{"id":684,"date":"2026-05-01T16:06:32","date_gmt":"2026-05-01T16:06:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/?p=684"},"modified":"2026-05-01T18:40:24","modified_gmt":"2026-05-01T18:40:24","slug":"1912","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/2026\/05\/01\/1912\/","title":{"rendered":"1912"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Janvier 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 janvier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 1<sup>er<\/sup> janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles ; nous pla\u00e7ons cette ann\u00e9e qui commence sous la protection de Dieu. Un brouillard froid et tr\u00e8s \u00e9pais r\u00e8gne toute la journ\u00e9e. L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 2 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons passer un moment sur la plage ; je me prom\u00e8ne aussi du c\u00f4t\u00e9 du phare ; il fait tr\u00e8s beau. Henri de Rodellec, qui vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 capitaine, est envoy\u00e9 \u00e0 Reims au 22<sup>e<\/sup> dragons. L\u2019oncle Xavier et Tata Mimi doivent \u00eatre bien ennuy\u00e9s de voir s\u2019\u00e9loigner Madeleine qu\u2019ils n\u2019ont jamais quitt\u00e9e. Par contre, Maurice a trouv\u00e9 \u00e0 permuter et il passe du 12<sup>\u00e8me<\/sup> chasseurs \u00e0 Saint-Mihiel et C\u00e9sane<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a> (o\u00f9 il \u00e9tait depuis plusieurs mois) au 25<sup>\u00e8me<\/sup> Dragons \u00e0 Angers ; il y remplacera Henri.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 3 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons dans l\u2019apr\u00e8s-midi ; nous allons voir les Mauvaisin sans les rencontrer, puis un moment au concert au casino. Marie-Th\u00e9r\u00e8se nous arrivera la semaine prochaine avec ses enfants. J\u2019en suis bien content ; elle va passer, comme nous, une bonne partie de l\u2019hiver \u00e0 Biarritz&nbsp;; la villa est assez grande, m\u00eame avec deux chambres immobilis\u00e9es par les r\u00e9parations, pour nous loger tous. Marie-Th\u00e9r\u00e8se est un peu fatigu\u00e9e et ce changement d\u2019air et d\u2019habitudes lui fera du bien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 4 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le brouillard froid persiste. Nous sortons dans l\u2019apr\u00e8s-midi. Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 5 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Premier vendredi du mois et de l\u2019ann\u00e9e&nbsp;; je fais la sainte communion \u00e0 Saint-Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, je me prom\u00e8ne au phare, sur la plage, je vais au concert. Bebelle est fatigu\u00e9e et ne sort pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 6 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bebelle a eu un fort acc\u00e8s de fi\u00e8vre dans la nuit ; elle se repose et prend un peu l\u2019air dans l\u2019apr\u00e8s-midi. La mer est tr\u00e8s grosse et je vais l\u2019admirer du Rocher de la Vierge et du phare. Je passe une bonne partie de l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage, Bebelle y vient un moment, l\u2019air lui fait du bien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 7 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Charles ; il pleut et le vent fait rage toute la journ\u00e9e, c\u2019est une temp\u00eate du sud-ouest&nbsp;; Bebelle ne ressort pas, elle fait ses pr\u00e9paratifs de d\u00e9part pour demain. Je vais admirer la mer que le vent soul\u00e8ve en lames \u00e9normes et qui se brise avec fracas sur les rochers du phare, de la grande plage et de la Vierge, c\u2019est un spectacle merveilleux, toute la grande plage est envahie par l\u2019eau. Je vais au salut \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 janvier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 8 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps s\u2019est arrang\u00e9 et la mer aussi ; il fait chaud pour la saison. Bebelle part \u00e0 1h44, elle va seule au mariage de sa cousine de Llobet<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, je ne l\u2019accompagne pas parce que j\u2019aurais peur d\u2019aggraver ma crise d\u2019ent\u00e9rite qui va bien mieux mais que je dois soigner beaucoup. Comme je dois voyager dans quelques jours pour aller assister \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 la f\u00eate de Saint S\u00e9bastien, je ne veux pas faire ces deux voyages coup sur coup. J\u2019accompagne Bebelle jusqu\u2019\u00e0 Bayonne ; elle couchera ce soir \u00e0 Toulouse, ira demain au Castelet (c\u2019est demain soir qu\u2019a lieu le d\u00eener de famille), en repartira apr\u00e8s-demain apr\u00e8s le lunch qui suivra le mariage, et sera ici jeudi. Je vais lire et \u00e9crire un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 9 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la chapelle de Notre-Dame de Guadeloupe (ancienne chapelle du domaine imp\u00e9rial) o\u00f9 l\u2019on dit une messe pour le repos de l\u2019\u00e2me de l\u2019empereur, quelques personnes y assistent. Cette chapelle est fort jolie et je d\u00e9sirais la conna\u00eetre, on ne l\u2019ouvre que deux fois par an. Cette messe ne constitue nullement une manifestation bonapartiste sans quoi je me serais bien gard\u00e9 d\u2019y assister, ayant pour le r\u00e9gime imp\u00e9rial, qui a fait tant de mal \u00e0 la France, au moins autant d\u2019horreur que pour la r\u00e9publique. Je suis all\u00e9 \u00e0 cette messe pour voir la chapelle ; c\u2019est aujourd\u2019hui tout ce qui reste, ou \u00e0 peu pr\u00e8s, du passage de Napol\u00e9on III et de l\u2019imp\u00e9ratrice Eug\u00e9nie \u00e0 Biarritz dont ils ont assur\u00e9 le succ\u00e8s comme station ; le palais est transform\u00e9 en h\u00f4tel, le parc est d\u00e9pec\u00e9 et a form\u00e9 le quartier nouveau (sur lequel est, du reste, b\u00e2tie la villa Sainte-C\u00e9cile). L\u2019apr\u00e8s-midi j\u2019assiste \u00e0 la vente aux ench\u00e8res des meubles de la villa Nirvana.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"400\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-1024x400.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-690\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-1024x400.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-300x117.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-768x300.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-1536x600.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/BTZ-PANO-CHAPELLE-EUGENIE-01-2048x800.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">La chapelle Notre-Dame de Guadeloupe \u00e0 Biarritz \u2013 Carte postale ND phot, 1903 (Site paysbasque1900.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 10 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait tr\u00e8s beau, la mer, assez agit\u00e9e, est superbe ; le matin je me prom\u00e8ne sur les falaises, je vais au rocher de la Vierge. L\u2019apr\u00e8s-midi, je retourne \u00e0 la vente de la villa Nirvana ; j\u2019avais envie de 2 fauteuils mais ils montent trop et j\u2019y renonce. Maman ach\u00e8te quelques petites choses pour la villa. Ensuite je vais au casino. Le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, M. de Selves, vient de d\u00e9missionner&nbsp;; devant la commission d\u2019enqu\u00eate du S\u00e9nat \u00e0 propos des causes du conflit franco-allemand de cet \u00e9t\u00e9, il a, pour ainsi dire, accus\u00e9 M. Caillaux de mensonge ; tout le monde sait que Caillaux est un brouillon, un pleutre et un menteur ; c\u2019est De Selves qui a raison ; il s\u2019en va et il est probable que tout le minist\u00e8re le suivra de pr\u00e8s dans sa chute.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 11 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 la gare attendre Bebelle qui rentre du mariage de sa cousine&nbsp;; \u00e7a a \u00e9t\u00e9 une tr\u00e8s belle f\u00eate, mais Bebelle a \u00e9t\u00e9 assez fatigu\u00e9e par son voyage ; elle a eu tort de voyager la nuit ; je vais l\u2019attendre avec Tony, en auto. La lettre adress\u00e9e \u00e0 Falli\u00e8res (par-dessus la t\u00eate de Caillaux) par M. de Selves est un acte d\u2019accusation du r\u00e9gime r\u00e9publicain&nbsp;; le ministre d\u00e9missionnaire d\u00e9clare ne pouvoir assumer plus longtemps la responsabilit\u00e9 d\u2019une politique ext\u00e9rieure \u00e0 qui manque l\u2019unit\u00e9 de vue et de direction&#8230; etc. Quelle phrase accusatrice pour la r\u00e9publique ! Cette phrase, dite par un homme \u00ab&nbsp;qui a vu&nbsp;\u00bb, comme M. de Selves, \u00e0 un pareil moment, cette phrase appelle le Roi. Elle a une port\u00e9e incalculable ! On annonce aujourd\u2019hui la d\u00e9mission du minist\u00e8re tout entier. Marie-Th\u00e9r\u00e8se arrive avec ses trois enfants, je vais l\u2019attendre \u00e0 la gare.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 12 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage. Le temps est splendide tous ces jours-ci. On parle d\u2019un minist\u00e8re Delcass\u00e9 ou Bourgeois ; peu m\u2019importe ; c\u2019est blanc bonnet ou bonnet blanc&nbsp;; tant qu\u2019on ne changera pas le r\u00e9gime on ne fera rien de bon. Mais la crise actuelle est plus qu\u2019une crise minist\u00e9rielle ; elle ne peut pas ne pas faire r\u00e9fl\u00e9chir les patriotes, les nationalistes fran\u00e7ais, ceux qui comme nous envisagent tous les probl\u00e8mes politiques ou sociaux dans leur rapport avec l\u2019int\u00e9r\u00eat fran\u00e7ais ; or, de l\u2019examen attentif de la situation actuelle doit ressortir une fois de plus et avec \u00e9vidence cette v\u00e9rit\u00e9 indiscutable que la r\u00e9publique ne peut pas avoir de politique ext\u00e9rieure. Donc, \u00e0 bas la r\u00e9publique !!! Ce qu\u2019il y a de curieux, c\u2019est que les nationalistes encore enlis\u00e9s dans l\u2019utopie r\u00e9publicaine accordent par bribes, par morceaux, ce qu\u2019ils n\u2019osent pas accorder en bloc. Ils conviennent que nos institutions politiques sont un obstacle \u00e0 une action suivie etc. Mais ils esp\u00e8rent y rem\u00e9dier. Comment ? Ils oublient de le dire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 13 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons avec Tony chez le Docteur de Lostalot pour des bains salins que doit prendre cet enfant. L\u2019apr\u00e8s-midi nous passons un moment sur la plage, puis allons au casino. On parle aujourd\u2019hui d\u2019un minist\u00e8re Poincar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 14 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous restons sur la plage de 2h \u00bd \u00e0 4 heures. Apr\u00e8s les v\u00eapres, je vais avec Bebelle \u00e0 un cin\u00e9matographe.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 janvier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 15 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin nous faisons photographier les enfants. L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons en auto, Bebelle et moi, voir la comtesse de Lalande, \u00e0 Lavielle pr\u00e8s Bayonne ; nous sommes de retour \u00e0 4 heures&nbsp;; ensuite, je vais un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons un minist\u00e8re Poincar\u00e9 &#8211; Bourgeois &#8211; Millerand &#8211; Briand et Delcass\u00e9 etc. ; ce n\u2019est pas ce qui sauvera la France !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 16 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 9 heures \u00e0 Saint-Charles&nbsp;; la mer est d\u00e9mont\u00e9e aujourd\u2019hui ; je vais l\u2019admirer du rocher de la Vierge et du phare. Je rencontre Roger de Br\u00e9on<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> et sa femme, ils sont en voyage de noces ; je n\u2019avais pas revu Roger depuis plus de cinq ans.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, mercredi 17 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Biarritz \u00e0 8h33, je voyage toute la journ\u00e9e et j\u2019arrive \u00e0 Perpignan \u00e0 10h04 du soir par Toulouse et Narbonne ; je couche \u00e0 Perpignan, au Grand H\u00f4tel. En wagon, je pr\u00e9pare le discours que je devrai faire demain aux obs\u00e8ques de M. No\u00ebll<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, pr\u00e9sident honoraire de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien, dont M. Bouch\u00e8de m\u2019a annonc\u00e9 la mort hier soir par d\u00e9p\u00eache.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 18 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019arrive \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 9 h \u00be ce matin et j\u2019assiste aux obs\u00e8ques de M. No\u00ebll, toute la soci\u00e9t\u00e9 y assiste ; je ne prononce pas de discours, M. No\u00ebll ayant formellement dit qu\u2019il n\u2019en voulait pas \u00e0 ses obs\u00e8ques. Bonne Maman arrive de Nice aujourd\u2019hui ; on m\u2019annonce cette bonne nouvelle d\u00e8s mon arriv\u00e9e \u00e0 Vin\u00e7a ; je vais l\u2019attendre \u00e0 la gare \u00e0 midi. Elle a pass\u00e9 \u00e0 Nice exactement trois mois et elle y laisse Tante Josepha en bien meilleure sant\u00e9. L\u2019apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Ille en break. Un moment Raspaud me fait demander de lui vendre la Balme&nbsp;; s\u2019il veut en donner un bon prix j\u2019accepterai ; cette propri\u00e9t\u00e9 est d\u2019un bien petit rapport et avec son prix je pourrais acqu\u00e9rir une partie de la m\u00e9tairie de ma tante Civelli, \u00e0 Ille, qui va se vendre ; j\u2019aimerais mieux avoir un peu plus de terre \u00e0 Ille que de conserver cet unique champ \u00e0 Vin\u00e7a ; je ne ferais donc pas une mauvaise affaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 19 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la journ\u00e9e ; cette pluie \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9sir\u00e9e pour l\u2019agriculture, mais elle arr\u00eate tous nos pr\u00e9paratifs pour la f\u00eate de demain. Le soir, a lieu l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la salle Ramon ; nous admettons dix nouveaux soci\u00e9taires (3 honoraires et 7 participants), nous compl\u00e9tons le bureau par l\u2019admission du Docteur Am\u00e9d\u00e9e Jocaveill nomm\u00e9 vice-pr\u00e9sident, Dalmer devient tr\u00e9sorier. La pluie emp\u00eache les s\u00e9r\u00e9nades en musique ; les musiciens ont cependant l\u2019attention de venir me faire ma s\u00e9r\u00e9nade.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 20 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pluie dure presque toute la journ\u00e9e et la f\u00eate est bien amoindrie cette ann\u00e9e. Le cort\u00e8ge dans les rues ne peut avoir lieu. Par contre la grand\u2019messe \u00e0 l\u2019\u00e9glise est tr\u00e8s solennelle ; une \u00e9claircie permet de sortir de l\u2019\u00e9glise et d\u2019aller en cort\u00e8ge \u00e0 la place du Puig o\u00f9 je prononce devant la Soci\u00e9t\u00e9 le discours d\u2019usage. Le bal dit \u00ab&nbsp;de l\u2019Office&nbsp;\u00bb a m\u00eame lieu. Mais la pluie ayant repris dans l\u2019apr\u00e8s-midi, les autres danses ont lieu dans la salle Ramon. On aurait d\u00fb c\u00e9l\u00e9brer cette ann\u00e9e le cinquantenaire de la Soci\u00e9t\u00e9, du moins le cinquantenaire de sa r\u00e9organisation sous sa forme actuelle, le mauvais temps ne l\u2019a pas permis.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 22 au 28 janvier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, lundi 22 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Vin\u00e7a par le train de 1h10 ; le matin j\u2019ai assist\u00e9 aux obs\u00e8ques d\u2019une femme membre honoraire de la Soci\u00e9t\u00e9, la veuve Manaut dite <em>\u00ab&nbsp;la B\u00e9pe&nbsp;\u00bb<\/em>. J\u2019arrive \u00e0 Perpignan \u00e0 2h, je fais des visites, des commissions, je vais voir Monseigneur. Je m\u2019occupe de la vente du vin de Bouletern\u00e8re ; je suis en pourparlers avec 2 maisons \u00e0 ce sujet. Je d\u00eene chez les Lazerme, le soir je vais un moment au Panache ; je couche au Grand H\u00f4tel. Aujourd\u2019hui para\u00eet dans <em>Le Roussillon<\/em> un article de moi sous le titre \u00ab&nbsp;Crise constitutionnelle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-800x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-691\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-800x1024.jpeg 800w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-234x300.jpeg 234w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-768x983.jpeg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-1200x1536.jpeg 1200w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-1600x2048.jpeg 1600w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768548z_1-scaled.jpeg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab\u00a0Crise constitutionnelle\u00a0\u00bb, article d&rsquo;Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch dans <em>Le Roussillon<\/em> du 11 janvier 1912 \u2013 Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 24 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n\u2019ai pas \u00e9crit mon journal hier soir, j\u2019\u00e9tais en voyage. Hier matin je suis all\u00e9 \u00e0 Claira et j\u2019ai fait une tourn\u00e9e dans les vignes ; la Cad\u00e8ne et la Griffaigne sont sous l\u2019eau et j\u2019en suis enchant\u00e9 car les alluvions apport\u00e9es par l\u2019Agly valent une fumure. Je d\u00e9jeune \u00e0 Saint-Laurent. L\u2019apr\u00e8s-midi je fais quelques commissions dans Perpignan&nbsp;; je conclus la vente du vin de Bouletern\u00e8re \u00e0 23,25 l\u2019hecto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 25 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Max nous fait la bonne surprise d\u2019arriver ce matin pour trois ou quatre jours ; il ne s\u2019\u00e9tait annonc\u00e9 que pour ce soir. Je me prom\u00e8ne avec lui et lui fais voir Biarritz qu\u2019il ne connaissait pas. Petite promenade en auto avec lui.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 26 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m\u00e8ne Max et Marie-Th\u00e9r\u00e8se en auto \u00e0 Saint-S\u00e9bastien pour y voir leurs amis de Lanauze (M. de Lanauze est directeur de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Saint-S\u00e9bastien), Mme de Lanauze, n\u00e9e de Riansar\u00e8s, est petite-fille de la reine Christine (par un mariage morganatique de la reine) et une proche cousine du Roi actuel d\u2019Espagne<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Nous allons aussi, Bebelle et moi, voir les Lanauze \u00e0 qui Marie-Th\u00e9r\u00e8se nous pr\u00e9sente ; nous nous promenons un peu en ville et rentrons \u00e0 6h \u00bd \u00e0 Biarritz ; temps d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 27 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mauvais temps ; nous pouvons \u00e0 peine sortir. Nous allons un moment au casino. On parle d\u2019un \u00ab&nbsp;ultimatum&nbsp;\u00bb envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019Italie pour obtenir satisfaction au sujet de la saisie de 29 passagers turcs sur un navire fran\u00e7ais par un navire de guerre italien. Dans la soir\u00e9e on apprend que l\u2019Italie se d\u00e9cide \u00e0 rendre les prisonniers ; il n\u2019y a pas eu, je crois, un ultimatum en r\u00e8gle mais envoi d\u2019une r\u00e9clamation pr\u00e9cise fixant un d\u00e9lai. Quant \u00e0 la satisfaction donn\u00e9e par l\u2019\u2019Italie, elle n\u2019est pas aussi compl\u00e8te qu\u2019il l\u2019aurait fallu. La France ne sait plus et ne peut plus h\u00e9las&nbsp;! parler comme Louis XIV ou m\u00eame Charles X !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 28 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, th\u00e9 chez les Laugier.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 29 au 31 janvier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 29 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait assez beau, nous allons un moment sur la plage. Nous voyons Carlos et Th\u00e9r\u00e8se qui viennent d\u2019arriver et sont ici pour deux mois, chez les Mauvaisin. Nous allons un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 30 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps se met de plus en plus au froid ; il le fallait bien car il n\u2019y a pas encore eu d\u2019hiver. Le matin je vais \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles ; l\u2019apr\u00e8s-midi nous accompagnons, en auto, Tony chez le Docteur de Lostalot puis nous nous promenons et allons un peu au casino avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se. Max est reparti ce matin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 31 janvier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons ; le temps est beau mais le froid est vif ; nous allons un moment au casino avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se. Le matin, je fais une longue promenade dans la direction de Bidart\u00a0; je longe la plage des Basques jusqu\u2019\u00e0 la villa du baron de l\u2019Esp\u00e9e\u00a0; je reviens en suivant la plage et la c\u00f4te.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/esp4-1000x600-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/esp4-1000x600-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-693\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/esp4-1000x600-1.jpg 1000w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/esp4-1000x600-1-300x180.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/esp4-1000x600-1-768x461.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Villa du baron de l&rsquo;Esp\u00e9e \u00e0 Biarritz \u2013 Clich\u00e9 anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1900] (Site forumopera.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">F\u00e9vrier 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 4 f\u00e9vrier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons, faisons des visites et allons nous confesser \u00e0 Saint-Charles. On commence aujourd\u2019hui les r\u00e9parations \u00e0 la villa&nbsp;; on d\u00e9bute par l\u2019agrandissement de la salle \u00e0 manger&nbsp;; quand ces r\u00e9parations seront-elles finies ? Nous avons appris hier la mort de Mme Paul de Lamer<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a> ; il y a longtemps qu\u2019elle tra\u00eenait et c\u2019est gr\u00e2ce aux soins de son mari qu\u2019elle a v\u00e9cu si longtemps.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 2 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 7h \u00bd avec Bebelle, \u00e0 Saint-Charles ; c\u2019est la messe de la b\u00e9n\u00e9diction des cierges ; nous y faisons la sainte communion. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je me prom\u00e8ne un peu avec Bebelle et je vais \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Saint Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 3 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps et froid, nous sortons \u00e0 peine. Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint-Charles. Le soir nous allons un moment au casino avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 4 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Temps beau et doux ; nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous passons un moment sur la plage avec Carlos, Th\u00e9r\u00e8se et les Mauvaisin. Nous allons un moment au casino.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 5 au 11 f\u00e9vrier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 5 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mer est tr\u00e8s belle ; je passe une bonne partie de l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage, puis je vais au rocher de la Vierge avec Carlos. Je vais un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 6 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons nous promener en auto, Papa Maman, Bebelle et moi, sur la plage de Gu\u00e9thary ; nous rentrons par la N\u00e9gresse. Nous avons la visite des Lanauze.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 7 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, promenade en auto, avec les Carlos et Marie-Th\u00e9r\u00e8se ; nous allons \u00e0 Cap-Breton ; au retour nous passons au lac d\u2019Yrieu. Le soir, nous allons tous entendre Botrel<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, que je n\u2019ai pas entendu depuis au moins 7 ou 8 ans ; ses chansons, d\u2019une si belle inspiration, font toujours plaisir \u00e0 entendre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 8 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage&nbsp;; un moment au casino. Le matin, je vais \u00e0 la messe de onze heures \u00e0 Saint-Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 9 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Bayonne voir M. Loustalet, notaire, pour lui faire faire une procuration pour l\u2019affaire de la Gauphine<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> ; j\u2019y vais en auto ; j\u2019emm\u00e8ne Bebelle qui doit signer, Papa et Marie-Th\u00e9r\u00e8se ; nous rentrons \u00e0 Biarritz en rentrant par la Barre de l\u2019Adour. L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 la plage et au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 10 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, je me prom\u00e8ne du c\u00f4t\u00e9 de la C\u00f4te des Basques ; l\u2019aviateur V\u00e9drines est arriv\u00e9 ce matin, de Pau, sur son monoplan&nbsp;; il comptait repartir dans l\u2019apr\u00e8s-midi, mais il y renonce, le vent marin \u00e9tant trop violent ; nous passons une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi pr\u00e8s du golf, o\u00f9 est amarr\u00e9 l\u2019a\u00e9roplane ; vers cinq heures, on annonce que le d\u00e9part ne sera pas pour aujourd\u2019hui ; nous allons un moment au casino. Nous avons la visite de M. et Mme Marc de La Bardonnie et de leur ni\u00e8ce Motas d\u2019Hestreux<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a> cousine germaine de Max.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 11 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous confessons et faisons la sainte communion en l\u2019honneur de la f\u00eate de Notre-Dame de Lourdes \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Saint-Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous passons un moment sur la plage puis allons \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie et \u00e0 un cin\u00e9matographe. V\u00e9drines partira probablement demain si le temps le lui permet. Le trait\u00e9 franco-allemand a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9 hier par le S\u00e9nat \u00e0 une forte majorit\u00e9 ; le S\u00e9nat l\u2019a vot\u00e9 bien qu\u2019il eut vigoureusement applaudi les divers orateurs qui l\u2019ont critiqu\u00e9. A-t-il eu raison ou tort de le voter ? Je n\u2019ose me prononcer, n\u2019\u00e9tant pas au courant de la situation internationale, de l\u2019\u00e9tat de nos alliances et de nos forces militaires. Mais ce qu\u2019il m\u2019est permis de dire, c\u2019est que lorsque la Monarchie nous donna l\u2019Alg\u00e9rie, ce fut sans aucun sacrifice territorial, ce fut surtout sans aucun abaissement devant l\u2019\u00e9tranger. Les ministres de Charles X, quinze ans apr\u00e8s Waterloo, eurent devant l\u2019Angleterre mena\u00e7ante une attitude autrement fi\u00e8re que nos pauvres ministres r\u00e9publicains 41 ans apr\u00e8s Sedan, devant l\u2019Allemagne. Puisse le peuple fran\u00e7ais comparer et conclure !<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 18 f\u00e9vrier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 12 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous assistons au d\u00e9part de V\u00e9drines<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a> qui s\u2019envole du golf et se dirige \u00e0 superbe allure sur Bordeaux en suivant la c\u00f4te. En quelques minutes, il est hors de vue. Nous allons au casino au concert de cinq heures.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/air-journal-jules-vedrines-04-600x310-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"310\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/air-journal-jules-vedrines-04-600x310-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-694\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/air-journal-jules-vedrines-04-600x310-1.jpg 600w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/air-journal-jules-vedrines-04-600x310-1-300x155.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jules V\u00e9drines (1881-1919), aviateur fran\u00e7ais \u2013 Clich\u00e9 anonyme, s.d. [vers 1912] (Site air-journal.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 13 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint-Charles. Il pleut une partie de la journ\u00e9e ; de 5h \u00e0 6h \u00bd, nous allons au casino. Nous apprenons la mort de M. Raymond d\u2019Arexy<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a> \u00e0 Paris et de Mme Adolphe S\u00e8be<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a> \u00e0 Perpignan. Voil\u00e0 deux morts inattendues et pr\u00e9matur\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 14 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut toute la journ\u00e9e&nbsp;; je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint-Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, visite \u00e0 Mme d\u2019Hestreux et \u00e0 M. et Mme de La Bardonnie. Nous allons un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 15 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 11h \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; j\u2019y rencontre Mme Bastide<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a> et Mlle de Vill\u00e8le<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a> qui sont ici pour 3 jours ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons les voir \u00e0 la villa Batb\u00e9da sans les rencontrer. Nous allons \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Saint-Charles, puis au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 16 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me prom\u00e8ne avec M. Bastide ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons en auto, avec les enfants et avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se, voir Jeanne Daguerre. Au retour, nous nous promenons un moment \u00e0 Saint-Jean-de-Luz.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 17 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous apprenons que des officiers aviateurs vont arriver sur la plage de la Chambre d\u2019Amour, nous nous y transportons, et vers dix heures, nous voyons planer le lieutenant Ducourneau<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a> sur son monoplan Bl\u00e9riot, au-dessus de la plage ; un peu plus tard, arrive le lieutenant de Malherbe qui atterrit pr\u00e8s de la Barre ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous assistons au d\u00e9part de Ducourneau ; il a fait un tr\u00e8s bon atterrissage et un excellent d\u00e9part. Tous deux venaient de Pau. Nous allons un petit moment au casino.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1912_Ducorneau-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"464\" height=\"301\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1912_Ducorneau-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-695\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1912_Ducorneau-2.jpg 464w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1912_Ducorneau-2-300x195.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le lieutenant Robert Ducourneau (1877-1912), aviateur fran\u00e7ais \u2013 Carte postale anonyme, s.d. [vers 1911] (Site albindenis.free.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 18 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais la sainte communion \u00e0 la messe de 8h \u00e0 Saint-Charles pour remercier le Bon Dieu de la protection qu\u2019Il m\u2019a accord\u00e9e il y a aujourd\u2019hui 4 ans. Nous revenons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; l\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019assiste \u00e0 une conf\u00e9rence de M. Millevoye<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, d\u00e9put\u00e9, en faveur de la protection des animaux ; la conf\u00e9rence est pr\u00e9sid\u00e9e par la Princesse Frederika de Hanovre. Nous allons un moment \u00e0 un cin\u00e9matographe, puis \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lucien_Millevoye_1914_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"375\" height=\"468\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lucien_Millevoye_1914_2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-696\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lucien_Millevoye_1914_2.jpg 375w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Lucien_Millevoye_1914_2-240x300.jpg 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lucien Millevoye (1850-1918), journaliste et d\u00e9put\u00e9 fran\u00e7ais \u2013 Clich\u00e9 Agence de presse Meurisse, 1914 (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 19 au 25 f\u00e9vrier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 19 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous, en auto, \u00e0 Bayonne voir la belle m\u00e9nagerie allemande Hagenbeck, de Hambourg<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a> ; nous y amenons les enfants qui sont enchant\u00e9s. Au retour, nous allons un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 20 f\u00e9vrier 1912 (Mardi gras)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Saint-Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous, en auto, \u00e0 Hendaye plage ; au retour, nous nous arr\u00eatons \u00e0 B\u00e9hobie et \u00e0 Saint-Jean de Luz.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 21 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons recevoir les cendres \u00e0 la messe de 9 heures \u00e0 Saint-Charles ; l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 la plage, puis un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 22 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons chez le Dr de Lostalot ; Tony, que son traitement salin \u00e0 bien fortifi\u00e9, ne le continuera pas ; il a pris 10 bains c\u2019est assez. Nous allons au rocher de la Vierge.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 23 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me prom\u00e8ne sur la plage. L\u2019apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s un moment sur la plage, nous allons au casino. Nous y revenons le soir pour voir jouer <em>Le Grand Mogol<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\"><strong>[18]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Nice, dimanche 25 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me voici \u00e0 Nice, et dans quelles tristes circonstances ! Hier matin nous avons re\u00e7u, \u00e0 Biarritz, un t\u00e9l\u00e9gramme nous annon\u00e7ant la mort de l\u2019oncle Paul. \u00c0 cette terrible nouvelle, notre d\u00e9sespoir \u00e0 tous a \u00e9t\u00e9 immense, nous aimions tant notre cher oncle et il nous le rendait si bien ! Nous le savions tr\u00e8s malade, mais nous \u00e9tions loin de nous attendre \u00e0 ce d\u00e9nouement. Une deuxi\u00e8me d\u00e9p\u00eache nous dit que les obs\u00e8ques auront lieu \u00e0 Nice lundi et \u00e0 Vin\u00e7a jeudi. Je n\u2019h\u00e9site pas, je d\u00e9cide tout de suite de partir pour Nice afin d\u2019\u00eatre aupr\u00e8s de Tante Josepha et de N\u00e9nette dans ces tristes moments. Maman d\u00e9cide d\u2019y aller aussi ; Papa, de partir pour Vin\u00e7a afin de pr\u00e9parer les obs\u00e8ques ; Bebelle et Marie-Th\u00e9r\u00e8se restent \u00e0 Biarritz pour garder les enfants. Nos pr\u00e9paratifs sont vite faits ; nous faisons quelques achats n\u00e9cessaires et je pars, avec Maman, \u00e0 5h40 du soir ; nous sommes oblig\u00e9s de passer par Bordeaux, ce qui est un d\u00e9tour. Nous voyageons toute la nuit, profitons d\u2019un long arr\u00eat \u00e0 Cette ce matin pour aller \u00e0 la messe et arrivons enfin \u00e0 Nice \u00e0 6h45 du soir apr\u00e8s 25 heures de voyage, et encore avons-nous \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de prendre, depuis Marseille, le train de luxe \u00ab&nbsp;Riviera Express&nbsp;\u00bb, sans quoi nous ne serions arriv\u00e9s qu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de minuit. Ici, quel p\u00e9nible spectacle ! La pauvre Oncle Paul \u00e9tendu sur son lit mortuaire ; en arrivant je l\u2019ai embrass\u00e9 une derni\u00e8re fois ; Tante Josepha et N\u00e9nette au comble du d\u00e9sespoir ; enfin, horrible chose, la mise en bi\u00e8re \u00e0 laquelle je viens d\u2019assister ; je n\u2019oublierai jamais ces affreux moments. Notre seule consolation c\u2019est de penser que notre cher oncle est mort comme un saint ; il s\u2019est confess\u00e9 deux fois et a demand\u00e9 \u00e0 recevoir le Saint Viatique ; on devait le lui porter samedi matin, il est mort dans la nuit, \u00e0 2 heures. Il succombe \u00e0 une congestion pulmonaire double qui est une cons\u00e9quence de sa maladie ; nous ne savions pas que son \u00e9tat f\u00fbt aussi grave et la nouvelle de ce malheur a \u00e9t\u00e9 pour nous une bien p\u00e9nible surprise. Il y a quelques jours, Tante Josepha nous avait \u00e9crit qu\u2019il supportait tr\u00e8s mal la nourriture, mais elle ne parlait pas de la congestion. Il para\u00eet que la veille encore le m\u00e9decin avait dit que la fin n\u2019\u00e9tait pas aussi prochaine. Quel terrible r\u00e9veil ! N\u00e9nette est dans un \u00e9tat affreux et je suis bien aise d\u2019avoir pu venir pour la consoler un peu.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 29 f\u00e9vrier 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Nice, lundi 26 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les obs\u00e8ques ont eu lieu ce matin \u00e0 Nice ; M. Berger et moi faisions le premier deuil ; les cordons du po\u00eale \u00e9taient tenus par le gouverneur de Nice, g\u00e9n\u00e9ral Helou\u00efs<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, par le g\u00e9n\u00e9ral de Lamaze<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, un autre g\u00e9n\u00e9ral dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom et le m\u00e9decin militaire en retraite Roufflay<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Une messe tr\u00e8s simple a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Pierre, puis le triste cort\u00e8ge s\u2019est dirig\u00e9 sur la gare o\u00f9 un beau discours a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Pierrugues<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a>, camarade de promotion de l\u2019oncle Paul. Puis le cercueil, d\u00e9pos\u00e9 dans un fourgon scell\u00e9, a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 sur Vin\u00e7a. Ce cercueil en acajou massif est double, le corps est dans un premier cercueil en zinc capitonn\u00e9 de satin blanc ; la t\u00eate repose sur un coussin de satin recouvert de dentelles&nbsp;; pauvre oncle, je ne peux penser \u00e0 ces affreuses choses sans avoir les larmes aux yeux. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je fais quelques courses et commissions n\u00e9cessaires ; j\u2019\u00e9cris beaucoup de lettres \u00e0 des parents ; je suppl\u00e9e de plus possible ma tante. Nous nous occupons aussi du faire-part.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 28 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 Nice hier soir \u00e0 4h \u00bd ; le matin, j\u2019avais fait quelques courses. Voyageant toute la nuit, avec Maman et N\u00e9nette, nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 11h52 ; depuis Narbonne, nous \u00e9tions avec Philom\u00e8ne et Henri qui arrivaient d\u2019Angers. Tante Josepha a eu le grand chagrin de ne pas accompagner le corps de son mari, le m\u00e9decin ne lui ayant pas permis ce voyage fatiguant ; elle aussi est dans un \u00e9tat de sant\u00e9 inqui\u00e9tant ; son ent\u00e9rite ne va gu\u00e8re mieux que l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier. Ses belles-s\u0153urs sont rest\u00e9es \u00e0 Nice avec elle. Quel p\u00e9nible voyage ! Dans les changements de lignes, je m\u2019assurais que le corps ait pris une bonne direction. J\u2019ai t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 de Narbonne \u00e0 Vin\u00e7a de tout pr\u00e9parer pour midi. D\u00e8s notre arriv\u00e9e, on ouvre le fourgon qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 10 heures ; le clerg\u00e9 est \u00e0 la gare et donne une absoute ; puis avec quelques amis venus nous attendre \u00e0 la gare nous nous dirigeons vers la maison, escortant la d\u00e9pouille mortelle de l\u2019oncle Paul. On d\u00e9pose le cercueil dans la pi\u00e8ce situ\u00e9e pr\u00e8s du petit jardin ; elle a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en chapelle ardente, les murs sont tendus de feuillages et de mimosas ; la fen\u00eatre est herm\u00e9tiquement ferm\u00e9e et le grand Christ de la chapelle, qui avait \u00e9t\u00e9 aupr\u00e8s du lit de mort de Bon Papa, semble b\u00e9nir le cercueil de celui qui fut le g\u00e9n\u00e9ral Magu\u00e9. Tout Vin\u00e7a d\u00e9file recueilli, dans la chapelle ardente ; on prie et on pleure. Mon bon oncle \u00e9tait aim\u00e9 ici ; il avait fait de Vin\u00e7a son pays d\u2019adoption. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je suis oblig\u00e9 d\u2019aller \u00e0 Ille pour y commander une croix en fleurs et y prendre certaines choses n\u00e9cessaires. Le soir, on pr\u00e9pare le caveau ferm\u00e9 depuis plus de 16 ans ; l\u2019eau l\u2019avait envahi. Le chapelet est r\u00e9cit\u00e9 pieusement aupr\u00e8s du cercueil de l\u2019oncle Paul.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-696x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-697\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-696x1024.jpg 696w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-204x300.jpg 204w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-768x1129.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-1045x1536.jpg 1045w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-1393x2048.jpg 1393w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/20250821_120058-Copie-scaled.jpg 1741w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Paul Magu\u00e9 (1849-1912), alors colonel, plus tard g\u00e9n\u00e9ral \u2013 Clich\u00e9 Reveillard fils, Angers, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Collection Pierre Lemaitre)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 29 f\u00e9vrier 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout est fini. Les obs\u00e8ques ont \u00e9t\u00e9 imposantes. Nous avions d\u00e9pos\u00e9 sur la bi\u00e8re l\u2019uniforme et l\u2019\u00e9p\u00e9e de l\u2019oncle Paul. Les parents et amis venus pour la triste c\u00e9r\u00e9monie nous entouraient de beaucoup de sympathie ; sont venus&nbsp;: Paul Delestrac, l\u2019abb\u00e9 Latour, l\u2019oncle Joseph de Lazerme et Jacques, Fernand et Marie de Rovira, l\u2019oncle Xavier, la cousine de Guardia et sa fille, M. Jean Bertran de Balanda, la cousine de Saint-Jean, les \u00c9mile Marie, capitaine de Lamer, la cousine Lutrand, g\u00e9n\u00e9ral Circan, Jacques Passama, Marguerite de La Croix, Mme de Llamby et Lucien Darru, Mme et Mlle Delafosse, lieutenant-colonel de Cheron, capitaine Bourdel H\u00e9not, Mmes Lafabr\u00e8gue, Cuill\u00e9, Thibault, Th\u00e9r\u00e8se Delcros, Raymond de Barescut, tous les De Llobet (l\u2019oncle Gabriel, Tante Augustine et les Charles)&nbsp;; Mme de Bordes, M. Latrobe etc.&nbsp;; enfin de tr\u00e8s nombreuses personnes de Vin\u00e7a, Ille et Bouletern\u00e8re. Les officiers en uniforme entourent le cercueil. Au cimeti\u00e8re, discours d\u2019Am\u00e9d\u00e9e Jocaveil au nom de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien dont l\u2019oncle Paul \u00e9tait pr\u00e9sident d\u2019honneur, et qui est l\u00e0 toute enti\u00e8re, tr\u00e8s beau discours de l\u2019oncle Xavier au nom de l\u2019Arm\u00e9e et du corps des officiers&nbsp;; enfin, Papa, en quelques mots tr\u00e8s d\u00e9licats et tr\u00e8s \u00e9mus, remercie au nom de la famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la triste c\u00e9r\u00e9monie, certaines personnes lunchent \u00e0 la maison, la plupart repartent tout de suite. Tout est fini&nbsp;! Le brillant g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019\u00e9tait l\u2019oncle Paul, l\u2019homme si bon et si plein d\u2019esprit que nous aimions tant dort son dernier sommeil dans un caveau glac\u00e9. Du moins son \u00e2me, nous en avons le ferme espoir, jouit de la pr\u00e9sence de Dieu&nbsp;! Vers le soir, nous revenons avec N\u00e9nette faire une pri\u00e8re pr\u00e8s de la tombe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mars 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 3 mars 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 1<sup>er<\/sup> mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous nous confesser et communier \u00e0 l\u2019occasion du 1<sup>er<\/sup> vendredi du mois ; nous prions pour l\u2019oncle Paul. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais en voiture avec Henri de Lavergne \u00e0 Bouletern\u00e8re et \u00e0 Ille ; les vignes sont trop avanc\u00e9es pour la saison, gare aux gel\u00e9es !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 2 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec Henri, je vais \u00e0 Claira ; nous prenons le train de 9h \u00bd et arrivons \u00e0 Claira \u00e0 midi&nbsp;; dans le petit train de la Salanque apr\u00e8s Perpignan, nous trouvons dans notre compartiment un animal \u00e9trange ; \u00e0 premi\u00e8re vue, je le prends pour un jeune isart ; je le signale au chef de train qui, apr\u00e8s enqu\u00eate, reconna\u00eet qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 l\u00e0 par un sous-officier colonial ; c\u2019est, para\u00eet-il, une jeune antilope ou une jeune gazelle rapport\u00e9e des colonies ; cette gentille petite b\u00eate acceptait avec reconnaissance les morceaux de pain que je lui donnais. Je fais une tourn\u00e9e compl\u00e8te dans les vignes de Claira ; la v\u00e9g\u00e9tation commence \u00e0 partir ; c\u2019est beaucoup trop t\u00f4t, mais c\u2019est la cons\u00e9quence de la douceur de l\u2019hiver qui a \u00e9t\u00e9 extraordinaire. Apr\u00e8s quelques heures pass\u00e9es \u00e0 Perpignan, nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a par le train du soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 3 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Vin\u00e7a. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Ille en voiture avec Philom\u00e8ne ; nous y voyons l\u2019oncle Xavier ; nous allons \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Ille, puis nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a. C\u2019est ma derni\u00e8re soir\u00e9e ; je repars demain pour Biarritz.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 5 au 10 mars 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 5 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai quitt\u00e9 Vin\u00e7a hier matin, y laissant Papa et Maman qui vont y passer encore quelques jours, Henri de Lavergne et Philom\u00e8ne, Bonne Maman et N\u00e9nette. Cette derni\u00e8re repartira dans quelques jours pour Nice, accompagn\u00e9e de Bonne Maman. Je passe une partie de la journ\u00e9e \u00e0 Perpignan, je d\u00e9jeune chez les Llobet ; j\u2019en repars \u00e0 4 h56 du soir, je voyage toute la nuit et je suis arriv\u00e9 \u00e0 Biarritz ce matin. Apr\u00e8s cette absence de dix jours et toutes les p\u00e9nibles \u00e9motions qu\u2019elle a comport\u00e9es, me voici de nouveau \u00e0 Biarritz ; nous comptons y passer encore environ un mois. J\u2019y retrouve Bebelle, Marie-Th\u00e9r\u00e8se en bonne sant\u00e9 ; elles ont pass\u00e9 tranquillement ces quelques jours avec les 5 enfants. Je reprends mon petit train de vie de tout l\u2019hiver. Nous allons sur la plage dans l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 6 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons \u00e0 Bayonne en auto pour quelques commissions et achats ; nous revenons aussit\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 7 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais me promener \u00e0 Saint-S\u00e9bastien ; j\u2019y vais en chemin de fer ; il se met \u00e0 pleuvoir, je passe une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi au casino qui est plus beau que celui de Biarritz&nbsp;; je m\u2019amuse \u00e0 y risquer quelques pi\u00e8ces \u00e0 la roulette (jeu qui n\u2019existe pas en France), c\u2019est tr\u00e8s amusant, je gagne et je perds alternativement.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"804\" height=\"510\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/casino-donostia.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-698\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/casino-donostia.webp 804w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/casino-donostia-300x190.webp 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/casino-donostia-768x487.webp 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 804px) 100vw, 804px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Casino de San Sebastian, Espagne \u2013 Carte postale anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Site sansebastianturismoa.eus)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 8 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons tous en auto voir Didia ; ensuite nous allons sur la plage, puis au chemin de la Croix \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 9 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a aujourd\u2019hui 15 jours que j\u2019ai appris la mort de l\u2019oncle Paul ; je ne peux pas encore me faire \u00e0 cette triste id\u00e9e. La mer est tr\u00e8s agit\u00e9e ; je vais l\u2019admirer de pr\u00e8s, du rocher de la Vierge et surtout des rochers de la pointe Saint-Martin sous le phare o\u00f9 les vagues sont \u00e9normes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 10 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et, le soir, au salut \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous passons sur la plage le reste de l\u2019apr\u00e8s-midi. Le temps est beau, mais moins chaud que le mois dernier ; c\u2019est fort heureux \u00e0 cause de la v\u00e9g\u00e9tation qui a d\u00e9j\u00e0 beaucoup trop d\u2019avance.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 11 au 17 mars 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 11 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je reviens \u00e0 Saint-S\u00e9bastien dans l\u2019apr\u00e8s-midi entre deux trains ; je vais au casino et je gagne, \u00e0 la roulette, plus que l\u2019autre jour. Papa, qui est \u00e0 Ille ces jours-ci, a \u00e9t\u00e9 souffrant avant son d\u00e9part de Vin\u00e7a ; il va mieux et rentrera ici dans une dizaine de jours je pense. Maman compte \u00eatre de retour samedi. Pendant ce temps, les r\u00e9parations de la villa avancent \u00e0 grands pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 12 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 9h \u00e0 Saint-Charles&nbsp;; nous passons une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 nous promener en ville et pr\u00e8s de la mer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 13 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Lavielle voir Mme de Lalande avec les Carlos et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, en auto. Nous nous promenons en auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 14 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Saint-Charles, je me confesse et fais la sainte communion. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Saint-Jean-de-Luz en auto. Nous allons \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 15 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons en auto \u00e0 Saint-S\u00e9bastien o\u00f9 Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u00e9sirait revenir pour revoir ses amis de Lanauze. Nous avons la pluie en route.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 16 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 5 h \u00bd du matin, je suis r\u00e9veill\u00e9 par la sonnerie \u00e9lectrique de la porte d\u2019entr\u00e9e ; je regarde qui est \u00e0 la porte et j\u2019ai l\u2019agr\u00e9able surprise de voir Philom\u00e8ne et Henri de Lavergne qui, en rentrant \u00e0 Angers, ont eu l\u2019heureuse id\u00e9e de prendre \u00e0 Bordeaux un billet d\u2019aller et retour qui leur permet de venir passer deux jours ici ; en un instant, la maison est en \u00e9moi ; tout le monde se l\u00e8ve deux heures plus t\u00f4t que d\u2019habitude. Dans la matin\u00e9e \u00e0 9 heures Maman arrive aussi&nbsp;; elle s\u2019\u00e9tait annonc\u00e9e, nous allons l\u2019attendre \u00e0 la gare. Je me prom\u00e8ne avec Henri ; je lui fais voir Biarritz. Mon domestique Henri Pelras apprend la mort de son p\u00e8re ; il part aussit\u00f4t pour Ille ; les obs\u00e8ques auront lieu lundi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 17 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. Apr\u00e8s les v\u00eapres, je vais un moment au cin\u00e9matographe avec Bebelle et Ghislaine.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 18 au 24 mars 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 18 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de onze heures \u00e0 Saint-Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, je me prom\u00e8ne avec Henri ; la mer est tr\u00e8s agit\u00e9e ; nous allons l\u2019admirer vers le phare o\u00f9 les lames d\u00e9ferlent avec fracas. Nous nous faisons m\u00eame mouiller.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 19 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Lavergne partent aujourd\u2019hui ; nous allons les accompagner \u00e0 la gare ; ils ont eu une excellente id\u00e9e de venir et nous ont fait bien plaisir. Nous allons \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 20 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps est affreux ; une vraie temp\u00eate ; je vais admirer la mer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 21 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le domestique qui doit remplacer Henri Pelras que je ne garde pas, arrive aujourd\u2019hui ; il s\u2019appelle Dominique Arismendi ; c\u2019est un jeune Basque des environs de Saint-Jean-de-Luz ; les Basques sont une belle et forte race, ce sont des travailleurs et j\u2019esp\u00e8re que ce gar\u00e7on me donnera satisfaction. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 une conf\u00e9rence du Docteur de Lostalot sur ce sujet : \u00ab&nbsp;L\u2019homme descend-il du singe ?&nbsp;\u00bb. Comme je m\u2019y attendais, le Docteur, qui est un homme de grande valeur, conclut par la n\u00e9gative.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 22 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Saint-S\u00e9bastien ; je vais au casino et je gagne cinquante francs (espagnols) \u00e0 la roulette ; il fait toujours mauvais temps&nbsp;; la mer est tr\u00e8s forte.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 23 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, passent ici des marchands de soieries et d\u2019ivoire chinois et japonais ; ils ont de vraies merveilles et les vendent tr\u00e8s bon march\u00e9 ; je leur ach\u00e8te pour trente francs une statuette japonaise en vieil ivoire dont on me demanderait certainement 80 ou 100 frs. dans un magasin. Nous allons un moment sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 24 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons aux offices \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; visite aux Lazerme et aux d\u2019Hestreux.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 25 au 31 mars 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 25 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je retourne \u00e0 Saint-S\u00e9bastien ; j\u2019en rapporte 130 frs. gagn\u00e9s \u00e0 la roulette ; je rentre par le train de 9h27 du soir. Je vais \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 26 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage, il fait tr\u00e8s beau. Marie-Th\u00e9r\u00e8se qui devait partir ce matin, a retard\u00e9 son d\u00e9part jusqu\u2019\u00e0 demain. Nous allons \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. Le soir, j\u2019assiste \u00e0 Bayonne \u00e0 une conf\u00e9rence de Charcot<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a> sur ses explorations antarctiques.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Unbekannt_-_Jean-Baptiste_Charcot_French_explorer_1910_-_MeisterDrucke-740392.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"716\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Unbekannt_-_Jean-Baptiste_Charcot_French_explorer_1910_-_MeisterDrucke-740392.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-699\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Unbekannt_-_Jean-Baptiste_Charcot_French_explorer_1910_-_MeisterDrucke-740392.jpg 1000w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Unbekannt_-_Jean-Baptiste_Charcot_French_explorer_1910_-_MeisterDrucke-740392-300x215.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Unbekannt_-_Jean-Baptiste_Charcot_French_explorer_1910_-_MeisterDrucke-740392-768x550.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), explorateur polaire fran\u00e7ais \u2013 Clich\u00e9 anonyme, 1910 (site meisterdrucke.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 27 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Marie-Th\u00e9r\u00e8se part ce matin ; nous l\u2019accompagnons \u00e0 la gare ; nous-m\u00eames nous n\u2019avons plus que 15 jours \u00e0 passer ici, devant aller ensuite au Chalet Saint-Michel et rentrer \u00e0 Ille au d\u00e9but de mai. Nous allons \u00e0 la messe de 9h \u00bd \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous passons l\u2019apr\u00e8s-midi sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 28 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je retourne, l\u2019apr\u00e8s-midi, \u00e0 Saint-S\u00e9bastien, mais aujourd\u2019hui je n\u2019ai pas de chance ; je perds ce que j\u2019avais gagn\u00e9, et m\u00eame un peu plus ; je rentre \u00e0 9h \u00bd. S\u2019il y avait un jeu de roulette \u00e0 Biarritz, j\u2019aurais beaucoup plus de chance de gagner ; j\u2019irais jouer un peu, tr\u00e8s peu tous les jours et je me contenterais de petits gains. Mais Saint-S\u00e9bastien est loin et c\u2019est, chaque fois, un grand d\u00e9rangement et quand on y va (beaucoup de personnes de Biarritz y vont r\u00e9guli\u00e8rement), on veut gagner une somme qui en vaille la peine ; aussi on est plus expos\u00e9 \u00e0 perdre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 29 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un mois d\u00e9j\u00e0 des obs\u00e8ques de l\u2019oncle Paul \u00e0 Vin\u00e7a. Pauvre cher oncle, je pense bien souvent \u00e0 lui et je le regrette bien ! Je vais \u00e0 la messe de 8h et j\u2019y communie. L\u2019apr\u00e8s-midi, plage ; il arrive de plus en plus de monde.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 30 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la plage matin et soir ; Papa arrive par le train de 10 h du soir&nbsp;; depuis cinq semaines, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s occup\u00e9 en Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 31 mars 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. Nous allons voir la comtesse du Reau \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de l\u2019Oc\u00e9an ; elle est ici avec son mari et son fils, mon ami Jean du Reau.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avril 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 7 avril 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 1<sup>er<\/sup> avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la plage matin et soir&nbsp;; le temps s&rsquo;est rafra\u00eechi depuis quelques jours et on se demande s&rsquo;il ne surviendra pas des gel\u00e9es printani\u00e8res qui seraient d\u00e9sastreuses cette ann\u00e9e pour les r\u00e9coltes, surtout pour la vigne, la v\u00e9g\u00e9tation \u00e9tant tr\u00e8s avanc\u00e9e apr\u00e8s un hiver extraordinairement doux. Le soir sermon \u00e0 Saint-Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 2 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais sur la plage&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, au garage d&rsquo;Anglet pour faire arranger diverses petites choses \u00e0 l&rsquo;auto. Le soir, sermon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 3 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 11 heures \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 la plage, puis nous allons nous confesser ; nous avons la visite de M. et Mme du Reau.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi saint 4 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais faire ma communion pascale avec Bebelle, \u00e0 Saint-Charles&nbsp;; nous revenons \u00e0 l\u2019office \u00e0 9 heures, puis nous finissons la matin\u00e9e sur la plage&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi nous faisons le tour des Reposoirs aux 3 \u00e9glises ; nous allons \u00e0 Saint-Martin en auto ; au retour, un pneu de devant \u00e9clate ; je suis oblig\u00e9 de le remplacer. Le soir, nous allons au sermon de mission \u00e0 Saint-Charles.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi saint 5 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 l\u2019office \u00e0 Saint Charles. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons en auto \u00e0 Fontarrabie voir la tr\u00e8s curieuse procession du Vendredi Saint ; nous la voyons tr\u00e8s bien ; il y a \u00e0 Fontarrabie une affluence \u00e9norme, peut-\u00eatre 200 autos. Au retour, tout pr\u00e8s d\u2019ici \u00e0 Bidart, j\u2019ai une panne et malgr\u00e9 tous mes efforts, malgr\u00e9 l\u2019aide de chauffeurs qui essaient comme moi, rien n\u2019y fait ; le moteur refuse tout service ; je me r\u00e9signe \u00e0 laisser la voiture dans la remise d\u2019une auberge de Bidart. J\u2019y reviendrai demain avec un m\u00e9canicien voir ce que c\u2019est. Avec Bebelle je rentre \u00e0 pied dans la nuit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019octroi de Biarritz&nbsp;; l\u00e0 nous prenons une voiture jusqu\u2019\u00e0 la villa. Papa et Maman vont prendre le train \u00e0 la gare de la N\u00e9gresse.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/VERONIQUE.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"517\" height=\"808\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/VERONIQUE.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-700\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/VERONIQUE.jpg 517w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/VERONIQUE-192x300.jpg 192w\" sizes=\"auto, (max-width: 517px) 100vw, 517px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">La procession du vendredi saint \u00e0 Fontarrabie (Espagne) \u2013 Carte postale anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1910] (site paysbasqueavant.blogspot.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi saint 6 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 l\u2019office \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie. L\u2019apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Bidart en auto avec un ouvrier d\u2019un garage, voir ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019auto ; c\u2019est la magn\u00e9to qui est \u00ab&nbsp;d\u00e9saimant\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;; il faut l\u2019envoyer en fabrique pour la r\u00e9aimanter&nbsp;; on ram\u00e8ne l\u2019auto au garage en la faisant remorquer par une autre voiture ; je ne sais dans combien de jours la magn\u00e9to reviendra&nbsp;; ce qui est s\u00fbr c\u2019est que nous voici encore \u00e0 Biarritz pour plusieurs jours alors que nous devions partir \u00e0 la fin de la semaine prochaine. Je ne m\u2019en plains pas trop car Biarritz est tr\u00e8s agr\u00e9able en ce moment o\u00f9 la saison de P\u00e2ques bat son plein.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche de P\u00e2ques 7 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Bebelle \u00e0 la messe de 8 h \u00e0 Saint-Charles ; nous y faisons la sainte communion. Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte Eug\u00e9nie.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 avril 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 8 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie puis sur la plage. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019ai la visite de Jean du Reau, ensuite nous allons un moment sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mardi 9 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Bayonne faire quelques commissions et achats ; ensuite, au retour, nous allons un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 10 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles, puis au rocher de la Vierge et \u00e0 la plage. L\u2019apr\u00e8s-midi je vais avec Bebelle, le long de la plage des Basques jusqu\u2019\u00e0 Marbella, car on a dit que des a\u00e9roplanes viendraient dans le parc du ch\u00e2teau d\u2019Illbaritz pendant la f\u00eate organis\u00e9e dans ce ch\u00e2teau au profit de l\u2019aviation militaire, mais on ne voit pas d\u2019a\u00e9roplanes ; les aviateurs auront trouv\u00e9 que le temps n\u2019est pas assez s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 11 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais reprendre l\u2019auto au garage d\u2019Anglet ; je passe un moment sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, vendredi 12 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Papa \u00e0 Saint-S\u00e9bastien ; nous allons voir M. de Lanauze ; j\u2019en profite pour monter un moment au casino et tenter quelques coups \u00e0 la roulette, mais je ne suis pas plus heureux que la derni\u00e8re fois ; d\u00e9cid\u00e9ment je n\u2019ai pas de chance au jeu ; je n\u2019avais jamais jou\u00e9 un sou jusqu\u2019\u00e0 cette ann\u00e9e ; j\u2019ai voulu essayer un peu, tr\u00e8s prudemment, et je perds tout de m\u00eame&nbsp;; je ferai bien de ne pas continuer ou bien de me contenter de touts petits enjeux de loin en loin pour m\u2019amuser. Nous rentrons par le train de 9h27. J\u2019apprends par Carlos la mort de notre oncle le baron de Campredon<a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, mari de la cousine germaine de Maman ; je ne l\u2019avais jamais vu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, samedi 13 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous n\u2019avons plus que deux jours \u00e0 passer \u00e0 Biarritz ; je passe la journ\u00e9e \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 faire quelques commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, dimanche 14 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Sainte-Eug\u00e9nie ; nous allons voir les Mauvaisin et Lazerme mais ne les rencontrons pas. Nous voici arriv\u00e9s au terme de ce s\u00e9jour \u00e0 Biarritz qui a \u00e9t\u00e9 bien agr\u00e9able, nous avons pass\u00e9 un hiver charmant&nbsp;; mais les meilleures choses ont une fin et il faut partir&nbsp;!<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 avril 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, lundi 15 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019auto qui est dans un garage o\u00f9 on resserre une t\u00eate de bielle n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 pr\u00eate aujourd\u2019hui, nous sommes forc\u00e9s de remettre notre d\u00e9part \u00e0 demain. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais au garage et en ville.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 16 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous quittons Biarritz \u00e0 midi et apr\u00e8s 5 heures de voyage (4 heures 1\/2 si nous d\u00e9falquons divers arr\u00eats) nous arrivons au chalet ; nous y sommes \u00e0 cinq heures. Notre voyage a \u00e9t\u00e9 excellent, les routes sont magnifiques. Nous retrouvons ici, outre les h\u00f4tes habituels, ma belle-m\u00e8re, Henri, Fran\u00e7ois et Lolotte, les Tournamille et leurs enfants ; ils sont ici depuis un mois et repartent dans trois jours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;mercredi 17 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Casteljaloux. Nous assistons, de 11 heures \u00e0 1 heure environ, au curieux spectacle de l\u2019\u00e9clipse presque totale de soleil ; ici la lune couvre les 94\/100<sup>es<\/sup> du soleil&nbsp;; pr\u00e8s de Paris l\u2019\u00e9clipse est totale. Voil\u00e0 un spectacle que nous ne reverrons jamais. Au plus fort de l\u2019\u00e9clipse, il ne fait pas absolument nuit, mais le temps est aussi [obscur] qu\u2019au coucher du soleil ; de plus, la lumi\u00e8re a quelque chose de blafard, de bizarre. On apprend l\u2019affreuse catastrophe du naufrage du \u00ab&nbsp;Titanic&nbsp;\u00bb qui a co\u00fbt\u00e9 la mort de 1400 personnes environ, par suite d\u2019une collision avec un iceberg. Ce navire, l\u2019orgueil de la flotte marchande anglaise, \u00e9tait le plus grand navire du monde, et aussi le plus perfectionn\u00e9 ; il faisait sa premi\u00e8re travers\u00e9e.