honneur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Daudet. Apr\u00e8s d\u00eener, les conf\u00e9renciers reviennent au Panache o\u00f9 la journ\u00e9e s&rsquo;ach\u00e8ve par des chants royalistes ex\u00e9cut\u00e9s avec entrain. R\u00e9confortante journ\u00e9e ! Papa et Maman, qui sont venus assister \u00e0 la conf\u00e9rence, trouvent Daudet admirable.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 27 f\u00e9vrier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 21 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Daudet, sa femme et Vaugeois allant en excursion \u00e0 Port-Vendres et Collioure, quelques ligueurs du Panache les accompagnent. Bebelle et moi sommes de la caravane. Nous causons beaucoup en d\u00e9jeunant et en allant \u00e0 pied de Port-Vendres \u00e0 Collioure par la belle route en corniche et ces messieurs nous disent dans l&rsquo;intimit\u00e9 combien est grand leur espoir. Nous rentrons \u00e0 Ille le soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 22 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, je vais \u00e0 Vin\u00e7a en moto ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je me prom\u00e8ne avec Bebelle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 23 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous d\u00e9jeunons \u00e0 Vin\u00e7a, puis allons en voiture \u00e0 Molitg voir nos cousins de Massia ; nous passons avec eux la plus grande partie de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 24 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me prom\u00e8ne avec Bebelle \u00e0 Reglelles ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais en moto \u00e0 Toulouges voir un cheval, puis \u00e0 Perpignan faire quelques commissions ; je rentre \u00e0 5h 1\/4.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 25 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais un moment \u00e0 Bouletern\u00e8re, puis \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 je r\u00e9unis le bureau de la Soci\u00e9t\u00e9 pour aviser aux mesures \u00e0 prendre dans la situation actuelle ; nous d\u00e9cidons de tenir demain soir une Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 au cours de laquelle nous leur demanderons de nous dire, au scrutin secret, si nous avons ou non sa confiance. Si nous n&rsquo;avons pas pour nous la quasi-unanimit\u00e9 (les 9\/10 environ des voix) nous donnerons notre d\u00e9mission d\u00e9finitive. Papa re\u00e7oit de M. Beer confirmation de la vente des 9 ayminates de vigne \u00e0 Claira. C&rsquo;est une excellente op\u00e9ration que Papa vient de faire ; il a vendu pour 42.000 fr. la propri\u00e9t\u00e9 de Corb\u00e8re qui rapportait tr\u00e8s peu et il a achet\u00e9 pour 26.000 fr. (payables avec des d\u00e9lais \u00e9chelonn\u00e9s) 9 ayminates qui peuvent lui donner un millier d&rsquo;hectolitres \u00e0 Claira, plus un champ de 5000 fr. \u00e0 Bouletern\u00e8re ; je crois qu&rsquo;il ne se repentira pas de cette op\u00e9ration. Pour l&rsquo;exploitation des vignes de Claira, il s&rsquo;est entendu avec mon granger Maurice Roger qui la surveillera.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 26 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis venu \u00e0 Vin\u00e7a avec Bebelle en voiture jusqu&rsquo;\u00e0 demain soir pour l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 ce soir et pour assister \u00e0 l&rsquo;inauguration d&rsquo;une statue du bienheureux cur\u00e9 d&rsquo;Ars demain. L&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 tourne tout \u00e0 notre avantage. J&rsquo;y prends la parole et je d\u00e9clare qu&rsquo;apr\u00e8s le vote du 13 f\u00e9vrier, le bureau ne se reconna\u00eet pas l&rsquo;autorit\u00e9 morale n\u00e9cessaire pour rester en fonctions, si la Soci\u00e9t\u00e9 ne lui renouvelle pas sa confiance par un vote unanime. M. Bouch\u00e8de prend aussi la parole et expose l&rsquo;\u00e9tat prosp\u00e8re de la Soci\u00e9t\u00e9. On vote au scrutin absolument secret au moyen de boules blanches et noires ; chaque soci\u00e9taire re\u00e7oit une boule blanche et une noire et d\u00e9pose dans l&rsquo;urne celle qu&rsquo;il veut ; les blanches sont \u00ab&nbsp;pour&nbsp;\u00bb nous et les noires \u00ab&nbsp;contre&nbsp;\u00bb. \u00c0 l&rsquo;ouverture de l&rsquo;urne, nous trouvons toutes les boules blanches sauf deux noires ; c&rsquo;est l&rsquo;unanimit\u00e9 moins deux voix. La Soci\u00e9t\u00e9 tient donc \u00e0 nous garder. Elle l&rsquo;a dit en toute libert\u00e9. Dans ces conditions, notre dignit\u00e9 est bien veng\u00e9e et nous d\u00e9clarons que nous resterons aux fonctions avec le m\u00eame d\u00e9vouement que par le pass\u00e9. Je suis heureux de savoir d&rsquo;une fa\u00e7on certaine ce que la Soci\u00e9t\u00e9 pense de nous. Apr\u00e8s ce vote, je reste un moment au caf\u00e9 avec les autres membres du bureau.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 27 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 la grand&rsquo;messe et aux v\u00eapres \u00e0 l&rsquo;issue desquelles a lieu la b\u00e9n\u00e9diction d&rsquo;une statue du bienheureux cur\u00e9 d&rsquo;Ars ; c&rsquo;est une jolie c\u00e9r\u00e9monie ; nous rentrons ensuite en voiture.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 28 f\u00e9vrier 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 28 f\u00e9vrier 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais me promener avec Bebelle \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de M. Trul\u00e8s qui nous fait visiter sa nouvelle cave en ciment arm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mars 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 mars 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 1<sup>er<\/sup> mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa rentre de Toulouse o\u00f9 il est all\u00e9 assister \u00e0 la r\u00e9union des anciens \u00e9l\u00e8ves du coll\u00e8ge Sainte-Marie et du Caousou. Je vais me promener avec Bebelle dans une gorge de la garrigue.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 2 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 motocyclette ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais me promener avec Bebelle \u00e0 Casenove et Bellagre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 3 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais avec Bebelle du c\u00f4t\u00e9 de Reglelles ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Bouletern\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 4 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;oncle Xavier, que nous n&rsquo;avions pas vu depuis sa nomination de g\u00e9n\u00e9ral, arrive le matin pour quelques jours. Nous sommes heureux de le revoir et de le f\u00e9liciter. Je me prom\u00e8ne avec Bebelle. Le matin, \u00e0 l&rsquo;occasion du premier vendredi du mois, nous faisons tous la sainte communion \u00e0 la messe de 7 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 5 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voici de retour \u00e0 Perpignan&nbsp;; Bebelle, avec la nourrice et Tony, est rentr\u00e9e par le train de 10 heures. Quant \u00e0 moi, je suis all\u00e9 en moto d&rsquo;Ille \u00e0 Claira, par Millas, P\u00e9zilla, Baixas, Rivesaltes, et, apr\u00e8s avoir vu ce qui se faisait \u00e0 Claira, je suis arriv\u00e9 ici vers 5 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 6 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes revenus \u00e0 Ille entre deux trains (de 9 h \u00e0 4 heures) pour assister \u00e0 un diner que donnent Papa et Maman en l&rsquo;honneur de l&rsquo;oncle Xavier pour f\u00eater sa nomination ; Bonne Maman y assistait aussi. Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Ille. Il pleut.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 mars 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 7 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et l&rsquo;oncle Xavier viennent d\u00e9jeuner ici et je vais avec eux \u00e0 Claira et Pia ; Papa fait visiter ses nouvelles vignes \u00e0 l&rsquo;oncle Xavier \u00e0 qui je fais voir aussi les miennes. Ils repartent le soir pour Ille. Maman, qui est venue pour le cours de la Croix-Rouge, couche ici. Nous allons ensemble, apr\u00e8s d\u00eener, chez les Bonafos.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 8 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, chez M. Desp\u00e9ramons, r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste ; on y discute la candidature de M. Henri Bertran qui compte bien se pr\u00e9senter, dans un but de propagande, dans la 1<sup>\u00e8re<\/sup> circonscription de Perpignan si le comit\u00e9 r\u00e9unit la somme n\u00e9cessaire pour faire les frais de cette campagne. On ouvre une souscription.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 9 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas de Perpignan&nbsp;; je voulais aller \u00e0 Trouillas o\u00f9 sont aujourd&rsquo;hui Papa et l&rsquo;oncle Xavier ; mais une petite avarie \u00e0 la moto m&rsquo;oblige \u00e0 y renoncer ; je t\u00e2cherai d&rsquo;aller demain \u00e0 Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 10 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">All\u00e9 \u00e0 Ille \u00e0 moto ; avant midi, reparti \u00e0 5 heures, vu l&rsquo;oncle Xavier qui en repart demain. Tous vont bien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 11 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira ; la moto ne marche plus \u00e0 partir de Bompas et je suis oblig\u00e9 de rentrer en p\u00e9dalant, il faut que je fasse bien r\u00e9parer la pi\u00e8ce qui est endommag\u00e9e. Nous avons l&rsquo;oncle Xavier \u00e0 diner.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 12 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je viens \u00e0 Vin\u00e7a pour les obs\u00e8ques de Mlle Th\u00e9r\u00e8se Escaro, membre honoraire de la Soci\u00e9t\u00e9, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e hier ; je pars par le train de 11h10, d\u00e9jeune \u00e0 Ille et vais d&rsquo;Ille \u00e0 Vin\u00e7a en voiture ; je trouve bonne Maman un peu fatigu\u00e9e. Il fait tr\u00e8s mauvais.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 13 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les obs\u00e8ques de Mlle Escaro ont eu lieu le matin \u00e0 8h ; j&rsquo;ai quitt\u00e9 Vin\u00e7a \u00e0 11h10 et je suis arriv\u00e9 \u00e0 2h ; all\u00e9 \u00e0 v\u00eapres et au sermon \u00e0 Saint-Jean ; \u00e0 5 heures, j&rsquo;ai assist\u00e9 avec Bebelle au Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 une conf\u00e9rence de M. Jean Amade<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a> (le fianc\u00e9 de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Batlle) sur le catalanisme. Temps atroce.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 mars 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 14 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la journ\u00e9e ; le soir, commence \u00e0 Saint-Jean la retraite des hommes qui durera toute la semaine ; j&rsquo;y prendrai part. Papa et Maman viennent, Papa part le soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 15 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, je vais \u00e0 la retraite des hommes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 16 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps s&rsquo;arrange un peu ; Papa vient coucher ici pour assister demain matin, \u00e0 l&rsquo;\u00c9v\u00each\u00e9, \u00e0 la r\u00e9union du comit\u00e9 de l&rsquo;\u0152uvre de la conservation de la foi et d\u00e9jeuner \u00e0 l&rsquo;\u00c9v\u00each\u00e9. Il nous annonce la grossesse assez avanc\u00e9e de Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui attend un 3<sup>\u00e8me<\/sup> enfant pour juillet ; Pilom\u00e8ne ces jours-ci, Marie-Th\u00e9r\u00e8se dans quatre mois, \u00e7a va vite ! Sans compter que, moi aussi, je commence \u00e0 me demander si Bebelle n&rsquo;en aura pas un second en septembre, \u00e7a ferait trois dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e ; ma belle-s\u0153ur du Lac, la femme d\u2019Albert, en attend un aussi en septembre ; quelle fourn\u00e9e ! Le soir je vais \u00e0 la retraite des hommes \u00e0 Saint-Jean&nbsp;; Papa y vient aussi. \u00c0 5 heures, j&rsquo;assiste \u00e0 la r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste ; on d\u00e9cide de rendre publique la nouvelle de la candidature de M. Bertran d\u00e9cid\u00e9e, en principe, depuis plusieurs jours, et de commencer la campagne. Cette candidature du pr\u00e9sident de l&rsquo;Action fran\u00e7aise se produit uniquement dans un but de propagande ; M. Bertran se pr\u00e9sente comme candidat catholique et royaliste avec un programme aussi nettement royaliste qu&rsquo;il soit possible de le concevoir ; c&rsquo;est la seule utilit\u00e9 de l&rsquo;action \u00e9lectorale.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 17 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me prom\u00e8ne avec Bebelle ; il fait un temps superbe&nbsp;; le soir, je vais \u00e0 la retraite des hommes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 18 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 9h, avec Bebelle&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, j&rsquo;accompagne M. Henri Bertran \u00e0 Claira pour lui faire prendre contact avec les chefs conservateurs de cette commune ; je les avais avertis de cette visite. On fait le meilleur accueil \u00e0 M. Bertran, le maire M. Besombes nous accompagne lui-m\u00eame dans nos visites et nous promet un appui. Cependant, \u00e0 Claira, la plupart des conservateurs sont bonapartistes ; mais ils sont enchant\u00e9s d&rsquo;avoir un candidat nettement catholique et antir\u00e9publicain et voteront pour lui en masse. M. Bertran revient enchant\u00e9 de sa visite \u00e0 Thuir. Le soir, je vais \u00e0 la retraite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la f\u00eate de Bebelle et aussi celle de l&rsquo;oncle Gabriel et de Gabrielle de Llobet, qui est ici ; souhaits et \u00e9change mutuel de bouquets et petits cadeaux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 19 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons la sainte communion \u00e0 la messe de 8 heures en l\u2019honneur de la f\u00eate de Saint Joseph ; \u00e0 la grand&rsquo;messe, \u00e0 laquelle la Soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels Saint-Joseph assiste en corps, Bebelle qu\u00eate, accompagn\u00e9e de M. Desp\u00e9ramons. Le soir, j&rsquo;assiste \u00e0 la Salle des \u0152uvres \u00e0 la r\u00e9union de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-Joseph o\u00f9 j&rsquo;entre \u00e0 titre de membre honoraire&nbsp;; cette r\u00e9union tient lieu de cl\u00f4ture de la retraite, car le pr\u00e9dicateur y prend la parole.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 20 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous assistons \u00e0 la grand&rsquo;messe des Rameaux ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec M. Bertran et Mass\u00e9 nous allons \u00e0 Villelongue pr\u00e9parer les voies \u00e0 la candidature royaliste de M. Bertran (nous prenons la parole dans deux caf\u00e9s) et \u00e0 Bompas fonder un groupe d&rsquo;Action fran\u00e7aise. L&rsquo;oncle Xavier est nomm\u00e9 commandant de la 36<sup>\u00e8me<\/sup> brigade \u00e0 Angers ; si nous habitions encore cette ville ce serait bien agr\u00e9able !<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 27 mars 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 21 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman viennent passer l&rsquo;apr\u00e8s-midi de 2h \u00e0 7 heures. Un gros \u00e9v\u00e9nement qui int\u00e9resse au plus haut point les royalistes vient de se produire. <em>Le Gaulois<\/em> d&rsquo;hier dimanche publiait sous le titre \u00ab D\u00e9clarations du duc d&rsquo;Orl\u00e9ans \u00bb un article de M. de Maizi\u00e8res qui contenait, au milieu d&rsquo;excellentes choses sur la politique r\u00e9publicaine et sur la monarchie et m\u00eame au milieu d&rsquo;\u00e9loges pour l&rsquo;ardeur, pour le d\u00e9vouement de l&rsquo;Action fran\u00e7aise et des Camelots du Roi, un v\u00e9ritable bl\u00e2me \u00e0 leur mani\u00e8re de faire, \u00e0 leur tactique. Si cet article \u00e9tait le reflet de la pens\u00e9e du duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, ce serait tr\u00e8s p\u00e9nible pour l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; mais tout porte \u00e0 croire que les d\u00e9clarations du Prince ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9natur\u00e9es pour les besoins de la politique, un peu molle et \u00e9quivoque de ce <em>Gaulois<\/em> qui se dit royaliste mais qui est surtout ami de sa tranquillit\u00e9. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;Action fran\u00e7aise se sentant vis\u00e9e, a couru au bureau politique de Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans o\u00f9 on lui a d\u00e9clar\u00e9 que l&rsquo;article du <em>Gaulois<\/em> qui n&rsquo;a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 au bureau politique, n&rsquo;a aucun caract\u00e8re officiel et n&rsquo;engage que la responsabilit\u00e9 de M. de Maizi\u00e8res ; une note dans ce sens para\u00eetra dans le prochain num\u00e9ro de la <em>Correspondance nationale<\/em>, organe officiel du bureau politique. Je sais pertinemment que le Prince est partisan des m\u00e9thodes d&rsquo;Action fran\u00e7aise ; je suis donc convaincu que dans ce regrettable conflit avec <em>Le Gaulois<\/em>, il donnera finalement raison \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; mais si je me trompais, si le Roi devait bl\u00e2mer l&rsquo;Action fran\u00e7aise, celle-ci, j&rsquo;en suis convaincu, s&rsquo;inclinerait devant l&rsquo;autorit\u00e9 royale et se soumettrait. Mais enfin, il faut envisager toutes les \u00e9ventualit\u00e9s et supposer, chose invraisemblable, que le Roi bl\u00e2mant l&rsquo;Action fran\u00e7aise, celle-ci ne s\u2019inclinerait pas devant le Roi. Dans ce cas, le devoir des royalistes qui suivent l&rsquo;Action fran\u00e7aise est tout trac\u00e9, et quelque p\u00e9nible qu&rsquo;il soit, ils devraient abandonner l\u2019Action fran\u00e7aise et suivre le Roi. Pour moi, je n&rsquo;aurais pas une minute d&rsquo;h\u00e9sitation. <em>In petto<\/em>, je d\u00e9plorerais, mais j&rsquo;ob\u00e9irais ; en bon Fran\u00e7ais, je suivrais mon Roi dont le principe seul peut sauver la France. Heureusement que nous n&rsquo;avons pas \u00e0 choisir et que la man\u0153uvre du <em>Gaulois<\/em> lui retombera sur le nez. Arthur Meyer, Juif converti, a fait un coup de Juif !<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"759\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-759x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-630\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-759x1024.jpeg 759w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-222x300.jpeg 222w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-768x1037.jpeg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-1138x1536.jpeg 1138w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-1517x2048.jpeg 1517w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Le_Gaulois___litteraire_et_._bpt6k534642t_1-scaled.jpeg 1897w\" sizes=\"auto, (max-width: 759px) 100vw, 759px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">1\u00e8re page du <em>Gaulois<\/em> du dimanche 20 mars 1910 avec l&rsquo;article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0D\u00e9clarations de Monseigneur le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans\u00a0\u00bb \u2013 Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 22 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;article du <em>Gaulois<\/em> fait le tour de la presse ; les r\u00e9publicains s&rsquo;en r\u00e9jouissent, cela suffit \u00e0 le juger. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira&nbsp;; on laboure le <em>Lloucati<\/em>. Le soir, nous assistons, \u00e0 Saint-Jacques, \u00e0 la procession des p\u00e9nitents.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 23 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, nous avons, chez M. Desp\u00e9ramons, r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste ; on y prend des mesures pour assurer le plus d&rsquo;effet utile possible \u00e0 la campagne de M. Henri Bertran. On y parle de l&rsquo;article du <em>Gaulois<\/em> qui fait tant de bruit. Il n&rsquo;est pas possible que les critiques contre l&rsquo;Action fran\u00e7aise soient le reflet de la pens\u00e9e du Prince.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 24 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous assistons \u00e0 l&rsquo;office \u00e0 Saint-Jean. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s la visite des \u00e9glises, je pars avec Bebelle pour Ille par le train de 3 heures ; nous assistons \u00e0 Ille \u00e0 la belle procession du Jeudi saint ; nous rentrons par le dernier train et nous allons au chant du <em>Stabat<\/em> \u00e0 Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 25 mars 1910 (vendredi saint)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons tous \u00e0 l&rsquo;office du matin \u00e0 Saint-Jean ; puis \u00e0 3 heures, au sermon de la Passion. Nous apprenons par une d\u00e9p\u00eache d&rsquo;Henri de Lavergne que Philom\u00e8ne est accouch\u00e9e d&rsquo;une fille ; la voil\u00e0 affubl\u00e9e de deux filles ! Elle aurait probablement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un gar\u00e7on, mais on ne choisit pas. Marie-Th\u00e9r\u00e8se attend un b\u00e9b\u00e9 pour fin juillet ; quant \u00e0 Bebelle, je crois que nous nous \u00e9tions tromp\u00e9s&nbsp;; le docteur de Lamer l&rsquo;a examin\u00e9e et croit qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien ; certains sympt\u00f4mes nous avaient induits en erreur. Le soir apr\u00e8s diner, nous assistons \u00e0 la cath\u00e9drale \u00e0 une belle c\u00e9r\u00e9monie de r\u00e9paration ; sur l&rsquo;invitation de M. l&rsquo;archipr\u00eatre, je suis l&rsquo;un des quatre porteurs du Christ que l&rsquo;on porte en procession, couch\u00e9 sur un lit, \u00e0 travers la cath\u00e9drale ; les autres porteurs sont l&rsquo;oncle Joseph de Lazerme, M. Desp\u00e9ramons et M. Verg\u00e8s de Ricaudy. Apr\u00e8s cette c\u00e9r\u00e9monie, je vais avec M. Desp\u00e9ramons assister \u00e0 une r\u00e9union socialiste donn\u00e9e par le candidat socialiste Deslini\u00e8re&nbsp;; comme c\u2019est une r\u00e9union contradictoire, M. Bertran y prend la parole et expose tout le programme royaliste et insistant surtout sur la partie sociale de ce programme. Il r\u00e9ussit \u00e0 se faire \u00e9couter tr\u00e8s attentivement par cet auditoire socialiste. Voil\u00e0 de la bonne propagande !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 26 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 l&rsquo;office \u00e0 Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche de P\u00e2ques 27 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je gagne mes P\u00e2ques \u00e0 la communion g\u00e9n\u00e9rale des hommes \u00e0 Saint-Jean \u00e0 7 heures ; il y a environ 600 hommes&nbsp;; c&rsquo;est un beau spectacle. Bebelle, avec les dames, les gagne \u00e0 la messe de 8 heures. Nous revenons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 v\u00eapres&nbsp;; les c\u00e9r\u00e9monies sont tr\u00e8s solennelles. Nous avons les cousines de Llobet et de Lazerme \u00e0 d\u00e9jeuner.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 28 au 31 mars 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 28 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Ille par le train de 11h10 et j&rsquo;assiste \u00e0 une s\u00e9ance r\u00e9cr\u00e9ative offerte par le groupe Saint-Maurice ; je couche \u00e0 Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 29 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les journaux publient une note extraite de <em>L\u2019Action fran\u00e7aise<\/em> ; dans cette note, Maurras, Pujo, le commandant Cuignet, Moreau, qui sont all\u00e9s \u00e0 S\u00e9ville et ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us par le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, affirment que Monseigneur leur a donn\u00e9 les plus formelles assurances d&rsquo;approbation&nbsp;; il a dit que ses paroles n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 comprises, qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas entendu bl\u00e2mer l&rsquo;Action fran\u00e7aise et qu&rsquo;il \u00e9tait en <em>\u00ab&nbsp;compl\u00e8te communion d&rsquo;id\u00e9es&nbsp;\u00bb<\/em> avec elle. Cette note, avant d&rsquo;\u00eatre publi\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 soumise au Prince qui en a approuv\u00e9 les termes, ce qui n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 fait pour l&rsquo;article du <em>Gaulois<\/em> qui a eu un si grand retentissement. Voil\u00e0 clos ce p\u00e9nible incident ; il se termine \u00e0 l&rsquo;avantage de l&rsquo;Action fran\u00e7aise qui va continuer, avec toute la confiance du Roi, son admirable propagande. Quant aux conservateurs genre <em>Gaulois<\/em>, amis surtout de leur tranquillit\u00e9, ils doivent \u00eatre bien attrap\u00e9s ; leur man\u0153uvre a \u00e9chou\u00e9 ! Dans la matin\u00e9e, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re, puis j&rsquo;assiste \u00e0 Ille au mariage de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Batlle-Delcros avec M. Jean Amade ; la c\u00e9r\u00e9monie est des plus simples \u00e0 cause du grand deuil de la famille Batlle ; M. le cur\u00e9<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, po\u00e8te catalan comme M. Amade, prononce une charmante allocution en catalan. Je rentre \u00e0 Perpignan \u00e0 4h \u00bd. Le soir, nous d\u00eenons chez les Llobet avec le jeune m\u00e9nage de Lamerville, un peu parent des Llobet, et de nous par cons\u00e9quent.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/JoanAmade.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"223\" height=\"353\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/JoanAmade.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-629\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/JoanAmade.jpg 223w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/JoanAmade-190x300.jpg 190w\" sizes=\"auto, (max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean Amade (1878-1949), \u00e9crivain, po\u00e8te et auteur d&rsquo;une anthologie de la po\u00e9sie catalane \u2013 Clich\u00e9 tir\u00e9 de la <em>Revue catalane<\/em>, n\u00b014, 1920 (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 30 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons l&rsquo;abb\u00e9 Berdaguer, cur\u00e9 d&rsquo;Estoher, \u00e0 d\u00e9jeuner. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira avec la moto ; la v\u00e9g\u00e9tation est tr\u00e8s avanc\u00e9e ; gare aux gel\u00e9es ! Le soir, nous assistons \u00e0 une conf\u00e9rence, assez ennuyeuse, sur <em>Chantecler<\/em><a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 Agricole, Scientifique et Litt\u00e9raire des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales ; puis je vais un moment au Panache o\u00f9 je vois M. Bertran.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 31 mars 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La petite de Lavergne a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e lundi ; on l&rsquo;a appel\u00e9e Suzanne, comme Maman.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avril 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 3 avril 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 1<sup>er<\/sup> avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 l&rsquo;occasion du premier vendredi du mois, nous faisons la sainte communion \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Saint-Jean. Il fait froid et sombre et vers trois heures, il commence \u00e0 neiger, ce qui est rare \u00e0 Perpignan, surtout dans cette saison&nbsp;; peu \u00e0 peu la chute de neige augmente d&rsquo;intensit\u00e9 et le soir, c&rsquo;est une tourmente ; il y a, vers minuit, six ou sept centim\u00e8tres de neige dans les rues. Je vais tout de m\u00eame \u00e0 la Conf\u00e9rence Saint-Vincent-de-Paul et ensuite, avec Bebelle, \u00e0 un th\u00e9 intime chez les Passama. Je redoute beaucoup des gel\u00e9es quand la neige cessera et que le temps se d\u00e9couvrira ; nous ne les \u00e9viterons que si le vent tourne au Sud ou \u00e0 l&rsquo;Est et am\u00e8ne la pluie. S&rsquo;il g\u00e8le, ce sera terrible pour les vignes, surtout pour les aramons qui sont tr\u00e8s avanc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 2 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il neige encore toute la matin\u00e9e et une partie de l&rsquo;apr\u00e8s-midi ; en ville on patauge dans une boue atroce ; \u00e0 la campagne, il y a une \u00e9paisse couche de neige. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Villelongue-de-la-Salanque avec M. Bertran et l&rsquo;oncle Joseph de Lazerme ; M. Bertran donne une r\u00e9union \u00e9lectorale dans la salle de la mairie, il expose avec une nettet\u00e9 absolue et en m\u00eame temps avec une grande mod\u00e9ration de langage les critiques que la doctrine royaliste fait \u00e0 l&rsquo;adresse de la r\u00e9publique et du syst\u00e8me r\u00e9publicain et expose aussi le programme royaliste. Il est \u00e9cout\u00e9 avec beaucoup d&rsquo;attention.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 3 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Saint-Jean. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, tourn\u00e9e de conf\u00e9rences ; Mass\u00e9 et moi nous accompagnons M. Bertran \u00e0 Claira, Saint-Hippolyte et Torreilles. \u00c0 Claira, et Torreilles, ce sont de magnifiques r\u00e9unions admirablement organis\u00e9es ; \u00e0 Saint-Hippolyte, par suite d&rsquo;une confusion, on ne nous attendait pas ; n\u00e9anmoins, la r\u00e9union a pu avoir lieu ; \u00e0 Claira et Torreilles, apr\u00e8s l&rsquo;expos\u00e9 par M. Bertran de son programme, Mass\u00e9 et moi faisons un petit la\u00efus. Bref, tr\u00e8s belle journ\u00e9e ; le candidat royaliste est admirablement accueilli dans toute la Salanque ; c&rsquo;est un enthousiasme de bon augure. \u00c0 Saint-Hippolyte et Torreilles, o\u00f9 la r\u00e9union \u00e9tait publique \u00e0 la mairie, des r\u00e9publicains y assistaient et ont fait quelques objections ; \u00e0 Torreilles, un \u00ab&nbsp;citoyen&nbsp;\u00bb croit nous embarrasser beaucoup en demandant le livre, combien vieux, de la Saint-Barth\u00e9lemy ! Un autre dit que Jeanne d&rsquo;Arc a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e par l&rsquo;\u00c9glise ; il faut avouer que ces questions n&rsquo;ont qu&rsquo;un lointain rapport avec le programme politique et social de M. Bertran ; nous d\u00eenons \u00e0 Saint-Laurent et, apr\u00e8s la r\u00e9ception de Torreilles, rentrons \u00e0 Perpignan \u00e0 11 heures du soir ; nous \u00e9tions partis \u00e0 1 heure.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 4 au 10 avril 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 4 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le Roussillon<\/em> d&rsquo;aujourd&rsquo;hui raconte tout au long notre tourn\u00e9e de propagande d&rsquo;hier. Papa et Maman arrivent \u00e0 10 heures ; Papa part le soir, Maman couche ici ; nous allons passer la soir\u00e9e chez les Lazerme. Il a un peu gel\u00e9 la nuit derni\u00e8re, j&rsquo;esp\u00e8re que nos vignes n&rsquo;auront pas souffert.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 5 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maman repart \u00e0 3 heures ; je vais un moment au Panache le soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 7 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis parti hier matin pour Vin\u00e7a \u00e0 motocyclette, la moto ayant eu une panne, je l&rsquo;ai men\u00e9e \u00e0 Prades pour la faire r\u00e9parer chez Roz\u00e9 ; quand je suis revenu, le temps se g\u00e2tant, je n&rsquo;ai pas os\u00e9 rentrer ici et j&rsquo;ai couch\u00e9 \u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; j&rsquo;ai bien fait, car une pluie assez violente s&rsquo;est mise \u00e0 tomber un moment apr\u00e8s. Je suis rentr\u00e9 ce matin en m&rsquo;arr\u00eatant \u00e0 Bouletern\u00e8re et Ille. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec M. Carbou, tr\u00e9sorier du Panache, je vais pr\u00e9senter \u00e0 plusieurs personnes une liste de la souscription ouverte pour couvrir les frais de la campagne \u00e9lectorale royaliste ; on a d\u00e9j\u00e0 souscrit plus de deux mille francs, mais si nous pouvons faire monter davantage la souscription, nous pr\u00e9senterons un second candidat (dans la 2<sup>\u00e8me<\/sup> circonscription de Perpignan). Le soir, j&rsquo;accompagne M. Bertran \u00e0 Salces o\u00f9 il donne une r\u00e9union publique devant un nombreux auditoire de 400 \u00e0 500 hommes, pour la plus grande partie compos\u00e9 d&rsquo;adversaires, les socialistes y dominent. On \u00e9coute tr\u00e8s bien le discours royaliste de M. Bertran ; ce sont des id\u00e9es nouvelles pour ces gens-l\u00e0, elles germeront peut-\u00eatre ! Il y a quelques objections aussi b\u00eates que celles de Torreilles. Nous rentrons \u00e0 10h \u00bd par le train.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bureau politique de Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans vient de publier dans la <em>Correspondance nationale<\/em> une derni\u00e8re note officielle sur le diff\u00e9rend entre <em>L&rsquo;Action fran\u00e7aise<\/em> et <em>Le Gaulois<\/em>, qui donne, une fois de plus, compl\u00e8te satisfaction \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise. D\u00e9cid\u00e9ment, cet incident a tourn\u00e9 \u00e0 la confusion du <em>Gaulois<\/em>. Voici ce communiqu\u00e9 que publient tous les journaux royalistes :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"783\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407-1024x783.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-631\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407-1024x783.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407-300x230.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407-768x588.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/19100407.jpg 1213w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab\u00a0Communication du bureau politiqu\u00a0\u00bb, <em>Correspondance nationale<\/em> \u2013 Coupure de presse coll\u00e9e par Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch dans son journal au 7 avril 1910<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 8 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, belle c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 la cath\u00e9drale, en l&rsquo;honneur de Saint Fran\u00e7ois de Paule, procession dite du V\u0153u des consuls. Bonne Maman vient passer la journ\u00e9e et coucher ici.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 9 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, je vais assister \u00e0 la belle r\u00e9union que donne M. Bertran \u00e0 Rivesaltes devant un superbe auditoire de 7 \u00e0 800 hommes, presque tous socialistes. Ils \u00e9coutent avec beaucoup d&rsquo;attention l&rsquo;expos\u00e9 de la doctrine royaliste fait par M. Bertran et par M. Desp\u00e9ramons ; ils font des objections auxquelles r\u00e9pondent les orateurs ; tout se passe d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s courtoise. On n&rsquo;avait pas vu, de m\u00e9moire d&rsquo;homme, une r\u00e9union royaliste \u00e0 Rivesaltes, qui est une des citadelles des id\u00e9es r\u00e9publicaines et r\u00e9volutionnaires en Roussillon et on craignait des bagarres ; il y a dix ans, il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 impossible \u00e0 des orateurs royalistes de se faire \u00e9couter ; on les aurait assomm\u00e9s ; aujourd&rsquo;hui on les \u00e9coute avec courtoisie, on applaudit m\u00eame certains passages de leurs discours ; c&rsquo;est un progr\u00e8s. En tout cas, cette campagne d\u00e9truira certainement bien des pr\u00e9jug\u00e9s ; on se fera de la doctrine royaliste une id\u00e9e nouvelle. En rentrant, je vais chercher Bebelle qui est all\u00e9e passer la soir\u00e9e chez Mme Passama ; j&rsquo;y passe un moment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 10 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 toutes les c\u00e9r\u00e9monies de l&rsquo;Adoration perp\u00e9tuelle \u00e0 la cath\u00e9drale ; elles sont tr\u00e8s solennelles. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, aux v\u00eapres, l&rsquo;oncle Gabriel prononce un tr\u00e8s beau sermon sur l&rsquo;Eucharistie.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 11 au 17 avril 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 11 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman viennent passer la journ\u00e9e et couchent ici. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 l&rsquo;ancien Sacr\u00e9-C\u0153ur avec Bebelle&nbsp;; je vois l\u2019abb\u00e9 Nuixa et le petit Batllot.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 12 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste. On y d\u00e9cide de pr\u00e9senter Alphonse Mass\u00e9, r\u00e9dacteur en chef du <em>Roussillon<\/em>, dans la deuxi\u00e8me circonscription de Perpignan, si\u00e8ge occup\u00e9 aujourd&rsquo;hui par le radical-socialiste Dalbiez, successeur de feu Bourrat. L&rsquo;\u00e9tat de notre caisse nous permet un nouvel effort de propagande, la souscription ouverte parmi nos amis arrive \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 3000 francs, et le comit\u00e9 \u00e9lectoral royaliste, constitu\u00e9 par les soins du bureau politique de Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, nous a envoy\u00e9 une somme de sept mille francs ; nous avons donc environ 10.000 francs ; c&rsquo;est plus qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour deux candidatures. Quelle belle campagne royaliste ! Comme nos amis vont \u00eatre heureux !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 13 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira et j&rsquo;examine de pr\u00e8s toutes les vignes ; la v\u00e9g\u00e9tation a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s retard\u00e9e par le temps, mais il n&rsquo;y a pour ainsi dire pas de bourgeons gel\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 15 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je rentre d&rsquo;une longue tourn\u00e9e \u00e9lectorale de 48 heures ; hier matin, je suis parti en auto avec M. Henri Bertran, son fr\u00e8re M. Jean Bertran et M. Tribillac&nbsp;; nous avons visit\u00e9 Montalba, B\u00e9lesta, Cassagnes, Caramany (o\u00f9 nous avons d\u00e9jeun\u00e9), Ansignan et nous avons couch\u00e9 \u00e0 Saint-Paul-de-Fenouillet ; dans toutes ces communes, M. Bertran a donn\u00e9 des r\u00e9unions publiques dans lesquelles il a d\u00e9velopp\u00e9 le programme royaliste ; il a \u00e9t\u00e9 applaudi partout&nbsp;; la r\u00e9union de Saint-Paul devant 7 \u00e0 800 personnes, a \u00e9t\u00e9 superbe. Ce matin, nous sommes all\u00e9s \u00e0 Caudi\u00e8s voir M. de Ferluc, puis \u00e0 Maury, o\u00f9 M. Bertran a donn\u00e9 une r\u00e9union en plein air ; il a \u00e9t\u00e9 applaudi par cette population si rouge de Maury ; et enfin, ce soir, \u00e0 8 heures, a eu lieu la grande r\u00e9union politique d&rsquo;Estagel ; Estagel, la citadelle des id\u00e9es r\u00e9publicaines&nbsp;; eh bien, cette conf\u00e9rence, pr\u00e9sid\u00e9e par le maire socialiste Soubielle, a \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9e dans le plus grand silence et m\u00eame applaudie ; c&rsquo;est inou\u00ef ! Il y a quelques ann\u00e9es, on se serait fait \u00e9charper en parlant du roi \u00e0 Estagel. Cette campagne royaliste produira certainement des fruits ; bien des pr\u00e9jug\u00e9s seront d\u00e9truits ; on conna\u00eet d\u00e9sormais le programme royaliste ; et on sait qu&rsquo;il est expos\u00e9 par un homme de conviction, par un homme d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 qui ne dit pas cela pour capter des voix ; M. Bertran dit partout qu&rsquo;il ne vient pas mendier des voix, qu&rsquo;il sait tr\u00e8s bien qu&rsquo;il ne sera pas \u00e9lu&nbsp;; cela lui donne une grande force !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 16 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui, je me repose ; je m&rsquo;occupe de ma correspondance personnelle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 17 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Jean.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 18 au 24 avril 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 18 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Ille en moto ; je rentre \u00e0 six heures. Maman est un peu souffrante, mais j&rsquo;esp\u00e8re que ce ne sera rien. Le soir, ici, grande r\u00e9union publique et contradictoire entre royalistes et socialistes, \u00e0 la salle des Tanneries ; je fais partie du bureau. Au d\u00e9but, l&rsquo;assistance (2000 personnes environ) est assez houleuse ; le calme rena\u00eet ensuite et M. Bertran expose les doctrines sociales de la monarchie ; Deslini\u00e8res<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a> l\u2019organisation socialiste de la soci\u00e9t\u00e9. Desp\u00e9ramons r\u00e9pond \u00e0 Deslini\u00e8res et fait une critique tr\u00e8s serr\u00e9e et tr\u00e8s spirituelle du collectivisme ; il expose, \u00e0 son tour, les doctrines royalistes et donne lecture de la \u00ab&nbsp;Lettre aux ouvriers&nbsp;\u00bb de Mgr le comte de Chambord en 1865 ; Desp\u00e9ramons est \u00e9cout\u00e9 dans le plus grand silence, il remporte un vrai succ\u00e8s ; Deslini\u00e8res riposte, Desp\u00e9ramons reprend de nouveau la parole et la r\u00e9union se termine \u00e0 11h \u00bd. C&rsquo;est un acte de propagande.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Lucien_Deslinieres.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"213\" height=\"262\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Lucien_Deslinieres.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-632\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lucien Deslini\u00e8res (1857-1937), secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la f\u00e9d\u00e9ration SFIO des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales \u2013 Clich\u00e9 anonyme, <em>Les Hommes du jour<\/em>, 15 novembre 1919 (Gallica)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 19 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pars \u00e0 2h en auto avec Jacques Passama et nous visitons les villages de Llupia, Terrats, Passa, Tresserres et Saint-Jean-Lasseille o\u00f9 nous faisons de la propagande pour Mass\u00e9 ; en m\u00eame temps, Mass\u00e9 parle \u00e0 Canoh\u00e8s, Desp\u00e9ramons \u00e0 Corneilla, Th\u00e9za et Al\u00e9nya, et M. Bertran (pour son compte personnel) \u00e0 Baixas et Calces ; tous nous rentrons au Panache vers 10h du soir. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 se faire d&rsquo;illusions, Mass\u00e9 aura fort peu de voix ; beaucoup de conservateurs, m\u00eame des royalistes, bien indisciplin\u00e9s, voteront pour l&rsquo;opportuniste Chauvet dans le but de faire \u00e9chec au radical-socialiste Dalbiez ; c&rsquo;est tr\u00e8s f\u00e2cheux, mais ce sera ; par contre, M. Bertran aura certainement une belle minorit\u00e9. Mais nous ne nous pr\u00e9occupons pas beaucoup du chiffre de voix qu&rsquo;obtiendront nos candidats ; ce que nous voulons, c&rsquo;est faire de la propagande et nous en faisons. Ces tourn\u00e9es sont fatigantes, il me tarde d&rsquo;\u00eatre au bout.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 20 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Trouillas et Toulouges avec Jacques Passama et Henri Jonqu\u00e8res d&rsquo;Oriola ; nous ne donnons pas de r\u00e9union, nous nous contentons de voir quelques amis.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 21 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais, avec Bebelle, voir Papa et Maman passer \u00e0 la gare ; ils vont \u00e0 Labastide d\u2019Anjou. Le soir, je vais avec M. Cambres, maire royaliste de Th\u00e9za, \u00e0 Montescot, Brouilla et Villeneuve-de-la-Raho ; nous donnons une r\u00e9union et je la\u00efusse dans chacune de ces trois communes ; \u00e0 Brouilla, on nous fait mauvais accueil ; on hurle \u00e0 \u00ab&nbsp;la cocarde blanque&nbsp;\u00bb etc&#8230;&nbsp;; dans la salle, on affecte de causer et de ricaner pour couvrir ma voix ; je ne m\u2019en \u00e9meus pas et je vais jusqu&rsquo;au bout de mon discours, ne voulant pas qu&rsquo;il soit dit que j&rsquo;ai c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 22 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je devais aller ce soir \u00e0 Trouillas et Ortaffa, mais les maires refusent de pr\u00eater la salle de la mairie et on ne trouve pas de salles priv\u00e9es ; nous voil\u00e0 donc forc\u00e9s d&rsquo;y renoncer ; j&rsquo;accompagne M. Bertran \u00e0 Bompas o\u00f9 il donne une belle r\u00e9union, en collaboration de M. Desp\u00e9ramons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 23 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais en auto dans plusieurs communes de la circonscription de Mass\u00e9 voir quelques amis au Soler, Ponteilla, Fourques, Canoh\u00e8s, Llauro, Tord\u00e8res etc. ; je d\u00e9jeune \u00e0 Sa\u00fc chez les Passama ; avec Henri Passama, nous d\u00e9cidons qu&rsquo;une r\u00e9union \u00e0 Thuir est n\u00e9cessaire le soir ; nous revenons \u00e0 Perpignan prendre Mass\u00e9 et allons avec lui \u00e0 Thuir o\u00f9 la r\u00e9union, tr\u00e8s bruyante, a lieu \u00e0 7h 1\/2 ; au retour, nous assistons \u00e0 la r\u00e9union de la Salle des \u0152uvres o\u00f9 parlent les deux candidats de M. Desp\u00e9ramons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 24 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;assiste \u00e0 la messe des hommes puis je vais voter \u00e0 Claira ; je suis inscrit \u00e0 Bouletern\u00e8re, Claira et Perpignan, c\u2019est-\u00e0-dire dans trois circonscriptions (Prades, la 1<sup>\u00e8re<\/sup> et la 2<sup>\u00e8me<\/sup> de Perpignan) ; je pr\u00e9f\u00e8re voter pour Bertran que pour Mass\u00e9 parce que j&rsquo;estime qu&rsquo;il faut concentrer nos voix sur Bertran ; c&rsquo;est pourquoi je vais \u00e0 Claira. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 v\u00eapres. Le soir, \u00e0 6h, je suis scrutateur ici \u00e0 la section du Tribunal de commerce. On conna\u00eet les r\u00e9sultats dans la soir\u00e9e ; M. Bertran a 1600 \u00e0 1700 voix ; Mass\u00e9 800 environ ; c&rsquo;est peu pour M. Bertran&nbsp;; je comptais sur 2000 ; il faut donc que beaucoup de nos amis aient fait preuve d&rsquo;indiscipline en votant, par peur du pire, pour le franc-ma\u00e7on Bartissol ou l&rsquo;anticl\u00e9rical Chauvet ; dr\u00f4le de mentalit\u00e9 ! Nous verrons demain, \u00e0 la r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste, ce qu\u2019il y a \u00e0 faire pour le deuxi\u00e8me tour. \u00c0 Prades, Brousse est \u00e9lu contre le Dr Batlle, maire d&rsquo;Ille<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a> ; ce petit homme ren\u00e9gat doit \u00eatre furieux ! Ici, Bartissol a perdu \u00e9norm\u00e9ment de terrain, c&rsquo;est le radical socialiste Manaut qui arrive en t\u00eate. Tous ces calculs me laissent d&rsquo;ailleurs assez froid ; ce que nous nous proposions, c&rsquo;\u00e9tait de faire de la propagande ; nous y avons r\u00e9ussi je crois, quant au r\u00e9sultat \u00e9lectoral, nous \u00e9tions sans illusions ; nous n&rsquo;avons donc aucune d\u00e9ception !<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 25 au 30 avril 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 25 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toute la journ\u00e9e des n\u00e9gociations ont lieu entre diff\u00e9rents partis ; on fait de la basse cuisine \u00e9lectorale ; nous restons au-dessus de ces mis\u00e9rables combinaisons ; le soir, le comit\u00e9 royaliste se r\u00e9unit et, \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9, d\u00e9cide que nos candidats se repr\u00e9senteront dans un but de propagande ; l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un d\u00e9sistement ne pourrait \u00eatre envisag\u00e9e que dans le cas o\u00f9 on viendrait \u00e0 se produire une candidature catholique ou une candidature d&rsquo;ordre \u00e9conomique (c&rsquo;est-\u00e0-dire viticole) en dehors de toute th\u00e8se constitutionnelle ; si aucune de ces deux hypoth\u00e8ses ne se produit, Bertran et Mass\u00e9 continueront leur campagne. \u00c0 Ille, on est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s attrap\u00e9 de l&rsquo;\u00e9crasement du petit docteur Batlle&nbsp;; le plus attrap\u00e9, ce doit \u00eatre cet ambitieux sans scrupule !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 26 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On parle de candidatures viticoles, mais il n&rsquo;y a rien de certain ; ce qui est certain, c&rsquo;est que Bartissol abandonne la lutte ; bonne affaire pour nous ! M. Bertran va se trouver en pr\u00e9sence du radical-socialiste Manaut et du socialiste unifi\u00e9 Deslini\u00e8res ; j&rsquo;esp\u00e8re que tous les Catholiques comprendront leur devoir !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 27 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons au mariage de notre cousine H\u00e9l\u00e8ne de Lamer avec M. Paul Ducup de Saint-Paul<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a> ; la c\u00e9r\u00e9monie religieuse a lieu \u00e0 Saint-Jean, le lunch tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gant au Grand H\u00f4tel ; je donne le bras \u00e0 Mlle Cristau ; on danse un peu apr\u00e8s le lunch.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 28 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Ille, Bouletern\u00e8re et Vin\u00e7a avec la moto ; je vois les vignes de Bouletern\u00e8re et je d\u00e9jeune \u00e0 Ille. Le soir, je vois M. Bertran au Panache. Toute id\u00e9e d&rsquo;une candidature viticole est abandonn\u00e9e ; on n&rsquo;a pas trouv\u00e9 de candidat. Ce qu\u2019il y a de vraiment navrant, c\u2019est que dans les deux circonscriptions, ceux qui se disent nos amis les Catholiques, m\u00eame royalistes, au lieu de soutenir les candidats que nous leur pr\u00e9sentons, vont se ruer derri\u00e8re des cuistres cherchant \u00e0 la loupe une diff\u00e9rence entre les uns et les autres ; dans la 1<sup>\u00e8re<\/sup> circonscription, le socialiste Deslini\u00e8res, un aventurier qui a subi des condamnations pour des affaires d\u00e9licates, viole un engagement d&rsquo;honneur pris par lui et pose sa candidature contre le nomm\u00e9 Manaut \u00e0 qui il avait publiquement promis de se retirer s&rsquo;il avait moins de voix que lui au 1<sup>er<\/sup> tour&nbsp;; eh bien, une grosse majorit\u00e9 des royalistes de la Salanque m\u00eame va voter pour celui-l\u00e0 afin de faire \u00e9chec \u00e0 Manaut ; dans la 2<sup>\u00e8me<\/sup> circonscription, au lieu de voter pour Mass\u00e9, ceux qui se disent nos amis vont voter pour un chanteur d\u2019Alcazar et de caf\u00e9-concert, un nomm\u00e9 Rameil, pour faire \u00e9chec \u00e0 Dalbiez&nbsp;; voil\u00e0 ce que c\u2019est que la politique \u00e9lectorale. Ah vraiment, il faut, comme nous le faisons, se tenir bien haut au-dessus de ces salet\u00e9s, dans la r\u00e9gion sereine des principes, pour ne pas se laisser envahir par le d\u00e9couragement&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 29 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira voir les vignes qui sont belles. Les nouvelles ne sont pas meilleures qu&rsquo;hier ; ceux qui se disent nos amis nous l\u00e2chent en grand ; une partie du clerg\u00e9 a \u00e9t\u00e9 contre nous, c&rsquo;est \u00e9c\u0153urant ! Ce soir, nous allons prendre le th\u00e9 chez les Passama.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 30 avril 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons diff\u00e9rentes commissions et nous commen\u00e7ons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part, car nous devons partir ces jours-ci pour tr\u00e8s longtemps ; tout d&rsquo;abord nous passerons une huitaine de jours \u00e0 Vin\u00e7a et Ille, puis nous irons passer un mois au chalet Saint-Michel, ensuite un mois \u00e0 Biarritz, \u00e0 la villa Sainte-C\u00e9cile, puis enfin un mois \u00e0 six semaines \u00e0 la M\u00e9tairie Grande ; nous serons donc absents du pays jusqu&rsquo;\u00e0 la fin d&rsquo;ao\u00fbt, presque jusqu&rsquo;au moment des vendanges.