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"753\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3-1024x753.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-701\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3-1024x753.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3-300x221.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3-768x565.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RMS_Titanic_3.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le c\u00e9l\u00e8bre paquebot \u00ab\u00a0Titanic\u00a0\u00bb au moment de son d\u00e9part de Southampton le 10 avril 1912 \u2013 Clich\u00e9 Francis Godolphin Osbourne Stuart (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 18 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je retourne \u00e0 Casteljaloux dans l\u2019apr\u00e8s-midi pour voir le m\u00e9canicien Bach\u00e8res \u00e0 qui je veux confier le soin de resserrer et revoir mon moteur ; mais je ne le rencontre pas encore ; je laisse la voiture \u00e0 son garage et je rentre avec Henri Tournamille. Les journaux sont pleins de d\u00e9tails navrants sur l\u2019affreux naufrage du \u00ab&nbsp;Titanic&nbsp;\u00bb ; que le g\u00e9nie de l\u2019homme est donc peu de chose en pr\u00e9sence des forces de la nature ! Des catastrophes comme celle-l\u00e0 devraient abaisser l\u2019orgueil humain et rappeler aux hommes que Dieu est toujours le Ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 18 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Tournamille partent ce matin ; dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je fais une longue tourn\u00e9e dans la partie de la propri\u00e9t\u00e9 dite \u00ab&nbsp;L\u2019Incendie&nbsp;\u00bb ; elle est en bon \u00e9tat, les bois poussent bien, les \u00e9claircissages se font r\u00e9guli\u00e8rement, les jeunes pins poussent, les coupes sont tout bien tenues.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 20 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Casteljaloux avec la motocyclette \u00ab&nbsp;Terrot&nbsp;\u00bb de Fran\u00e7ois, afin de m\u2019entendre d\u00e9finitivement avec Bach\u00e8res pour le nettoyage du moteur de la voiture. Les journaux sont pleins de d\u00e9tails navrants sur le naufrage du \u00ab&nbsp;Titanic&nbsp;\u00bb ; 1400 personnes environ ont coul\u00e9 avec le navire apr\u00e8s que 600 \u00e0 700 eurent \u00e9t\u00e9 recueillies dans les canots de sauvetage ; les personnes qui on a \u00e9t\u00e9 dans la terrible obligation de laisser sur le navire ont fait preuve de beaucoup de courage ; sur le \u00ab&nbsp;Titanic&nbsp;\u00bb, l\u2019orchestre a jou\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re minute&nbsp;; au moment supr\u00eame, il jouait une marche fun\u00e8bre que tout le monde reprenait en ch\u0153ur&nbsp;; puis le g\u00e9ant des mers s\u2019est ab\u00eem\u00e9 dans l\u2019Oc\u00e9an glac\u00e9, au milieu de la nuit qui jusque-l\u00e0 avait \u00e9t\u00e9 illumin\u00e9e par ses mille feux \u00e9clatants. Il y a, \u00e0 se repr\u00e9senter ce terrible spectacle, un tableau d\u2019une sauvage grandeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un autre sujet de pr\u00e9occupation est la r\u00e9volte qui vient d\u2019\u00e9clater \u00e0 Fez et qui a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 plusieurs officiers et soldats fran\u00e7ais. Notre domination sur le Maroc ne s\u2019\u00e9tablira pas sans beaucoup de temps, beaucoup d\u2019argent, et peut-\u00eatre aussi, h\u00e9las ! beaucoup de sang fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 21 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Michel ; nous faisons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part pour demain. Nous passerons huit jours \u00e0 Paris.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 22 au 28 avril 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, lundi 22 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 le chalet ce matin, sommes all\u00e9s prendre le train \u00e0 Bazas, avons pris \u00e0 Bordeaux l&rsquo;express de midi 10 et sommes arriv\u00e9s \u00e0 10h44 du soir \u00e0 la gare du quai d&rsquo;Orsay. Nous ne trouvons pas de place \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Castille o\u00f9 nous comptions descendre ; nous passons la nuit dans un h\u00f4tel voisin ; nous aviserons demain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, mardi 23 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous installons \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel du Prince de Galles rue d&rsquo;Anjou o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais descendu autrefois. Nous trottons beaucoup ; nous allons voir les Delestrac et avons, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, la visite de ma tante Civelli et de Margot. Le soir, nous assistons \u00e0 la salle des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes, rue Danton, \u00e0 une belle r\u00e9union d&rsquo;Action fran\u00e7aise ; discours de Lemaitre, de Vaugeois, Lasserre et Daudet. Enfin Bernard de Vesins fait une communication des plus int\u00e9ressantes et des plus amusantes ; il annonce la lib\u00e9ration conditionnelle du camelot du Roi Gabriel Durupt de Baleine qui \u00e9tait d\u00e9tenu \u00e0 Clairvaux depuis 13 mois et raconte comment cette lib\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 obtenue. Tablant sur l&rsquo;indignation produite par la lib\u00e9ration de l&rsquo;ignoble satyre Flachon, un tout jeune camelot du Roi, Norbert Pinochet, a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 hier soir au Minist\u00e8re de la Justice, se faisant lui-m\u00eame passer pour M. Poincar\u00e9 pr\u00e9sident du Conseil ; le ministre Briand \u00e9tant en voyage, c&rsquo;est le directeur des affaires criminelles, M. Tissier, qui lui a r\u00e9pondu. Prenant le ton d&rsquo;un ministre, Pinochet-Poincar\u00e9 a dit qu&rsquo;il \u00e9tait inform\u00e9 qu&rsquo;une campagne tr\u00e8s vive contre le gouvernement allait \u00eatre entreprise \u00e0 propos de la lib\u00e9ration de Flachon et que pour pallier le mauvais effet de cette mesure, il fallait rel\u00e2cher imm\u00e9diatement des d\u00e9tenus politiques comme M. de Baleine par exemple, et il donnait \u00e0 M. Tissier l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9tudier imm\u00e9diatement le cas de De Baleine et d&rsquo;arriver \u00e0 une solution rapide et satisfaisante. M. Tissier donna en plein dans le panneau et \u00e9tudia l&rsquo;affaire ; entre temps, Pinochet t\u00e9l\u00e9phonait \u00e0 plusieurs journaux, fit \u00e9baucher la campagne de presse annonc\u00e9e. Ce matin, il ret\u00e9l\u00e9phona au Minist\u00e8re de la Justice et dit qu&rsquo;il fallait aboutir imm\u00e9diatement, d\u00e9clarant qu&rsquo;il prenait la chose sur lui et qu&rsquo;il fallait faire lib\u00e9rer imm\u00e9diatement M. de Baleine, faire passer une note officieuse \u00e0 la presse en pr\u00e9sentant la mesure comme ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e par M. Briand avant son d\u00e9part. Cette apr\u00e8s-midi, troisi\u00e8me coup de t\u00e9l\u00e9phone de Pinochet pour s&rsquo;assurer que ses ordres ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s. Ils l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 point par point ; De Baleine a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 dans la journ\u00e9e et il arrive \u00e0 Paris ; une note r\u00e9dig\u00e9e dans le sens indiqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e par le Minist\u00e8re de la Justice \u00e0 toute la presse, et voil\u00e0 comment un tout jeune homme, audacieux et intelligent, s&rsquo;est jou\u00e9 pendant 18 heures du Pouvoir et a dict\u00e9 des ordres aux minist\u00e8res. Belle confirmation des th\u00e9ories de l&rsquo;Action fran\u00e7aise sur le coup de force ! Maintenant que tout a r\u00e9ussi, l&rsquo;Action fran\u00e7aise vend la m\u00e8che, elle raconte ce joli coup ; le gouvernement apprend ce soir seulement comment il a \u00e9t\u00e9 mystifi\u00e9 ; Poincar\u00e9 doit \u00eatre furieux et Tissier confus et inquiet ! Celui qui est le plus content c&rsquo;est le jeune Pinochet qui a si bien r\u00e9ussi son coup. Pr\u00e9cis\u00e9ment, je le retrouve dans le m\u00e9tro et il me raconte l&rsquo;histoire dans tous ses d\u00e9tails. Maintenant le gouvernement ne voudra pas avouer qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 mystifi\u00e9 ; il fera contre mauvaise fortune bon c\u0153ur et laissera le prisonnier en libert\u00e9, faisant croire que la mesure a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e par lui. Pour un bon tour, c&rsquo;est un bon tour !<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"544\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-544x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-702\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-544x1024.jpg 544w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-159x300.jpg 159w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-768x1446.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-816x1536.jpg 816w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet-1088x2048.jpg 1088w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19120630_Norbert_Pinochet_dans_Le_Coup_de_fouet.jpg 1111w\" sizes=\"auto, (max-width: 544px) 100vw, 544px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le camelot du roi Norbert Pinochet \u2013 Clich\u00e9 anonyme, <em>Le coup de fouet<\/em>, 30 juin 1912 (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, mercredi 24 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voyons ma tante Est\u00e8ve et Madeleine \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Castille o\u00f9 elles sont de passage. Nous faisons de nombreuses courses et commissions, nous prenons le th\u00e9 l&rsquo;apr\u00e8s-midi chez ma tante Civelli et d\u00eenons chez les Delestrac. L&rsquo;histoire de Pinochet-Poincar\u00e9 fait le tour de la presse, tous les journaux la racontent ; comme c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 pr\u00e9voir, le gouvernement d\u00e9ment ; mais on sait ce que signifient ces d\u00e9mentis ! J&rsquo;apprends avec beaucoup de peine la mort de M. Fran\u00e7ois Delalaye, qui avait \u00e9t\u00e9 pendant 4 ans mon professeur \u00e0 Angers et m\u2019avait pr\u00e9par\u00e9 au baccalaur\u00e9at ; il n&rsquo;avait que 57 ans.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, jeudi 25 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous faisons des achats et des commissions. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je me prom\u00e8ne aux Champs-Elys\u00e9es, je vais aussi \u00e0 Notre-Dame-des-Victoires. Le soir, nous allons voir jouer, au Palais Royal, une com\u00e9die de gros rire, <em>Le Petit caf\u00e9<\/em><a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, vendredi 26 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, nous allons faire notre p\u00e8lerinage \u00e0 la basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur de Montmartre&nbsp;; la basilique du V\u0153u national est compl\u00e8tement termin\u00e9e ; puisse le Sacr\u00e9-C\u0153ur avoir bient\u00f4t piti\u00e9 de la France et la sauver ! L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons voir les Raymond de \u00c7agarriga que nous ne rencontrons pas. Le soir, avec Jean de Saint-Martin qui est en garnison \u00e0 Vincennes, nous allons voir jouer <em>Le Roi<\/em><a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a> aux Vari\u00e9t\u00e9s. Tr\u00e8s bons acteurs.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, samedi 27 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons des commissions matin et soir ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons un moment dans un cin\u00e9matographe boulevard des Italiens ; le soir apr\u00e8s d\u00eener, nous allons avec les Civelli, que nous avons visit\u00e9s, passer un moment au Caf\u00e9 des Am\u00e9ricains.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Paris, dimanche 28 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En sortant de la messe \u00e0 la Madeleine, nous apprenons, par une \u00e9dition sp\u00e9ciale de <em>Paris-Midi<\/em>, que l&rsquo;affreux bandit Bonnot est cern\u00e9 et va \u00eatre pris \u00e0 Choisy-le-Roi ; nous d\u00e9jeunons chez les Delestrac. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, nous d\u00e9cidons de nous rendre \u00e0 Choisy voir la maison d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre o\u00f9 le bandit s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9 ; il para\u00eet que la police va la faire sauter \u00e0 la dynamite pour s&#8217;emparer de Bonnot\u00a0; nous allons \u00e0 Choisy-le-Roi avec Tante et Yvonne Delestrac et avec les jeunes gens de Saint-Martin\u00a0; le bandit a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9 \u00e0 midi \u00bd apr\u00e8s que la dynamite eut fait sauter le garage et y eut mis le feu ; on s&rsquo;est pr\u00e9cipit\u00e9 malgr\u00e9 les balles qu&rsquo;il ne cessait de tirer, on lui a tir\u00e9 dessus \u00e0 bout portant, on s&rsquo;est empar\u00e9 de lui, on l&rsquo;a transport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital o\u00f9 il est mort peu apr\u00e8s ; le si\u00e8ge de la maison a dur\u00e9 4 heures 1\/2 ; un inspecteur de la S\u00fbret\u00e9 a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par une balle tir\u00e9e du garage. Voil\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 enfin d\u00e9barrass\u00e9e de cette brute sanguinaire ; on doit encore capturer deux membres de la bande sinistre, Garnier et Valet. \u00c0 Choisy, nous voyons les ruines fumantes du garage ; elles sont encore gard\u00e9es par la police et la garde r\u00e9publicaine. L&rsquo;affluence est \u00e9norme, surtout \u00e0 la gare ! Nous rentrons \u00e0 Paris \u00e0 6h \u00bd et allons d\u00eener dans un restaurant des Champs-Elys\u00e9es o\u00f9 nous ont invit\u00e9s les jeunes gens de Saint-Martin. Le soir, nous allons \u00e0 Magic City.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"671\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-1024x671.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-703\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-1024x671.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-768x504.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-1536x1007.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/pz-212-3-08-2048x1343.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le garage, cachette de Jules Bonnot, apr\u00e8s son dynamitage le 28 avril 1912 par la police pour capturer le criminel et sa bande (Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch se rendit sur les lieux le jour m\u00eame) \u2013 Carte postale anonyme, 1912 (site criminocorpus.org)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 30 avril 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 30 avril 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 Paris hier soir \u00e0 10h19 apr\u00e8s une derni\u00e8re journ\u00e9e bien remplie. Hier matin je suis all\u00e9 \u00e0 la messe \u00e0 Notre-Dame-des-Victoires, je me suis confess\u00e9 et j&rsquo;ai communi\u00e9. Dans la matin\u00e9e, j&rsquo;ai vu passer avec Bebelle pr\u00e8s de Notre-Dame l&rsquo;enterrement du chef de la S\u00fbret\u00e9 tu\u00e9 par l&rsquo;affreux Bonnot, M. Jouin ; l&rsquo;Action fran\u00e7aise avait offert une couronne pour laquelle j&rsquo;ai souscrit. Nous sommes all\u00e9s d\u00e9jeuner chez nos cousins de Roig rue Portalis. L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous avons fait de nombreuses courses et commissions&nbsp;; je suis all\u00e9 boulevard de Courcelles prendre des nouvelles de M. de \u00c7agarriga qui va mieux, etc. Nous sommes partis \u00e0 10 heures 19 du quai d&rsquo;Orsay ; arriv\u00e9s \u00e0 Bordeaux ce matin \u00e0 7h3 apr\u00e8s une excellente nuit, nous avons rejoint au caf\u00e9 de Bordeaux Henry du Lac qui devait nous ramener au chalet en auto ; mais la voiture qui \u00e9tait chez le carrossier pour la reprendre n&rsquo;est pas pr\u00eate et nous ne pouvons pas partir&nbsp;; Henry nous en avertis par d\u00e9p\u00eache hier \u00e0 Paris, mais son t\u00e9l\u00e9gramme lui est revenu sans nous toucher&nbsp;; quoi qu\u2019il en soit, nous avons perdu beaucoup de temps en nous arr\u00eatant \u00e0 Bordeaux&nbsp;; nous ne pouvons repartir qu&rsquo;\u00e0 3h35 du soir et, au lieu d&rsquo;arriver \u00e0 Bazas \u00e0 9h26 comme nous l&rsquo;eussions fait sans notre arr\u00eat \u00e0 Bordeaux, nous n&rsquo;y arrivons qu&rsquo;\u00e0 5h54 du soir. Fran\u00e7ois, que j&rsquo;avais pr\u00e9venu par d\u00e9p\u00eache, nous y attendait avec son auto. Nous arrivons au chalet \u00e0 6h \u00bd environ. Les enfants vont bien et nous re\u00e7oivent avec des transports de joie. Nous avons pass\u00e9 \u00e0 Paris une agr\u00e9able semaine. Bebelle n&rsquo;y \u00e9tait pas all\u00e9e depuis 1906.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mai 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 5 mai 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mercredi 1<sup>er<\/sup> mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il para\u00eet qu&rsquo;il y a eu de fortes inondations en Roussillon ces jours-ci, surtout en Salanque, nos vignes sont inond\u00e9es ; je me demande si \u00e7a ne va pas compromettre la r\u00e9colte ; je suis tr\u00e8s inquiet. J&rsquo;y serai dans trois jours et je verrai ce qu&rsquo;il y aura \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 2 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Germaine n&rsquo;est pas tr\u00e8s bien portante&nbsp;; \u00e0 notre retour nous avons \u00e9t\u00e9 surpris de constater que ses l\u00e8vres \u00e9taient enfl\u00e9es ; hier et ce matin cette enflure n&rsquo;a fait qu&rsquo;augmenter et gagne les joues ; de plus, cette enfant pleure tout le temps et ne veut pas manger. Nous en sommes un peu inquiets. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e9tant all\u00e9 \u00e0 Casteljaloux pour voir o\u00f9 en est la r\u00e9paration de mon moteur, je laisse un mot au docteur Vital pour le prier de venir voir cette petite. Bach\u00e8res travaille \u00e0 mon moteur ; plusieurs pi\u00e8ces seront \u00e0 changer ; dans une dizaine de jours tout sera pr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 3 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le docteur est venu ce matin ; l&rsquo;\u0153il gauche de Germaine est compl\u00e8tement ferm\u00e9 et suppure. Le docteur dit qu&rsquo;elle a une conjonctivite purulente, mais ce n&rsquo;est pas grave. Il suffit de tenir l&rsquo;enfant \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;air et de la lumi\u00e8re chaudement et de lui laver tr\u00e8s fr\u00e9quemment les paupi\u00e8res avec de l&rsquo;eau boriqu\u00e9e ; 3 fois par jour mettre dans les yeux 3 gouttes d&rsquo;un collyre que le docteur m&rsquo;indique. Je vais chercher ces m\u00e9dicaments \u00e0 Casteljaloux ; j&rsquo;y vais avec la mobylette de Fran\u00e7ois, mais elle a une panne de magn\u00e9to et je suis oblig\u00e9 de la laisser chez Bach\u00e8res et de revenir \u00e0 bicyclette en p\u00e9dalant. Le traitement fait tout de suite du bien \u00e0 Germaine ; elle est plus contente et boit ses biberons. Je pourrai partir demain afin d&rsquo;\u00eatre \u00e0 Claira dimanche pour prendre part aux \u00e9lections municipales.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 4 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai quitt\u00e9 le chalet ce matin, la petite Germaine paraissant aller bien mieux&nbsp;; je suis parti avec Henri et Fran\u00e7ois en auto jusqu&rsquo;\u00e0 Montech&nbsp;; l\u00e0, apr\u00e8s avoir d\u00e9jeun\u00e9 chez Albert, je les ai laiss\u00e9s continuer sur la M\u00e9tairie Grande o\u00f9 ils vont et j&rsquo;ai pris le train \u00e0 la gare de Montbartier ; je suis arriv\u00e9 ici ce soir \u00e0 10 heures et j&rsquo;y couche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 5 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la messe, je suis all\u00e9 \u00e0 Claira o\u00f9 j&rsquo;ai vot\u00e9 pour la liste enti\u00e8re de M. Besombes, liste sur laquelle se trouvent deux membres du groupe d&rsquo;Action fran\u00e7aise de Claira\u00a0; je fais un peu de propagande pour cette liste qui est excellente, tr\u00e8s catholique et m\u00eame monarchiste, compos\u00e9e d&rsquo;hommes probes et s\u00e9rieux ; j&rsquo;ai la conviction qu&rsquo;elle sera \u00e9lue. Le soir, \u00e0 Perpignan je d\u00eene chez les Lazerme ; je vais au cin\u00e9ma Castillet. \u00c0 Claira, j&rsquo;ai fait le tour de toutes mes vignes sauf le Lloucati ; toutes mes vignes et une partie de celle de Papa ont \u00e9t\u00e9 envahies par l&rsquo;inondation qui y a laiss\u00e9 beaucoup de d\u00e9tritus, de broussailles, mais qui, fort heureusement, a peu ravin\u00e9 ; la couche d&rsquo;alluvions laiss\u00e9e par les eaux sera un grand avantage pour plusieurs causes ; cette ann\u00e9e, la r\u00e9colte s&rsquo;annonce tr\u00e8s belle, mais je redoute une invasion de mildiou \u00e0 cause de la grande humidit\u00e9 du sol ; il va falloir faire des traitements tr\u00e8s fr\u00e9quents et \u00e0 doses massives.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"644\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231-1024x644.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-704\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231-1024x644.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231-300x189.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231-768x483.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-145231.jpg 1276w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cin\u00e9ma Castillet \u00e0 Perpignan \u2013 Carte postale J. Fau, Perpignan, s.d. [ann\u00e9es 1910] (site picryl.