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mai 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 1<sup>er <\/sup>mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Saint-Jean ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec MM. Bertran et Desp\u00e9ramons, Henri Passama et les jeunes gens d&rsquo;Arexy, nous faisons une tourn\u00e9e dans la Salanque pour chauffer le z\u00e8le de nos amis, c\u2019est bien n\u00e9cessaire ! Nous nous arr\u00eatons \u00e0 Villelongue, Torreilles, Saint-Laurent et Claira&nbsp;; nous donnons des r\u00e9unions \u00e0 Saint-Laurent et Torreilles ; nous d\u00eenons \u00e0 Saint-Laurent chez M. Par\u00e8s-Bertholat.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 2 au 8 mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 2 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons des pr\u00e9paratifs de d\u00e9part ; les nouvelles sur les dispositions de nos amis, dans la Salanque, sont meilleures depuis notre tourn\u00e9e d&rsquo;hier. Ce soir, r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 3 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous achevons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part. Le soir, avec Henri Jonqu\u00e8res et Henri Passama, je donne une r\u00e9union \u00e0 Claira en faveur de la candidature de M. Bertran ; j&rsquo;esp\u00e8re que nous aurons obtenu un r\u00e9sultat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 4 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous arrivons \u00e0 Vin\u00e7a par le train de midi ; nous trouvons Bonne Maman en bonne sant\u00e9 ; nous passerons 48 heures ici et nous irons \u00e0 Ille vendredi. Le soir, nous allons au Mois de Marie et nous nous confessons ensuite.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 5 mai mai 1910 (Ascension)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons la sainte communion \u00e0 la messe de 8 heures ; nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; nous nous promenons un peu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 6 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette nuit \u00e0 Vin\u00e7a j&rsquo;ai vu la fameuse com\u00e8te de Halley qui dans quelques jours rencontrera la terre ; ce sera un curieux ph\u00e9nom\u00e8ne astronomique. Le matin, nous faisons la sainte communion ; nous allons \u00e0 Donna Nova et \u00e0 la Balme. L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous venons de Vin\u00e7a \u00e0 Ille en voiture, nous nous arr\u00eatons \u00e0 Bouletern\u00e8re. Le soir, j&rsquo;apprends par <em>Le Roussillon<\/em> le d\u00e9sistement de Mass\u00e9&nbsp;; voil\u00e0 une nouvelle \u00e0 laquelle je ne m&rsquo;attendais&nbsp;; je saurai \u00e0 Perpignan ce qui s\u2019est pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 7 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons la matin\u00e9e \u00e0 Ille et venons \u00e0 Perpignan par le train de 4 heures. Bebelle fait quelques commissions ; moi, je vais avec Henri Jonqu\u00e8res et Jacques Passama \u00e0 Bompas et Claira ; tandis qu&rsquo;ils vont \u00e0 Opoul, je reste \u00e0 Claira o\u00f9 je parle au cours d&rsquo;une r\u00e9union organis\u00e9e par des ouvriers en faveur de la candidature Bertran ; malgr\u00e9 la d\u00e9fection de certains chefs, M. Bertran aura un succ\u00e8s \u00e0 Claira dimanche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 8 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, apr\u00e8s la messe, je reviens \u00e0 Claira ; je vote et je fais voter pas mal de gens, je fais beaucoup de propagande ; je vais aussi \u00e0 Saint-Hippolyte. Je rentre \u00e0 Perpignan \u00e0 10h \u00bd et rentre \u00e0 Ille \u00e0 midi ; l\u2019oncle Gabriel et Monseigneur sont arriv\u00e9s \u00e0 dix heures. \u00c0 v\u00eapres, a lieu la c\u00e9r\u00e9monie de la Confirmation&nbsp;; Monseigneur est \u00e0 Ille pour 3 jours. Le soir, on apprend le r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9lection ; les blocards, comme il fallait s&rsquo;y attendre, sont \u00e9lus \u00e0 Perpignan et \u00e0 C\u00e9ret ; dans la 1<sup>\u00e8re<\/sup> de Perpignan, cependant, j&rsquo;aurais cru que le socialiste Deslini\u00e8res serait \u00e9lu.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 9 au 15 mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 9 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. Bertran a eu 1593 voix, c&rsquo;est-\u00e0-dire 52 de moins que le 24 avril ; nos partisans du 1<sup>er<\/sup> tour sont donc rest\u00e9s fid\u00e8les, mais qu\u2019ils sont peu&nbsp;! Beaucoup de conservateurs et de Catholiques sont des fumistes, des l\u00e2cheurs&nbsp;; si nous comptions sur le moyen \u00e9lectoral, ce serait d\u00e9courageant ; heureusement que nous ne comptons pas l\u00e0-dessus ! Dans l&rsquo;ensemble de la France les \u00e9lections ont \u00e9t\u00e9 carr\u00e9ment mauvaises ; c&rsquo;est fatal ! Le soir, nous allons au Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 10 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous arrivons ici \u00e0 8h du soir pour faire nos derniers pr\u00e9paratifs de d\u00e9part et partir demain matin. Ce matin, \u00e0 Ille, tr\u00e8s beau d\u00e9jeuner que Papa et Maman offraient \u00e0 Monseigneur \u00e0 l&rsquo;occasion de son passage \u00e0 Ille ; les autres invit\u00e9s \u00e9taient l\u2019oncle Gabriel et Tante Augustine de Llobet, le clerg\u00e9 d&rsquo;Ille et le cur\u00e9 de Vin\u00e7a, plus, bien entendu, nous deux et Bonne Maman. Maman est enchant\u00e9e parce que Monseigneur lui a donn\u00e9 spontan\u00e9ment la permission de faire c\u00e9l\u00e9brer quelquefois la messe dans la chapelle de la maison.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, mercredi 11 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voici hors du Roussillon pour plus de 3 mois. Laissant Bebelle et Tony arriver, avec la nourrice, au chalet ce soir&nbsp;; je m&rsquo;arr\u00eate un jour \u00e0 Toulouse pour voir o\u00f9 en est mon affaire contre \u00ab&nbsp;Les Pr\u00e9voyants de France&nbsp;\u00bb. Je vois Emmanuel de Saint-Jean<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a> qui est mon avou\u00e9, mon avocat M. de Laportali\u00e8re&nbsp;; l\u2019affaire se plaidera bient\u00f4t. Le soir, je vais voir jouer <em>Madame Sans-G\u00eane<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 12 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Toulouse \u00e0 1h18 et j&rsquo;arrive \u00e0 5h \u00bd au chalet<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a> ; je trouve tout le monde en bonne sant\u00e9 ; il fait un temps d\u00e9testable une pluie froide qui dure depuis longtemps.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"695\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5-1024x695.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-633\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5-1024x695.webp 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5-300x204.webp 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5-768x521.webp 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5-1536x1043.webp 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-5.webp 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chalet Saint-Michel, Saint-Michle-de-Castelnau (Gironde), propri\u00e9t\u00e9 de la famille du Lac \u2013 Carte postale, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Site delcampe.net)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 13 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps, et nous ne pouvons pas nous promener.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 14 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Casteljaloux en auto ; nous faisons quelques commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 14 mai 1910 (Pentec\u00f4te)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Michel&nbsp;; apr\u00e8s v\u00eapres, nous allons \u00e0 Casteljaloux voir les Lamothe de Mondion.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 16 au 22 mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 16 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la chasse au sanglier avec Henry, le r\u00e9gisseur Maubaret et un autre homme ; nous voyons des traces, mais ne trouvons pas le gibier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Bordeaux, mardi 17 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voici \u00e0 Bordeaux o\u00f9 nous sommes venus pour assister \u00e0 <em>Chantecler<\/em><a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Nous avons fait le trajet en auto ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous nous promenons en ville ; le soir, nous allons \u00e0 <em>Chantecler<\/em>&nbsp;; c&rsquo;est une \u0153uvre bizarre, qui contient d&rsquo;assez jolis passages, mais aussi des trivialit\u00e9s incroyables&nbsp;; je ne crois pas que cette pi\u00e8ce reste&nbsp;; elle est bien jou\u00e9e. Demain nous irons \u00e0 Saintes voir Marie-Th\u00e9r\u00e8se et Max.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Saintes, mercredi 18 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Laissant Henry \u00e0 Bordeaux, nous sommes venus \u00e0 Saintes surprendre Marie-Th\u00e9r\u00e8se et Max que nous n&rsquo;avions pas vus depuis plus d&rsquo;un an ; ils ont \u00e9t\u00e9 ahuris de nous voir arriver et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bien heureux de les revoir ; leurs enfants ont bien grandi. Nous couchons ce soir chez eux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 19 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est la nuit derni\u00e8re que la terre et la queue de la com\u00e8te de Halley se sont rencontr\u00e9es ; cette rencontre est pass\u00e9e inaper\u00e7ue&nbsp;; aucun ph\u00e9nom\u00e8ne naturel n\u2019est venu la r\u00e9v\u00e9ler ; nous n&rsquo;avons pas encore vu la fin du monde que certains avaient annonc\u00e9e. Nous quittons Saintes \u00e0 9 heures, enchant\u00e9s du trop court s\u00e9jour que nous y avons fait&nbsp;; nous sommes \u00e0 Bordeaux \u00e0 midi et rentrons ici en automobile dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 20 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons nous promener \u00e0 la m\u00e9tairie du Pont.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 21 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons voir faire des coupes dans la direction du Biret ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons nous confesser \u00e0 Saint-Michel. Les journaux racontent les majestueuses fun\u00e9railles que l&rsquo;Angleterre a faites hier \u00e0 son Roi Edouard VII ; c&rsquo;est un deuil national pour nos voisins d&rsquo;outre-Manche&nbsp;; mais comme ils se serrent autour de leur nouveau roi Georges V, le d\u00e9c\u00e8s du grand souverain que fut Edouard VII n\u2019aura pas de cons\u00e9quences malheureuses pour eux.&nbsp; Depuis la mort du roi d&rsquo;Angleterre, comme au moment de celle du roi des Belges, il semble que le bon sens soit revenu dans les cervelles fran\u00e7aises ; tous les journaux r\u00e9publicains depuis les r\u00e9publicains conservateurs genre <em>\u00c9clair<\/em> (de Paris) jusqu\u2019aux plus avanc\u00e9s ont fait un \u00e9loge enthousiaste, non seulement du roi d\u00e9funt, mais de l\u2019institution monarchique&nbsp;; ils reconnaissent que c&rsquo;est \u00e0 cette institution que l&rsquo;Angleterre doit sa grandeur etc. etc. Voil\u00e0 qui est parfait, qui est admirablement raisonn\u00e9. Mais pourquoi faut-il que les m\u00eames journaux soient les ennemis, dans leur propre pays, de cette institution qui, ils le proclament, fait la grandeur de nos rivaux&nbsp;? D\u00e9mence ou trahison&nbsp;? Vraiment la post\u00e9rit\u00e9 aura de la peine \u00e0 s&rsquo;expliquer ces contradictions ! Ce qui est humiliant pour nous, c&rsquo;est que l&rsquo;envoy\u00e9 fran\u00e7ais aux obs\u00e8ques du roi avait un rang tout \u00e0 fait inf\u00e9rieur ; les plus petits pays, parce qu\u2019ils \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s par leur roi ou un prince de la famille r\u00e9gnante, comme le Portugal, le Danemark etc., avaient le pas sur la France r\u00e9publicaine&nbsp;; il y avait l\u00e0, outre le roi d\u2019Angleterre, 8 autres rois et 4 reines&nbsp;;&nbsp; si le roi de France e\u00fbt \u00e9t\u00e9 l\u00e0, il aurait accompagn\u00e9 le roi d&rsquo;Angleterre, comme Guillaume II&nbsp;; h\u00e9las, au milieu de cette revue de l\u2019Europe monarchique et militaire, nous faisions bien pi\u00e8tre figure.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 22 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe de 8 heures qui est la messe de 1<sup>\u00e8re<\/sup> communion, et nous faisons tous la sainte communion. L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 v\u00eapres.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 23 au 29 mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 23 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps et je ne sors pas, sinon pour aller au Haou.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 24 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait encore mauvais temps et nous sortons tr\u00e8s peu&nbsp;; je lis beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mercredi 25 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est encore pire que ces jours derniers ; il pleut \u00e0 verse&nbsp;; nous restons dedans et passons notre temps \u00e0 lire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 26 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Henry est \u00e0 la chasse avec Maubaret ; ils tuent un sanglier, une laie, et rapportent vivant un de ses petits&nbsp;; on va essayer de l&rsquo;\u00e9lever.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 27 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais avec Maubaret au Loupigal \u00e0 la partie incendi\u00e9e au mois d\u2019ao\u00fbt dernier voir ce qui a \u00e9t\u00e9 fait pour remettre les choses en \u00e9tat&nbsp;; on a resem\u00e9 et les pins commencent \u00e0 sortir de terre&nbsp;; je reviens par le Haou et le Llugatet o\u00f9 on a fait une p\u00e9pini\u00e8re de jeunes pins.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 28 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mauvais temps persiste&nbsp;; nous restons dedans presque tout le temps, nous lisons et jouons aux cartes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 29 mai 1910 (F\u00eate-Dieu)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Michel ; apr\u00e8s v\u00eapres a lieu la procession du Tr\u00e8s-Saint-Sacrement ; Henry et moi portons le dais. Nous avons la visite des Lamothe.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 30 au 31 mai 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 30 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait encore mauvais temps ; quel atroce printemps. J&rsquo;ai appris ces jours-ci la mort de M. Henry \u00e0 Angers ; c&rsquo;est le troisi\u00e8me professeur de la facult\u00e9 de droit qui meurt depuis notre d\u00e9part d&rsquo;Angers&nbsp;; comme les morts se multiplient&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 31 mai 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 Casteljaloux en auto faire diverses commissions ; il fait enfin beau temps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juin 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 5 juin 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mercredi 1<sup>er<\/sup> juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait beau, et presque chaud ; nous pouvons enfin nous promener.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 2 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, il fait un violent orage qui dure jusqu&rsquo;au soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 3 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la nuit l&rsquo;orage a redoubl\u00e9 ; la foudre a mis le feu au hangar de la m\u00e9tairie de La S\u00e8gue \u00e0 Cap Chicot, il a \u00e9t\u00e9, je crois, enti\u00e8rement consum\u00e9 ; le tonnerre et les averses violentes continuent \u00e0 peu pr\u00e8s toute la journ\u00e9e. Quel \u00e9t\u00e9 si mouill\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 4 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut encore toute la journ\u00e9e presque sans discontinuer&nbsp;; si nous \u00e9tions pr\u00e8s d\u2019une rivi\u00e8re un peu importante, je craindrais une inondation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 5 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Saint-Michel ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Cap Chicot voir le hangar incendi\u00e9 de la m\u00e9tairie de La S\u00e8gue ; puis \u00e0 Houeill\u00e8s savoir si un a\u00e9roplane que l&rsquo;on exp\u00e9rimente fera un vol aujourd\u2019hui, et enfin \u00e0 Lavance que je ne connaissais pas encore.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 6 au 12 juin 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 6 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps parait fix\u00e9 au beau, il fait m\u00eame presque chaud ; le soir, nous allons \u00e0 la p\u00eache aux grenouilles, nous en attrapons quelques-unes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 7 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait tout \u00e0 fait chaud&nbsp;; c&rsquo;est enfin l&rsquo;\u00e9t\u00e9&nbsp;; il \u00e9tait grand temps. Il faut esp\u00e9rer que nous aurons beau temps \u00e0 Biarritz, o\u00f9 nous arriverons lundi pour un mois ou un mois et demi, suivant le moment o\u00f9 se louera la villa.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mercredi 8 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait tr\u00e8s chaud ; nous passons la plus grande partie de la journ\u00e9e \u00e0 lire sous les arbres, \u00e0 l&rsquo;ombre, et nous ne sortons que le soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 9 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je lis dans les journaux de ce jour, une statistique terriblement attristante pour un c\u0153ur de patriote, celle des naissances et des d\u00e9c\u00e8s en 1909 ; jamais le chiffre des naissances qui, depuis 40 ans, d\u00e9cro\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement, n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 aussi bas : 770.000, d\u00e9passant seulement de 13.000 celui des d\u00e9c\u00e8s ; encore quelques ann\u00e9es et notre population d\u00e9cro\u00eetra pendant que celle de tous les autres pays augmente dans des proportions colossales. L&rsquo;Allemagne gagne chaque ann\u00e9e pr\u00e8s d&rsquo;un million d&rsquo;habitants, l\u2019Autriche-Hongrie et l\u2019Angleterre pr\u00e8s d\u2019un demi-million. \u00c0 m\u00e9diter ces chiffres, on est saisi par une inqui\u00e9tude mortelle sur l&rsquo;avenir de notre pauvre France. Si les choses ne changent pas, nous allons fatalement tomber, comme l\u2019Espagne, au rang de puissance de 2<sup>\u00e8me<\/sup> ordre&nbsp;; d\u00e9j\u00e0, nous ne sommes plus, parmi ce qu\u2019on appelle les grandes puissances, que le 5<sup>\u00e8me<\/sup> ou la 6<sup>\u00e8me&nbsp;<\/sup>! Que sera-ce dans un demi-si\u00e8cle&nbsp;? On ne peut y penser sans fr\u00e9mir. Si Dieu me permet de devenir vieux, quelles choses d\u00e9solantes je verrai dans ma vieillesse&nbsp;! Le seul rem\u00e8de \u00e0 ce mal est le retour \u00e0 la morale chr\u00e9tienne ; pour arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat, il faut que l\u2019\u00c9glise puisse librement remplir sa mission de conductrice des \u00e2mes&nbsp;; il faut donc un r\u00e9gime politique qui laisse la libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise ; ce r\u00e9gime ne peut \u00eatre que la Monarchie. La condition du salut, dans cette question comme dans toutes les autres, c\u2019est le retour du Roi. Sinon, la France est perdue&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 10 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons du c\u00f4t\u00e9 du Biret ; le temps est incertain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 11 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Casteljaloux chercher, chez un notaire, une pi\u00e8ce qui nous est n\u00e9cessaire pour une affaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 12 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la journ\u00e9e sans r\u00e9pit ; nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Lartigue. Nous voici \u00e0 la veille de notre d\u00e9part. Demain soir, s&rsquo;il pla\u00eet \u00e0 Dieu, nous serons \u00e0 Biarritz. Le soir, on me souhaite ma f\u00eate ; Tony me porte un gros bouquet&nbsp;; pauvre ch\u00e9ri, c\u2019est sa f\u00eate \u00e0 lui aussi, et sa premi\u00e8re f\u00eate&nbsp;!<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 13 au 19 juin 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 13 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Partis du chalet \u00e0 7h \u00bc et de Casteljaloux \u00e0 8h, nous arrivons ici \u00e0 4h40 du soir ; nous sommes vers 5h \u00bd \u00e0 la villa Sainte-C\u00e9cile o\u00f9 nous retrouvons Papa et Maman arriv\u00e9s \u00e0 midi d&rsquo;Ille et de Lourdes. Voici dix ans que je n&rsquo;avais habit\u00e9 cette charmante villa Sainte-C\u00e9cile et c&rsquo;est pour moi une grande satisfaction que de m&rsquo;y retrouver. Je me prom\u00e8ne un peu avant l\u2019heure du d\u00eener&nbsp;; que de transformations \u00e0 Biarritz ! Chaque fois que j&rsquo;y reviens, je vois du nouveau ; c&rsquo;est une station de f\u00e9erie ! Impossible, \u00e0 cause du voyage, d\u2019assister \u00e0 la messe ce matin&nbsp;; je le regrette \u00e0 cause de la f\u00eate de mon saint patron&nbsp;; mais j\u2019y assisterai un autre jour \u00e0 la m\u00eame intention.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 14 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe la plus grande partie de la journ\u00e9e au bord de la mer, soit sur les falaises, soit sur la plage ; quel site enchanteur que ce Biarritz ! Et surtout que de charmants souvenirs de mon enfance et de mon adolescence Biarritz me rappelle ! <em>Le Roussillon<\/em> d&rsquo;hier, arriv\u00e9 ici aujourd&rsquo;hui, publie une lettre de M. Henri Bertran racontant l&rsquo;audience qu&rsquo;il a obtenue de Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans \u00e0 Bruxelles ; le Roi l&rsquo;a remerci\u00e9 avec effusion de sa campagne royaliste, l&rsquo;a embrass\u00e9 et l&rsquo;a retenu \u00e0 d\u00e9jeuner. Comme M. Bertran a d\u00fb \u00eatre heureux, mais aussi comme il m\u00e9ritait cette r\u00e9compense !<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"676\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910-1024x676.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-634\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910-1024x676.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910-300x198.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910-768x507.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910-1536x1013.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Vieux-Port_de_Biarritz_1910.jpg 1643w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le vieux port de Biarritz \u2013 Carte postale, 1910 (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 15 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous faisons quelques commissions et passons un moment sur la plage. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle voir ma vieille nourrice Didia \u00e0 Anglet ; ensuite, nous allons \u00e0 la plage. Ce s\u00e9jour \u00e0 Biarritz est bien agr\u00e9able, mais je vais \u00eatre oblig\u00e9 de l\u2019interrompre trois ou quatre jours pour aller mettre en train la construction de nouvelles cuves en ciment qui me sont n\u00e9cessaires \u00e0 Claira et pour jeter un coup d\u2019\u0153il sur les vignes. Je partirai samedi matin, en m\u00eame temps que Bebelle qui accompagnera la nourrice \u00e0 la 1<sup>\u00e8re<\/sup> communion de sa fille \u00e0 Saint-Girons, et je t\u00e2cherai d\u2019\u00eatre de retour mercredi soir. Ce d\u00e9placement ne m\u2019amuse pas, mais il est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 16 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons sur la plage la plus grande partie de la journ\u00e9e ; il fait chaud.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 17 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous nous promenons autour du phare ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 la plage. Ces jours derniers, a paru \u00e0 <em>L\u2019Officiel<\/em> la mise \u00e0 la retraite de l\u2019oncle Paul ; lui-m\u00eame avait demand\u00e9 cette mesure \u00e0 cause de sa sant\u00e9. Du reste, il n&rsquo;avait plus que pour 9 mois de service avant la limite d&rsquo;\u00e2ge. Sans son accident de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, il aurait pu devenir g\u00e9n\u00e9ral de division ; c\u2019est la fin d&rsquo;une belle carri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 18 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me voici arriv\u00e9 \u00e0 Perpignan apr\u00e8s une journ\u00e9e compl\u00e8te de voyage (de 8h57 le matin \u00e0 10h4 du soir) par la chaleur. Jusqu\u2019\u00e0 Boussins, j\u2019ai voyag\u00e9 avec Bebelle, Tony et la nourrice qui allaient \u00e0 Saint-Girons.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"662\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie-662x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-679\" style=\"width:662px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie-662x1024.jpg 662w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie-194x300.jpg 194w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie-768x1188.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie-993x1536.jpg 993w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_164559-Copie.jpg 1299w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch dit \u00ab\u00a0Tony\u00a0\u00bb et sa nourrice ari\u00e9geoise \u00e0 Saint-Girons (Ari\u00e8ge) \u2013 Clich\u00e9 anonyme, vers juin 1910 (Collection Pierre Lemaitre)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 19 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 la grand\u2019messe Saint-Jean ; je d\u00e9jeune chez les Lazerme. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira en auto avec M. Charpeil et M. Caseponce qui examine[nt] le jardin attenant \u00e0 ma cave et voient comment ils pourront construire mes cuves. Je rentre \u00e0 Perpignan \u00e0 6 heures, et j\u2019en repars \u00e0 7h \u00bc pour venir coucher ici. Bonne Maman est en tr\u00e8s bonne sant\u00e9 ; elle m\u2019attendait \u00e0 la gare ainsi que tante Augustine de Llobet qui est ici.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 20 au 26 juin 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 20 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais en voiture \u00e0 Bouletern\u00e8re et \u00e0 Ille ; je vois les propri\u00e9t\u00e9s et m\u2019occupe de diff\u00e9rentes choses. Je passe l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 Vin\u00e7a et rentre ici par le dernier train. Il a fait tr\u00e8s chaud toute la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 21 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toute la matin\u00e9e, je fais des commissions en ville ; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira \u00e0 motocyclette ; je continue ma tourn\u00e9e dans les vignes qui sont tr\u00e8s belles ; j\u2019examine avec M. Charpeil le plan des cuves \u00e0 ex\u00e9cuter. Je d\u00eene chez les Lazerme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 22 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me voici de retour \u00e0 Biarritz apr\u00e8s trois jours bien occup\u00e9s et apr\u00e8s un jour complet de voyage (de 8h11 matin \u00e0 9h 40 soir) pendant lequel, heureusement, le temps n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trop chaud. Je retrouve Bebelle, revenue avec Tony et sa nourrice de son rapide voyage \u00e0 Saint-Girons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 23 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Matin et soir, je vais sur la plage, je me repose. Il fait bien moins chaud que pendant les trois jours pass\u00e9s en Roussillon ; il est vrai que, l\u00e0-bas aussi, le temps a d\u00fb changer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 24 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la messe de 8h \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie et nous faisons la sainte communion pour c\u00e9l\u00e9brer la cl\u00f4ture de la neuvaine \u00e0 Saint-Antoine et parce que nous n\u2019avions pas pu c\u00e9l\u00e9brer la f\u00eate le jour m\u00eame. L\u2019apr\u00e8s-midi, avec Bebelle et Maman, je vais \u00e0 Bayonne \u00e0 tramway.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 25 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mer est agit\u00e9e et, pour la bien voir, je vais avec Bebelle au rocher de la Vierge et \u00e0 la C\u00f4te des Basques.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 26 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Charles ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons faire une visite aux Laugier dans leur nouvelle villa ; il fait mauvais, une vraie temp\u00eate, il pleut presque toute la journ\u00e9e. Tony a aujourd\u2019hui un an, d\u00e9j\u00e0 ! Le pauvre ch\u00e9ri, il devient bien mignon&nbsp;; pr\u00e9cis\u00e9ment, il a une esp\u00e8ce de petite indigestion dans la nuit ; il avait aval\u00e9, \u00e0 la plage, des galets sans que nous nous en apercevions ; il les a rendus, et \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, s\u2019est tr\u00e8s bien trouv\u00e9.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 27 au 30 juin 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 27 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais me promener avec Bebelle \u00e0 Miramar ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 la plage.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"649\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar-1024x649.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-635\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar-1024x649.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar-300x190.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar-768x487.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar-1536x973.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/vue-depuis-le-miramar.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plage Miramar \u00e0 Biarritz \u2013 Carte postale, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Site paysbasque1900.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 28 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons sur la plage, matin et soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 29 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous avons la visite de M. de Mauvaisin&nbsp;; ensuite nous allons voir Mme de Mollans, puis allons \u00e0 la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 30 juin 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la matin\u00e9e, nous ne sortons pas ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 la plage, puis au rocher de la Vierge. Le duc d\u2019Alen\u00e7on est mort hier, c\u2019est un deuil pour la France catholique et royaliste ; comme son p\u00e8re, le duc de Nemours, le duc d\u2019Alen\u00e7on avait toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitimiste, m\u00eame avant 1873 et il avait facilit\u00e9 l\u2019entrevue de Frohsdorf, rendant ainsi un \u00e9minent service \u00e0 la France traditionnelle ! L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, le Roi l\u2019avait charg\u00e9 de le repr\u00e9senter \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de la b\u00e9atification de Jeanne d&rsquo;Arc \u00e0 Saint-Pierre de Rome et le Saint-P\u00e8re lui avait r\u00e9serv\u00e9 une place d\u2019honneur, dans la tribune royale ; le duc \u00e9tait l\u00e0 le repr\u00e9sentant de la vraie France ; c\u2019\u00e9tait un grand chr\u00e9tien et un grand Fran\u00e7ais. Une triste nouvelle nous arrive d\u2019Ille : Philippe Baux est mort ; la mort de cet homme que nous avions tant connu quand il faisait les grandes r\u00e9parations de notre vieille maison de famille nous fait un vrai chagrin.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juillet 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 3 juillet 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 1<sup>er<\/sup> juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me prom\u00e8ne avec Bebelle ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous restons longtemps sur la plage. En l\u2019honneur du premier vendredi du mois, nous assistons \u00e0 la messe de 7h \u00bd \u00e0 Saint-Charles et y faisons la sainte communion. Un courtier de Torreilles, nomm\u00e9 Tiffou, m\u2019offre d\u00e9j\u00e0 (avant le 1<sup>er<\/sup> juillet !) de m\u2019acheter ma prochaine r\u00e9colte de vin pour une bonne maison au prix de 2 fr. le degr\u00e9&nbsp;; c\u2019est bien beau ! Cependant, j\u2019ai rapport\u00e9 de mon voyage en Roussillon que la hausse n&rsquo;a pas dit son dernier mot ; aussi, je r\u00e9ponds que je ne veux pas vendre encore.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 2 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps presque toute la journ\u00e9e ; le soir, nous d\u00eenons chez les Laugier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 3 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous passons la plus grande partie de notre temps sur la plage, et y rencontrons une dame que nous connaissions \u00e0 Angers, la comtesse du Reau.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 4 au 10 juillet 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 4 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, le docteur Augey, qui remplace le Dr de Lostalot absent, vient voir Bebelle ; je l\u2019ai fait appeler afin de savoir si une saison de bains salins ferait du bien \u00e0 Bebelle qui, depuis 7 mois, n\u2019a plus ses r\u00e8gles ; c\u2019est tr\u00e8s curieux et cela m\u2019inqui\u00e8te ; au d\u00e9but j\u2019ai cru \u00e0 une grossesse, mais les m\u00e9decins qui ont examin\u00e9 Bebelle m\u2019ont dit qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait rien ; quelque beau jour, \u00e7a reviendra ; le Dr Augey nous d\u00e9conseille les bains salins ; Bebelle ne les prendra donc pas. L\u2019apr\u00e8s-midi, en revenant de la grande plage o\u00f9 nous sommes rest\u00e9s tr\u00e8s peu de temps \u00e0 cause du mauvais temps, nous voyons tout \u00e0 coup le Roi d\u2019Espagne accompagn\u00e9 de quelques personnes de sa suite et de la colonie espagnole de Biarritz ; Alphonse XIII est venu de Saint-S\u00e9bastien en automobile ; il se dirige pr\u00e9cis\u00e9ment du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 que nous, nous le voyons donc pendant une dizaine de minutes ; il entre au Carlton h\u00f4tel et en ressort un moment apr\u00e8s, et repart en auto. Il vient souvent \u00e0 Biarritz pendant sa vill\u00e9giature \u00e0 Saint-S\u00e9bastien. Le roi est tr\u00e8s gracieux&nbsp;; quand il passe devant nous, nous le saluons, et il r\u00e9pond gracieusement \u00e0 notre salut.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 5 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Saint-Jean-de-Luz voir la famille de Mauvaisin<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a> que nous ne connaissions pas encore ; ils passent l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Saint-Jean-de-Luz \u00e0 la villa Magenta o\u00f9 nous les voyons et o\u00f9 ils nous offrent le th\u00e9 et ils viendront l\u2019hiver prochain ici ; ils retiendront la villa Sainte-C\u00e9cile pour l\u2019hiver prochain. Saint-Jean-de-Luz, o\u00f9 je n\u2019\u00e9tais pas venu depuis 10 ou 12 ans, est loin de valoir Biarritz ; c\u2019est bien moins brillant, mais c\u2019est plus original.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 6 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, comme il fait bien, je me donne le plaisir d\u2019un bain de mer ; je nage comme un poisson pendant un quart d\u2019heure. C\u2019est un plaisir d\u00e9fendu \u00e0 cause de mon temp\u00e9rament rhumatisant&nbsp;; et dire que j\u2019en ai tant pris autrefois ! Et que je les aimais tant ! Maintenant, je ne peux pas m\u2019en permettre plus d\u2019un ou deux. Nous passons la journ\u00e9e sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 7 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons la journ\u00e9e sur la plage ; le soir, nous avons \u00e0 d\u00eener notre cousine Mme Rivals<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 8 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est arriv\u00e9 une bien bonne aventure \u00e0 la nourrice ; la Reine-m\u00e8re d\u2019Espagne \u00e9tait ici ce matin ; elle est venue en automobile, avec les m\u00eames voitures que le Roi l\u2019autre jour, et la nourrice qui avait fait lundi la causette avec les chauffeurs des automobiles du roi, a \u00e9t\u00e9 reconnue par eux alors qu\u2019elle se promenait avec Tony ; les chauffeurs lui ont parl\u00e9 pendant que la Reine se promenait sur la plage, et comme ils devaient aller attendre cette derni\u00e8re sur la place de la mairie, ils ont invit\u00e9 la nourrice \u00e0 monter en voiture jusque-l\u00e0 ; celle-ci a accept\u00e9 avec empressement ; de sorte que Tony et sa nounou se sont pr\u00e9lass\u00e9s dans l\u2019auto du Roi d\u2019Espagne ; quand ils sont descendus de voiture sur la place de la mairie, on a d\u00fb prendre Tony pour un jeune prince. La nourrice est joliment fi\u00e8re de son aventure, et il faut avouer que les chauffeurs du Roi sont bien complaisants ; il est probable qu\u2019on ne pourrait pas se promener aussi facilement dans une voiture de l\u2019\u00c9lys\u00e9e ! Le soir, nous restons sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"677\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7-1024x677.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-636\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7-1024x677.png 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7-300x198.png 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7-768x508.png 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/ALP7.png 1043w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le roi d&rsquo;Espagne Alphonse XIII et son \u00e9pouse la reine Victoria dans leur voiture \u00e0 Biarritz \u2013 Carte postale, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Site paysbasqueavant.blogspot.com)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 9 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons p\u00eacher les crevettes pr\u00e8s du port des p\u00eacheurs ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous faisons diverses commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 10 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Charles et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; l\u2019apr\u00e8s-midi, avant v\u00eapres, nous restons sur la plage. Le soir, nous avons les Laugier \u00e0 d\u00eener.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 11 au 17 juillet 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 11 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On m\u2019offre 2 fr. 25 le degr\u00e9 de ma future r\u00e9colte ; je veux encore attendre, car j&rsquo;esp\u00e8re bien arriver au prix de 2 fr. 50 ; c\u2019est \u00e9gal, c\u2019est un bien beau d\u00e9but ! Si, comme j\u2019y compte, je fais 2500 h \u00e0 8 degr\u00e9s, j\u2019ai gagn\u00e9 5000 fr. entre le prix offert il y a dix ou douze jours (2 fr. le degr\u00e9) et le prix offert aujourd\u2019hui ; si on arrive \u00e0 2,50, ce sera encore un gain de 5000 fr.&nbsp;; esp\u00e9rons que j\u2019y arriverai. Nous avons aujourd\u2019hui une histoire d\u00e9sagr\u00e9able ; la nourrice a failli s\u2019en aller parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est disput\u00e9e avec Jeanne&nbsp;; c\u2019est-\u00e0-dire que c&rsquo;est elle qui lui a cherch\u00e9 querelle, elle l\u2019a m\u00eame battue, et j\u2019ai d\u00fb intervenir ; je l\u2019aurais certainement renvoy\u00e9e si je n\u2019avais craint pour la sant\u00e9 de Tony qui pourrait se ressentir d&rsquo;un sevrage en plein \u00e9t\u00e9&nbsp;; elle menace de partir, mais je crois qu&rsquo;elle restera ; quelles femmes emb\u00eatantes que ces nourrices ! Le Roi et la Reine d&rsquo;Espagne sont venus aujourd&rsquo;hui encore \u00e0 Biarritz ; ils sont descendus de voiture sur la grande plage et ont \u00e9t\u00e9 salu\u00e9s par plusieurs personnes ; ils ont caress\u00e9 des enfants et notamment Tony ; d\u00e9cid\u00e9ment cet enfant a des accointances avec Sa Majest\u00e9 Catholique ! Je ne les ai pas vus, ne m\u2019\u00e9tant pas trouv\u00e9 sur leur passage ; je regrette de n\u2019avoir pas vu la Reine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 12 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aujourd\u2019hui le 4<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de la forfaiture et de la trahison de la plus haute magistrature de France qui n\u2019a pas craint de violer et falsifier la loi pour sauver un tra\u00eetre juif, sacrifiant ainsi la Justice et la Patrie \u00e0 la raison d\u2019\u00c9tat juive. Ce crime, la Cour inf\u00e2me de Cassation l\u2019a d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9 puisqu\u2019il lui est rappel\u00e9 publiquement tous les jours et qu\u2019elle est incapable de poursuivre ses accusateurs qui ont trop raison ; elle le paiera encore bien plus quand le Roi sera revenu et vengera les injures faites \u00e0 la Patrie. Il pleut toute la matin\u00e9e ; il fait beau l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons nous promener \u00e0 la C\u00f4te des Basques, au rocher de la Vierge et sur la grande plage. La nourrice ne parle plus de partir ; c&rsquo;est heureux \u00e0 cause de Tony, mais il me tarde bien qu\u2019il soit assez grand pour \u00eatre sevr\u00e9 ; nous serons alors d\u00e9barrass\u00e9s de cette femme et ce ne sera pas trop t\u00f4t !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 13 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je croyais l&rsquo;affaire de la nourrice arrang\u00e9e et voici que son mari, qui ignore du reste la sc\u00e8ne de lundi, exige son retour parce que, dit-il, son enfant d\u00e9p\u00e9rit&nbsp;; plusieurs fois d\u00e9j\u00e0, il l&rsquo;avait rappel\u00e9 et avait ensuite chang\u00e9 d\u2019id\u00e9e ; cette fois-ci la chose para\u00eet s\u00e9rieuse ; puisque son enfant d\u00e9p\u00e9rit je ne peux en conscience exercer aucune pression sur la nourrice pour la faire rester, car le mari, si cet enfant venait \u00e0 mourir, pourrait me le reprocher&nbsp;; je la laisserai donc libre et elle fera comme elle voudra. Nous verrons, d\u2019apr\u00e8s ce que dira le m\u00e9decin que nous consulterons, si nous devons sevrer Tony ou chercher une autre nourrice.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 14 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La F\u00eate nationale, qui n\u2019est que l&rsquo;anniversaire d&rsquo;un faux fait d\u2019armes, d&rsquo;une insurrection faite par des Allemands (de l\u2019aveu m\u00eame de Marat), passe ici enti\u00e8rement inaper\u00e7ue Dieu merci ! Il fait tr\u00e8s chaud, surtout le matin. Tony marche seul pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 15 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 l&rsquo;occasion de la Saint Henri. On m&rsquo;offre maintenant 2,40 le degr\u00e9 ; 15 centimes de gain (c&rsquo;est-\u00e0-dire 3000 francs en quatre jours !)&nbsp;; je suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne pas vendre au-dessous de 2,50 et m\u00eame je ne suis pas d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 vendre \u00e0 ce prix, je r\u00e9fl\u00e9chirai. Pour moi (avec 2500 hectos \u00e0 8 degr\u00e9s), chaque augmentation de un sou par degr\u00e9 fait mille francs de diff\u00e9rence ; j\u2019ai donc gagn\u00e9 8000 francs depuis le 1<sup>er<\/sup> juillet et 12.000 fr. depuis l\u2019offre de 1,80 qu\u2019on me fit \u00e0 Perpignan le 21 juin. Voyons jusqu\u2019\u00e0 quel point les vins vont monter. Le matin, nous allons consulter le docteur de Lostalot qui nous conseille de sevrer Tony au d\u00e9part de sa nourrice et nous indique les aliments \u00e0 lui donner. \u00c0 l\u2019encontre du Dr Augey, M. de Lostalot conseille fortement \u00e0 Bebelle les bains salins ; elle commence aujourd\u2019hui m\u00eame et elle aura le temps d\u2019en prendre 13 avant notre d\u00e9part. Comme les m\u00e9decins se contredisent ! Nous passons l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage ; le soir, je vais me promener avec Papa dans la direction d\u2019Anglet sur la route qui fait suite au phare.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 16 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais la sainte communion le matin \u00e0 8 heures. La nourrice re\u00e7oit une d\u00e9p\u00eache de son mari la rappelant imm\u00e9diatement ; ainsi, nos diverses tentatives pour la faire rester, m\u00eame l\u2019offre d\u2019une augmentation n\u2019ont pas r\u00e9ussi ; elle partira donc demain. Cette nouvelle l\u2019\u00e9motionne tant qu&rsquo;elle se trouve mal ; nous sommes oblig\u00e9s de la faire revenir en lui faisant respirer des sels, de l&rsquo;\u00e9ther etc. Quel ennui ! Ensuite, nous allons sur la plage. Le soir, nous d\u00eenons chez Mme Rivals avec sa s\u0153ur Courbebaisse et sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 17 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici une nouvelle ni\u00e8ce&nbsp;! Une d\u00e9p\u00eache de Max nous annonce l\u2019heureuse naissance d\u2019une fille ; Marie-Th\u00e9r\u00e8se va bien, dit-il, malgr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re complication ; esp\u00e9rons que ce ne sera rien. Mais que de filles dans la famille \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration ! Nous nous associons \u00e0 la joie de Marie-Th\u00e9r\u00e8se. Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Charles et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. Nous faisons une promenade en voiture. La nourrice de Tony \u00e9tant partie ce matin, nous sevrons le petit ; la premi\u00e8re journ\u00e9e est assez p\u00e9nible pour lui et pour nous ; la nuit ne le sera pas moins car nous allons le prendre dans notre chambre.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 18 au 24 juillet 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 18 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tony s\u2019habitue somme toute assez facilement \u00e0 son nouveau r\u00e9gime. Marie-Th\u00e9r\u00e8se a eu une petite d\u00e9chirure ; sa fille, qu\u2019on appellera Bernadette, va bien. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous voyons admirablement bien, dans la rue Gambetta, le roi Alphonse XIII et la reine Victoria sa femme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 19 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tony s\u2019habitue de plus en plus \u00e0 se passer de sa nourrice ; heureusement le temps n\u2019est pas chaud. On m\u2019offre aujourd\u2019hui d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s ferme 2 fr. 50 le degr\u00e9&nbsp;; j\u2019h\u00e9site beaucoup ; finalement, comme les nouvelles de la r\u00e9colte sur l\u2019ensemble du vignoble fran\u00e7ais sont tr\u00e8s mauvaises, et comme la hausse semble devoir s\u2019accro\u00eetre encore, je refuse ; je demande 2,60 ; si on m\u2019offre 2,60 dans un d\u00e9lai limit\u00e9, je vendrai ; pass\u00e9 ce d\u00e9lai, je reprendrai ma libert\u00e9 d\u2019action ; c\u2019est dans ce sens que je r\u00e9ponds. Ainsi, en 4 jours j\u2019ai gagn\u00e9 10 centimes, c\u2019est-\u00e0-dire 2000 francs ; en 8 jours, 25 centimes, soit 5000 francs ; en moins de trois semaines, 50 centimes, soit 10.000 francs ; et en un mois (le 21 juin \u00e0 Perpignan on m&rsquo;offrait 1,80) 70 centimes, soit 14.000 francs ; esp\u00e9rons que l\u2019on montera encore.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 20 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage avec Mmes du Reau, Rivals et Courbebaisse. Les nouvelles de Marie-Th\u00e9r\u00e8se sont excellentes. Je re\u00e7ois une autre offre de 2,50 le degr\u00e9 ; je refuse encore. M\u00eame, ayant re\u00e7u de Perpignan des nouvelles faisant pr\u00e9voir une nouvelle hausse, je t\u00e9l\u00e9graphie aux courtiers avec qui j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 en pourparlers que je ne suis pas vendeur m\u00eame \u00e0 2,60.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 21 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je re\u00e7ois un t\u00e9l\u00e9gramme m\u2019offrant 21 francs l\u2019hecto ; c\u2019est-\u00e0-dire une augmentation de 0,12 sur hier, donc plus de 2000 francs ; 21 fr. l&rsquo;hecto \u00e0 8 degr\u00e9s, cela fait 2,62 ; je r\u00e9ponds que je prendrai une d\u00e9cision lors de mon prochain voyage \u00e0 Perpignan. Nous allons voir une Allemande, une Westphalienne que nous avons en vue pour Tony comme bonne d&rsquo;enfant ; nous prenons des renseignements, s\u2019ils sont bons nous l\u2019arr\u00eaterons. Le soir avec Bebelle, je vais au casino voir jouer <em>La petite chocolati\u00e8re<\/em><a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>, com\u00e9die qui a eu beaucoup de succ\u00e8s cet hiver \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 22 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, j\u2019ai une offre ferme \u00e0 2 fr. 75 le degr\u00e9, soit encore une augmentation de 13 centimes soit 2600 fr. sur le prix d\u2019hier&nbsp;; je ne sais o\u00f9 cette augmentation s\u2019arr\u00eatera ; peut-\u00eatre arriverons-nous bient\u00f4t au prix fantastique de trois francs le degr\u00e9. Si je veux garantir le poids de 8 degr\u00e9s pour mon vin, on m&rsquo;offre m\u00eame 23 francs l&rsquo;hecto&nbsp;; mais je ne veux pas donner cette garantie ; 23 francs l\u2019hecto, cela ferait 2 fr. 87 le degr\u00e9&nbsp;; je crois que j\u2019arriverai \u00e0 trois francs ! La mer est grosse et tr\u00e8s belle \u00e0 voir du rocher de la Vierge, o\u00f9 je vais plusieurs fois.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 23 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps toute la journ\u00e9e ; la mer est tr\u00e8s grosse, je vais la voir plusieurs fois du phare et du rocher de la Vierge. L\u2019offre ferme, la derni\u00e8re en date, est de 2,75&nbsp;; voyons la suite. Le soir, nous avons \u00e0 d\u00eener Mme Courbebaisse et sa fille, Mme Rivals et la comtesse du Reau.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 24 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous passons une partie de la matin\u00e9e et de l\u2019apr\u00e8s-midi sur la grande plage. Voici huit jours que Tony est sevr\u00e9, il a support\u00e9 \u00e0 merveille ce changement de r\u00e9gime&nbsp;; il mange bien et dort passablement ; nous le gardons, la nuit, dans notre chambre.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 25 au 31 juillet 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 25 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 9 heures \u00e0 Saint-Charles ; je prends un bain de mer, mon second et dernier, car malgr\u00e9 l\u2019agr\u00e9ment immense que je trouve aux bains de mer, je dois m&rsquo;abstenir d&rsquo;en prendre \u00e0 cause de mon temp\u00e9rament un peu rhumatisant&nbsp;; quel dommage ; j\u2019en ai pris deux avec plaisir, mais c\u2019est tout pour cette ann\u00e9e. L\u2019apr\u00e8s-midi, Mme Courbebaisse nous invite \u00e0 un go\u00fbter five-o-clock chez Miremont. Je re\u00e7ois une offre d&rsquo;achat \u00e0 23 fr. 50 ; je r\u00e9ponds en demandant 24 fr. ; je crois que je vais vendre \u00e0 ce prix ; ce sera un prix inesp\u00e9r\u00e9 puisque, \u00e0 8 degr\u00e9s, cela fera 3 fr. le degr\u00e9 ; qui m\u2019aurait dit cela il y a un an ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 26 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai vendu la future r\u00e9colte \u00e0 24 francs l\u2019hecto ; ce matin, on n&rsquo;accordait ce prix si je garantissais que le vin p\u00e8serait 9\u00b0 ; j\u2019ai r\u00e9pondu que je ne pouvais rien garantir et j&rsquo;ai tenu bon en demandant 24 fr. sans condition de degr\u00e9 ; finalement, on m\u2019a r\u00e9pondu que le n\u00e9gociant acceptait mon prix et mes conditions ; c&rsquo;est donc une affaire faite et je puis remercier Dieu car, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle encore, c\u2019est un prix inesp\u00e9r\u00e9 ; peut-\u00eatre le mouvement de hausse ira-t-il encore plus loin, mais vraiment il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 raisonnable de refuser un pareil prix. Je recevrai sans doute demain la confirmation de la vente. Si mon vin p\u00e8se 8\u00b0, cela fait 3 francs le degr\u00e9 ; s\u2019il p\u00e8se 8,5, \u00e7a fait 2 fr. 82. Si, comme je l\u2019esp\u00e8re, j\u2019ai \u00e0 Claira 2500 hectos, \u00e7a fait 60.000 francs ; avec 3500 ou 4000 francs que je compte faire \u00e0 Boule, je peux donc esp\u00e9rer avoir 63 \u00e0 64.000 francs de vin ; ce sera bien beau ! En attendant, j\u2019ai donc gagn\u00e9, depuis le 21 juin, 24.000 fr., et depuis le 1er juillet 20.000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les renseignements sur l\u2019Allemande ne sont pas bons, nous ne la prendrons donc pas. Mme Courbebaisse vient d\u00e9jeuner avec nous. C\u2019est par l\u2019interm\u00e9diaire du courtier qui m\u2019offrait jeudi dernier 21 fr. que j&rsquo;ai vendu ; en six jours, il a donc mont\u00e9 de 3 francs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz,&nbsp;mercredi 27 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant-dernier jour de notre vill\u00e9giature \u00e0 Biarritz ; avec quel regret je vois s\u2019achever cet agr\u00e9able s\u00e9jour ! Nous passons une partie de la matin\u00e9e et de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz,&nbsp;jeudi 28 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici notre derni\u00e8re journ\u00e9e \u00e0 Biarritz ; nous faisons beaucoup de commissions et je fais, pour quelques mois, mes adieux \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Lourdes, vendredi 29 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 Biarritz \u00e0 8h55 ce matin ; nous avons pass\u00e9 l\u2019apr\u00e8s-midi ici et consacr\u00e9 Tony \u00e0 la Sainte Vierge ; il y a foule \u00e0 Lourdes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 31 juillet 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de journal hier soir parce que j\u2019\u00e9tais en chemin de fer. Apr\u00e8s la messe \u00e0 Lourdes hier matin, nous sommes partis ; j&rsquo;ai quitt\u00e9 Bebelle \u00e0 Toulouse apr\u00e8s l&rsquo;avoir embarqu\u00e9e pour la M\u00e9tairie Grande. Je passe l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 Toulouse pour voir le meeting d\u2019aviation au Polygone ; mais les a\u00e9roplanes ne volent pas \u00e0 cause d&rsquo;un fort vent d\u2019est et c\u2019est moi qui suis vol\u00e9\u2026 Je passe l\u2019apr\u00e8s-midi et la soir\u00e9e avec Albert, sa femme, Henry et Fran\u00e7ois et je pars \u00e0 11h9 du soir par le rapide ; j\u2019arrive \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 6h40 du matin. Je trouve Bonne Maman en excellente sant\u00e9. Les Magu\u00e9 doivent arriver demain. Je vais \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ao\u00fbt 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 7 ao\u00fbt 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, je vais \u00e0 Boule o\u00f9 je fais la tourn\u00e9e des vignes qui sont belles. Les Magu\u00e9 arrivent \u00e0 midi ; je vais les attendre \u00e0 la gare et les vois une heure ; l\u2019oncle Paul marche bien difficilement ! Comme N\u00e9nette a grandi ! Je pars \u00e0 1 heure parce que j\u2019ai donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 un courtier, celui qui m&rsquo;a t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 lundi et mardi \u00e0 Biarritz. Je le trouve ici, il m\u2019am\u00e8ne chez le n\u00e9gociant M. Fourcade fr\u00e8res sur lequel j\u2019ai eu d\u2019excellents renseignements, et, s\u00e9ance tenante, nous ratifions notre convention ; je lui vends ma future r\u00e9colte de Claira, sans aucune garantie de degr\u00e9, \u00e0 24 fr. l&rsquo;hecto ; il accepte mes conditions qui sont serr\u00e9es. Il me remet un acompte de dix mille francs. En g\u00e9n\u00e9ral, on me f\u00e9licite de cette affaire ; le prix de 3 francs le degr\u00e9 que j\u2019ai ainsi atteint est encore tout \u00e0 fait exceptionnel ; on s\u2019accorde \u00e0 dire que c\u2019est le maximum possible. Si j&rsquo;ai 2500 hectos (et Maurice Roger croit que je d\u00e9passerai) je ferai soixante mille francs \u00e0 Claira ; quatre mille \u00e0 Boule, en tout 64.000 de vin ; ce sera bien beau et je pense remercier le Bon Dieu. Je d\u00eene chez les Llobet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 2 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira en moto, je d\u00e9jeune \u00e0 Saint-Laurent ; je visite toutes les vignes sauf le <em>Lloucati<\/em>, elles sont superbes et j\u2019esp\u00e8re bien d\u00e9passer 2500 h. Je vais de Claira \u00e0 Vin\u00e7a avec la moto qui marche \u00e0 merveille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 3 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais, avec N\u00e9nette, \u00e0 Ille assister \u00e0 la f\u00eate de la paroisse ; je prends part \u00e0 la procession ; nous nous arr\u00eatons un moment \u00e0 Boule. Marie Th\u00e9r\u00e8se nous annonce la triste nouvelle de la mort tr\u00e8s rapide de Louise de la Bordonne ; pauvre jeune femme&nbsp;; quel affreux malheur ! Je re\u00e7ois une lettre du docteur de Lostalot qui m\u2019inqui\u00e8te beaucoup ; Lostalot me dit qu\u2019apr\u00e8s avoir caus\u00e9 avec le Dr Augey qui avait examin\u00e9 Bebelle et lui avait d\u00e9conseill\u00e9 les bains salins, il regrette de lui avoir conseill\u00e9 de les prendre ; il est vrai qu\u2019il ne l\u2019avait pas examin\u00e9e et c\u2019est ce qu\u2019il regrette ! Le Dr Augey croit que Bebelle a une tumeur dans le ventre, \u00e0 moins qu&rsquo;on ne se trouve en pr\u00e9sence d\u2019une grossesse nerveuse ; c\u2019est bien inqui\u00e9tant et combien je regrette que, dans ces conditions, Bebelle ait pris les bains salins ! Mais aussi, Lostalot les lui ordonnait ! J&rsquo;esp\u00e8re que ces bains ne lui auront pas fait grand mal ; je vais la faire examiner \u00e0 fond, le plus t\u00f4t possible, par un sp\u00e9cialiste !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 4 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais une foule de commissions dans Vin\u00e7a. Je vais \u00e0 Ille et \u00e0 Boule ; l\u2019oncle Paul et moi avons d\u00e9cid\u00e9 de s\u00e9parer en deux parties la cave, jusqu\u2019ici indivise, de Bouletern\u00e8re ; cela n\u00e9cessite quelques travaux ; j\u2019examine les lieux avec un ma\u00e7on. Je ne fais que penser \u00e0 la lettre du Dr de Lostalot ; je lui r\u00e9ponds. Il me semble impossible que ces bains salins aient pu exercer une action nuisible.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 5 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 Vin\u00e7a, je fais la sainte communion \u00e0 la messe de 7 heures. Ensuite arrive \u00e0 la maison un \u00e9tudiant allemand de Montpellier qui fait une th\u00e8se sur la langue catalane<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a> ; il demande beaucoup de renseignements \u00e0 la vieille Philom\u00e8ne, c&rsquo;est tr\u00e8s dr\u00f4le ! Je vais \u00e0 Claira en moto ; je vois la <em>Lloucati&nbsp;<\/em>; j\u2019ach\u00e8te \u00e0 M. Mar\u00e9chal quelques ustensiles indispensables tels qu&rsquo;un bast pour sulfater, de nouvelles comportes. Je d\u00e9jeune et d\u00eene chez les Llobet&nbsp;; je vais passer la soir\u00e9e chez les Lazerme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 6 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis occup\u00e9 toute la matin\u00e9e \u00e0 Perpignan ; j&rsquo;ach\u00e8te quelques meubles pour meubler ma chambre de Claira afin de pouvoir y coucher, au besoin, pendant les vendanges ; je vais chez le dentiste etc. Je d\u00e9jeune chez les Lazerme et pars \u00e0 3 heures pour Vin\u00e7a ; en arrivant, je fais atteler et nous partons de suite \u00e0 Rod\u00e8s voir un petit foudre de 60 hectos qui est \u00e0 vendre chez Joseph Cornet ; je l\u2019ach\u00e8te pour la cave de Bouletern\u00e8re. J\u2019ai fini ce que j\u2019avais \u00e0 faire dans le pays et je repartirai demain \u00e0 11 heures pour la M\u00e9tairie Grande. Le cours des vins a encore un peu mont\u00e9 depuis que j\u2019ai vendu ; ainsi, je ne vendrais s\u00fbrement \u00e0 25 fr \u00e0 l&rsquo;heure actuelle et peut-\u00eatre \u00e0 26 ; n\u00e9anmoins, je ne veux pas regretter ce que j\u2019ai fait, d\u2019abord parce qu\u2019il \u00e9tait vraiment t\u00e9m\u00e9raire de compter sur une hausse sup\u00e9rieure \u00e0 3 fr. le degr\u00e9, et puis parce que la maison avec laquelle j\u2019ai trait\u00e9 est de tout repos, c&rsquo;est surtout ce qu\u2019il faut consid\u00e9rer dans une affaire de cette importance.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, dimanche 7 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin \u00e0 Vin\u00e7a, je vais \u00e0 la grand&rsquo;messe ; je pars par le train de 1h10 en m\u00eame temps que l\u2019oncle Paul et Tante Josepha avec qui je fais route jusqu\u2019\u00e0 B\u00e9ziers ; ils vont \u00e0 Nice retenir un appartement, car c\u2019est Nice qu\u2019ils ont choisi comme r\u00e9sidence pour leur retraite. J\u2019arrive \u00e0 la M\u00e9tairie Grande \u00e0 10h du soir ; je trouve Bebelle, ma belle-m\u00e8re, les Tournamille etc. qui m\u2019attendaient \u00e0 la gare. Bebelle ressent souvent des secousses dans le ventre ; un de ces jours, nous irons ensemble \u00e0 Toulouse consulter le Docteur Secheyron, un sp\u00e9cialiste.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 ao\u00fbt 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, lundi 8 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut la plus grande partie de la journ\u00e9e ; quel singulier \u00e9t\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, mardi 9 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Tournamille, qui ont pass\u00e9 ici plus d&rsquo;un mois, repartent par le train de 8 heures \u00bd du matin qui a pr\u00e8s d&rsquo;une heure de retard. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous avons la visite du m\u00e9nage Robert de Lacaze<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a> et de nos cousins d&rsquo;Auxhillon ; il pleut encore la plus grande partie de la journ\u00e9e. Papa et Maman sont encore \u00e0 Biarritz et vont aller passer quelques jours \u00e0 Cauterets.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, mercredi 10 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait un temps atroce, la pluie fait rage toute la journ\u00e9e. C\u2019est apr\u00e8s-demain que Bebelle sera examin\u00e9e par le Dr Secheyron ; nous coucherons demain soir \u00e0 Toulouse et verrons le docteur vendredi matin \u00e0 sa clinique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, jeudi 11 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, je suis all\u00e9 \u00e0 la messe \u00e0 Albine en l&rsquo;honneur de la f\u00eate de Sainte-Philom\u00e8ne et de Sainte-Suzanne. Nous partons par le train de 4h53 pour Toulouse o\u00f9 nous arrivons \u00e0 8h48 ; nous descendons au Grand h\u00f4tel et nous nous promenons un moment avant de nous coucher.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, vendredi 12 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me voici rassur\u00e9 sur l\u2019\u00e9tat de Bebelle qui n&rsquo;a rien de grave et qui, au contraire, sera m\u00e8re pour la 2<sup>\u00e8me<\/sup> fois en novembre prochain ; c\u2019est donc ma premi\u00e8re id\u00e9e qui \u00e9tait la bonne et tous les m\u00e9decins s&rsquo;\u00e9taient tromp\u00e9s. Le Docteur Secheyron a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement affirmatif et il n\u2019y a plus \u00e0 douter de la chose. Nous faisons quelques commissions, rencontrons Elisabeth et partons \u00e0 5h5 du soir ; nous arrivons ici \u00e0 10 heures. Tout est bien qui finit bien !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 13 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je commence \u00e0 annoncer \u00e0 mes proches parents la nouvelle de ma prochaine paternit\u00e9 ; aurons-nous un gar\u00e7on ou une fille ; Bebelle d\u00e9sire beaucoup une fille, pour moi \u00e7a m\u2019est \u00e9gal, gar\u00e7on ou fille sera le bienvenu. Le soir Henri Jamme et Germaine viennent d\u00eener et ensuite Henri fait \u00e0 Albine une conf\u00e9rence causerie sur la mutualit\u00e9 en vue de la formation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels dans cette nouvelle commune ; j\u2019y assiste.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 14 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Albi et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sauveterre ; apr\u00e8s les v\u00eapres nous nous confessons et allons voir nos cousins d\u2019Auxilhon. Le temps s\u2019est enfin mis au beau ; pourvu que \u00e7a dure !<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 ao\u00fbt 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La M\u00e9tairie Grande, lundi 15 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En l\u2019honneur de la f\u00eate de l\u2019Assomption, nous faisons tous la sainte communion \u00e0 Albine ; nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Albine et \u00e0 v\u00eapres et \u00e0 la procession \u00e0 Sauveterre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 16 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 l\u2019\u00e9glise de Sauveterre, on c\u00e9l\u00e8bre une messe pour mon beau-p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 il y a aujourd\u2019hui 2 ans ; nous y assistons ainsi que les Jamme. Je vais \u00e0 Saint-Amans. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous assistons \u00e0 Albine \u00e0 la procession votive en l\u2019honneur de Saint Roch. C\u2019est presque un devoir de famille, car nous sommes apparent\u00e9s \u00e0 ce saint (qui \u00e9tait de Montpellier) par les Chefdebien ; nous sommes les arri\u00e8re-petits-cousins de Saint Roch. Nous avons la visite de M. de SaintMartin et des d\u2019Auxillon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 17 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 venir, pour la 3<sup>\u00e8me<\/sup> fois, faire une apparition en Roussillon parce que ma <em>colle<\/em> n\u2019est pas enti\u00e8rement form\u00e9e et que je veux presser les choses ; je voulais voir aussi les cuves de Claira et les travaux \u00e0 la cave de Boule. Je suis parti \u00e0 midi 17 d\u2019Albine et je suis arriv\u00e9 ici \u00e0 6h18 ; j\u2019ai trouv\u00e9 ici l\u2019oncle Xavier qui vient de vendre la moiti\u00e9 environ (4000 hectos) de sa r\u00e9colte au prix de 26 fr. \u00e0 la maison Foucarde Fr\u00e8res comme moi&nbsp;; son vin p\u00e8sera bien un degr\u00e9 de plus que le mien&nbsp;; il n\u2019a donc pas mieux vendu que moi ; du reste, depuis 3 semaines, les prix des vins sur souches n\u2019ont pas chang\u00e9. Je passe la soir\u00e9e avec l\u2019oncle Xavier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 18 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais le matin \u00e0 Claira en moto&nbsp;; les vignes sont toujours tr\u00e8s belles, malgr\u00e9 un coup de soleil qui a grill\u00e9 quelques grappes ; le mildiou a fait beaucoup de mal dans le pays, mais je n\u2019en ai gu\u00e8re souffert. J\u2019esp\u00e8re bien faire \u00e0 Claira, au moins 2500 hectos. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Vin\u00e7a sans m\u2019annoncer, on est \u00e9bahi de me voir arriver&nbsp;; j&rsquo;y couche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 19 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, de Vin\u00e7a, je vais \u00e0 Ille et \u00e0 Boule ; \u00e0 Boule, la Grande F\u00e8che a un peu souffert ces derniers jours. Je reviens d\u00e9jeuner \u00e0 Vin\u00e7a et j\u2019en repars \u00e0 4h \u00bc ; je m\u2019arr\u00eate encore \u00e0 Ille et arrive ici \u00e0 6h \u00bc ; je d\u00eene chez les LLobet. Il fait tr\u00e8s chaud.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 21 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier soir j\u2019\u00e9tais en voyage et je n\u2019ai pu \u00e9crire mon journal. Je suis all\u00e9 \u00e0 Claira hier matin, <em>colle<\/em> est maintenant enti\u00e8rement form\u00e9e et arr\u00eat\u00e9e, elle est d\u2019Estagel comme l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Toute la journ\u00e9e, je me suis occup\u00e9 de la vente des raisins de Papa (de ses vignes de Claira), c\u2019est m\u00eame ce qui m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 retarder mon d\u00e9part de 2h54 \u00e0 11h55 ; j\u2019ai d\u00e9jeun\u00e9 avec l\u2019oncle Xavier au Grand H\u00f4tel et d\u00een\u00e9 chez les Llobet. L\u2019affaire des raisins de Papa n\u2019est pas conclue ; on offre 18 fr. les 100 kilos et j\u2019ai demand\u00e9 20 fr., prix qui sera certainement donn\u00e9 dans peu de jours. Le soir, en attendant l\u2019heure du d\u00e9part, je vais un moment au cirque Ancillotte Pl\u00e8ge, aux platanes. Je pars \u00e0 11h55 et, par Castelnaudary et Castres, j\u2019arrive ici ce matin \u00e0 7h52 ; j\u2019apprends qu\u2019hier matin, il est n\u00e9 inopin\u00e9ment une petite du Lac, fille d\u2019Albert ; on ne l\u2019attendait que dans 3 semaines ; ma belle-m\u00e8re est partie pr\u00e9cipitamment pour Montech et je suis seul ici avec Bebelle et Lolotte. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous avons la visite de M. Alban Jamme.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 22 au 28 ao\u00fbt 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 22 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma belle-m\u00e8re \u00e9crit qu\u2019Albert \u00e9tait en excursion au moment de la naissance de sa fille qui va bien ainsi que la m\u00e8re. Il fait presque frais ; \u00e7a me change car j&rsquo;ai eu bien chaud en Roussillon !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 23 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma belle-m\u00e8re \u00e9crit que le bapt\u00eame de la petite du Lac aura lieu apr\u00e8s-demain matin \u00e0 Montech ; comme il y aura \u00e0 cette occasion une petite f\u00eate de famille, Bebelle d\u00e9sire y assister ; nous partirons donc demain soir \u00e0 4h52 emmenant Lolotte ; je le t\u00e9l\u00e9phone aux Jamme, de Saint-Amans ; au bout d\u2019un moment, ils viennent et nous nous entendons de vive voix&nbsp;; nous leur laissons Tony avec Jeanne \u00e0 Lapeyrouse.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 24 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes partis \u00e0 4h52, avons laiss\u00e9 Tony \u00e0 Mazamet, et sommes arriv\u00e9s \u00e0 Montauban \u00e0 9h05 ; une voiture nous attendait \u00e0 la gare, ainsi que M. et Mme Fran\u00e7ois Abrial qui arrivaient par le m\u00eame train ; elle nous a conduits \u00e0 Montech en 1 heure. Marie et la petite fillette vont bien. Le bapt\u00eame est demain \u00e0 dix heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, jeudi 25 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bapt\u00eame a eu lieu ce matin ; la fillette a re\u00e7u les noms de Marie-Louise, c\u2019est donc aujourd\u2019hui sa f\u00eate ; son grand\u2019p\u00e8re de Vill\u00e8le s\u2019appelait Louis. C\u2019est l\u2019oncle Gabriel qui la baptise, Gaston est parrain, Mme Abrial marraine. Apr\u00e8s le bapt\u00eame a lieu un joli d\u00e9jeuner de 25 couverts environ. Je laisse Bebelle jusqu\u2019\u00e0 demain matin et je viens \u00e0 Toulouse voir M. de Laportali\u00e8re mon avocat dans l\u2019affaire des \u00ab Pr\u00e9voyants de France \u00bb. Je voyage jusqu\u2019ici avec l\u2019oncle Gabriel, et \u00e0 la gare de Toulouse je vois un moment Papa et Maman qui rentrent de Cauterets en Roussillon ; je m\u2019attendais un peu \u00e0 les voir \u00e0 la gare car je savais qu\u2019ils quittaient Cauterets aujourd\u2019hui. Papa a vendu les raisins au prix de 19 fr. les 100 kilos ; c\u2019est un tr\u00e8s joli prix que j\u2019ai contribu\u00e9 \u00e0 lui faire obtenir, mais je regrette qu\u2019il n\u2019ait pas persist\u00e9 \u00e0 demander 20 fr., il y serait s\u00fbrement arriv\u00e9. Ici, je vois M. de Laportali\u00e8re et M. de Rivals. Le soir, je rencontre M. et Mme Henri de \u00c7agarriga ; je vais un moment au caf\u00e9 avec eux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 26 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Toulouse \u00e0 7h50 du matin et j\u2019arrive ici \u00e0 midi 17 ; je croyais rejoindre ma belle-m\u00e8re, Bebelle et Lolotte \u00e0 Saint-Sulpice, mais elles ne s\u2019y trouvent pas ; elles ont d\u00fb modifier leur programme&nbsp;; elles arrivent \u00e0 4h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 27 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas d\u2019ici ; je lis ; Tony est l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9rang\u00e9. Les d\u2019Auxilhon viennent jouer au tennis.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 28 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Albine et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sauveterre. Nous recevons une r\u00e9ponse d\u00e9finitive au sujet de la bonne allemande de Tony ; c\u2019est une nomm\u00e9e Elfried Sch\u00f6b, de Munich, que nous aurons ; elle arrivera quand nous voudrons. Ce n\u2019est pas sans une certaine r\u00e9pugnance que j\u2019aurai une Allemande chez moi, mais c\u2019est pour le bien de Tony, pour qu\u2019il apprenne facilement la langue allemande et que cela lui soit utile s\u2019il pr\u00e9pare un jour la carri\u00e8re militaire. Si un jour, l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise va venger l\u2019injure de 1870, la connaissance de l\u2019allemand pourra \u00eatre bien utile \u00e0 ceux qui auront ce bonheur.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 29 au 31 ao\u00fbt 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 29 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019envoie \u00e0 Munich \u00e0 la sup\u00e9rieure du couvent catholique qui nous envoie Mlle Sch\u00f6b la somme n\u00e9cessaire pour le voyage de cette derni\u00e8re qui arrivera \u00e0 Vin\u00e7a la semaine prochaine. Je vais avec Bebelle \u00e0 Lacabar\u00e8de en me promenant pour exp\u00e9dier ce mandat&nbsp;; nous revenons par le train de 4 heures. Henri Jamme en passant en auto s\u2019arr\u00eate un moment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 30 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Mazamet faire quelques achats ; je d\u00e9jeune \u00e0 Lapeyrouse. Je lis avec une profonde satisfaction la condamnation formelle par le Pape du fameux \u00ab Sillon \u00bb, ce mouvement d\u00e9mocratique, \u00e9galitaire, faussement social et en r\u00e9alit\u00e9 individualiste, et qui se parait du manteau de la religion pour \u00e9garer des bonnes volont\u00e9s qui seraient si utilement employ\u00e9es dans un autre mouvement. Esp\u00e9rons qu\u2019il ne sera plus question de ces faux fr\u00e8res. Par cet acte de d\u00e9cision et de vigueur, Pie X s&rsquo;affirme une fois de plus comme un guide s\u00fbr ; la magistrale lettre aux cardinaux, archev\u00eaques et \u00e9v\u00eaques fran\u00e7ais qui condamne les erreurs du \u00ab Sillon \u00bb est un nouveau coup de massue ass\u00e9n\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne. L\u2019\u00c9glise s&rsquo;affirme une fois de plus traditionaliste. On nous fait annoncer la mort de la baronne Reille, veuve du fameux baron Reille d\u00e9put\u00e9 et m\u00e8re des barons Xavier et Am\u00e9d\u00e9e Reille&nbsp;; elle-m\u00eame \u00e9tait pr\u00e9sidente, je crois, de la Ligue Patriotique des Fran\u00e7aises, c\u2019\u00e9tait une femme d\u2019un grand d\u00e9vouement et d\u2019une grande \u00e9nergie&nbsp;; malheureusement, elle \u00e9tait ralli\u00e9e ; je lui avais entendu faire une conf\u00e9rence \u00e0 Prades<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Elle \u00e9tait petite-fille, je crois, du mar\u00e9chal Soult duc de Dalmatie. Nous irons \u00e0 ses obs\u00e8ques vendredi \u00e0 Saint-Amans-Soult. Le soir, ma belle-m\u00e8re re\u00e7oit une d\u00e9p\u00eache d\u2019Albert disant simplement&nbsp;: \u00ab \u00e9tat s\u2019aggrave, venez \u00bb&nbsp;; s\u2019agit-il de Marie ou de la fillette ? Nous ne le savons pas. Ma belle-m\u00e8re part pour Montech, de Saint-Amans, par l\u2019express de 9h21, M. de Saint-Martin la m\u00e8ne en auto \u00e0 Saint-Amans<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 31 ao\u00fbt 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une d\u00e9p\u00eache de ma belle-m\u00e8re dit qu\u2019il y a une l\u00e9g\u00e8re am\u00e9lioration. Nous savons aussi par une lettre d\u2019Albert qu\u2019il s\u2019agit de la fillette qui a une broncho-pneumonie ; comme elle est n\u00e9e 20 jours trop t\u00f4t, elle aura beaucoup de peine \u00e0 s\u2019en tirer ; c\u2019est bien triste pour ses parents.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Septembre 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 4 septembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 1<sup>er<\/sup> septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons de tr\u00e8s mauvaises nouvelles de la petite Marie-Louise ; il est m\u00eame \u00e9tonnant qu\u2019elle ait r\u00e9sist\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Je vais \u00e0 Lacabar\u00e8de sur la motocyclette d\u2019Henri, une Terrot ; je pr\u00e9f\u00e8re la mienne. La condamnation du \u00ab Sillon \u00bb a fait le tour de la presse ; Marc Sangnier d\u00e9clare se soumettre ; mais il maugr\u00e9e et discute beaucoup ; sa soumission ne para\u00eet pas bien sinc\u00e8re ; enfin, qui vivra verra !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 2 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons \u00e0 Saint-Amans-Soult aux obs\u00e8ques de la baronne Reille ; il y a grande affluence ; M. M\u00e9nard, d\u00e9put\u00e9 de Paris, prononce le discours ; on enterre la baronne dans le caveau de sa famille, pr\u00e8s de la d\u00e9pouille mortelle du mar\u00e9chal Soult. Nous avons des nouvelles un peu meilleures de la petite Marie-Louise. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, les Saint-Martin et les d\u2019Auxilhon viennent jouer au tennis.