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 6 au 12 mai 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 6 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je re\u00e7ois de bonnes nouvelles de Germaine. Je quitte Perpignan \u00e0 11 heures, apr\u00e8s avoir fait avec Maurice Roger des emplettes pour Claira au syndicat agricole ; j&rsquo;ach\u00e8te notamment une pompe pour bast, afin de pouvoir sulfater tr\u00e8s rapidement. Je vais \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 je d\u00e9jeune et vois M. Bouch\u00e8de&nbsp;; la maison de Vin\u00e7a est vide comme celles d&rsquo;Ille puisque Bonne Maman est encore \u00e0 Nice pour assez longtemps. Je viens ici en voiture et je m&rsquo;installe dans ma maison o\u00f9 nous allons tous rentrer dans quelques jours ; il me tarde bien ! \u00c0 Claira la liste Besombes, pour qui j\u2019ai vot\u00e9, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue en entier sauf 3 noms qui seront \u00e9lus dimanche prochain. Ces \u00e9lections municipales me font l&rsquo;effet de n&rsquo;avoir pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s mauvaises, au moins dans notre coin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 7 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je m&rsquo;occupe et fais des commissions dans Ille ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais voir Victor de Lacour qui est, comme moi, seul ici. Ensuite je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re&nbsp;; je vois l&rsquo;acqu\u00e9reur du champ de<em> Las Grabas<\/em>, le nomm\u00e9 Pierre Pratx. \u00c0 Bouletern\u00e8re, la liste r\u00e9publicaine et la liste conservatrice se sont suivies ou d\u00e9pass\u00e9es de 2 ou 3 voix ; il est bien regrettable que je n&rsquo;aie pas vot\u00e9 dimanche \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais inscrit aussi et o\u00f9 ma voix aurait \u00e9t\u00e9 bien plus utile qu&rsquo;\u00e0 Claira o\u00f9 notre liste a eu 20 voix de majorit\u00e9 ; \u00e0 Bouletern\u00e8re 3 conservateurs et 5 r\u00e9publicains sont \u00e9lus ; il y a 4 ballottages que nos amis esp\u00e8rent bien enlever dimanche prochain. Les vignes sont superbes. Je vais au Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 8 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a par le train de midi, je rentre \u00e0 Ille en voiture et m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Boule en passant. Je re\u00e7ois tous les jours de bonnes nouvelles de Bebelle et des enfants ; Germaine va bien. Le soir, Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 9 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Boule&nbsp;; je fais un peu de propagande pour que la liste conservatrice soit \u00e9lue dimanche. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je ne bouge pas. Depuis trois jours il fait une chaleur suffocante ; cette pr\u00e9coce explosion de chaleur surprend&nbsp;; le thermom\u00e8tre d\u00e9passe 30 degr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ombre. Ce soir je vais au mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 10 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis all\u00e9 \u00e0 Perpignan de 10 heures \u00e0 4 heures ; j&rsquo;ai d\u00e9jeun\u00e9 chez les Llobet. De retour \u00e0 Ille \u00e0 4 h, je viens \u00e0 Vin\u00e7a en voiture ; je passerai ici la journ\u00e9e de demain. Je vais au Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 11 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m&rsquo;occupe de la plantation par M. Bartre du nouveau petit jardinet de Bonne Maman&nbsp;; il fait, comme du reste depuis 4 jours, une chaleur torride ; je vais au grand jardin, vers le soir, prendre le frais. Je m&rsquo;occupe des affaires de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien. Ce soir je vais au Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Toulouse, dimanche 12 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je couche \u00e0 Toulouse \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel Terminus ; j&rsquo;ai quitt\u00e9 Vin\u00e7a ce matin apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 la messe de 8 heures o\u00f9 j&rsquo;ai communi\u00e9. Je suis all\u00e9 \u00e0 Claira o\u00f9 j&rsquo;ai vot\u00e9 pour les 3 candidats conservateurs rest\u00e9s en ballottage dimanche dernier, j&rsquo;y ai fait une tourn\u00e9e dans les vignes, je suis all\u00e9 \u00e0 v\u00eapres et je suis parti \u00e0 4 h pour Toulouse o\u00f9 je suis arriv\u00e9 \u00e0 11h22 du soir. Je couche \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel Terminus en face de la gare.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 13 au 19 mai 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 13 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe la matin\u00e9e \u00e0 Toulouse&nbsp;; je vois Emmanuel de Saint-Jean. Je pars par l&rsquo;express de 1h18 et j&rsquo;arrive \u00e0 5h45 du soir \u00e0 Casteljaloux o\u00f9 j&rsquo;esp\u00e9rais trouver l&rsquo;auto pr\u00eate \u00e0 prendre la route ; je me trompais, l&rsquo;auto n&rsquo;est pas pr\u00eate et je suis oblig\u00e9 de prendre une voiture pour rentrer au chalet. La petite Germaine est \u00e0 peu pr\u00e8s gu\u00e9rie de son ophtalmie et je compte que nous pourrons partir dans une huitaine de jours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;mardi 14 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Casteljaloux et je prends livraison de l&rsquo;auto ; le moteur a \u00e9t\u00e9 remont\u00e9, revu et resserr\u00e9 ; on a chang\u00e9 quelques pi\u00e8ces us\u00e9es ; bref, il est en tr\u00e8s bon \u00e9tat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;mercredi 15 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je reviens \u00e0 Casteljaloux tous ces jours-ci, avant d&rsquo;entreprendre un long voyage en auto, il faudra faire fr\u00e9quemment de petites sorties \u00e0 petite allure pour \u00ab roder \u00bb les pi\u00e8ces. Le matin, vient la procession du 3<sup>\u00e8me<\/sup> jour des Rogations&nbsp;; un petit reposoir a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 devant la porte ; je prie pour toutes nos r\u00e9coltes, celles d\u2019ici et surtout celles du Roussillon ! Nous suivons un moment la procession qui est bien simple.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, jeudi 16 mai 1912 (Ascension)<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Saint-Michel ; il pleut et nous ne pouvons pas aller \u00e0 v\u00eapres. On a enfin arr\u00eat\u00e9, ou plut\u00f4t \u00ab pris \u00bb de force et morts les compagnons de Bonnot, Garnier et Valet, dont on avait enfin retrouv\u00e9 la trace. Comme pour Bonnot, il a fallu faire un si\u00e8ge en r\u00e8gle et faire sauter leur repaire \u00e0 la m\u00e9linite ; ils ont lutt\u00e9 avec l&rsquo;\u00e9nergie du d\u00e9sespoir et ont fait plusieurs victimes ; quelle bande sinistre ils formaient !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;vendredi 17 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous passons l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 Casteljaloux o\u00f9 je fais donner le dernier coup de main \u00e0 l&rsquo;auto pour mettre le moteur tout \u00e0 fait en \u00e9tat ; je fais revoir les tiges des culbuteurs et celles des soupapes ; c&rsquo;est tr\u00e8s long et nous ne rentrons qu&rsquo;\u00e0 9h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;samedi 18 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons faire une petite promenade \u00e0 l&rsquo;\u00e9tang de Casteljaloux avec retour par Lartigue dans la charrette anglaise attel\u00e9e de la jument d&rsquo;Henry.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel,&nbsp;dimanche 19 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Lartigue. L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Bazas pour assister \u00e0 un meeting d&rsquo;aviation ; le premier et unique vol a lieu d\u00e8s notre arriv\u00e9e, le seul aviateur pr\u00e9sent est K\u00fchling<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a> sur un monoplan Bl\u00e9riot ; \u00e0 peine venait-il de d\u00e9coller qu&rsquo;il a d\u00fb atterrir pr\u00e9cipitamment, si pr\u00e9cipitamment que son appareil s&rsquo;est retourn\u00e9 et bris\u00e9 ; lui est indemne ; Henry, Fran\u00e7ois et moi arrivons les premiers aupr\u00e8s de K\u00fchling qui en a \u00e9t\u00e9 quitte pour la peur ; mais son appareil \u00e9tant bris\u00e9 le meeting est termin\u00e9 aussit\u00f4t. Au retour nous nous arr\u00eatons au ch\u00e2teau de Castelnau o\u00f9 nous voyons les Lamothe. Ce meeting aurait bien au profit de l&rsquo;aviation militaire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/kuhling-vol.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"647\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/kuhling-vol.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-705\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/kuhling-vol.jpg 1000w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/kuhling-vol-300x194.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/kuhling-vol-768x497.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vue d&rsquo;un d\u00e9collage de l&rsquo;aviateur Paul Louis Kuhling \u00e0 Clairac (Lot) en 1912 \u2013 Carte postale anonyme, 1912 (site amisdeclairac.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 20 au 26 mai 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 20 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous, dans les 2 autos, d\u00e9jeuner \u00e0 Cap Lisse chez notre nouveau cousin de La Barri\u00e8re<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>, \u00e0 36 kilom\u00e8tres d&rsquo;ici. L\u2019oncle Charles et Tante Genevi\u00e8ve de Llobet et Mimi y sont depuis quelques jours. Nous sommes de retour ici \u00e0 5h \u00bd environ. Les Llobet et les La Barri\u00e8re doivent venir ici mercredi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 21 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il pleut une bonne partie de la journ\u00e9e ; je pr\u00e9pare l&rsquo;auto en vue de notre voyage de jeudi, car nous partons jeudi pour Ille. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons en charrette anglaise visiter l&rsquo;\u00e9glise de Gouts, curieuse \u00e9glise fortifi\u00e9e, en pleine for\u00eat.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/LEglise_Saint-Clair_de_Gouts_47420_Allons.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"695\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/LEglise_Saint-Clair_de_Gouts_47420_Allons.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-706\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/LEglise_Saint-Clair_de_Gouts_47420_Allons.jpg 960w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/LEglise_Saint-Clair_de_Gouts_47420_Allons-300x217.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/LEglise_Saint-Clair_de_Gouts_47420_Allons-768x556.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Eglise Saint-Clair de Gouts (Lot-et-Garonne) \u2013 Vue actuelle (Wikip\u00e9dia)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mercredi 22 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Llobet et les La Barri\u00e8re viennent d\u00e9jeuner ici ; nous nous promenons ensemble ; il pleut une partie de la journ\u00e9e. Nous bouclons nos malles pour partir demain matin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Montech, jeudi 23 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 le chalet ce matin \u00e0 8h45 par la pluie ; notre intention \u00e9tait de d\u00e9jeuner ici et d&rsquo;aller coucher \u00e0 Limoux ou Quillan ; mais une fois \u00e0 Montech, il pleut tellement qu&rsquo;Albert et Marie insistent beaucoup pour nous faire rester jusqu&rsquo;\u00e0 demain matin ; nous acceptons et passons ici l&rsquo;apr\u00e8s-midi et la nuit. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi entre deux averses, nous allons nous promener en charrette anglaise ; Albert nous fait passer dans sa propri\u00e9t\u00e9 et son bois de ch\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 24 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons quitt\u00e9 Montech ce matin \u00e0 8h \u00bc et nous arrivons \u00e0 Ille \u00e0 5h \u00bd du soir, c&rsquo;est bien march\u00e9 ! Nous avons d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 Limoux o\u00f9 nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s, en tout, deux bonnes heures. Nous avons eu la pluie une bonne partie de la journ\u00e9e. Notre voyage s&rsquo;est admirablement effectu\u00e9&nbsp;: ni une panne ni une crevaison. Albert m&rsquo;a donn\u00e9 un chien \u00e9pagneul \u00ab Oscar \u00bb, nous le prenons avec nous en auto. Nous voici enfin de retour chez nous apr\u00e8s cinq mois d&rsquo;absence ; je m&rsquo;y retrouve avec satisfaction, nous y sommes pour 2 mois \u00bd environ.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 25 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira en auto ; je fais une tourn\u00e9e dans les vignes qui sont fort belles ; une attaque de mildiou la semaine derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e par une application \u00e9nergique de sulfate de cuivre en pulv\u00e9risations et par un poudrage ; ces jours-ci le vent du nord-ouest sec et frais qui ne cesse de souffler, favorise le vignoble ; la r\u00e9colte s&rsquo;annonce tr\u00e8s abondante ; Dieu veuille qu&rsquo;elle arrive \u00e0 bon port ! Au retour je m&rsquo;arr\u00eate un moment \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche de la Pentec\u00f4te 26 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je me confesse et communie ; nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 27 au 31 mai 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 27 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Vin\u00e7a en auto ; nous nous arr\u00eatons \u00e0 Boule au retour ; Bonne Maman arrivera probablement \u00e0 Vin\u00e7a cette semaine. Nous avons amen\u00e9 les enfants \u00e0 Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 28 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;on sulfate pour la 2<sup>\u00e8me<\/sup> fois la vigne de la Grande F\u00e8che ; cette vigne est tr\u00e8s belle pour le moment. Ce soir, nous allons au Mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 29 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais voir la vigne du Bouc que papa vient d&rsquo;agrandir en achetant une petite vigne contigu\u00eb. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je devais aller \u00e0 Boule exp\u00e9dier 2 barriques de vin, mais il pleut assez fort et je remets la chose \u00e0 demain matin. Nous allons au mois de Marie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 30 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Boule faire remplir et exp\u00e9dier deux barriques de vin. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais avec Bebelle \u00e0 Perpignan o\u00f9 nous faisons des commissions et des visites et o\u00f9 j\u2019assiste, au Panache, \u00e0 une r\u00e9union des chefs des sections de la campagne pour pr\u00e9parer une s\u00e9rie de manifestations d&rsquo;Action fran\u00e7aise qui auront lieu les 22, 23 et 24 juin ; on y cause beaucoup de la belle lettre du Roi au marquis de Kernier<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a> rendue publique hier. Un n\u00e9gociant me fait offrir le prix de 20 fr. l&rsquo;hecto pour ma r\u00e9colte future de Claira&nbsp;; je ne me d\u00e9cide pas, c&rsquo;est pr\u00e9matur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 31 mai 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Claira&nbsp;; je vais jusqu\u2019\u00e0 la vigne du Lloucati. Je visite une vigne qui est \u00e0 vendre et que l&rsquo;on me propose ; il est possible que je me d\u00e9cide \u00e0 l&rsquo;acheter parce qu&rsquo;elle est tr\u00e8s voisine des miennes, bien qu&rsquo;elle soit en assez mauvais \u00e9tat ; elle est situ\u00e9e entre la Cad\u00e8ne et la Griffaigne et d&rsquo;un acc\u00e8s facile. Si je l&rsquo;ach\u00e8te je vendrai le Lloucati dont le grand \u00e9loignement a beaucoup d&rsquo;inconv\u00e9nients&nbsp;; le Lloucati a 180 ares ; la vigne dont on me parle en a, dit-on, 240 (4 ayminates) ; malgr\u00e9 cette diff\u00e9rence de superficie, je crois que je gagnerais \u00e0 l&rsquo;\u00e9change.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juin 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 2 juin 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 1<sup>er<\/sup> juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait mauvais temps, presque froid. Maman m&rsquo;\u00e9crit de Biarritz et m&rsquo;annonce la mort de notre tante de Roig<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a> ; en la voyant, il y a un mois, si pleine de vie et si bien conserv\u00e9e malgr\u00e9 ses 88 ans, je ne croyais pas notre tante si pr\u00e8s de sa fin. J&rsquo;envoie un t\u00e9l\u00e9gramme mes condol\u00e9ances \u00e0 nos cousins Charles de Roig.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 2 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous levons \u00e0 trois heures et \u00e0 quatre heures, avant le lever du soleil, nous partons en voiture (avec le break de Vin\u00e7a) pour le c\u00e9l\u00e8bre ermitage de la Trinit\u00e9 o\u00f9 il y aura aujourd&rsquo;hui grande affluence de p\u00e8lerins. Nous y arrivons \u00e0 7h20 ; c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je vais \u00e0 la Trinit\u00e9 ; nous visitons la curieuse chapelle, sans grand m\u00e9rite architectural mais extr\u00eamement ancienne\u00a0; les retables sont assez beaux ; il y a surtout un Christ tr\u00e8s remarquable du XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Nous montons aux ruines du ch\u00e2teau de Belpuig ras\u00e9 par ordre de Louis XIV, d&rsquo;o\u00f9 la vue est tr\u00e8s belle ; nous assistons ensuite \u00e0 la grand&rsquo;messe dans la chapelle ; nous d\u00e9jeunons et repartons \u00e0 midi \u00bc ; nous sommes ici \u00e0 2h \u00bd ; je vais \u00e0 v\u00eapres.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/p4270504-copie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"601\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/p4270504-copie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-707\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/p4270504-copie.jpg 800w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/p4270504-copie-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/p4270504-copie-768x577.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Ch\u00e2teau de Belpuig (commune de Prunet-et-Belpuig, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales) \u2013 Vue actuelle, photographie \u00ab\u00a0La photo de treize heures\u00a0\u00bb (site laphotodetreizeheures.wordpress.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 3 au 9 juin 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 3 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons voir Madame Rivi\u00e8re qui a perdu son fils il y a quelques jours ; il pleut encore une partie de la journ\u00e9e ; il pleut presque tous les jours, ce qui est tr\u00e8s mauvais pour les vignes, surtout en ce moment. <em>L&rsquo;\u00c9clair<\/em> de Montpellier contient une bien triste nouvelle ; le chanoine Piton, mon ancien cur\u00e9 de Saint-Serge, d&rsquo;Angers, a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s probablement assassin\u00e9 ; on est venu le chercher la nuit, pour porter les Sacrements \u00e0 un malade disait-on ; il a suivi confiant, et n\u2019a plus reparu. Le lendemain matin on a retrouv\u00e9 son missel et une manche de soutane dans un quartier \u00e9loign\u00e9 ; dans la nuit, les vicaires inquiets se mirent \u00e0 sa recherche et ne le trouvant pas, pr\u00e9vinrent la police ; sa chambre \u00e9tait cambriol\u00e9e. Le bon cur\u00e9 a \u00e9t\u00e9 probablement attir\u00e9 dans un guet-apens et assassin\u00e9. Cette triste nouvelle me fait beaucoup de peine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 4 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira en voiture pour voir les vignes ; le temps tr\u00e8s pluvieux m&rsquo;inqui\u00e8te, je redoute le mildiou ; on commence aujourd&rsquo;hui le 4<sup>e<\/sup> sulfatage, je fais exp\u00e9rimenter un nouveau jet de lance pour les pulv\u00e9risateurs. Bebelle et les enfants viennent \u00e0 Claira avec moi&nbsp;; au retour nous nous arr\u00eatons un moment \u00e0 Perpignan. On n&rsquo;a aucune trace du cur\u00e9 de Saint-Serge et on croit de plus en plus \u00e0 l&rsquo;assassinat&nbsp;; comme ancien paroissien du chanoine Piton, j\u2019envoie un mot de sympathie au premier vicaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 5 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas d&rsquo;ici. On n&rsquo;a pas encore retrouv\u00e9 le corps du cur\u00e9 de St Serge ; comme c&rsquo;est triste !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 6 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a en auto le matin, pour signer la vente du champ de <em>Las Grabas <\/em>\u00e0 Bouletern\u00e8re, \u00e0 M. Pierre Pratx ; j\u2019ai vendu ce champ 1600 frs. ; avec le prix de ce champ et le prix de la Balme, je compte acheter une partie de la m\u00e9tairie de ma tante Civelli \u00e0 Ille. Je reviens \u00e0 Vin\u00e7a dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi avec Bebelle et Tony pour chercher une cl\u00e9 que je crois y avoir perdue le matin et que je ne retrouve pas. Je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Boule o\u00f9 l&rsquo;on poudre la vigne de la Grande F\u00e8che ; c&rsquo;est bien n\u00e9cessaire, car le mildiou menace beaucoup. Ce matin, j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 la messe de 7 heures. <em>L&rsquo;\u00c9clair<\/em> de ce matin contenait une bonne nouvelle qui m\u2019avait caus\u00e9 une grande joie : l&rsquo;abb\u00e9 Piton, raconte ce journal, s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 au chef de la S\u00fbret\u00e9 de Lyon et lui a racont\u00e9 que samedi soir \u00e0 Angers, au moment o\u00f9 il allait visiter un malade de sa paroisse, il a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 dans un guet-apens, ligott\u00e9, laiss\u00e9 dans une prairie \u00e0 la garde de 3 individus une partie de la nuit, pendant que d&rsquo;autres qui lui avaient vol\u00e9 ses cl\u00e9s devaient cambrioler sa demeure, puis repris par la bande au complet, encapuchonn\u00e9 dans un fichu, hiss\u00e9 dans une auto qui avait fil\u00e9 \u00e0 toute vitesse, et enfin apr\u00e8s un tr\u00e8s long voyage et quelques arr\u00eats, d\u00e9pos\u00e9 au milieu de la nuit dans une ville qu&rsquo;il avait reconnue \u00eatre Lyon. L\u00e0, le jour venu, il s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 dans une maison eccl\u00e9siastique dite \u00ab&nbsp;Les Chartreux&nbsp;\u00bb et il attendait l&rsquo;arriv\u00e9e de son vicaire d&rsquo;Angers \u00e0 qui il avait t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 et qui devait lui apporter des v\u00eatements eccl\u00e9siastiques, pour regagner Angers avec lui. Tel \u00e9tait le r\u00e9cit du chanoine Piton et le t\u00e9l\u00e9gramme de Lyon qui le racontait ne le mettait pas en doute. Enchant\u00e9 de savoir que mon ancien cur\u00e9, pour qui j&rsquo;avais beaucoup de sympathie, \u00e9tait sauv\u00e9, je lui ai envoy\u00e9 aussit\u00f4t un petit mot de f\u00e9licitations et de sympathie. Mais je le regrette beaucoup maintenant. En effet, les journaux de ce soir publient un second t\u00e9l\u00e9gramme de Lyon disant que le chanoine Piton, ayant \u00e9t\u00e9 mis par le chef de la S\u00fbret\u00e9 lyonnaise en pr\u00e9sence d&rsquo;un sac trouv\u00e9 en ville et qui paraissait devoir lui appartenir, le chanoine a d&rsquo;abord ni\u00e9, puis a reconnu que ce sac lui appartenait, enfin, press\u00e9 de questions, a avou\u00e9 que son r\u00e9cit du matin n\u2019\u00e9tait qu&rsquo;une fable et a alors racont\u00e9 que la disparition, la mise en sc\u00e8ne de la chambre cambriol\u00e9e, tout cela \u00e9tait son \u0153uvre. Il a voulu faire croire qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 vol\u00e9 parce que, d\u00e9tenteur d&rsquo;une somme de 50.000 francs appartenant au Grand S\u00e9minaire d&rsquo;Angers, il avait jou\u00e9 \u00e0 la bourse avec cet argent et avait perdu, sur le point d&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9 de rembourser il s&rsquo;\u00e9tait affol\u00e9 et, pour cacher sa culpabilit\u00e9, avait imagin\u00e9 l&rsquo;histoire d&rsquo;un enl\u00e8vement, d&rsquo;un vol etc., bref tout ce qu&rsquo;il a fait depuis quatre ou cinq jours ; il est all\u00e9 d&rsquo;Angers \u00e0 Paris, puis de Paris \u00e0 Lyon tout simplement en chemin de fer, d\u00e9guis\u00e9 en la\u00efc et muni d&rsquo;une perruque et d&rsquo;une fausse barbe ; cette fausse barbe a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e dans le sac abandonn\u00e9, ainsi que divers objets, notamment un crucifix et du linge. L\u2019abb\u00e9 Piton n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 pour le moment parce qu&rsquo;aucune plainte n&rsquo;est d\u00e9pos\u00e9e contre lui ; il va repartir pour Angers o\u00f9 il sera tenu \u00e0 la disposition du Parquet. En lisant ce r\u00e9cit, j&rsquo;\u00e9prouve un douloureux \u00e9tonnement. Ainsi, ce pr\u00eatre qui paraissait distingu\u00e9 et si z\u00e9l\u00e9, ce cur\u00e9 qui avait \u00e9t\u00e9 mon pasteur pendant plusieurs ann\u00e9es et pour qui j&rsquo;avais tant de sympathie, n&rsquo;\u00e9tait qu\u2019un fumiste, un homme ind\u00e9licat, une sorte d&rsquo;escroc ! Ce qui est encore pire, il a menti effront\u00e9ment et risquait de faire arr\u00eater et condamner des innocents ! Quelle d\u00e9solation ont d\u00fb \u00e9prouver ses paroissiens qui l&rsquo;estimaient et l&rsquo;aimaient ! Quelle joie pour les ennemis de l&rsquo;\u00c9glise ! Quelle tristesse pour les bons Catholiques ! En un mot quel scandale ! Combien je regrette le mot de sympathie que je lui ai \u00e9crit ce matin ; mais qui ne s&rsquo;y serait tromp\u00e9 ? L&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Angers tout le premier s&rsquo;y est tromp\u00e9, lui qui dimanche \u00e0 Saint-Serge, croyant l\u2019abb\u00e9 Piton assassin\u00e9, pronon\u00e7ait de ce pr\u00eatre un vibrant et \u00e9loquent \u00e9loge ! Mais aussi, combien ce malheureux cur\u00e9 a \u00e9t\u00e9 sot et na\u00eff ; comment pouvait-il supposer, apr\u00e8s tant d&rsquo;autres histoires de ce genre qui avaient \u00e9chou\u00e9, que lui r\u00e9ussirait ? Puisqu&rsquo;il avait eu la coupable faiblesse de gaspiller l&rsquo;argent qui lui \u00e9tait confi\u00e9, il devait avoir le courage de tout confesser \u00e0 son \u00e9v\u00eaque. Pour \u00e9viter un scandale qui risque de faire tant de mal, Mgr Rumeau aurait trouv\u00e9 le moyen d&rsquo;arranger la chose ; certainement on aurait pu, \u00e0 Angers, trouver la somme n\u00e9cessaire pour boucher le trou ; le cur\u00e9, au bout de quelque temps, aurait \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la retraite pour raison de sant\u00e9, et un grand scandale aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9. Comment l&rsquo;abb\u00e9 Piton, que je croyais intelligent, n&rsquo;a-t-il pas compris qu&rsquo;il fallait agir ainsi&nbsp;! Ce scandale m&rsquo;attriste profond\u00e9ment&nbsp;; je me reporte par la pens\u00e9e \u00e0 quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re, je me vois aux r\u00e9unions de la conf\u00e9rence paroissiale de Saint-Vincent-de-Paul aux c\u00f4t\u00e9s du cur\u00e9 de Saint-Serge ; qui, alors, aurait suppos\u00e9 que ce pr\u00eatre si bon, si affable, si v\u00e9n\u00e9rable, finirait ainsi ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 7 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Boule, \u00e0 la Grande F\u00e8che ; il y a un peu de mildiou dans cette vigne, il faut t\u00e2cher de l&rsquo;enrayer, ce qui n&rsquo;est pas facile \u00e0 cause du mauvais temps. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Perpignan en auto, avec Bebelle pour diff\u00e9rentes courses et commissions ; un courtier en vins me fait une offre \u00e0 21 frs. sur souche. Nous voyons l&rsquo;oncle Charles de Llobet, l&rsquo;oncle Xavier qui est \u00e0 Perpignan et viendra dimanche. Tout le monde parle de l&rsquo;affaire du cur\u00e9 de Saint-Serge qui a fait un bruit \u00e9norme dans la presse comme il fallait s&rsquo;y attendre. Les journaux sont pleins de nouveaux et tristes d\u00e9tails sur cette lamentable aventure o\u00f9 sombre l&rsquo;honneur d&rsquo;un pr\u00eatre que je v\u00e9n\u00e9rais et croyais irr\u00e9prochable. Le matin \u00e0 l&rsquo;occasion du premier vendredi du mois, j&rsquo;assiste \u00e0 la messe de 7 heures et fais la sainte communion.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 8 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bonne Maman rentre aujourd&rsquo;hui de Nice o\u00f9 elle \u00e9tait depuis le milieu de mai ; N\u00e9nette l&rsquo;accompagne ; Tante Josepha va aller passer quelque temps \u00e0 Lausanne o\u00f9 elle suivra un traitement pour t\u00e2cher de gu\u00e9rir compl\u00e8tement son ent\u00e9rite. Nous allons les voir passer \u00e0 la gare \u00e0 midi, et l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Vin\u00e7a en auto avec les enfants ; nous les voyons plus longuement.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 9 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe, \u00e0 v\u00eapres et \u00e0 la procession du Tr\u00e8s-Saint-Sacrement. Nous organisons un reposoir dans la maison de mes parents ; dimanche prochain, nous en ferons un chez nous. Je crois devoir prendre part \u00e0 la procession un flambeau \u00e0 la main ; ce n&rsquo;est pas pour le cur\u00e9 que je le fais, il ne le m\u00e9rite pas n&rsquo;ayant pas fait \u00e0 mes parents les excuses qu&rsquo;il leur doit depuis un an, c&rsquo;est pour le Bon Dieu ; tout le monde le comprend ainsi. L&rsquo;oncle Xavier vient passer la journ\u00e9e ici ; il arrive \u00e0 9h et repart \u00e0 7h du soir ; il passe avec nous la plus grande partie de la journ\u00e9e.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 10 au 16 juin 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 10 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re en auto voir la Grande F\u00e8che o\u00f9 il y a un peu de mildiou ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous nous promenons et faisons 2 visites ; le soir, Mois du Sacr\u00e9-C\u0153ur<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 16 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[\u2026] je vais en auto \u00e0 Perpignan pour assister au Panache \u00e0 une r\u00e9union ayant pour but d&rsquo;arr\u00eater le programme des conf\u00e9rences, banquets etc. des 22, 23 et 24 mai. Je suis de retour avant midi. N\u00e9nette vient passer la journ\u00e9e avec nous. Nous \u00e9difions ensemble un fort joli reposoir dans notre entr\u00e9e et nous avons l&rsquo;honneur d&rsquo;y recevoir la b\u00e9n\u00e9diction du Tr\u00e8s-Saint-Sacrement quand la procession s&rsquo;y arr\u00eate. Comme dimanche dernier, je prends part \u00e0 la procession.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 17 au 23 juin 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 17 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi nous nous promenons Bebelle, Tony et moi, du c\u00f4t\u00e9 de R\u00e9gleilles ; il commence \u00e0 faire s\u00e9rieusement chaud.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 18 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons passer la journ\u00e9e \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 l&rsquo;on chante la grand&rsquo;messe de Saint Antoine qui n&rsquo;a pu \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9e jeudi ; nous assistons bien entendu \u00e0 cette messe dite pour la famille&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons en auto \u00e0 Finestret voir le cur\u00e9 M. Badrignans ; nous allons voir la jolie cascade du Lentilla ; N\u00e9nette vient avec nous. Nous rentrons \u00e0 Ille vers 6h \u00bd ; le soir nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Mois du Sacr\u00e9-C\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 19 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9nette vient passer la journ\u00e9e avec nous ; elle arrive par le train de 9 heures. L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons ensemble \u00e0 Perpignan en auto ; nous emmenons les enfants parce que la petite Germaine dont la conjonctivite n&rsquo;est pas finie, doit aller chez le Dr Espinaze, oculiste&nbsp;; en arrivant, nous la menons chez ce m\u00e9decin. Ensuite, je laisse \u00e0 Perpignan N\u00e9nette et Bebelle qui voient leurs amies et vont au tennis, et je vais \u00e0 Claira. Le carignan de la Cad\u00e8ne et le Lloucati subissent une assez forte attaque de mildiou qui s&rsquo;\u00e9tend m\u00eame \u00e0 la grappe. J&rsquo;en suis cependant, pour ces vignes, au cinqui\u00e8me sulfatage ; je les fais poudrer pour la 3<sup>e<\/sup> fois avec la poudre Chefdebien&nbsp;; je ne sais si je r\u00e9ussirai \u00e0 enrayer cette attaque. Le temps a encore chang\u00e9 ; au vent frais a succ\u00e9d\u00e9 un temps brumeux et chaud, c&rsquo;est ce qui nous vaut ce mildiou. D\u00e9cid\u00e9ment la r\u00e9colte ne sera pas aussi forte qu&rsquo;on l&rsquo;avait annonc\u00e9 ; et pr\u00e8s de 3 mois nous s\u00e9parent encore des vendanges ! Nous sommes de retour \u00e0 Ille \u00e0 7h45 ; N\u00e9nette repart pour Vin\u00e7a par le dernier train de 8h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 20 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais voir les vignes de Boule ; elles sont belles ; il n&rsquo;y a pas de mildiou. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je ne bouge pas ; je fais un grand nettoyage, avec du p\u00e9trole, du moteur de l&rsquo;auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 21 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas d&rsquo;ici. Le soir nous allons \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise et nous nous promenons ensuite sur la route de Prades. L&rsquo;\u00e9t\u00e9 officiel commence aujourd&rsquo;hui ; on s&rsquo;en aper\u00e7oit !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, samedi 22 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons accompagn\u00e9 les enfants \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 Bonne Maman les gardera 2 jours. Bonne Maman se pr\u00e9pare \u00e0 recevoir chez elle le colonel et plusieurs officiers du 80<sup>e<\/sup> de ligne de Narbonne qui passe 2 jours \u00e0 Vin\u00e7a. Nous allons \u00e0 Perpignan ; dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Claira ; le mildiou est \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat latent dans beaucoup de vignes. Nous d\u00eenons et couchons chez les Llobet&nbsp;; le soir nous assistons, \u00e0 la salle des \u0152uvres, \u00e0 une s\u00e9ance donn\u00e9e par les jeunes filles royalistes et qui comporte deux sayn\u00e8tes : \u00ab&nbsp;La joie fait peur&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;La Cigale chez les Fourmis&nbsp;\u00bb&nbsp;; les Massia, Desp\u00e9ramons, jouent dans ces deux pi\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, dimanche 23 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 11 heures, messe pour le Roi \u00e0 la chapelle du Christ. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, \u00e0 la salle des \u0152uvres, grande conf\u00e9rence ; discours de Vaugeois, Maxime R\u00e9al del Sarte, Mass\u00e9, Desp\u00e9ramons, Rohain ; la salle est comble. \u00c0 l&rsquo;issue de la r\u00e9union, la b\u00e9n\u00e9diction du Tr\u00e8s-Saint-Sacrement est donn\u00e9e dans la chapelle attenante \u00e0 la salle. Le soir nous assistons au banquet chez Gadel ; nous sommes une centaine. Apr\u00e8s d\u00eener, on va prendre le caf\u00e9 \u00e0 la salle des \u0152uvres.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 24 au 30 juin 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 24 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Journ\u00e9e bien remplie ! Elle a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e par Vaugeois et R\u00e9al del Sarte, accompagn\u00e9s de M. Bertran, de Mass\u00e9, de M. Miquel, de Triqu\u00e9ra et de moi, \u00e0 la visite des sections dans les campagnes ; j&rsquo;ai mis mon auto \u00e0 leur disposition, M. Cambres, maire de Th\u00e9za, leur a pr\u00eat\u00e9 aussi la sienne. Nous partons de Perpignan \u00e0 9 heures ; je prends dans ma voiture MM. Vaugeois et Bertran ; nous nous arr\u00eatons un moment \u00e0 Ille o\u00f9 ces messieurs visitent la cath\u00e9drale et le clo\u00eetre, \u00e0 Saint-Andr\u00e9 o\u00f9 nous voyons, chez M. Bocamy, plusieurs ligueurs d&rsquo;Action fran\u00e7aise ; nous prenons avec nous Lammerville et nous allons d\u00e9jeuner \u00e0 Port-Vendres. Au retour, arr\u00eats \u00e0 Collioure, \u00e0 Corneilla chez les Jonqu\u00e8res et \u00e0 Th\u00e9za chez M. Cambres ; nous n&rsquo;arrivons \u00e0 Perpignan qu&rsquo;\u00e0 4 heures. Cette apr\u00e8s-midi, ces messieurs doivent aller \u00e0 Rivesaltes et dans la Salanque ; je ne peux pas, \u00e0 mon grand regret, les y accompagner \u00e9tant oblig\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e0 Vin\u00e7a ce soir pour assister au d\u00eener que Bonne Maman offre aux officiers qui sont ses h\u00f4tes. Nous quittons donc Perpignan \u00e0 4h \u00bd en auto et sommes \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 6h \u00bd, apr\u00e8s une crevaison et un arr\u00eat \u00e0 Ille. \u00c0 Ille le 53<sup>e<\/sup> d&rsquo;infanterie a fait \u00e9tape aujourd&rsquo;hui ; ici nous trouvons le 80<sup>e<\/sup> qui y est depuis dimanche, chez Bonne Maman il y a le colonel de Voillemont, le lieutenant-colonel Olive, un capitaine, et le drapeau du r\u00e9giment. Ces messieurs sont charmants ; le colonel a connu l&rsquo;oncle Xavier \u00e0 Saint-Mihiel. La population de Vin\u00e7a a fait le meilleur accueil \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e ; on a dress\u00e9 des arcs de triomphe etc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 25 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me suis lev\u00e9 de tr\u00e8s grand matin, \u00e0 3 heures, pour saluer les officiers et les faire d\u00e9jeuner avant leur d\u00e9part de Vin\u00e7a \u00e0 4 heures. Moins de 2h apr\u00e8s, le 53<sup>e<\/sup> de ligne, venu d&rsquo;Ille, traversait Vin\u00e7a musique en t\u00eate ; les deux r\u00e9giments vont au col de la Perche pour des tirs de guerre et des man\u0153uvres. Nous avons, \u00e0 Vin\u00e7a, la visite de l&rsquo;oncle Lucien Delestrac qui vient d\u00e9jeuner ; il arrive \u00e0 9h \u00bd et repart \u00e0 1h10 ; il verra demain matin Maman qui est \u00e0 Paris chez les Delestrac pour 4 ou 5 jours ; je l&rsquo;accompagne \u00e0 la gare o\u00f9 il monte dans le wagon direct de Vernet \u00e0 Paris. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, N\u00e9nette, Bebelle et moi allons \u00e0 Nossa nous baigner ; nous rentrons \u00e0 Ille en auto \u00e0 6 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 26 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons nous promener, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, \u00e0 la m\u00e9tairie Saint-Martin. Le soir nous allons un moment chez les demoiselles Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 27 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait chaud ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons nous promener \u00e0 R\u00e9gleilles ; nous voyons des p\u00eachers couverts de fruits dans le jardin Sol\u00e8re ; je voudrais bien que mes p\u00eachers de Boule fussent aussi beaux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 28 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, j&rsquo;ai fait examiner Bebelle par le Docteur Pons ; depuis 2 mois environ, nous nous doutons qu&rsquo;il y avait du nouveau comme on dit en pareil cas ; depuis ce matin, cette id\u00e9e s&rsquo;est transform\u00e9e en certitude ; nous sommes s\u00fbrs maintenant qu&rsquo;un 3<sup>\u00e8me<\/sup> b\u00e9b\u00e9 est en chantier ; il na\u00eetra fin d\u00e9cembre ou commencement janvier ; souhaitons que Bebelle ne soit pas plus malade que pour Tony et Germaine. Voil\u00e0 un sujet de pr\u00e9occupation pour moi ; une nouvelle charge en perspective ; la famille augmente, prions Dieu d&rsquo;augmenter aussi les ressources ; on dit que Dieu prot\u00e8ge d&rsquo;une fa\u00e7on sp\u00e9ciale les familles nombreuses ; j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;Il continuera \u00e0 prot\u00e9ger la mienne. En tout cas, en donnant \u00e0 la France de nombreux enfants, j&rsquo;ai conscience de remplir toute mon devoir envers Dieu, envers ma famille et envers ma Patrie ; c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;essentiel, \u00ab&nbsp;Fais ce que dois advienne que pourra&nbsp;\u00bb ! L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Vin\u00e7a avec les enfants.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 29 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai visit\u00e9 aujourd&rsquo;hui toutes mes vignes, toutes celles de Bouletern\u00e8re le matin et toutes celles de Claira le soir&nbsp;; je suis m\u00eame all\u00e9 2 fois \u00e0 Boule le matin&nbsp;; elles sont belles, la r\u00e9colte est abondante mais partout, du moins dans les carignans, j&rsquo;ai trouv\u00e9 le mildiou et le rot-brun ; jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, \u00e0 force de traitements j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 l&rsquo;enrayer, mais r\u00e9ussirai-je jusqu&rsquo;au bout ? \u00c0 Claira, on a d\u00e9j\u00e0 fait six sulfatages, 4 poudrages cupriques et 2 soufrages ; les poudrages cupriques ont fait le plus grand bien. Ces traitements sont tr\u00e8s co\u00fbteux mais ils sont n\u00e9cessaires ; des voisins qui les ont n\u00e9glig\u00e9s ont leurs vignes absolument ravag\u00e9es ! Bebelle et les enfants reviennent \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 30 juin 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 nous laissons les enfants, nous prenons N\u00e9nette en passant et allons avec elle, en auto, \u00e0 Vernet-les-Bains ; cette station est encore \u00e0 peu pr\u00e8s d\u00e9serte ; nous y restons environ 2 heures et rentrons ; nous d\u00eenons \u00e0 Vin\u00e7a.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Juillet 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 7 juillet 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 1<sup>er<\/sup> juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons avec les enfants \u00e0 la vigne du Bouc. Hier 2<sup>\u00e8me<\/sup> centenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, le gouvernement avait organis\u00e9 une f\u00eate au Panth\u00e9on en l&rsquo;honneur du proph\u00e8te, du p\u00e8re des id\u00e9es de 89 ; elle a \u00e9t\u00e9 rat\u00e9e ; \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Panth\u00e9on des banquettes vides, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur une vive manifestation de la jeunesse des \u00c9coles conduite par l&rsquo;Action fran\u00e7aise, contre Rousseau et contre le gouvernement ; Falli\u00e8res et les ministres, venus presque en cachette par terreur des camelots du Roi, sont partis en fuyant sous les sifflets et les hu\u00e9es de la jeunesse ; il y a eu plus de 100 arrestations. En somme belle journ\u00e9e pour la cause de l&rsquo;ordre, de la tradition et de la Patrie ! Quant au m\u00e9t\u00e8que, quant au triste personnage que la r\u00e9publique voulait f\u00eater, il est pass\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan, ses id\u00e9es tombent, heureusement, dans l&rsquo;oubli ; les ministres eux-m\u00eames qui ont d\u00fb, par habitude et par m\u00e9tier, par position, le d\u00e9fendre \u00e0 la tribune de la Chambre et du S\u00e9nat il y a quelques jours, l&rsquo;ont d\u00e9fendu assez mollement et non sans de nombreuses restrictions ; de m\u00eame dans la presse, m\u00eame dans celle de gauche, le culte de ce \u00ab&nbsp;Saint&nbsp;\u00bb du calendrier r\u00e9volutionnaire s&rsquo;en va, signe certain que les id\u00e9es de 89 sont fortement en baisse ; les faits d\u00e9molissent une \u00e0 une les nu\u00e9es absurdes qui ont fait, durant plus d&rsquo;un si\u00e8cle, tant de mal \u00e0 la France. Puisse leur r\u00e8gne finir \u00e0 tout jamais !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille,&nbsp;mardi 2 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman ont lou\u00e9 la villa \u00e0 partir du 6 juillet ; ils vont donc rentrer ici incessamment. Le matin je vais \u00e0 Boule en auto, je visite la vigne de la Grande F\u00e8che ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi je me prom\u00e8ne avec Bebelle du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Michel. Ce matin nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 9 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille,&nbsp;mercredi 3 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Perpignan en auto, je vois plusieurs courtiers en vins ; on me fait des propositions \u00e0 25 frs. ; j&rsquo;examine les conditions d\u2019enl\u00e8vement, d\u2019acompte etc. ; si elles sont accept\u00e9es, je vendrai mille hectos \u00e0 ce prix.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Font-Romeu, ermitage, jeudi 4 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me voici pour deux jours \u00e0 Font-Romeu en retraite ; c&rsquo;est une retraite ferm\u00e9e, nous sommes plus de 40 messieurs install\u00e9s dans l&rsquo;ermitage ; la retraite est pr\u00each\u00e9e par le P. Eyraud&nbsp;; l\u2019ouverture a lieu ce soir ; elle para\u00eet devoir \u00eatre int\u00e9ressante et surtout utile ; malheureusement, je ne pourrai pas la suivre jusqu&rsquo;\u00e0 la fin puisque je dois rentrer \u00e0 Ille avant dimanche \u00e0 cause du passage de troupes de ces jours-ci. J&rsquo;arrive ici, avec les autres retraitants, par le train qui part d\u2019Ille \u00e0 11h32 ; nous avons un wagon sp\u00e9cial ; nous montons dans le chemin de fer \u00e9lectrique et allons \u00e0 pied de la station d&rsquo;Odeillo \u00e0 l&rsquo;ermitage. Parmi les retraitants, il y a Lucien Darru, Henri Bertran de Balanda (fils de M. Jean Bertran), M. Colomer, M. Taillade, M. Cambres, MM. Barr\u00e8re p\u00e8re et fils etc.&nbsp;; nous sommes plus de 40.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/img-1-small580.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"378\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/img-1-small580.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-713\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/img-1-small580.png 580w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/img-1-small580-300x196.