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 3 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais passer la journ\u00e9e au Castelet chez mon oncle de Llobet ; j\u2019y arrive \u00e0 11h \u00bc et en repars \u00e0 6h \u00bd ; j\u2019y retrouve ma tante et mes cousines de Lazerme qui s\u2019y sont arr\u00eat\u00e9s quelques jours, retour de Lourdes et de Saint-Jean-de-Luz, et les Henri de \u00c7agarriga qui y sont, comme moi, pour la journ\u00e9e ; je suis de retour ici \u00e0 10h \u00bc. Les nouvelles de la petite Marie-Louise continuent \u00e0 \u00eatre peu rassurantes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 4 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Albine&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, les Jamme viennent nous voir. Les nouvelles de la petite Marie-Louise ne sont pas plus mauvaises, mais de toutes fa\u00e7ons ce sera tr\u00e8s long ; aussi nous ne pouvons pas attendre le retour de ma belle-m\u00e8re pour partir, et nous partirons apr\u00e8s-demain pour Vin\u00e7a.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 5 au 11 septembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 5 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons prendre cong\u00e9 de nos cousins d\u2019Auxillon \u00e0 Sauveterre, et faisons nos malles. Les nouvelles de la petite Marie-Louise sont bien meilleures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 6 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 la Borie grande \u00e0 7h52 et sommes arriv\u00e9s ici \u00e0 4 heures ; nous trouvons Bonne Maman, Papa, Maman, les Magu\u00e9 en bonne sant\u00e9. L\u2019oncle Paul, Tante Josepha et N\u00e9nette ne connaissaient pas encore Tony et sont contents de le voir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 7 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re, le travail que je fais \u00e0 la cave n\u2019est pas encore termin\u00e9 ; les vignes ont un peu souffert du mildiou, pas trop cependant. Nous avons les cousins Lutrand \u00e0 d\u00e9jeuner ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous assistons tous \u00e0 une repr\u00e9sentation, une f\u00e9erie, organis\u00e9e par les familles Thibaut et Cuill\u00e9 au profit du patronage. N\u00e9nette y joue un r\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 8 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe et faisons la sainte communion en l\u2019honneur de la f\u00eate de la Nativit\u00e9 de la Sainte-Vierge ; ensuite, je voulais partir pour Perpignan et Claira, mais le train qui partait autrefois \u00e0 9 heures a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 de 30 minutes ; je ne le savais pas et je le manque. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle \u00e0 Bouletern\u00e8re et Ille. \u00c0 Ille, nous allons voir le Dr Pons qui examine Bebelle et nous dit que son accouchement aura lieu plus t\u00f4t que nous ne supposions ; ce sera dans trois semaines au plus, \u00e0 son avis, et peut-\u00eatre plus t\u00f4t. Nous allons donc \u00eatre oblig\u00e9s de h\u00e2ter notre retour \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 9 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan et Claira et je rentre \u00e0 Vin\u00e7a sur ma moto ; au retour, je suis pris par la pluie. \u00c0 Claira, les vignes sont magnifiques ; j\u2019ai une tr\u00e8s belle r\u00e9colte et je peux en remercier Dieu, car beaucoup de propri\u00e9taires cette ann\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 bien \u00e9prouv\u00e9s ! J\u2019aurai, j\u2019esp\u00e8re, de 2600 \u00e0 2800 hectos ; \u00e0 24 fr., cela fera de 62 \u00e0 68.000 fr.&nbsp;; avec 4000 \u00e0 5000 que j\u2019aurai \u00e0 Boulte, j\u2019esp\u00e8re donc arriver \u00e0 70.000 fr. et peut-\u00eatre d\u00e9passer. Ce sera tr\u00e8s beau, mais j&rsquo;aurais fait encore bien plus d\u2019argent si je n\u2019avais pas vendu, car les cours ont encore beaucoup mont\u00e9 ; on vend maintenant les futurs vins de 32 \u00e0 35 fr. l\u2019hecto, et on d\u00e9passe m\u00eame ce dernier prix ; j\u2019aurais donc pu faire 25.000 fr. de plus et arriver ainsi \u00e0 pr\u00e8s de 100.000 ! H\u00e9las, je n\u2019ai pas cru que la hausse d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rable qui s&rsquo;\u00e9tait produite \u00e0 la fin de juillet p\u00fbt s\u2019accentuer encore ; je me suis tromp\u00e9. Enfin, il ne faut pas se plaindre ; le r\u00e9sultat est d\u00e9j\u00e0 assez beau !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 10 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous en excursion \u00e0 Mont-Louis et Font-Romeu. Nous partons par le premier train et arrivons \u00e0 Mont-Louis \u00e0 9 heures 20 par le nouveau chemin de fer \u00e9lectrique qui est une merveille de l\u2019art. De l\u00e0, dans deux voitures, nous allons \u00e0 Font-Romeu que je ne connaissais pas encore ; c\u2019est un bel ermitage dans un tr\u00e8s beau site \u00e0 pr\u00e8s de 1800 m\u00e8tres d\u2019altitude ; il y fait froid, nous grelottons presque malgr\u00e9 nos v\u00eatements d\u2019hiver. Nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a par le train de 7 heures, enchant\u00e9s de notre excursion.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"656\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis-1024x656.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-637\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis-1024x656.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis-300x192.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis-768x492.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis-1536x984.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/572-mont-louis-font-romeu-entree-ermitage-route-mont-louis.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;ermitage de Font-Romeu \u2013 Carte postale, s.d. [ann\u00e9es 1910] (site Cartorum.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 11 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; apr\u00e8s v\u00eapres, je vais me promener avec Bebelle \u00e0 la vigne du <em>Cam dal Roc<\/em>. Les vignes ici sont en retard. En Salanque, il n\u2019y a aussi du retard, mais moins qu&rsquo;ici. Certains propri\u00e9taires ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 leurs vendanges, c&rsquo;est le tr\u00e8s petit nombre, mais beaucoup commenceront demain. Moi, je compte commencer jeudi \u00e0 Claira.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 18 septembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 12 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous avons la visite des jeunes filles de La Croix qui vont \u00e0 Prades et s&rsquo;arr\u00eatent au passage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 13 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le s\u00e9jour des Magu\u00e9 est fini ; ils repartent pour Dijon o\u00f9 ils passeront encore quelques mois, puis ils s\u2019installeront \u00e0 Nice ; l\u2019ann\u00e9e prochaine, ils feront un plus long s\u00e9jour ici. L\u2019abb\u00e9 Badrignans meurt apr\u00e8s une longue et p\u00e9nible agonie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, mercredi 14 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je couche ce soir, pour la 1<sup>\u00e8re<\/sup> fois dans ma chambre de Claira ; on commence la vendange demain matin, et je tiens \u00e0 y \u00eatre. Je viens par le train de 2 heures et par le nouveau petit chemin de fer de la ligne du Barcar\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 15 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin apr\u00e8s le d\u00e9part des vendangeurs pour la vigne<em> La Lloucati<\/em>, je suis parti de Claira \u00e0 6h28 et, apr\u00e8s pr\u00e8s de deux heures d\u2019arr\u00eat \u00e0 Perpignan, je suis arriv\u00e9 ici \u00e0 dix heures pour assister aux obs\u00e8ques de l\u2019abb\u00e9 Bernardin Badrignans qui \u00e9tait membre honoraire de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien. Beaucoup d\u2019\u00e9trangers, notamment 45 \u00e0 50 pr\u00eatres y assistent. Je prononce un discours au cimeti\u00e8re&nbsp;; M. de Guardia parle devant la maison. Je voulais revenir le soir \u00e0 Claira, mais je suis souffrant depuis deux jours ; j&rsquo;ai un d\u00e9rangement d\u2019entrailles qui me fatigue et je me d\u00e9cide \u00e0 me reposer ce soir ; je ne bouge donc pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 16 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le terme de la grossesse de Bebelle approchant, nous avons jug\u00e9 prudent, puisque l&rsquo;enfant doit na\u00eetre \u00e0 la Borie Grande, d\u2019y venir sans retard. J\u2019ai donc quitt\u00e9 Vin\u00e7a ce matin, je suis all\u00e9 \u00e0 Claira en moto voir o\u00f9 en \u00e9tait la vendange ; j&rsquo;ai rejoint \u00e0 Perpignan au train de 2h54 Bebelle et Tony et nous venons d\u2019arriver ici. Ma belle-m\u00e8re nous attendait ; Bebelle a support\u00e9 le voyage sans aucune fatigue. Ici, il y a passage de troupes revenant des man\u0153uvres du Castrais ; la maison est pleine d\u2019officiers. Je ne fais qu\u2019accompagner Bebelle et je repartirai demain matin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, samedi 17 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte la M\u00e9tairie Grande \u00e0 midi et j\u2019arrive ici \u00e0 7h \u00bd du soir. Ce matin \u00e0 la M\u00e9tairie Grande, j&rsquo;ai fait venir le Dr Molinier qui accouchera Bebelle et je lui ai donn\u00e9 mes instructions ; mais j\u2019esp\u00e8re bien que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement n\u2019arrivera pas avant la fin des vendanges et que je ne devrai pas repartir avant.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 18 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis all\u00e9 \u00e0 la messe \u00e0 Perpignan&nbsp;; on a fini de cueillir <em>la Lloucati <\/em>et la vigne dite <em>Cam Nougu\u00e9 <\/em>(la seconde que j&rsquo;ai achet\u00e9e) ; cette derni\u00e8re a donn\u00e9 548 comportes&nbsp;; c\u2019est beau. Je rentre ici par le train de 3 heures.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 19 au 25 septembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, lundi 19 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je repars \u00e0 8h20 pour Claira o\u00f9 je n\u2019arrive que vers 1 heure apr\u00e8s avoir fait diverses courses et d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 Perpignan. On est \u00e0 la Cad\u00e8ne ; Papa, Maman et Bonne Maman viennent en voiture voir vendanger ; ils sont \u00e9tonn\u00e9s de la forte r\u00e9colte que j\u2019ai ; que n\u2019ai-je attendu jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pour la vendre ? On m\u2019en donnerait 34 ou 35 fr. l\u2019hecto au lieu de 24 et je ferais de 25 \u00e0 30.000 fr. de plus ! Pour loger les chevaux en bas et les vendangeurs au-dessus, je fais l\u2019acquisition d\u2019une \u00e9curie voisine de mes locaux&nbsp;; c\u2019\u00e9tait une acquisition rendue indispensable par l\u2019extension donn\u00e9e \u00e0 mon vignoble. Le soir il commence \u00e0 pleuvoir ; si \u00e7a continue \u00e7a troublera la vendange.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 20 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a plu une bonne partie de la nuit que j&rsquo;ai pass\u00e9e \u00e0 Claira ; si le temps ne change pas, je vais \u00eatre bien g\u00ean\u00e9 pour la vendange. Ce matin, il ne pleuvait plus et les vendangeurs sont all\u00e9s \u00e0 la Cad\u00e8ne. Je quitte Claira \u00e0 6h \u00bd et arrive ici \u00e0 dix heures ; je tiens \u00e0 \u00eatre ici aujourd\u2019hui en pr\u00e9vision de l\u2019arriv\u00e9e de la bonne allemande de Tony qui s\u2019est annonc\u00e9e pour aujourd\u2019hui. Elle n\u2019arrive ni \u00e0 dix heures, ni \u00e0 midi, comme je pensais et je croyais qu\u2019elle n\u2019arriverait pas ici et que la lettre que j\u2019avais \u00e9crite \u00e0 son couvent lui permettrait d\u2019arriver \u00e0 la Borie Grande&nbsp;; et l&rsquo;apr\u00e8s-midi, \u00e9tant all\u00e9 \u00e0 Ille et \u00e0 Bouletern\u00e8re en voiture, au retour je la trouve \u00e0 Vin\u00e7a, elle venait d&rsquo;arriver par le train de 4 heures. C&rsquo;est une jeune bavaroise de Landshut qui ne dit pas un mot de fran\u00e7ais ; elle a fait bon voyage. Demain, je la ferai partir pour la M\u00e9tairie grande ; elle s\u2019appelle Anna Birnkamer et est catholique bien entendu. De cette fa\u00e7on, Tony apprendra l\u2019allemand sans efforts. \u00c0 Boule, la pluie n\u2019a pas fait de mal aux vignes ; au contraire les raisins grossiront. M. Bernard, qui a achet\u00e9 le vin depuis deux ans, m&rsquo;offre trente-cinq frs. l\u2019hecto&nbsp;; je n\u2019accepte pas, voulant me r\u00e9server et ne pas recommencer la b\u00eatise de Claira.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, mercredi 21 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais partir Anna Birnkamer pour la Borie grande o\u00f9 Bebelle l\u2019attend. Je vais \u00e0 Claira et j&rsquo;y couche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, jeudi 22 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vendange continue dans de bonnes conditions ; je vais passer un moment \u00e0 Perpignan en moto, j\u2019y d\u00e9jeune et je reviens \u00e0 Claira o\u00f9 je couche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 23 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui on laisse mes vignes pour cueillir celles de Papa ; la vendange des vignes de Papa \u00e0 Claira durera trois ou quatre jours ; j&rsquo;ai profit\u00e9 pour venir passer ce temps aupr\u00e8s de Bebelle que je trouve en excellente sant\u00e9 ; j\u2019arrive ici \u00e0 4 heures 39.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 24 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bebelle a attrap\u00e9 une fluxion \u00e0 une m\u00e2choire et \u00e0 une oreille ; elle en souffre beaucoup et a m\u00eame un peu de fi\u00e8vre ; je fais venir le Docteur Molinier qui lui indique un traitement ; sa joue droite est tr\u00e8s enfl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 25 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe \u00e0 Sauveterre avant la messe, je vais \u00e0 Lacabar\u00e8de exp\u00e9dier un t\u00e9l\u00e9gramme et prendre le courrier ; je vais \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Albine.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 30 septembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 26 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 8 heures \u00e0 Sauveterre, je fais dire pour Bebelle une messe \u00e0 laquelle ma belle-m\u00e8re et moi assistons, pour demander \u00e0 Dieu de prot\u00e9ger Bebelle au moment de la naissance de son deuxi\u00e8me enfant.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 27 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Mazamet arr\u00eater une garde pour Bebelle&nbsp;; malgr\u00e9 toutes nos recherches, nous n\u2019avons pu trouver une religieuse ; nous prenons une sage-femme, Mlle Bories. Germaine vient nous voir avec ses enfants ; au retour de Mazamet, je fais route avec eux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, jeudi 29 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de journal hier soir parce que j\u2019\u00e9tais en voyage. Apr\u00e8s avoir consult\u00e9 le Dr Molinier et la garde qui ont examin\u00e9 Bebelle, et qui ne croient pas que l\u2019accouchement se produise avant 4 \u00e0 5 jours, je me d\u00e9cide \u00e0 venir finir passer 48 heures en Roussillon. Je fais cela tr\u00e8s rapidement ; je suis parti de la M\u00e9tairie Grande hier soir \u00e0 5 heures et arriv\u00e9 \u00e0 Vin\u00e7a ce matin \u00e0 7 heures ; je suis all\u00e9 \u00e0 Bouletern\u00e8re dans la matin\u00e9e et \u00e0 Claira cette apr\u00e8s-midi ; je couche ici ce soir ; la vendange avance mais n\u2019est pas encore finie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 30 septembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On vendange la nouvelle vigne \u00ab&nbsp;Champ Par\u00e8s&nbsp;\u00bb o\u00f9 la r\u00e9colte est \u00e9norme&nbsp;; ce matin, je l&rsquo;ai lass\u00e9e au quart&nbsp;; je comptais sur 1000 comportes dans cette vigne et je vois que j\u2019arriverai peut-\u00eatre \u00e0 1200 ; c\u2019est une superbe plantation d\u2019aramon. Dans la matin\u00e9e, je vais avec Maurice \u00e0 Perpignan prendre une forte somme d\u2019argent que je lui remets, en menue monnaie, pour payer les vendangeurs. Je quitte Perpignan \u00e0 3 heures 5 et suis ici \u00e0 dix heures. Certains sympt\u00f4mes annoncent que les couches de Bebelle sont proches ; je suis de retour, le b\u00e9b\u00e9 peut arriver sans inconv\u00e9nient.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Octobre 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 octobre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 1<sup>er<\/sup> octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma famille s\u2019est augment\u00e9e aujourd\u2019hui d\u2019une fille n\u00e9e \u00e0 4 heures \u00bc dans de tr\u00e8s bonnes conditions et sans de trop grandes souffrances pour Bebelle ; les douleurs ont commenc\u00e9 ce matin, mais n\u2019ont \u00e9t\u00e9 vives que pendant une heure \u00e0 peine. La fillette que nous appellerons Germaine, comme le d\u00e9sire Bebelle, est tr\u00e8s bien constitu\u00e9e ; elle a les yeux bleus et para\u00eet robuste, autant qu\u2019on peut en juger. En voil\u00e0 une que nous n\u2019attendons pas depuis longtemps et sur le compte de laquelle les m\u00e9decins se sont bien tromp\u00e9s ; elle p\u00e8se 6 livres, 164 grammes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 2 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bebelle va tr\u00e8s bien, la fillette \u00e9galement. Bebelle, qui veut la nourrir, commence \u00e0 lui donner le sein. La garde que nous avons est excellente. J\u2019\u00e9cris beaucoup de cartes et de lettres aux parents \u00e0 qui je n\u2019ai pas t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9. Je vais \u00e0 la messe \u00e0 Albine et j\u2019y fais la sainte communion en l\u2019honneur de la f\u00eate du Saint Rosaire. J\u2019y prie pour la nouvelle venue.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 7 octobre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 3 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. le cur\u00e9 de Sauveterre vient ondoyer Germaine ; nous ferons le bapt\u00eame solennel \u00e0 Vin\u00e7a ; Bonne Maman sera marraine et Albert mon beau-fr\u00e8re parrain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, mardi 4 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je re\u00e7ois une lettre de M. Danjou-L\u00e9gnier m\u2019informant que le Parquet s\u2019occupe des \u00ab Pr\u00e9voyants de France \u00bb ; je me d\u00e9cide \u00e0 aller voir s\u2019il n\u2019y aurait pas lieu pour moi de porter plainte. Bebelle va aussi bien que possible et je peux la laisser sans inconv\u00e9nient sous la surveillance de sa m\u00e8re et de la garde. J\u2019arrive \u00e0 Toulouse \u00e0 3 heures et, avec M. Danjou, je vais voir le Procureur de la R\u00e9publique pour causer avec lui de ces chenapans des \u00ab Pr\u00e9voyants \u00bb ; malheureusement M. de Laportali\u00e8re mon avocat ne sera ici qu\u2019apr\u00e8s-demain matin et je ne veux pas porter plainte sans avoir son approbation ; je suis donc forc\u00e9 de rester ici jusqu\u2019\u00e0 jeudi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, mercredi 5 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La journ\u00e9e d\u2019aujourd\u2019hui est longue \u00e0 passer ; je vais voir le pauvre Charouleau \u00e0 l\u2019asile de vieillards o\u00f9 il est entr\u00e9 et je lui laisse un petit secours. Le soir, je vais au Th\u00e9\u00e2tre Lafayette pour me distraire. J\u2019apprends par de nombreuses d\u00e9p\u00eaches la nouvelle d\u2019une insurrection au Portugal ; une partie de l&rsquo;Arm\u00e9e et de la Marine seraient du complot ; le palais royal, dit-on, a \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 ; c\u2019est donc un \u00ab pronunciamiento \u00bb probablement organis\u00e9 par la Ma\u00e7onnerie. Pauvre Portugal&nbsp;! Je fais des v\u0153ux pour que la Monarchie se sauve et \u00e9crase l\u2019insurrection.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 6 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je rentre par le train de dix heures du soir ; Bebelle et la petite vont tr\u00e8s bien. J&rsquo;ai vu ce matin M. de Laportali\u00e8re ; il ne me conseille pas de porter plainte, je m\u2019en tiens donc \u00e0 son avis. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je rencontre l\u2019abb\u00e9 Latour ; nous nous promenons ensemble jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure de mon d\u00e9part et il m\u2019accompagne \u00e0 la gare \u00e0 5 heures. J&rsquo;ai laiss\u00e9 des instructions \u00e0 mon avou\u00e9 pour faire une saisie-arr\u00eat sur un fonds de 50.000 fr d\u00e9pos\u00e9, au nom des \u00ab Pr\u00e9voyants de France \u00bb \u00e0 la Caisse des d\u00e9p\u00f4ts et consignations ; mais je ne suis pas le seul \u00e0 taper l\u00e0-dessus ! L&rsquo;insurrection para\u00eet avoir le dessus \u00e0 Lisbonne ; on s\u2019attaque aux religieux et aux \u00e9glises ; on dit que la r\u00e9publique a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9e. Je plains les Portugais !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 7 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Mazamet en moto pour la faire r\u00e9parer ; je rentre en automobile. J&rsquo;ai le r\u00e9sultat total des vendanges ; j&rsquo;ai eu \u00e0 Claira 3915 comportes se r\u00e9partissant ainsi : 286 au <em>Lloucati<\/em> ; 548 au champ Nougu\u00e9&nbsp;; 1414 \u00e0 la Cad\u00e8ne ; 405 \u00e0 la Griffaigne et 1262 au Champ Par\u00e8s&nbsp;! \u00c0 Boule, je n\u2019ai que 182 comportes ; en tout, j&rsquo;ai donc 4097 comportes ; \u00e0 raison de 68 litres par comporte, comme l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, cela doit donner \u00e0 Claira 2663 hectos et \u00e0 Boule 133 ; mais \u00e0 Boule, les comportes sont un peu plus petites qu&rsquo;\u00e0 Claira et ne donnent pas 68 litres de vin. L&rsquo;insurrection est victorieuse \u00e0 Lisbonne ; la r\u00e9publique a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9e apr\u00e8s de violents combats dans les rues et autour du palais royal ; on dit que le jeune roi s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 sur un navire. C\u2019est un \u00ab pronunciamiento \u00bb militaire organis\u00e9 par la Franc-Ma\u00e7onnerie, car ce mouvement est nettement et violemment antireligieux en m\u00eame temps qu\u2019antimonarchique ; la r\u00e9publique est partout aussi hideuse&nbsp;!<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 30 octobre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 26 octobre 1910<\/h4>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-rotated.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"724\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-724x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-651\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-724x1024.jpg 724w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-768x1086.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-1087x1536.jpg 1087w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-1449x2048.jpg 1449w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_112108-Copie-rotated.jpg 1565w\" sizes=\"auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>\u00ab\u00a0Radiographie de mon poignet droit cass\u00e9 par un retour de manivelle d&rsquo;automobile en octobre 1910\u00a0\u00bb<\/em> (annotation au dos de la main d&rsquo;Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch) \u2013 Radiographie anonyme, 1910 (Collection Pierre Lemaitre)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je reprends mon journal apr\u00e8s une interruption de trois semaines, pendant lesquelles il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 impossible d&rsquo;\u00e9crire parce que ma main droite me refusait tout service. Le 8 octobre, \u00e0 Lapeyrouse o\u00f9 j&rsquo;avais d\u00e9jeun\u00e9 avec Henry et Fran\u00e7ois, il m&rsquo;est arriv\u00e9 un accident bizarre au moment de repartir ; nous \u00e9tions venus dans l&rsquo;automobile d&rsquo;Henry et j&rsquo;ai voulu mettre le moteur en mouvement avant le d\u00e9part ; la manivelle a eu un retour et d&rsquo;un coup sec m&rsquo;a bris\u00e9 le poignet droit. Aussit\u00f4t apr\u00e8s l&rsquo;accident, je suis all\u00e9 voir un m\u00e9decin \u00e0 Mazamet qui a fait un pansement provisoire et a diagnostiqu\u00e9 une fracture de l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 du radius ; ici, le Dr Molinier a \u00e9t\u00e9 du m\u00eame avis, a r\u00e9duit la fracture, puis m&rsquo;a immobilis\u00e9 le poignet dans un appareil compos\u00e9 de deux planches que j&rsquo;ai gard\u00e9es dix jours. Ensuite, on a remplac\u00e9 les planches par des attelles en carton ; alors j&rsquo;ai obtenu du Dr la permission d&rsquo;aller en Roussillon o\u00f9 j&rsquo;ai pass\u00e9 8 jours pour mes affaires. J&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Ille o\u00f9 Maman me massait matin et soir le poignet ce qui m&rsquo;a fait beaucoup de bien ; ici, Bebelle continue et je vais bien mieux ; depuis quelques [jours], j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire, d&rsquo;abord avec effort, et maintenant sans fatigue. Pendant ce temps, Bebelle s&rsquo;est remise peu \u00e0 peu ; Germaine grossit \u00e0 vue d&rsquo;\u0153il. Nous avons pris d&rsquo;importantes d\u00e9cisions : comme l&rsquo;appartement de Perpignan est devenu bien trop petit (il n&rsquo;a que 3 chambres de ma\u00eetre) et que nous paierions \u00e0 Perpignan un appartement un peu grand au moins 1500 frs., nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous fixer \u00e0 Ille dans la maison de Bourdeville<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a> que nous avions habit\u00e9e si longtemps ; Papa nous c\u00e9dera cette maison pour un loyer qui sera certainement bien minime en comparaison de ce que nous payerions \u00e0 Perpignan. Seulement, en habitant Ille, il nous faut un moyen de transport nous permettant d&rsquo;en sortir souvent et facilement, pour communiquer avec Perpignan et Claira ; je me d\u00e9cide donc \u00e0 acheter cette ann\u00e9e l&rsquo;automobile que je voulais acheter l&rsquo;ann\u00e9e prochaine. Je choisirai probablement une 12 H.P. Motobloc, marque que repr\u00e9sentent mes beaux-fr\u00e8res Albert et Henry. Nous serons ainsi tr\u00e8s agr\u00e9ablement \u00e0 Ille ; le jardin sera pr\u00e9cieux pour les enfants. On va retaper quelques pi\u00e8ces de cette maison puis nous nous y installerons. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Castres en auto avec Henry, Fran\u00e7ois et Ernest de Lacaze.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 27 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas d&rsquo;ici, je commence \u00e0 examiner les divers organes de la voiture d&rsquo;Henry pour m&rsquo;initier.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 28 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas, j&rsquo;\u00e9cris des comptes et des lettres en retard ; mon poignet va de mieux en mieux. Il pleut.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 29 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je lis pour faire passer le temps ; je regarde souvent l&rsquo;auto d&rsquo;Henry quand il la nettoie ; malheureusement, mon poignet ne me permet pas encore d&rsquo;apprendre \u00e0 conduire, c&rsquo;est regrettable.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 30 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. le Cur\u00e9 de Sauveterre dit aujourd\u2019hui la messe de relevailles de Bebelle \u00e0 laquelle nous assistons tous ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous avons la visite de Robert et d&rsquo;Ernest de Lacaze, puis d&rsquo;Henry et Germaine Jamme venus \u00e0 cheval.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 31 octobre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 31 octobre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais me confesser \u00e0 Sauveterre, il fait mauvais temps. Albert arrive vers 6 heures, en auto, pour quelques jours.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Novembre 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 novembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 1<sup>er<\/sup> novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 6h \u00bd \u00e0 Albine o\u00f9 je communie&nbsp;; je reviens \u00e0 la grand&rsquo;messe avec Bebelle. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons au cimeti\u00e8re de Sauveterre apr\u00e8s quoi nous allons voir les d&rsquo;Auxilhon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 2 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Albine \u00e0 6h \u00bd ; je communie. Je r\u00e9fl\u00e9chis beaucoup au choix de l&rsquo;automobile, je prends des renseignements et je me fais expliquer le m\u00e9canisme des Motobloc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 3 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Mazamet et \u00e0 Lapeyrouse dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi&nbsp;; il pleut beaucoup ; depuis trois ou quatre jours, il pleut constamment.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 4 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait encore un temps atroce, nous ne bougeons pas d&rsquo;ici.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 5 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est aussi mauvais qu&rsquo;hier ; il pleut toute la journ\u00e9e. Je prends une d\u00e9cision pour l&rsquo;automobile ; je prends la 12 H.P. Motobloc qu&rsquo;Henri a re\u00e7ue derni\u00e8rement pour la vendre, je connais cette voiture, elle est tr\u00e8s bonne, et la carrosserie est plus soign\u00e9e qu&rsquo;une carrosserie de s\u00e9rie ; Albert et Henry me la laissent \u00e0 8500 frs. avec tous ses accessoires ; avec les quelques am\u00e9liorations que j&rsquo;y apporterai, telles que la mise en marche automatique, \u00e7a arrivera \u00e0 8700 ou 8800 ; je crois avoir fait une bonne affaire. La voiture n&rsquo;est pas encore peinte, Henry la m\u00e8nera ces jours \u00e0 Bordeaux pour la faire peindre en gris et j&rsquo;en prendrai possession dans un mois ; d&rsquo;ici l\u00e0 il faut que j&rsquo;apprenne \u00e0 conduire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1014\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-1014x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-641\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-1014x1024.jpg 1014w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-768x775.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7-1522x1536.jpg 1522w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/s-l1600-7.jpg 1585w\" sizes=\"auto, (max-width: 1014px) 100vw, 1014px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Automobile 12 H.P. Motobloc, mod\u00e8le achet\u00e9 par Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch le 5 novembre 1910 \u2013 Carte postale, s.d. (site Ebay.ca)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 6 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Albine et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sauveterre&nbsp;; je vais voir M. de Saint-Martin.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 novembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 7 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis Henry et Albert \u00e0 Albi dans l&rsquo;auto que je leur ach\u00e8te&nbsp;; ils y restent jusqu&rsquo;\u00e0 demain, et je rentre par le train, afin de pouvoir partir demain pour Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 8 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parti ce matin \u00e0 8 heures, je suis \u00e0 2 heures \u00e0 Perpignan, j&rsquo;y passe l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 faire de nombreuses commissions et j&rsquo;arrive le soir \u00e0 huit heures \u00e0 Ille. Papa et Maman vont bien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 9 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais voir les petits travaux qu&rsquo;on ex\u00e9cute \u00e0 la maison o\u00f9 nous allons nous installer Bebelle et moi, j&rsquo;y passe une partie de l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 10 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira o\u00f9 je fais faire un devis pour couvrir les nouvelles cuves et je vais aux vignes, je rentre par le dernier train apr\u00e8s arr\u00eat \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 11 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe la matin\u00e9e ici ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais au-devant de Bebelle jusqu&rsquo;\u00e0 Narbonne ; elle arrive avec les enfants qui vont tr\u00e8s bien. Papa et Maman font la connaissance de Germaine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 12 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas d&rsquo;ici&nbsp;; je me prom\u00e8ne avec Bebelle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 13 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Perpignan assister \u00e0 la r\u00e9union du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif des groupes d&rsquo;Action fran\u00e7aise du Roussillon, dont je fais partie ; nous nous occupons de la constitution d&rsquo;une caisse ; je rentre par le dernier train.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 novembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 14 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bonne Maman vient passer une partie de l&rsquo;apr\u00e8s-midi pour nous voir et faire la connaissance de sa future filleule ; comme il se met \u00e0 pleuvoir, elle couche ici.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 15 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, pour essayer la motocyclette dont j\u2019ai fait revoir le moteur, je vais \u00e0 Vin\u00e7a et en reviens aussit\u00f4t ; la moto marche \u00e0 merveille malgr\u00e9 un vent violent. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle \u00e0 Millas o\u00f9 nous allons voir les Ferriol et les \u00c7agarriga. Bonne Maman repart pour Vin\u00e7a \u00e0 4 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 16 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec Bebelle, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re \u00e0 pied ; nous rentrons en chemin de fer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 17 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Perpignan&nbsp;; j&rsquo;y emm\u00e8ne l&rsquo;Allemande de Tony qui a des achats \u00e0 faire ; nous rentrons par l&rsquo;autobus qui part de Perpignan \u00e0 cinq heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 18 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle se promener \u00e0 Regleilles&nbsp;; les travaux d&rsquo;am\u00e9nagement de notre maison vont tr\u00e8s lentement et je pr\u00e9vois que nous ne pourrons nous installer dans cette maison qu&rsquo;au retour de Paris o\u00f9 je vais aller prendre part au congr\u00e8s de l&rsquo;Action fran\u00e7aise qui commencera le 29 novembre au soir et durera jusqu&rsquo;au trois d\u00e9cembre ; j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u, en pr\u00e9vision de ce voyage, des permis de circulation \u00e0 demi-tarif sur le Midi et l&rsquo;Orl\u00e9ans ; j&rsquo;y ai droit comme membre de l&rsquo;Association de la Presse monarchique et catholique d\u00e9partementale. Nous serons cinq ou six Roussillonnais \u00e0 ce Congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 19 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais plusieurs fois \u00e0 notre ancienne et future maison pour activer les travaux. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Vin\u00e7a en moto, au retour je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Boule ; la motocyclette marche tr\u00e8s bien, m\u00eame contre le vent. Nous allons nous confesser.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 20 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bebelle et moi nous faisons la sainte communion avant la messe de 8h \u00bd ; nous allons \u00e0 la messe de 10 heures \u00e0 laquelle la Jeunesse catholique assiste en corps, et le soir \u00e0 v\u00eapres. Nous faisons des visites.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 25 novembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 21 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand&rsquo;messe de 9 heures&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Prades en motocyclette, je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Vin\u00e7a au retour quelques minutes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 22 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 8 heures. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Claira et rentre \u00e0 8h du soir&nbsp;; ayant manqu\u00e9 la voiture \u00e0 Claira, je suis oblig\u00e9 de me faire ramener dans une carriole. Emmanuel de Saint-Jean m&rsquo;\u00e9crit que mon proc\u00e8s aux \u00ab&nbsp;Pr\u00e9voyants de France&nbsp;\u00bb viendra vendredi ou samedi devant la 1<sup>\u00e8re<\/sup> chambre du Tribunal de Toulouse ; il m&rsquo;\u00e9crira ou me t\u00e9l\u00e9graphiera ; je m&rsquo;arr\u00eaterai donc \u00e0 Toulouse en partant pour Paris. Tony tombe de son lit, mais heureusement sans se faire de mal.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 23 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Bebelle me promener du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Michel ; il pleut.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 24 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne re\u00e7ois pas de t\u00e9l\u00e9gramme ; ce n&rsquo;est donc pas demain que se plaide l&rsquo;affaire. Je vais plusieurs fois \u00e0 la maison o\u00f9 s&rsquo;ach\u00e8vent les petits travaux n\u00e9cessaires pour notre installation. \u00c0 Paris, je descendrai chez les Delestrac qui ont l&rsquo;amabilit\u00e9 de m&rsquo;offrir une chambre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, vendredi 25 novembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emmanuel de Saint-Jean m&rsquo;ayant \u00e9crit que l&rsquo;affaire viendrait demain, nous partons par le train de 1h 25 ; je laisse Bebelle et les enfants \u00e0 Perpignan o\u00f9 ils passeront la dur\u00e9e de mon voyage, je les accompagne place d&rsquo;Armes, puis je repars \u00e0 4h54 et j&rsquo;arrive \u00e0 Toulouse \u00e0 11h 22 du soir.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9cembre 1910<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 9 au 11 d\u00e9cembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 9 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tellement accabl\u00e9 d&rsquo;occupations pendant mon voyage qu&rsquo;il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 absolument impossible d&rsquo;\u00e9crire tous les jours mon journal. Je me d\u00e9cide donc \u00e0 \u00e9crire le r\u00e9sum\u00e9 en bloc de ce voyage. \u00c0 Toulouse, le samedi 26 novembre, j&rsquo;ai appris que mon proc\u00e8s aux \u00ab&nbsp;Pr\u00e9voyants de France&nbsp;\u00bb, qui devait venir ce jour-l\u00e0, ne pourrait venir ; je demande donc son renvoi \u00e0 mon retour de Paris, c&rsquo;est-\u00e0-dire au jeudi 8 d\u00e9cembre. Le soir, je pars de Toulouse par l&rsquo;express de 8h45 par Montauban, Cahors, Brive, Limoges, Les Aubrais ; j&rsquo;arrive \u00e0 Paris le lendemain matin \u00e0 8h56 au quai d&rsquo;Orsay ; je suis re\u00e7u tr\u00e8s aimablement par les Delestrac chez qui je descends. Dans la journ\u00e9e du dimanche, je vais \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Sulpice ; il pleut toute la journ\u00e9e, c&rsquo;est maussade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lundi, je fouille un peu partout pour trouver des fauteuils de bureau, je vais au Faubourg Saint-Antoine ; je retrouve M. Bertran, Mass\u00e9 et Campanaud \u00e0 5h \u00bd au Caf\u00e9 am\u00e9ricain comme il \u00e9tait convenu et, ensemble, nous montons aux bureaux de l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; nous y voyons la plupart de ses collaborateurs ; tous sont tr\u00e8s irrit\u00e9s contre M. de Lar\u00e8gle, chef du bureau politique de Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, qui man\u0153uvre, en-dessous, contre l&rsquo;Action fran\u00e7aise. J&rsquo;offre \u00e0 d\u00eener \u00e0 ma tante Civelli et \u00e0 Margot dans un restaurant du boulevard. Le mardi 29, je d\u00e9jeune chez les Albert Lazerne&nbsp;; je cours encore au Faubourg Saint-Antoine pour commander mes fauteuils. Je vais chez ma tante Civelli qui est bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans son tout petit appartement. Enfin j&rsquo;assiste, dans la salle des Soci\u00e9t\u00e9s savantes, \u00e0 l&rsquo;ouverture du congr\u00e8s d&rsquo;Action fran\u00e7aise ; int\u00e9ressants discours&nbsp;; on y annonce des \u00ab&nbsp;ex\u00e9cutions&nbsp;\u00bb ; cela concerne Lar\u00e8gle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lendemain 30, para\u00eet dans <em>L&rsquo;Action fran\u00e7aise<\/em> un article ayant pour titre \u00ab&nbsp;Ex\u00e9cution n\u00e9cessaire&nbsp;\u00bb ; c&rsquo;est un r\u00e9quisitoire en r\u00e8gle contre Lar\u00e8gle ; voil\u00e0 les hostilit\u00e9s publiquement engag\u00e9es ; c&rsquo;est une chose bien f\u00e2cheuse ; les royalistes vont \u00eatre divis\u00e9s en deux partis. Le congr\u00e8s est tr\u00e8s int\u00e9ressant, mais se ressent de cette situation ; presque tous les congressistes suivent avec enthousiasme l&rsquo;Action fran\u00e7aise dans la voie o\u00f9 elle s&rsquo;est engag\u00e9e ; j&rsquo;avoue que je suis perplexe ; faut-il les suivre aveugl\u00e9ment ou faire des r\u00e9serves ? D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;Action fran\u00e7aise repr\u00e9sente tout ce qu&rsquo;il y a de vivant, de d\u00e9cid\u00e9 dans les fid\u00e8les du Roi ; d&rsquo;autre part, elle a commis un acte grave d&rsquo;indiscipline en ex\u00e9cutant ainsi le plus haut repr\u00e9sentant du Roi, malgr\u00e9 tous les griefs qu&rsquo;elle a contre lui ; je conserve toutes mes sympathies \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise, mais il m&rsquo;est impossible d&rsquo;approuver cet acte. Le soir, je vais avec Antoine Delestrac au Moulin Rouge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre, le congr\u00e8s a continu\u00e9, il y a eu des discours de Daudet et de Lur-Saluces ; en g\u00e9n\u00e9ral l&rsquo;opinion royaliste approuve \u00ab&nbsp;le coup d&rsquo;\u00e9tat&nbsp;\u00bb de l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; je ne peux me d\u00e9cider \u00e0 l&rsquo;approuver. Je vais voir l&rsquo;oncle Henri de Pontich et les \u00c7agarriga ; Tata Mimi vient d\u00eener chez les Delestrac.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vendredi 2, derni\u00e8re journ\u00e9e du congr\u00e8s ; c&rsquo;est la journ\u00e9e la plus int\u00e9ressante \u00e0 cause d&rsquo;un rapport de Pujo sur les Camelots du Roi. Le matin, je vais \u00e0 Montmartre o\u00f9 je fais la sainte communion dans la basilique du Sacr\u00e9 C\u0153ur. Je vais ensuite d\u00e9jeuner chez les \u00c7agarriga.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;cas de conscience&nbsp;\u00bb se pose pour moi&nbsp;: un bon nombre de congressistes a sign\u00e9 une \u00ab&nbsp;d\u00e9claration&nbsp;\u00bb dans laquelle il est dit que l&rsquo;on s&rsquo;associe pleinement aux paroles de M. de Montesquiou et que, quoi qu&rsquo;il arrive, on ira jusqu&rsquo;au bout avec l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; \u00e0 la s\u00e9ance du matin, M. Bertran demande que tous les congressistes pr\u00e9sents soient admis \u00e0 signer cette d\u00e9claration. Apr\u00e8s un instant de doute, d&rsquo;h\u00e9sitation, je me d\u00e9cide \u00e0 ne pas la signer, ne la trouvant pas respectueuse de l&rsquo;autorit\u00e9 royale ; presque tous les congressistes signent cette d\u00e9claration et M. Bertran voudrait me d\u00e9cider \u00e0 la signer aussi, mais non, je ne peux admettre que des royalistes fassent si peu de cas de l&rsquo;autorit\u00e9 du Roi. Le soir, a lieu la superbe r\u00e9union finale \u00e0 la salle Wagram ; cette immense salle est absolument comble ; beaux discours, \u00e9nergiques r\u00e9solutions, grand enthousiasme ; mais sur tout cela plane la pens\u00e9e de la scission qui va se produire entre royalistes. Combien cette scission est f\u00e2cheuse ; l&rsquo;\u00e9lan de l&rsquo;Action fran\u00e7aise va se trouver arr\u00eat\u00e9 je le crains et c&rsquo;est bien regrettable ; elle avait tant fait d\u00e9j\u00e0 et, il n&rsquo;y a pas \u00e0 dire, elle contient tout ce qu&rsquo;il y a de vivant, de d\u00e9cid\u00e9, parmi les royalistes !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le samedi 3, je retrouve l&rsquo;oncle Xavier et Maurice ; nous d\u00e9jeunons ensemble au restaurant Prunier ; je fais des commissions avec Maurice. Le soir, j&rsquo;assiste au banquet de cl\u00f4ture du congr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;avenue de la Grande Arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Paris le dimanche matin 4, apr\u00e8s \u00eatre all\u00e9 \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Sulpice et avoir visit\u00e9, au Grand Palais, le Salon de l&rsquo;Automobile ; je pars par la gare des Invalides&nbsp;; je vais \u00e0 Angers o\u00f9 j&rsquo;arrive \u00e0 5 heures du soir par Le Mans. \u00c0 la gare des Invalides au moment de mon d\u00e9part, je vois un instant la marquise de Mac-Mahon, \u00e0 qui j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 ces jours derniers ; elle me fait part de l&rsquo;affreux accident d&rsquo;automobile qui a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 sa s\u0153ur la marquise de Nicola\u00ef, \u00e0 son neveu et \u00e0 leur chauffeur, \u00e9cras\u00e9s par un express \u00e0 un passage \u00e0 niveau ! \u00c0 Angers, je descends chez l&rsquo;oncle Xavier 83 rue du Mail ; voil\u00e0 3 ans \u00bd que j&rsquo;ai quitt\u00e9 Angers et je n&rsquo;y \u00e9tais pas encore revenu ; aussi est-ce avec bonheur que je viens y passer 48 heures ; mais ce sera bien court. Je vois le soir m\u00eame Philom\u00e8ne, Henri et leurs deux fillettes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lendemain lundi 5, je parcours Angers en tout sens ; le bas de la ville est inond\u00e9 ; pendant les 13 ans que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 angevin, je n&rsquo;ai jamais vu une pareille inondation. Je vais \u00e0 la Facult\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure des cours, ce qui me procure le plaisir de rencontrer plusieurs de mes anciens professeurs, je vais voir une foule d\u2019anciens amis ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je prends une voiture et fais une longue tourn\u00e9e de visites ; le soir, je d\u00eene chez M. et Mme de Lavergne, les beaux-parents de Philom\u00e8ne ; j&rsquo;ai la chance de tomber sur deux jours de beau temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mardi, je continue mes visites ; le matin je vais voir l&rsquo;abb\u00e9 Brossard, le cur\u00e9 de Saint-Serge, M. Fran\u00e7ois Delahaye ; \u00e0 midi, tr\u00e8s gentil d\u00e9jeuner de jeunes m\u00e9nages chez Jacques Herv\u00e9-Bazin qui me fait l&rsquo;amabilit\u00e9 de r\u00e9unir \u00e0 sa table, pour me permettre de les voir, la plupart de nos anciens camarades et leurs femmes, car ils sont presque tous mari\u00e9s ; il y a l\u00e0 (outre le ma\u00eetre et la ma\u00eetresse de maison) Maurice Lucas et sa femme, Jean Gavouy\u00e8re et sa femme, Jacques des Loges et sa femme, Maurice Perrin, Henri et Philom\u00e8ne ; ce d\u00e9jeuner tr\u00e8s gai me fait grand plaisir. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je continue mes visites, je repars \u00e0 8h29 du soir. L&rsquo;oncle Xavier est admirablement install\u00e9, Madeleine et Henri de Rodellec, arriv\u00e9s depuis peu, sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s lanc\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 angevine o\u00f9 Henri a des alliances. C&rsquo;est avec regret que je repars d&rsquo;Angers apr\u00e8s un aussi court s\u00e9jour ; une autre fois, je t\u00e2cherai d&rsquo;y venir avec Bebelle et j\u2019y passerai plus longtemps. \u00c0 Angers comme \u00e0 Paris, je constate une profonde division entre royalistes ; ils se classent en partisans r\u00e9solus de l&rsquo;Action fran\u00e7aise et royalistes vieux jeu ; il est malheureux que le respect de la discipline nous oblige \u00e0 \u00eatre du c\u00f4t\u00e9 de ces derniers alors que toute ma sympathie et toute ma raison vont \u00e0 l\u2019Action fran\u00e7aise ; pourquoi aussi a-t-elle commis un pareil manquement \u00e0 la discipline ; je sais bien qu&rsquo;elle a eu pour cela de tr\u00e8s s\u00e9rieuses raisons ; mais ces raisons autorisent-elles un pareil manquement aux principes ? Pour briser la conspiration qu\u2019elle voyait se nouer autour d\u2019elle, l\u2019Action fran\u00e7aise a jug\u00e9 un \u00e9clat n\u00e9cessaire. Le Roi r\u00e9pond en couvrant le chef de son bureau politique et en bl\u00e2mant l&rsquo;Action fran\u00e7aise, c&rsquo;\u00e9tait immanquable ; il dit, dans sa lettre, <em>\u00ab&nbsp;quand je commande, j&rsquo;entends \u00eatre ob\u00e9i&nbsp;\u00bb<\/em> ; comment pourrions-nous r\u00e9pondre \u00ab&nbsp;non&nbsp;\u00bb ? Esp\u00e9rons que tout cela s&rsquo;arrangera, mais cette situation met les royalistes dans un fameux embarras ! Je quitte Angers par la ligne de Poitiers, celle de Tours \u00e9tant coup\u00e9e par l&rsquo;inondation de la Loire. Philom\u00e8ne et Henri m&rsquo;accompagnent \u00e0 la gare et Philom\u00e8ne a bien envie de me suivre en Roussillon ! Elle compte y venir en septembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;arrive \u00e0 Bordeaux mercredi matin 7 \u00e0 6h \u00bd ; je vais \u00e0 l&rsquo;usine Motobloc, je me mets \u00e0 la recherche d&rsquo;Henry que je n&rsquo;arrive pas \u00e0 trouver, je vois la voiture chez le carrossier o\u00f9 on a fini de la peindre. Je repars \u00e0 10h57 et j&rsquo;arrive \u00e0 Toulouse \u00e0 4h46 du soir ; je couche \u00e0 Toulouse. Le lendemain matin, j&rsquo;assiste \u00e0 la messe \u00e0 Saint-J\u00e9r\u00f4me et fais la sainte communion \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi est appel\u00e9e, au tribunal, mon affaire contre Ducos et \u00ab&nbsp;Les Pr\u00e9voyants de France&nbsp;\u00bb&nbsp;; M. de Laportali\u00e8re, mon avocat, parle admirablement, son adversaire est tr\u00e8s faible et je consid\u00e8re la partie comme gagn\u00e9e ; \u00ab&nbsp;Les Pr\u00e9voyants&nbsp;\u00bb ont plaid\u00e9 que M. Ducos ne les avait pas engag\u00e9s ; M. de Laportali\u00e8re a plaid\u00e9 victorieusement le contraire. Le jugement sera rendu prochainement. Je quitte Toulouse \u00e0 5h5 et arrive \u00e0 Perpignan \u00e0 10 heures ; Bebelle va tr\u00e8s bien ainsi que les enfants. Aujourd&rsquo;hui vendredi, je vais \u00e0 Claira voir les travaux des vignes. Il fait dans ce pays-ci un temps merveilleux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 10 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je viens coucher \u00e0 Ille ce soir pour assister demain au p\u00e8lerinage des groupes de Jeunesse catholique d&rsquo;Ille, Vin\u00e7a, Bouletern\u00e8re et Rod\u00e8s, \u00e0 Domanova o\u00f9 ils tiendront un petit congr\u00e8s. Les travaux de la maison o\u00f9 nous allons nous installer vont se terminer et je compte pouvoir y aller \u00e0 la fin de la semaine. Papa et Maman vont bien ; il para\u00eet que Bonne Maman a \u00e9t\u00e9 un peu souffrante et a gard\u00e9 le lit trois jours, mais elle est gu\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 11 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;<\/strong>Aujourd&rsquo;hui a eu lieu, par un temps radieux, le petit congr\u00e8s de Domanova ; on m&rsquo;a forc\u00e9 \u00e0 le pr\u00e9sider ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, j&rsquo;ai d\u00fb y prendre la parole et on a form\u00e9 une union cantonale entre les divers groupes pr\u00e9sents ; j&rsquo;ai d\u00fb me d\u00e9battre comme un beau diable pour refuser d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 pr\u00e9sident de cette union et pour se d\u00e9dommager on m&rsquo;a nomm\u00e9 pr\u00e9sident d&rsquo;honneur. La grand&rsquo;messe et les v\u00eapres ont \u00e9t\u00e9 chant\u00e9es en plein air et on avait trop chaud au soleil ; ce n&rsquo;est pas banal dans cette saison ! Ce petit congr\u00e8s fera du bien ; les jeunes gens catholiques apprennent \u00e0 se conna\u00eetre et \u00e0 s&rsquo;affirmer. Tout est fini \u00e0 2h20 ; je rentre \u00e0 Ille en voiture et \u00e0 Perpignan en autobus.