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le p\u00e9lerinage \u00e0 l&rsquo;ermitage de Font-Romeu \u2013 Carte postale anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1900] (Mus\u00e9e de Cerdagne, fonds Giron\u00e8s)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Font-Romeu, ermitage, vendredi 5 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lever \u00e0 5h \u00bd. 1<sup>\u00e8re<\/sup> instruction, messe, temps libre, 2<sup>\u00e8me<\/sup> instruction, m\u00e9ditation etc. ; \u00e0 la messe je fais la sainte communion. Les instructions sont profondes et obligent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur l&rsquo;\u00e2me, ses destin\u00e9es, les moyens de la sauver&nbsp;; de temps en temps ces retours sur soi-m\u00eame sont n\u00e9cessaires ; ce sont de vraies cures d\u2019\u00e2me ; il faut remercier Dieu de m\u2019avoir donn\u00e9 cette grande gr\u00e2ce. Le temps est tr\u00e8s beau et l&rsquo;air frais et pur \u00e0 cette hauteur de pr\u00e8s de 1800 m\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille,&nbsp;samedi 6 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;assiste \u00e0 la messe et aux toutes deux premi\u00e8res instructions de la journ\u00e9e \u00e0 Font-Romeu, je communie. Je quitte Font-Romeu vers 10h du matin dans l&rsquo;auto de M. Cambres qui me m\u00e8ne \u00e0 la gare de Mont-Louis et j&rsquo;arrive ici \u00e0 11h \u00bd ; le 53<sup>e<\/sup> de ligne est \u00e0 Ille aujourd&rsquo;hui ; le soir il y a musique et retraite, mais nous n&rsquo;avons personne \u00e0 loger aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille,&nbsp;dimanche 7 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 80<sup>e<\/sup> de ligne arrive \u00e0 Ille \u00e0 9h \u00bd ; le matin \u00e0 7 heures on vient nous annoncer que nous logerons le colonel et le lieutenant-colonel et nous nous h\u00e2tons de compl\u00e9ter leur installation. Ces messieurs arrivent pendant que nous sommes \u00e0 la grand&rsquo;messe ; on am\u00e8ne le drapeau et on place un factionnaire \u00e0 la porte. Ce sont le colonel de Woillemont et le lieutenant-colonel Olive que j&rsquo;avais vus \u00e0 Vin\u00e7a il y a 15 jours. Nous les invitons \u00e0 d\u00eener ce soir. N\u00e9nette et Bonne Maman viennent dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi ; nous gardons N\u00e9nette jusqu&rsquo;\u00e0 demain. Le d\u00eener se passe fort bien ; ces messieurs se retirent dans leurs chambres \u00e0 10h \u00bd ; ils sont vraiment charmants et nous nous d\u00e9couvrons beaucoup de relations communes surtout avec le colonel qui conna\u00eet l&rsquo;oncle Xavier, les Padirac, les Villelume \u00e0 Angers.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 8 au 14 juillet 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 8 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le colonel et lieutenant-colonel se l\u00e8vent \u00e0 2 heures ; nous aussi ; nous leur servons \u00e0 d\u00e9jeuner et ils partent \u00e0 3 heures avec le r\u00e9giment qui va aujourd&rsquo;hui d&rsquo;Ille \u00e0 Perpignan&nbsp;; apr\u00e8s leur d\u00e9part nous nous recouchons et nous nous levons \u00e0 six heures. Je vais, avec Bebelle et N\u00e9nette, \u00e0 Perpignan et Claira en auto ; nous rencontrons le 80<sup>e<\/sup> aux portes de Perpignan et assistons \u00e0 son entr\u00e9e en ville et \u00e0 une revue aux Platanes. Bebelle reste \u00e0 Perpignan et je vais \u00e0 Claira avec N\u00e9nette. Je parcours les vignes qui sont superbes&nbsp;; la r\u00e9colte s&rsquo;annonce tr\u00e8s belle, je suis vraiment favoris\u00e9 et j&rsquo;en remercie le Bon Dieu. Je suis en pourparlers pour la vente sur souches d&rsquo;une partie de ma r\u00e9colte, mais la chose n&rsquo;est pas encore abouti. Nous rentrons \u00e0 Ille \u00e0 1h \u00bd. Nous sommes un peu fatigu\u00e9s, ayant dormi \u00e0 peine 4 heures cette nuit.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 9 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a un an aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;inoubliable banquet de Villeclare ; quelle belle manifestation royaliste ce fut ! Ma tante Augustine de Llobet arrive ici pour 4 jours ; je vais l&rsquo;attendre \u00e0 la gare ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous nous promenons ensemble.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 10 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bonne Maman et N\u00e9nette viennent d\u00e9jeuner et passer avec nous une partie de la journ\u00e9e. Papa et Maman vont rentrer tr\u00e8s prochainement \u00e0 Ille ; les travaux \u00e0 la villa sont termin\u00e9s ; celle-ci est lou\u00e9e et occup\u00e9e depuis samedi par les locataires. Nous allons \u00e0 la neuvaine de Notre-Dame du Carmel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 11 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignann je vois plusieurs courtiers et je me d\u00e9cide \u00e0 vendre mille hectos sur souches \u00e0 24 francs \u00e0 la maison Fourriques. J&rsquo;aurais bien voulu arriver \u00e0 25 francs, mais cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible ; on me donnait bien 25 frs. il y a 3 ou 4 jours mais en garantissant 9\u00b0 ou au moins 8 \u00bd et en acceptant, dans le cas o\u00f9 le vin p\u00e8serait moins, une r\u00e9duction proportionnelle&nbsp;; en sorte que si le vin avait \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieur d&rsquo;un \u00bd degr\u00e9, par exemple, \u00e0 8 \u00bd, j&rsquo;aurais subi une r\u00e9duction de plus de 1,50 ; et s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieur d&rsquo;un degr\u00e9, la r\u00e9duction e\u00fbt \u00e9t\u00e9 de plus de 3 francs ; au lieu de vendre 25 frs., j\u2019aurais, en r\u00e9alit\u00e9, vendu \u00e0 23,50 ou m\u00eame \u00e0 22 frs. \u00e0 peine ; cette clause cachait un trompe-l&rsquo;\u0153il. J&rsquo;aime mieux vendre \u00e0 24 francs, sans garantie de degr\u00e9 ; de plus le vin sera enlev\u00e9 sur marc et pay\u00e9 tout de suite ; ce sont d&rsquo;excellentes conditions qui valent bien 1 frs. par hecto. Maintenant il faut souhaiter que les cours montent encore pour mieux vendre le reste. J&rsquo;ai eu raison de ne pas accepter les offres de 20 frs. qui m&rsquo;\u00e9taient faites en mai. J&rsquo;assiste \u00e0 une r\u00e9union du comit\u00e9 royaliste, ayant pour but d&rsquo;organiser sur des bases plus s\u00fbres le budget du <em>Roussillon<\/em> qui [est] en d\u00e9ficit chronique ; c&rsquo;est d\u00e9solant et c&rsquo;est difficile \u00e0 organiser ; il faut toujours faire de nouveaux sacrifices. Je rentre \u00e0 Ille vers 8h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 12 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Papa et Maman rentreront demain. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous faisons une petite promenade en auto avec Tante Augustine, nous allons \u00e0 Corb\u00e8re et Bouletern\u00e8re ; Tante Augustine repart ce soir, nous l&rsquo;accompagnons \u00e0 la gare \u00e0 6h21, ou plut\u00f4t, comme on \u00e9crit depuis quelques jours, \u00e0 18 heures 21&nbsp;; le soir nous allons \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Carmel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 13 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais attendre Papa et Maman \u00e0 la gare, il y a 3 mois que je ne les avais vus. Ils ont fait bon voyage. Papa n&rsquo;est pas encore enti\u00e8rement remis de sa furonculose. Ils ont bien des choses \u00e0 nous raconter. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, visite en voiture de Bonne Maman et de N\u00e9nette. Je vais \u00e0 Boule avec Bebelle en profitant de la voiture, nous revenons \u00e0 pied.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 14 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe. Aujourd&rsquo;hui encore la Gueuse c\u00e9l\u00e8bre sa f\u00eate, f\u00eate bien choisie puisqu\u2019elle comm\u00e9more la trahison, le massacre, la r\u00e9volte, le m\u00e9pris de la parole donn\u00e9e ; c&rsquo;est tout ce qui convient \u00e0 la r\u00e9publique. Pour fuir cette insupportable journ\u00e9e nous allons en voiture, avec N\u00e9nette, passer l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 Vernet-les-Bains, apr\u00e8s avoir d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; nous d\u00eenons \u00e0 Vernet et rentrons \u00e0 Ille \u00e0 pr\u00e8s de minuit ; nous sommes oblig\u00e9s de rentrer \u00e0 Ille en voiture car nous avons manqu\u00e9 le train de retour.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 15 au 21 juillet 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 15 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe \u00e0 7 heures,&nbsp;en l&rsquo;honneur de la Saint Henri nous allons souhaiter la f\u00eate \u00e0 Papa avec les enfants, nous d\u00e9jeunons chez mes parents ; N\u00e9nette arrive par le train de 10 heures ; elle vient passer quelques jours avec nous pendant que Bonne Maman est \u00e0 Lourdes o\u00f9 elle va rejoindre Tante Josepha qui arrive de Lausanne ; elles arriveront toutes deux \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 la fin de la semaine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 16 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je souffre d&rsquo;une fluxion \u00e0 la m\u00e2choire inf\u00e9rieure, \u00e0 gauche ; cela me g\u00eane beaucoup, je ne sais comment manger. Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du soir \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise du Carmel. Je ne sors presque pas \u00e0 cause de ma fluxion.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 17 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons un peu, le temps est tr\u00e8s chaud. Visites \u00e0 M. et Mme de Rolland et \u00e0 Mme Amade.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 18 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan par le train de 1h25 (l&rsquo;auto ne marche pas, il y a une pi\u00e8ce \u00e0 changer) ; j&rsquo;assiste \u00e0 une r\u00e9union, au Panache, pour le journal <em>Le Roussillon<\/em> ; j&rsquo;ai trouv\u00e9 depuis 8 jours pour 60 francs de souscriptions nouvelles ; quelques autres en ont trouv\u00e9 aussi&nbsp;; certains r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 obtenus, mais il reste beaucoup \u00e0 faire. Je rentre \u00e0 8h \u00bd du soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 19 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous nous promenons du c\u00f4t\u00e9 du Bouc. Je souffre toujours de ma fluxion, j&rsquo;ai beaucoup de peine \u00e0 manger&nbsp;; il faut que je me d\u00e9cide \u00e0 me faire arracher la dent cause de tout le mal.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 20 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 11h \u00bd \u00e0 la gare attendre Yvonne Delestrac qui vient passer quelques jours ici et \u00e0 Vin\u00e7a ; ses parents l&rsquo;ont embarqu\u00e9e hier soir \u00e0 7h au quai d&rsquo;Orsay dans le wagon direct de Vernet-les-Bains et elle est arriv\u00e9e ici sans descendre de son wagon ; \u00e0 la gare nous voyons Marie de Rovira qui va \u00e0 Nyer&nbsp;; elle nous invite \u00e0 aller y passer la journ\u00e9e un de ces jours. L&rsquo;apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Perpignan entre 2 trains me faire arracher la dent cause de ma fluxion ; je suis de retour \u00e0 4 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 21 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dent arrach\u00e9e ou plut\u00f4t la gencive a saign\u00e9 toute la nuit et la fluxion n&rsquo;a pas diminu\u00e9 ; je vais voir le docteur qui me donne un m\u00e9dicament pour arr\u00eater l&rsquo;h\u00e9morragie. La fluxion me g\u00eane beaucoup, la joue gauche est tr\u00e8s enfl\u00e9e. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais cependant \u00e0 Perpignan par le train de 1h25 avec Bebelle et Yvonne&nbsp;; nous allons \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Jean&nbsp;; nous faisons plusieurs visites, notamment chez la famille de Marliave&nbsp;; nous allons au tennis et sommes de retour \u00e0 Ille par le dernier train du soir.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 25 au 28 juillet 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 25 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je reprends mon journal interrompu pendant trois jours, trois jours peu agr\u00e9ables pour moi ; lundi et mardi surtout j\u2019ai beaucoup souffert. Ma fluxion, loin de diminuer apr\u00e8s l\u2019enl\u00e8vement de la dent, est devenue un phlegmon qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 sous la m\u00e2choire gauche, ma joue gauche est devenue \u00e9norme, je ne pouvais plus faire un mouvement de m\u00e2choire et ne pouvais avaler que des liquides ; j\u2019\u00e9prouvais la plus grande difficult\u00e9 \u00e0 parler m\u00eame ; le Dr Pons, qui venait me voir 2 fois par jour, a cru qu\u2019il serait oblig\u00e9 d\u2019ouvrir ce phlegmon ; Dieu merci, il s\u2019est vid\u00e9 de lui-m\u00eame par l\u2019ouverture de la dent enlev\u00e9e \u00e0 partir d\u2019hier matin et, depuis lors, l\u2019enflure diminue progressivement et a presque compl\u00e8tement disparu aujourd\u2019hui ; lundi et mardi, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 un affreux malaise accompagn\u00e9 de fi\u00e8vre ; j\u2019ai pass\u00e9 trois nuits atroces presque sans sommeil ; dans la nuit de lundi \u00e0 mardi, je n\u2019ai pas dormi du tout. J\u2019ai soign\u00e9 ce phlegmon par des applications de compresses tr\u00e8s chaudes, par des gargarismes antiseptiques tr\u00e8s chauds aussi et par de la pommade au collargol ; il a m\u00fbri vite puisqu\u2019il s\u2019est vid\u00e9 hier. J\u2019avais fait une promesse \u00e0 Saint Antoine s\u2019il se crevait de lui-m\u00eame sans intervention chirurgicale et je suis bien heureux d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9. La pauvre Bebelle a eu beaucoup de travail, jour et nuit, pour me soigner ; elle a d\u00fb se lever plusieurs fois chaque nuit. Enfin tout est bien qui finit bien ; je n\u2019ai plus maintenant que quelques pr\u00e9cautions \u00e0 prendre et ce sera fini. Cette maladie nous prive d\u2019une agr\u00e9able r\u00e9union ; nous \u00e9tions invit\u00e9s \u00e0 aller aujourd\u2019hui \u00e0 Nyer, chez les Rovira, avec Yvonne Delestrac, N\u00e9nette, les Lazerme et les La Croix ; j\u2019aurais voulu que Bebelle y all\u00e2t sans moi, mais elle n\u2019a pas voulu me laisser. Je regrette cette r\u00e9union.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 26 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais de mieux en mieux ; je sors un peu pour aller chez mes parents, nous y d\u00e9jeunons avec Yvonne Delestrac et avec Bonne Maman, Tante Josepha, N\u00e9nette, venues de Vin\u00e7a en voiture ; je n\u2019avais pas vu Tante Josepha depuis Nice au moment de la mort de l\u2019oncle Paul, elle est encore bien fatigu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 27 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons avec Yvonne. J\u2019apprends qu\u2019hier, en rentrant \u00e0 Vin\u00e7a, il a failli arriver un grave accident \u00e0 Bonne Maman, Tante Josepha et N\u00e9nette ; une roue du break s\u2019est d\u00e9tach\u00e9e et la caisse de la voiture est tomb\u00e9 \u00e0 terre avec ces dames, la jument s\u2019est abattue ; finalement, personne n\u2019a eu de mal Dieu merci, mais tout le monde s\u2019est effray\u00e9 ; pareille chose nous \u00e9tait arriv\u00e9e avec la m\u00eame voiture, pr\u00e8s de Neffiach, il y a 8 ou 10 ans<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 28 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 29 au 31 juillet 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 29 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira faire un tour dans les vignes ; je pars par le 1<sup>er<\/sup> train du matin et rentre ici \u00e0 4 heures ; les vignes sont tr\u00e8s belles gr\u00e2ce aux tr\u00e8s nombreux traitements faits. Hier ont eu lieu \u00e0 Denain de belles f\u00eates pour le bi-centenaire de la grande victoire de Villars qui sauva la France ; aucun ministre n\u2019avait daign\u00e9 se d\u00e9ranger, c\u2019est \u00e0 peine s\u2019ils s\u2019y \u00e9taient fait repr\u00e9senter ; et dire que pour inaugurer le moindre groupe scolaire tous les ministres se mobilisent ; mais pour f\u00eater une grande victoire de la Monarchie, cela ne vaut pas l\u2019honneur d\u2019un d\u00e9placement minist\u00e9riel ; mais pourquoi r\u00e9criminer, les grands souvenirs de l\u2019histoire de France se suffisent \u00e0 eux-m\u00eames et n\u2019ont pas besoin des ministres r\u00e9publicains !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 30 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re avec le train, je rentre p\u00e9destrement ; j\u2019ai vu les vignes qui sont tr\u00e8s belles et j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 tous les comptes avec Joseph Jacomy.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 31 juillet 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons passer la journ\u00e9e \u00e0 Vin\u00e7a ; Bebelle et les enfants partent vendredi pour la Borie Grande ; ils font leurs adieux, pour 2 mois, \u00e0 Bonne Maman, Tante Josepha et N\u00e9nette ; moi, je ne partirai que mardi, peut-\u00eatre lundi&nbsp;; je reviendrai \u00e0 Vin\u00e7a dimanche.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ao\u00fbt 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 4 ao\u00fbt 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous faisons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part ; le soir je me prom\u00e8ne un peu avec Bebelle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 2 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais la sainte communion pour gagner l\u2019indulgence de la Portioncule. Nous achevons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part ; l\u2019oncle Gabriel de Llobet vient d\u00e9jeuner avec nous. Bebelle et les enfants partent pour la Borie Grande par le train de 1h \u00bd ; je les rejoindrai lundi ou mardi. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi je me prom\u00e8ne avec l\u2019oncle Gabriel, il repart \u00e0 4h, ou plut\u00f4t \u00e0 5h20 pour Perpignan car le train a une heure 20 de retard ; je devais aller \u00e0 Perpignan par le m\u00eame train pour faire quelques commissions et en ramener l\u2019auto, mais \u00e0 cause de ce retard, j\u2019y renonce. Je m\u2019installe chez mes parents pour trois jours.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 3 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aujourd\u2019hui la f\u00eate paroissiale d\u2019Ille ; je vais \u00e0 la messe de 8h \u00bd&nbsp;; ensuite je vais \u00e0 Perpignan d\u2019o\u00f9 je ram\u00e8ne l\u2019auto&nbsp;; l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 v\u00eapres et \u00e0 la procession. De 5h \u00e0 7h, je vais en auto avec Yvonne et Maman \u00e0 Corneilla voir les d\u2019Ax et \u00e0 Laferri\u00e8re voir les Barescut. On annonce presque officiellement qu\u2019une convention navale, qui compl\u00e8te fort utilement le trait\u00e9 d\u2019alliance et la convention militaire, vient d\u2019\u00eatre conclue entre la France et la Russie ; je me r\u00e9jouis grandement de cette nouvelle qui prouve la vitalit\u00e9 de l\u2019alliance franco-russe qui doit \u00eatre notre sauvegarde contre l\u2019ogre germanique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 4 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a o\u00f9 je passe la partie de la journ\u00e9e, pour assister \u00e0 une r\u00e9union du bureau de Saint-S\u00e9bastien \u00e0 l\u2019occasion du recouvrement des cotisations ; je d\u00e9jeune \u00e0 Vin\u00e7a et j\u2019assiste, \u00e0 Vin\u00e7a, \u00e0 la grand\u2019messe et \u00e0 v\u00eapres. Je fais mes adieux, pour quelques jours, Bonne Maman, Tante Josepha et N\u00e9nette.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 5 au 11 ao\u00fbt 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 5 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin \u00e0 Ille, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre occup\u00e9 de diff\u00e9rentes choses (fait rentrer des sarments apport\u00e9s d\u2019Claira etc.), je suis parti \u00e0 11 heures 10 en auto et suis pass\u00e9 par Perpignan, Narbonne, Saint-Chinian, Saint-Pons ; je suis arriv\u00e9 ici \u00e0 4h \u00bd. L\u2019auto a march\u00e9 parfaitement bien. En passant pr\u00e8s d\u2019Aureilhes, je m\u2019y suis arr\u00eat\u00e9, mais Gaston n\u2019y \u00e9tait pas. Nous allons voir nos cousins d\u2019Auxilhon.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 6 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mauvais temps presque froid ; on se croirait \u00e0 la fin d\u2019octobre ; l\u2019\u00e9t\u00e9 de 1912 ne ressemble pas \u00e0 celui de 1911 ! Je lis un ouvrage, r\u00e9cemment paru, de M. Gabriel de Bla\u00ff sur sa tante Coraly de Ga\u00efx (1801-1847) ; c\u2019est un recueil de lettres de cette derni\u00e8re&nbsp;; cet ouvrage m&rsquo;int\u00e9resse parce qu&rsquo;il fait revivre une soci\u00e9t\u00e9 aujourd&rsquo;hui disparue, et surtout un genre de vie que l&rsquo;on ne conna\u00eet plus&nbsp;; beaucoup de ces lettres sont adress\u00e9es \u00e0 Mlle \u00c9lise de Raynaud, arri\u00e8re-grand-m\u00e8re de Bebelle, qui habitait Saint-Pons et qui \u00e9pousa le vicomte de Chefdebien, de Narbonne ; sa fille Gabrielle de Chefdebien, \u00e0 qui sont adress\u00e9es quelques-unes des lettres de Coraly de Ga\u00efx, est la grand-m\u00e8re maternelle de Bebelle&nbsp;; elle est devenue Mme Joseph de Llobet, je l&rsquo;ai beaucoup connue, elle est morte \u00e0 Vin\u00e7a en 1903<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a> ; mes parents ont connu la vicomtesse de Chefdebien, n\u00e9e \u00c9lise de Raynaud. Toutes les correspondantes de Coraly de Ga\u00efx appartenaient \u00e0 l\u2019aristocratie de la r\u00e9gion situ\u00e9e entre Castres et Saint-Pons ; comme cette \u00e9poque, si rapproch\u00e9e, para\u00eet cependant loin de nous ! Ce livre est intitul\u00e9 : <em>Une vie inconnue d\u2019Eug\u00e9nie de Gu\u00e9rin, Coraly de Ga\u00efx. Correspondance et \u0152uvres publi\u00e9es avec notes et portrait par le baron de Blay de Ga\u00efx. Introduction par Armand Praviel. Lettre pr\u00e9face de Jules Lemaitre de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise<\/em> \u00bb (Paris, Honor\u00e9 Champion \u00e9diteur 1912).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 7 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait absolument froid ; l\u2019apr\u00e8s-midi nous allons voir les Saint-Martin et De Pous \u00e0 la Ribeaute. Dans le livre du colonel de Blay, il est souvent question d\u2019un Paul de Raynaud, fr\u00e8re de la bisa\u00efeule de Bebelle et d\u2019un vicomte Auguste de Raynaud de la Salvetat, son cousin germain qui fut garde du corps de Louis XVIII et dont le portrait est ici, dans le salon ; ce livre m&rsquo;int\u00e9resse beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 8 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons la visite des d&rsquo;Auxilhon, de M. de St-Martin et de Madame et Mlle de Pous<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Il fait moins froid qu&rsquo;hier ; le temps s\u2019am\u00e9liore. Je vais \u00e0 Saint-Amans pour envoyer un t\u00e9l\u00e9gramme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 9 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin nous allons nous promener du c\u00f4t\u00e9 de la halte et du moulin. Je partirai demain pour Casteljaloux et le chalet Saint-Michel ; je laisserai l\u2019auto \u00e0 Bach\u00e8re pour achever la r\u00e9paration du moteur qu\u2019il a assez mal faite au mois de mai ; si cette r\u00e9paration ne doit pas durer trop longtemps je resterai l\u00e0-bas ; si \u00e7a doit \u00eatre long, je reviendrai ici et retournerai ensuite prendre la voiture \u00e0 Casteljaloux.