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 18 d\u00e9cembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 12 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas de Perpignan ; c&rsquo;est vendredi qu&rsquo;on prendra notre mobilier pour le porter \u00e0 Ille. Ici comme partout, les royalistes se sont class\u00e9s en deux parties ; par discipline je me range du c\u00f4t\u00e9 du roi, alors que toutes mes tendances me porteraient \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise. Je me d\u00e9cide \u00e0 \u00e9crire \u00e0 Mgr le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans&nbsp;; dans cette lettre, je fais d\u2019avance acte de soumission mais je plaide pour l&rsquo;Action fran\u00e7aise. Il ne faut pas s&rsquo;efforcer de faire comprendre au Roi que, dans ce pays ici tout au moins, tout ce qu&rsquo;il y a de vivant dans le parti royaliste est \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise et que la disparition de celle-ci serait un vrai d\u00e9sastre pour la cause de la Monarchie. Le Prince doit certainement recevoir tous ces jours-ci de nombreuses lettres dans ce sens. La grosse majorit\u00e9 des royalistes n&rsquo;a pas mes scrupules ou passe outre, et se range du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; par moments je me demande si je ne me trompe pas et si l&rsquo;int\u00e9r\u00eat bien compris de la cause royaliste n&rsquo;exige pas qu&rsquo;on paraisse d\u00e9sob\u00e9ir au Roi pour le mieux servir. Cependant, je ne peux me d\u00e9cider \u00e0 d\u00e9sob\u00e9ir au Roi, m\u00eame pour le servir !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mardi 13 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. Desp\u00e9ramons, qui est exactement dans le m\u00eame \u00e9tat d&rsquo;esprit que moi, approuve ma lettre au Prince ; lui-m\u00eame, en sa qualit\u00e9 de pr\u00e9sident du Comit\u00e9 royaliste, lui en a \u00e9crit une dans le m\u00eame sens. Je ne bouge pas ; Maman vient d\u00e9jeuner et repart \u00e0 3 heures. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui que Maurras est re\u00e7u par le Prince \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 14 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons quelques commissions et nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part. J&rsquo;ai oubli\u00e9 de mentionner samedi dans mon journal que je connais le jugement rendu par le Tribunal de Toulouse ; il ne me donne gain de cause qu&rsquo;\u00e0 moiti\u00e9 ; Ducos, bien entendu, est condamn\u00e9 \u00e0 me rembourser mes 10.000 frs. plus les int\u00e9r\u00eats&nbsp;; par contre, le Tribunal d\u00e9clare r\u00e9server mes droits vis-\u00e0-vis des administrateurs pris en leur nom personnel, c&rsquo;est peut-\u00eatre ce qu&rsquo;il y a de mieux. Je n&rsquo;ai pas encore re\u00e7u la signification de ce jugement ; quand je l&rsquo;aurai, je verrai s&rsquo;il y a lieu de faire appel. De toute fa\u00e7on, nos pauvres 10.000 frs sont bien compromis, car Ducos n&rsquo;a rien et court au diable vert<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>, et la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas plus solvable. J&rsquo;ai eu affaire \u00e0 une bande de voleurs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 15 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, para\u00eet dans les journaux l&rsquo;in\u00e9vitable sanction aux \u00e9v\u00e8nements survenus depuis 15 jours : le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans d\u00e9clare que tant qu\u2019ils ne se seront pas soumis \u00e0 ses instructions, il n&rsquo;aura aucun rapport avec les membres des comit\u00e9s directeurs de l&rsquo;Action fran\u00e7aise, En m\u00eame temps, il destitue M. de Lur-Saluces et M. de Resnes de leurs fonctions de repr\u00e9sentants r\u00e9gionaux \u00e0 cause de leur participation au congr\u00e8s de l\u2019Action fran\u00e7aise. Voil\u00e0 donc la rupture consomm\u00e9e ! Je la voyais venir depuis le jour de mon arriv\u00e9e \u00e0 Paris. Il y aura donc d\u00e9sormais une Action fran\u00e7aise en r\u00e9volte et travaillant au retour du Roi auquel elle d\u00e9sob\u00e9it ; \u00e9trange situation ! C&rsquo;est extr\u00eamement douloureux pour ceux, comme moi, qui veulent ob\u00e9ir au Roi tout en pensant qu&rsquo;il est tromp\u00e9 et en reconnaissant que la m\u00e9thode d&rsquo;Action fran\u00e7aise est la seule efficace ; j\u2019ob\u00e9is et cependant et je me s\u00e9pare de l\u2019Action fran\u00e7aise jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle se soit soumise. Ce qui arrive \u00e9tait in\u00e9vitable ; on peut dire que l&rsquo;Action fran\u00e7aise, par son attitude depuis 15 jours, y a accul\u00e9 le Roi. Beaucoup de royalistes feront comme moi ; beaucoup d&rsquo;autres \u2013 les plus nombreux \u2013 suivront l&rsquo;Action fran\u00e7aise, pr\u00e9tendant ainsi mieux servir le roi ; peut-\u00eatre ont-ils raison ! Moi, je ne me reconnais pas le droit, quand le roi commande, de lui d\u00e9sob\u00e9ir&#8230; \u00c0 noter cette nuance importante et qui sauvegarde l&rsquo;avenir ; en signifiant aux directeurs de l&rsquo;Action fran\u00e7aise que le Prince n&rsquo;aura plus aucun rapport avec eux tant qu&rsquo;ils ne se seront pas soumis, <em>La Correspondance nationale <\/em>fait observer que le Prince ne d\u00e9savoue pas l&rsquo;Action fran\u00e7aise, mais que la communication vise exclusivement les membres des comit\u00e9s directeurs d\u00e9sign\u00e9s. Il est \u00e9vident que cette p\u00e9nible situation va arr\u00eater la propagande royaliste ; elle est le r\u00e9sultat d&rsquo;une intrigue ourdie autour du Prince et aussi de l&rsquo;attitude adopt\u00e9e par l&rsquo;Action fran\u00e7aise, de son manquement grave et persistant \u00e0 la discipline. Pour nous qui d\u00e8s la premi\u00e8re heure, se sont d\u00e9vou\u00e9s dans l&rsquo;Action fran\u00e7aise pour servir le roi et, par le roi, la France, c&rsquo;est bien p\u00e9nible !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 16 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Journ\u00e9e fatigante ; il a fallu faire charger tout notre mobilier dans deux voitures de d\u00e9m\u00e9nagement et un camion ; le chargement est \u00e0 peu pr\u00e8s fini \u00e0 5 heures et nous partons pour Ille par l&rsquo;autobus ; nous arrivons \u00e0 6h20.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 17 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui d\u00e9chargement des voitures de d\u00e9m\u00e9nagement ; toute la journ\u00e9e est occup\u00e9e \u00e0 cela. L&rsquo;oncle Xavier, que nous avons vu un instant hier soir \u00e0 Perpignan, vient passer 48 heures ici. J&rsquo;envoie \u00e0 M. Bertran ma d\u00e9mission de membre du bureau du &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Panache&nbsp;; j&rsquo;ai pris cette p\u00e9nible d\u00e9cision \u00e0 la suite d&rsquo;une lettre qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 Charles Maurras par les membres du bureau (sans que j&rsquo;en aie \u00e9t\u00e9 avis\u00e9)&nbsp;; dans cette lettre, ils d\u00e9clarent se solidariser plus que jamais avec les comit\u00e9s directeurs de l\u2019Action fran\u00e7aise. Cette d\u00e9claration, au lendemain de la d\u00e9sob\u00e9issance de l&rsquo;Action fran\u00e7aise et des mesures prises par le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans, constitue, \u00e0 mon avis, un acte de r\u00e9volte contre le roi ; je ne peux laisser croire que je m&rsquo;y associe, c&rsquo;est pourquoi je prends la d\u00e9cision de d\u00e9missionner ; quelle triste n\u00e9cessit\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 18 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe et \u00e0 v\u00eapres ; le temps se rafra\u00eechit.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 19 au 25 d\u00e9cembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 19 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la journ\u00e9e, nous finissons notre installation ; je vais \u00e0 Perpignan par le dernier train pour assister \u00e0 une importante r\u00e9union du Comit\u00e9 royaliste ; nous sommes au complet \u2013 24 \u2013 je n&rsquo;avais jamais vu aussi nombreuse r\u00e9union ! On pose d&rsquo;abord en principe qu&rsquo;il ne doit pas y avoir de scission ; mais ensuite, comme Monsieur Desp\u00e9ramons doit assister \u00e0 Toulouse \u00e0 une r\u00e9union des pr\u00e9sidents de comit\u00e9s d\u00e9missionnaires de la r\u00e9gion sous la pr\u00e9sidence du marquis de Suffren, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional, il d\u00e9sire avoir l&rsquo;opinion du Comit\u00e9 sur la situation actuelle. On pose donc 2 questions : d&rsquo;abord <em>\u00ab quels sont ceux qui approuvent enti\u00e8rement l&rsquo;Action fran\u00e7aise dans son attitude rebelle \u00bb<\/em> ; il y a 10 approbations et 14 bl\u00e2mes ; ensuite, <em>\u00ab quels sont ceux qui regrettent que l&rsquo;Action fran\u00e7aise ait \u00e9t\u00e9 mise, par suite de certaines man\u0153uvres, dans le cas de d\u00e9sob\u00e9ir \u00bb<\/em> ; cette question est un bl\u00e2me \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9 au Bureau politique, et c&rsquo;est, du reste, dans cette intention qu&rsquo;elle est pos\u00e9e ; tous les membres du comit\u00e9 l\u00e8vent la main pour dire qu&rsquo;ils regrettent&#8230; etc. Cette motion r\u00e9unit ainsi l&rsquo;unanimit\u00e9 des membres du Comit\u00e9 ; \u00e0 la premi\u00e8re question j&rsquo;ai r\u00e9pondu non. Ainsi, la situation est nette&nbsp; le Comit\u00e9 royaliste de ce d\u00e9partement est tout entier favorable \u00e0 l&rsquo;Action fran\u00e7aise et hostile \u00e0 la politique des Lar\u00e8gle et C<sup>ie<\/sup>&nbsp;; mais, tandis que certains approuvent m\u00eame la d\u00e9sob\u00e9issance de l&rsquo;Action fran\u00e7aise, d&rsquo;autres, dont je suis, regrettent cette d\u00e9sob\u00e9issance qu\u2019ils consid\u00e8rent comme un acte de r\u00e9volte contre le roi. M. Bertran, avec qui j&rsquo;ai une longue conversation et qui a pass\u00e9 une dizaine de jours \u00e0 Paris apr\u00e8s le congr\u00e8s, me met au courant de bien des dessous qui expliquent (je n&rsquo;ose pas dire qui justifient, et cependant&#8230;) l&rsquo;attitude de l&rsquo;Action fran\u00e7aise. Il r\u00e9sulte de ce qu&rsquo;il me dit que cet \u00e9clat \u00e9tait en quelque sorte n\u00e9cessaire pour montrer au Roi, entour\u00e9 de mauvais conseillers, d&rsquo;enjuiv\u00e9s, o\u00f9 est le vrai chemin de Reims. N\u00e9anmoins, pour le principe, je ne peux approuver une d\u00e9sob\u00e9issance au Roi. Je couche chez les Lazerme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 20 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais quelques commissions \u00e0 Perpignan et je rentre \u00e0 Ille par le train de midi ; j&rsquo;arrive en m\u00eame temps que Marie-Th\u00e9r\u00e8se et ses enfants qui, du reste, vont \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 ils passeront quelque temps avant de venir \u00e0 Ille. Nous continuons notre installation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 21 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous achevons \u00e0 peu pr\u00e8s notre installation ; le soir, nous venons coucher ici. Albert et Henry, qui viennent assister au bapt\u00eame de Germaine, arrivent le soir dans ma 12 HP qu&rsquo;ils me livrent ; me voici en possession d&rsquo;une automobile. Henry couche ici, nous l&rsquo;installons dans l&rsquo;ancienne chambre de l&rsquo;abb\u00e9 Latour&nbsp;; Albert couche chez Papa ; ils prennent tous deux leurs repas ici.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 22 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous \u00e0 Vin\u00e7a en plusieurs voyages d&rsquo;auto pour le d\u00e9jeuner et le bapt\u00eame. Le d\u00e9jeuner est \u00e0 11 heures \u00bd ; y prennent part, outre nous tous et Marie Th\u00e9r\u00e8se, mes beaux-fr\u00e8res, l&rsquo;oncle Charles de Llobet, l&rsquo;oncle Gabriel, Tante Augustine, Tante Bonafos et la cousine Lutrand, et le cur\u00e9 de Vin\u00e7a. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner arrivent dans un autobus qu\u2019ils ont lou\u00e9 tout expr\u00e8s nos invit\u00e9s pour le lunch&nbsp;: nos cousines de Bla\u00ff, les Rovira, de Massia, de Lacroix, de Lazerme, Henri Passama et Mlle Delafosse. Le bapt\u00eame est \u00e0 3 heures ; apr\u00e8s le bapt\u00eame a lieu le <em>ralleu<\/em> traditionnel qui est tr\u00e8s r\u00e9ussi et qui attire une \u00e9norme affluence d&rsquo;enfants et m\u00eame de grandes personnes. Nos invit\u00e9s repartent en autobus et nous regagnons Ille en auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 23 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons, l&rsquo;apr\u00e8s-midi, en auto \u00e0 Vernet-les-Bains, le temps est splendide. Bebelle, Albert et Henry ne connaissaient pas Vernet. Je prends ma premi\u00e8re le\u00e7on de conduite d&rsquo;auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 24 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Perpignan et Claira en auto ; la machine est excellente et va tr\u00e8s bien. Depuis quelques jours, les d\u00e9missions de pr\u00e9sidents de comit\u00e9s royalistes et de membres isol\u00e9s de ces comit\u00e9s pleuvent au bureau politique ; il y a m\u00eame eu des d\u00e9missions collectives de comit\u00e9s ; les Lar\u00e8gle et C<sup>ie<\/sup> voulaient d\u00e9sorganiser l\u2019Action fran\u00e7aise et voil\u00e0 que ce sont leurs comit\u00e9s qui se d\u00e9sagr\u00e8gent. Tout cela est n\u00e9anmoins bien triste et il est \u00e0 souhaiter que la concorde revienne bient\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 25 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous confessons et faisons la sainte communion en l\u2019honneur de la No\u00ebl&nbsp;; nous revenons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres ; cette ann\u00e9e encore, il n&rsquo;y a pas eu ici de messe de minuit.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 31 d\u00e9cembre 1910<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 26 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons d\u00e9jeuner et passer l&rsquo;apr\u00e8s-midi aux Capeillans ; nous faisons le trajet en auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 27 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 Vin\u00e7a en auto ; je prends chaque jour ma le\u00e7on de conduite. \u00c0 1h25 partent Albert et Henry.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 28 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous devions aller passer l&rsquo;apr\u00e8s-midi au ch\u00e2teau de Castelnou o\u00f9 les Rovira et La Croix nous avaient donn\u00e9 rendez-vous, mais le temps est si mauvais, le vent si froid que nous y renon\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 29 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Perpignan en auto, nous prenons Marie Th\u00e9r\u00e8se et Ghislaine ; nous faisons des achats et des commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 30 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a pour ma le\u00e7on d&rsquo;auto ; j&rsquo;y retrouve Bonne Maman et Marie Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 31 d\u00e9cembre 1910<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je prends ma le\u00e7on d&rsquo;auto en allant \u00e0 Thuir et en revenant par Millas. Nous apprenons que l\u2019oncle Xavier est nomm\u00e9 officier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur ; il \u00e9tait surprenant qu&rsquo;il ne le f\u00fbt pas d\u00e9j\u00e0. L&rsquo;ann\u00e9e s&rsquo;ach\u00e8ve ; elle a \u00e9t\u00e9 assez heureuse pour nous ; l&rsquo;ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 malheureuse au point de vue patriotique et religieux et, pour nous royalistes, elle finit dans l&rsquo;inqui\u00e9tude et dans le doute. Quand donc luira le jour de la d\u00e9livrance ? C&rsquo;est le secret de Dieu, mais autant qu&rsquo;il est possible aux hommes de pr\u00e9voir, je crois que le succ\u00e8s de la bonne cause est li\u00e9 au sort des id\u00e9es et des m\u00e9thodes de l&rsquo;Action fran\u00e7aise ; puisse le Roi le comprendre !<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"628\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-1024x628.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-628\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-1024x628.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-300x184.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-768x471.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-1536x943.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20250821_122844-Copie-1-2048x1257.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>\u00ab\u00a0Le g\u00e9n\u00e9ral Est\u00e8ve recevant la croix d&rsquo;officier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur. Il a re\u00e7u, depuis, pendant la guerre, la cravate de commandeur\u00a0\u00bb<\/em> (note manuscrite d&rsquo;Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch au dos du clich\u00e9) \u2013 Clich\u00e9 anonyme, 1910 (Collection Pierre Lemaitre)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 5 novembre 1902 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Il doit s\u2019agir de Jean de Martrin-Donos (1862-1930), pr\u00eatre, auteur de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 caract\u00e8re historique et social, notamment connu pour son drame vend\u00e9en <em>Ripoche<\/em> (1909). Originaire du dioc\u00e8se d&rsquo;Albi, il a \u00e9crit plusieurs ouvrages litt\u00e9raires et religieux, dont des drames sur le christianisme ancien. Le lien de parent\u00e9 avec les Llobet est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9. Il y a eu une alliance plus proche entre les Martrin et la famille d\u2019Aud\u00e9ric, dont descendent les Llobet, mais l\u2019abb\u00e9 appartient \u00e0 une autre branche (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Marthe Penel (Montauban, 13 novembre 1872-Versailles, 6 mai 1975), fille de Fran\u00e7ois Penel et de Claire Lafon, mari\u00e9e \u00e0 Arras le 9 d\u00e9cembre 1897 avec Jean Abdon Latrobe (1869-1917), issu d\u2019une famille d\u2019imprimeurs de Perpignan, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau d\u2019Ortaffa (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Il doit s\u2019agir de Th\u00e9r\u00e8se de Lazerme (Perpignan, 17 janvir 1890-Montflanquin, Lot-et-Garonne, 6 d\u00e9cembre 1916) fille de Joseph de Lazerme et de Marie-H\u00e9l\u00e8ne Pougeard du Limbert, qui \u00e9pousera en 1924 Joseph Goursaud de Merlis (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Il est difficile de dire de quels Chefdebien il s\u2019agit ici, tr\u00e8s certainement Ren\u00e9 de Chefdebien (1877-1953) et son \u00e9pouse Louise Bas de Cesso (184-1869), souvent cit\u00e9s dans ce journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Il peut s\u2019agir d\u2019Henriette de Guy-Villeneuve (1831-1911), mari\u00e9e en 1855 \u00e0 F\u00e9lix Conte de Bonet, ou de sa bru Yvonne de Bourdoncle de Saint-Salvy (1867-1958), mari\u00e9e en 1888 \u00e0 Charles Conte de Bonet (1858-1902) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir <em>infra<\/em> note du 12 septembre 1910 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Albert Bausil (Castres, 16 d\u00e9cembre 1881-Perpignan, 3 mars 1943), \u00e9crivain et journaliste perpignanais, directeur du journal <em>Le Cri Catalan<\/em>, puis fondateur en 1917 du <em>Coq catalan<\/em>. <em>La Blouse<\/em> est une com\u00e9die en un acte imprim\u00e9e chez Comet \u00e0 Perpignan en 1910 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Ren\u00e9e Desp\u00e9ramons, n\u00e9e \u00e0 Perpignan le 20 mars 1888, fills d\u2019Andr\u00e9 Desp\u00e9ramons (1861-1951), pr\u00e9sident du Comit\u00e9 royaliste des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, et de Pauline Dare. Elle \u00e9pousera en 1914 Henri Rambaud (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Marguerite Moullart de Vilmarest (1873-1914), fille de Raoul Moullart de Vilmarest et de Laure Renard de Saint-Malo, mari\u00e9e en 1899 Avec Henry de P\u00e9guilhan de Larboust de Thermes (1871-1942). Voir <em>supra<\/em> note du 15 novembre 1904 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> F\u00e9lix Mayol (1872-1941), chanteur populaire, connu pour avoir interpr\u00e9t\u00e9 <em>La Paimpolaise<\/em>, <em>Viens poupoule&nbsp;!<\/em>, etc. (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Traditionnel cort\u00e8ge masqu\u00e9 du mercredi des cendres \u00e0 Perpignan, allant de la ville jusqu&rsquo;\u00e0 la Fontaine d&rsquo;Amour et Mailloles. Remerciements \u00e0 M. Laurent Fonquernie pour son indication (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Il doit s\u2019agir d\u2019Henry O\u2019Byrne (1874-1938), fils d\u2019Henry O\u2019Byrne et d\u2019\u00c9lisabeth du Bourg, mari\u00e9 en 1903 \u00e0 Yvonne du Cheyron du Pavillon, qui \u00e9tait alors lieutenant au 53<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie, futur colonel (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Jean Amade, en catalan Joan Amade (C\u00e9ret, 30 mars 1878-3 mars 1949), \u00e9crivain et po\u00e8te en catalan, chef de file de la renaissance catalane en Roussillon, auteur d\u2019une anthologie de la po\u00e9sie catalane. Voir <em>infra <\/em>au 19 mars 1910 pour son mariage (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Joseph Bonafont, voir <em>supra<\/em> note du 16 janvier 1904, et \u00e0 de nombreuses reprises dans la suite du journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> <em>Chantecler<\/em> est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en quatre actes d&rsquo;Edmond Rostand cr\u00e9\u00e9e en 1910. Elle est repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 7 f\u00e9vrier 1910 au th\u00e9\u00e2tre de la Porte-Saint-Martin (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Lucien Deslini\u00e8res (1857-1937), journaliste, fondateur en 1902 du<em> Socialiste des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales,<\/em> organe de presse de la f\u00e9d\u00e9ration SFIO des Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales, dont il fut secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 27 ao\u00fbt 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> H\u00e9l\u00e8ne de Lamer (1886-1974), fille de Paul Am\u00e9d\u00e9e de Lamer (1857-1929) et de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Pujade, ni\u00e8ce du docteur Charles de Lamer, et donc arri\u00e8re-petite-fille de Mme de Lamer n\u00e9e Jeanne Lazerme. Voir <em>supra<\/em> note du 12 mars 1903 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Emmanuel Balalud de Saint-Jean, cousin de la famille. Voir <em>supra<\/em> au 5 novembre 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Saint-Michel-de-Castelnau (Gironde), \u00e0 la limite entre la Gironde et le Lot-et-Garonne, \u00e0 16km \u00e0 l\u2019ouest de Casteljaloux (Lot-et-Garonne). Il s\u2019agit d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 de la famille du Lac (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en quatre actes d\u2019Edmond Rostand, cr\u00e9\u00e9e en 1910 au Th\u00e9\u00e2tre de la Porte-Saint-Martin, mettant en sc\u00e8ne des personnages animaux all\u00e9goriques, avec des costumes et d\u00e9cors grandioses (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Famille de Th\u00e9r\u00e8se Cousin de Mauvaisin, \u00e9pouse de Carlos de Lazerme. Voir <em>supra<\/em> note du 11 janvier 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 30 mars 1904 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Com\u00e9die en quatre actes de Paul Gavault, \u00e9crite en 1909, qui \u00e9voque les d\u00e9m\u00eal\u00e9s sentimentaux de la fille et h\u00e9riti\u00e8re d\u2019un riche chocolatier (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> Il s\u2019agit de Fritz Kr\u00fcger (1889-1974), linguiste, romaniste et ethnographe allemand, qui s\u00e9journa \u00e0 Montpellier en 1910 et y suivit les cours de phon\u00e9tique et de fran\u00e7ais du c\u00e9l\u00e8bre linguiste Maurice Grammont, ainsi que les cours de catalan et d&rsquo;espagnol de Jean Amade. Sur proposition de Sch\u00e4del, Kr\u00fcger et Karl Salow soutiennent une th\u00e8se de g\u00e9ographie linguistique, bas\u00e9e sur des enqu\u00eates de terrain men\u00e9es dans 161 localit\u00e9s et visant \u00e0 pr\u00e9ciser la fronti\u00e8re g\u00e9ographique entre le catalan et le languedocien, depuis Salses jusqu&rsquo;\u00e0 Andorre. Les deux auteurs publient ensemble les cartes qui synth\u00e9tisent leurs travaux, \u00e0 la fin de l&rsquo;ouvrage de Salow. D\u2019apr\u00e8s Wikip\u00e9dia (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Robert Gauldr\u00e9e-Boileau de Lacaze (Saint-Amans-Valtoret, Tarn, 5 ao\u00fbt 1879-Toulouse, 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1950), fils de Fernand Gauldr\u00e9e-Boileau de Lacaze et de Marie-Louise de Durand de Bonne de S\u00e9n\u00e9gas. Il avait \u00e9pous\u00e9 le 29 ao\u00fbt 1904 \u00e0 La Bastide de Besplas (Ari\u00e8ge) Marie Dupac de Marsoulies (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Voir <em>supra<\/em> au 28 octobre 1906 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> Il s\u2019agit de l\u2019ancienne maison des Cornell\u00e0, devenue ensuite par h\u00e9ritage de Bourdeville, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019actuel n\u00b025 de la Grande rue \u00e0 Ille-sur-Tet. Voir aussi <em>supra<\/em> au 1<sup>er<\/sup> octobre 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> Sic, l\u2019expression correcte serait \u00ab&nbsp;au diable vauvert&nbsp;\u00bb (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Janvier 1910 Semaine du 1er au 2 janvier 1910 Vin\u00e7a, samedi 1er janvier 1910 Nous commen\u00e7ons l&rsquo;ann\u00e9e en faisant la sainte communion pour la placer sous la protection de Dieu. Papa et Maman arrivent d&rsquo;Ille dans la matin\u00e9e. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous faisons et recevons des visites. Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres. 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