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Montech, samedi 10 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au lieu de rouler ce soir au chalet comme je le projetais, je suis oblig\u00e9 de coucher \u00e0 Montech ; j\u2019ai eu beaucoup de malheurs de route pendant le trajet et je ne peux pas, aujourd\u2019hui, d\u00e9passer Montech. Parti ce matin \u00e0 8h environ de la Borie Grande, j&rsquo;ai crev\u00e9 2 fois et \u00e9clat\u00e9 2 fois en route ; de plus, j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 un accident d&rsquo;auto (une auto qui s&rsquo;est jet\u00e9e contre la barri\u00e8re d&rsquo;un passage \u00e0 niveau), je suis m\u00eame all\u00e9 chercher un m\u00e9decin pour panser une petite fille qui a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e au visage par les \u00e9clats de verre du pare-brise qui a \u00e9t\u00e9 cass\u00e9. Au dernier \u00e9clatement, pr\u00e8s d\u2019Orgueil, je n\u2019avais plus de chambre de rechange et je n\u2019avais pas de cric, Dominique ayant fait la grosse b\u00eatise d\u2019oublier mon cric sur la route, je ne pouvais donc plus avancer et j\u2019ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 Albert qui est venu \u00e0 mon secours avec une voiture lou\u00e9e \u00e0 Montauban ; et voil\u00e0 comment je n\u2019ai pu arriver qu\u2019\u00e0 Montech ; depuis que j\u2019ai l\u2019auto je n\u2019avais jamais \u00e9prouv\u00e9 une pareille malchance ! J&rsquo;ai recul\u00e9 pour rechercher le cric, mais je ne l&rsquo;ai pas trouv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, dimanche 11 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai pass\u00e9 la matin\u00e9e et je suis all\u00e9 \u00e0 la messe \u00e0 Montech ; je suis all\u00e9 aussi avec Albert et son cousin le comte de la Hitte<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a> visiter les vignes de ce dernier tout pr\u00e8s de Montech ; ce n\u2019est pas le m\u00eame genre de culture qu\u2019en Roussillon. Je quitte Montech en auto \u00e0 2h25 et j\u2019arrive sans incidents \u00e0 Casteljaloux \u00e0 5h \u00be. Je laisse l\u2019auto chez Bach\u00e8re et je vais au chalet avec la voiture attel\u00e9e de Corbeau ; j\u2019avais t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 au r\u00e9gisseur de venir m\u2019attendre \u00e0 Casteljaloux&nbsp;; je couche ici.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 12 au 18 ao\u00fbt 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 12 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parti du chalet \u00e0 6h 1\/2 en voiture, j\u2019arrive ce matin Auch\u00e8re ; il ne pourra me livrer la voiture que mardi, Auch\u00e8re trouvant que ce long s\u00e9jour au chalet manquerait d\u2019armes, je rentre \u00e0 la Borie grande ; je quitte Casteljaloux par le train de 8h 11 avec un billet d\u2019aller et retour et suis ici \u00e0 4h 9m par le car de 4 heures. Enfin je repartirai pour la Gironde, passerai la journ\u00e9e de demain \u00e0 Royan et rentrerai lundi au chalet ; si la voiture est r\u00e9ellement arrang\u00e9e, je repartirai mardi prochain 20 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 13 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Temps affreux, nous devions aller aujourd&rsquo;hui \u00e0 la Salvetat, nous remettons la partie \u00e0 plus tard. M. Poincar\u00e9, pr\u00e9sident du Conseil, est \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, il y est re\u00e7u avec la plus grande cordialit\u00e9 et \u00e0 tous les jours d\u2019importantes entrevues avec l\u2019Empereur Nicolas et avec les ministres russes&nbsp;; l\u2019alliance franco-russe para\u00eet plus solide que jamais, surtout renforc\u00e9e par l\u2019entente avec l\u2019Angleterre ; notre situation diplomatique est donc excellente, mais cela durera-t-il ? Avec le r\u00e9gime essentiellement instable qu\u2019est la r\u00e9publique, on ne peut pas tabler sur l\u2019avenir ; d\u2019ailleurs la r\u00e9publique, qui n\u2019a pas su jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent tirer parti de l\u2019alliance russe, sera-t-elle plus habile d\u00e9sormais&nbsp;? Il est, h\u00e9las, permis d\u2019en douter.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 14 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, j\u2019ai fait avec Henry une promenade en auto sur la Montagne Noire pour essayer sa nouvelle voiturette 8 chevaux, <em>\u00ab&nbsp;Stabilia&nbsp;\u00bb <\/em>; elle se comporte bien. L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons nous confesser \u00e0 Albine.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 15 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 8 heures la sainte communion \u00e0 Albine, Bebelle, Lolotte et moi ; nous allons \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Albine, \u00e0 v\u00eapres et \u00e0 la procession \u00e0 Sauveterre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Royan, samedi 17 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas de journal hier soir parce que je roulais en chemin de fer. Nous avons fait hier, dans les deux autos de ma belle-m\u00e8re et d\u2019Henry, une superbe excursion en montagne ; nous sommes all\u00e9s \u00e0 la Salvetat, avons d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 Lacaune, avons pouss\u00e9 ensuite \u00e0 Roche-Seyzi\u00e8re \u00e0 la limite de l\u2019Aveyron, d\u2019o\u00f9 l\u2019on a une vue magnifique sur ce d\u00e9partement, et \u00e9tions de retour \u00e0 la M\u00e9tairie grande \u00e0 7h \u00bc. J&rsquo;en suis reparti, ou plut\u00f4t suis parti de Saint-Amans par l\u2019express de 9h32 et suis arriv\u00e9 \u00e0 Royan ce matin \u00e0 9h \u00bd. Je passerai 48 heures ici ; je d\u00e9sirais depuis longtemps conna\u00eetre Royan. Je passe la journ\u00e9e \u00e0 visiter Royan et Saint-Georges. Royan est une fort belle station tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante (un peu moins \u00e9l\u00e9gante et luxueuse que Biarritz) ; la mer n\u2019y est pas aussi belle qu&rsquo;\u00e0 Biarritz ; on est \u00e0 l\u2019estuaire de la Gironde, on n\u2019y jouit pas de la pleine mer comme \u00e0 Biarritz. Je rencontre des gens de connaissance, notamment nos cousins les Edmond de Bla\u00ff. Le soir, je vais voir jouer au casino <em>Madame Butterfly<\/em>, une pi\u00e8ce qui vaut surtout par la mise en sc\u00e8ne et les d\u00e9cors japonais. Chose amusante&nbsp;: la pi\u00e8ce est assez path\u00e9tique et, vers la fin, tout le monde pleurait autour de moi ; on n\u2019entendait que sanglots \u00e9touff\u00e9s et m\u00eame avou\u00e9s&nbsp;!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"750\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes-1024x750.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-714\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes-1024x750.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes-300x220.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes-768x563.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes-1536x1125.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cretes.jpg 1736w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vue du sentier des cr\u00eates \u00e0 Laval-Roquecezi\u00e8re (Aveyron) \u2013 Vue actuelle (site tourisme-aveyron.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Royan, dimanche 18 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis all\u00e9 \u00e0 la messe de 8 heures, puis j\u2019ai employ\u00e9 la matin\u00e9e \u00e0 visiter Pontaillac, j\u2019ai pouss\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la Grande-C\u00f4te, ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 est tr\u00e8s joli. L\u2019apr\u00e8s-midi apr\u00e8s m\u2019\u00eatre promen\u00e9 dans Royan, j\u2019ai profit\u00e9 d\u2019une excursion en mer organis\u00e9e par la Compagnie Bordeaux-Oc\u00e9an et j\u2019ai fait une jolie promenade en mer de 3 heures\u00a0; notre vapeur a travers\u00e9 le tr\u00e8s large estuaire de la Gironde, nous sommes pass\u00e9s devant la pointe de Grave o\u00f9 l\u2019on voit de tr\u00e8s int\u00e9ressants travaux de d\u00e9fense contre l\u2019envahissement de la mer qui est, dans ce pays, un si redoutable fl\u00e9au et nous avons pouss\u00e9 jusque devant Soulac sur la c\u00f4te du d\u00e9partement de la Gironde ; Soulac est une petite station battue par les temp\u00eates du large\u00a0; nous n\u2019y avons pas abord\u00e9 et sommes rentr\u00e9s \u00e0 Royan \u00e0 cinq heures \u00bd ; beaucoup de personnes \u00e9taient malades \u00e0 bord car ce petit bateau secouait beaucoup, j\u2019ai tenu bon. Le soir, je vais un moment au casino, j\u2019y rencontre les Edmond de Bla\u00ff.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8.webp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"864\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8-1024x864.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-715\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8-1024x864.webp 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8-300x253.webp 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8-768x648.webp 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/s-l1600-8.webp 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vue de Royan et Pontaillac \u2013 Photographie anonyme, 1910 (Site ebay.fr)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 19 au 25 ao\u00fbt 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, lundi 19 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai quitt\u00e9 Royan ce matin par bateau&nbsp;; au lieu de faire le trajet Royan-Bordeaux en chemin de fer, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le faire en bateau en remontant la Gironde ; parti de Royan \u00e0 8 heures, notre vapeur \u00e9tait \u00e0 Bordeaux \u00e0 1h \u00bc. Ce trajet en bateau est charmant ; la Gironde, jusqu\u2019\u00e0 Pauillac et m\u00eame plus haut, est un v\u00e9ritable bras de mer, elle atteint 12 kilom\u00e8tres de largeur ; malheureusement, il a plu pendant la plus grande partie du trajet. Je repars de Bordeaux \u00e0 2 heures et suis \u00e0 Casteljaloux \u00e0 5h 45 ; l\u00e0 une mauvaise surprise m\u2019attendait. Je croyais trouver la voiture pr\u00eate, coucher au chalet et rentrer demain soir \u00e0 la Borie Grande en auto. Mais Bach\u00e8re s\u2019est retard\u00e9 et a n\u00e9glig\u00e9 de m\u2019en pr\u00e9venir ; le moteur n\u2019est pas remont\u00e9 et ne le sera pas avant 4 jours. Je suis tr\u00e8s contrari\u00e9 ; si j\u2019avais pr\u00e9vu cela, je ne serais parti que 4 jours plus tard de la Borie Grande. Mais je suis bien forc\u00e9 de m\u2019incliner ! J\u2019envoie chercher Maubaret qui vient me prendre en voiture et me ram\u00e8ne au chalet. Puisque j\u2019ai 4 jours \u00e0 perdre, je d\u00e9cide d\u2019aller en passer un \u00e0 Biarritz pour voir la villa Sainte-C\u00e9cile dans toute sa splendeur ; nous sommes ici tout pr\u00e8s de Biarritz. Je partirai mercredi et passerai la journ\u00e9e de jeudi \u00e0 Biarritz ; j\u2019y retrouverai les Jamme qui y ont lou\u00e9, pour le mois d\u2019ao\u00fbt, la villa Alma sur la C\u00f4te des Basques.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/estuaire-gironde-5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/estuaire-gironde-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-716\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/estuaire-gironde-5.jpg 512w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/estuaire-gironde-5-300x191.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bateau effectuant la travers\u00e9e de l&rsquo;estuaire de la Gironde depuis Royan \u2013 Carte postale anonyme, s.d. [ann\u00e9es 1910] (site vinylmaniaque.com)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, mardi 20 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la matin\u00e9e je me repose ; ce n\u2019\u00e9tait pas sans besoin apr\u00e8s 3 jours pass\u00e9s \u00e0 courir. L\u2019apr\u00e8s-midi je fais avec Maubaret une longue tourn\u00e9e dans la propri\u00e9t\u00e9, elle est en bon \u00e9tat ; les pins poussent bien, les jeunes semis ont bien pris ; nous faisons au moins 8 kilom\u00e8tres dans le sol sablonneux des pignadas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, mercredi 21 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour occuper mon temps pendant que Bach\u00e8re tripote l\u2019auto, je suis venu passer un jour \u00e0 Biarritz ; parti ce matin \u00e0 9 heures de la station de Tourneuve pr\u00e8s de Cap-Chicot, je suis arriv\u00e9 ce soir \u00e0 16h39 \u00e0 Biarritz Ville ; je descends \u00e0 l\u2019H\u00f4tel du Louvre parce qu\u2019il n\u2019y a pas de place \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de l\u2019Europe ; je me mets \u00e0 la recherche d\u2019Henry et de Germaine ; je les rencontre enfin du c\u00f4t\u00e9 du Palais. Je me prom\u00e8ne sur la plage ; je d\u00eene chez les Jamme \u00e0 leur chalet Alma sur la C\u00f4te des Basques ; apr\u00e8s d\u00eener, je vais un moment au casino.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Biarritz, jeudi 22 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la matin\u00e9e, je me prom\u00e8ne au rocher de la Vierge et sur la plage ; je prends un bain de mer, je d\u00e9jeune et d\u00eene chez les Jamme. L\u2019apr\u00e8s-midi, je vais visiter la villa Sainte-C\u00e9cile que j\u2019avais laiss\u00e9e, en avril, pleine d\u2019ouvriers ; les r\u00e9parations sont achev\u00e9es depuis six semaines et la villa est lou\u00e9e ; je m\u2019entends avec la concierge pour l\u2019heure de la visite ; la villa est bien chang\u00e9e \u00e0 son avantage ; la salle \u00e0 manger agrandie est superbe ; le petit boudoir, les v\u00e9randas agrandies, toutes les tapisseries chang\u00e9es, la plus grande partie du mobilier rafra\u00eechie et mise \u00e0 neuf, la fa\u00e7ade sur la mer bien am\u00e9lior\u00e9e, enfin le jardin plus que doubl\u00e9 ; tout cela est superbe ; la villa est maintenant en excellent \u00e9tat. Ce soir, je vais avec les Jamme au music-hall du casino municipal. J\u2019ai rencontr\u00e9 beaucoup de gens de connaissance : les De Lalande et De La Croix, Mme d\u2019Hestreux etc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, vendredi 23 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai quitt\u00e9 Biarritz ce matin par le train de 9h33 et je suis arriv\u00e9 \u00e0 13h39 \u00e0 Casteljaloux ; Bach\u00e8re n\u2019a pas encore remont\u00e9 le moteur et je doute fort de partir demain ; je reviendrai demain matin. Je vais coucher au chalet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Chalet Saint-Michel, samedi 24 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n\u2019ai pas pu partir aujourd\u2019hui. Bach\u00e8re m\u2019a rendu la voiture \u00e0 5 heures du soir seulement ; je partirai demain matin et ferai le voyage d\u2019une seule traite.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 25 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai quitt\u00e9 le chalet ce matin \u00e0 5h40 ; j\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 la messe de six heures \u00e0 Casteljaloux ; je suis parti de Casteljaloux \u00e0 7h \u00bc, j\u2019ai d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 Moissac, j\u2019ai visit\u00e9 la belle \u00e9glise romane et le clo\u00eetre dont cette petite ville s\u2019enorgueillit, et je suis arriv\u00e9 ici \u00e0 5h \u00bc du soir apr\u00e8s avoir parcouru 260 kilom\u00e8tres sans incidents d\u00e9sagr\u00e9ables. Bebelle et les enfants vont bien.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 26 au 31 ao\u00fbt 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 26 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m\u00e8ne l\u2019auto \u00e0 Castres pour faire charger une aile qui est ab\u00eem\u00e9e depuis longtemps ; ensuite nous allons tous, Bebelle, Henry, Fran\u00e7ois et moi, \u00e0 une \u00e9l\u00e9gante matin\u00e9e dansante chez le comte et la comtesse de Gontaut-Biron au ch\u00e2teau de Lostanges pr\u00e8s de Castres ; toute la soci\u00e9t\u00e9 du pays y est invit\u00e9e, j\u2019estime que nous \u00e9tions 50 environ. Le comte de Gontaut-Biron, ancien d\u00e9put\u00e9 de Pau, est le fils de l\u2019ancien ambassadeur \u00e0 Berlin, le fin diplomate qui remplit si bien la p\u00e9nible et d\u00e9licate mission de r\u00e9tablir les relations entre la France et l\u2019Allemagne apr\u00e8s la guerre, et que Bismarck d\u00e9testait tant ! Il fut sacrifi\u00e9 par Gambetta pour plaire au Chancelier de fer. Nous sommes de retour \u00e0 7h \u00bc.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 27 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Castres en chemin de fer ; je reprends l\u2019auto et suis rentr\u00e9 avec. J\u2019\u00e9cris des lettres en retard.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mercredi 28 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec du ripolin rapport\u00e9 de Castres, je peins l\u2019auto qui en avait grand besoin. Je passerai la seconde couche vendredi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, jeudi 29 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons la visite de Gaston qui, venu chasser avec Jojo du c\u00f4t\u00e9 de la Salvetat s\u2019arr\u00eate une heure ici avant de regagner Aureilhes. Il fait un grand vent de sud-est qui me fait craindre qu\u2019il ne pleuve en Roussillon ; ce serait dangereux \u00e0 la veille des vendanges.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, vendredi 30 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Saint-Amans avec Henry ; nous donnons la 2<sup>e<\/sup> couche \u00e0 l\u2019auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 31 ao\u00fbt 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons la visite de Charles de Llobet et de leurs filles ; l\u2019oncle Charles commence lundi sa vendange \u00e0 Torreilles. Arriv\u00e9e de Gaston.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Septembre 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 1<sup>er<\/sup> septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gaston, qui venu ici pour l\u2019ouverture de la chasse, est indispos\u00e9 et ne peut pas la faire ; d\u2019ailleurs il fait mauvais temps. Gaston repart pour Aureilhes et laisse Jojo ici ; demain, en partant, je m\u2019arr\u00eaterai \u00e0 Aureilhes pour avoir des nouvelles de Gaston. Je vais \u00e0 la grand\u2019messe \u00e0 Sauveterre. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons en auto \u00e0 Lapeyrouse ; les Jamme ne sont pas encore rentr\u00e9s de Biarritz.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 2 au 8 septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 2 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai quitt\u00e9 la Borie grande ce matin en auto par la pluie ; je ne me suis arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Aureilhes ; Gaston, qui va bien mieux, m\u2019a fait d\u00e9jeuner et visiter les belles caves d\u2019Aureilhes et de Montels o\u00f9 il peut loger 24.000 hectos&nbsp;; il a commenc\u00e9 ses vendanges et n\u2019est pas tr\u00e8s satisfait du rendement. J\u2019arrive \u00e0 Claira \u00e0 4 heures, je visite une partie des vignes, la r\u00e9colte est belle et assez m\u00fbre pour commencer bient\u00f4t la vendange ; nous commencerons vendredi. J\u2019arrive \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 9 heures et trouve Papa, Maman, Bonne Maman et les Magu\u00e9 en bonne sant\u00e9 ou \u00e0 peu pr\u00e8s. J\u2019ai eu deux ennuyeux incidents de route. \u00c0 Puisserguier (H\u00e9rault), une charrette de vendange est venue se jeter contre l\u2019auto, et a \u00e9cras\u00e9 mon aile gauche de l\u2019arri\u00e8re, le conducteur de la charrette n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la t\u00eate de son cheval. \u00c0 Neffiach, \u00e9tant descendu pour arranger un phare, j\u2019ai coup\u00e9 l\u2019allumage et le moteur a continu\u00e9 \u00e0 tourner, il s\u2019est produit en m\u00eame temps plusieurs explosions ; ne sachant \u00e0 quoi attribuer ce ph\u00e9nom\u00e8ne et craignant un court-circuit, je prends le parti de laisser l\u2019auto dans une remise jusqu\u2019\u00e0 demain. Pour arriver \u00e0 Vin\u00e7a, j\u2019ai recours \u00e0 l\u2019obligeance d\u2019une auto de passage qui allait \u00e0 Mont-Louis ; les voyageurs, tr\u00e8s aimables, nous prennent \u2013 le domestique et moi \u2013 jusqu\u2019\u00e0 Vin\u00e7a&nbsp;; ce sont des Espagnols. Ces incidents de route sont d\u00e9sagr\u00e9ables, mais il faut s\u2019y r\u00e9signer, c\u2019est la monnaie courante de l\u2019automobile !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 3 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi, je convoque un ouvrier du garage Chassaing \u00e0 Neffiach ; il reconna\u00eet la cause de la panne d\u2019hier ; ce n\u2019\u00e9tait rien, simplement deux cylindres avaient un peu chauff\u00e9 ; je regagne Vin\u00e7a sans la moindre difficult\u00e9 et m\u2019arr\u00eate \u00e0 Ille et \u00e0 Bouletern\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 4 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Ille et \u00e0 Boule je visite la vigne de la Grand F\u00e8che, elle est belle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, jeudi 5 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, j\u2019assiste \u00e0 la f\u00eate de Saint S\u00e9bastien organis\u00e9e comme tous les ans \u00e0 Rigarda par les 2 sections de cette commune ; j\u2019y d\u00e9jeune ; cette ann\u00e9e la f\u00eate est bien plus brillante parce qu\u2019elle a lieu librement sur la place publique, les \u00e9lections municipales ayant tourn\u00e9 au profit des conservateurs dont la plupart sont, d\u2019ailleurs, \u00e0 la fois conseillers municipaux et membres de la Soci\u00e9t\u00e9 ; ainsi, le maire, qui est soci\u00e9taire, assiste au cort\u00e8ge en musique que son pr\u00e9d\u00e9cesseur, il y a 3 ans, tenta d\u2019interdire, sans succ\u00e8s d\u2019ailleurs. L\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019embarque \u00e0 la gare de Bouletern\u00e8re, par le train de 15h \u00bd, 24 vendangeurs ou vendangeuses qui vont chez moi \u00e0 Claira ; \u00e0 ce sujet, j\u2019ai une difficult\u00e9 avec le maire (ou pr\u00e9tendu maire de Bouletern\u00e8re car les \u00e9lections municipales de cette commune viennent d\u2019\u00eatre annul\u00e9es pour la 2<sup>\u00e8me<\/sup> fois) ; il pr\u00e9tendait me refuser un certificat que je demandais pour ces vendangeurs, certificat attestant leur qualit\u00e9 de vendangeurs et me permettant de prendre pour eux des billets sp\u00e9ciaux de chemin de fer ; il avait renvoy\u00e9 le chef de <em>colle<\/em> qui lui avait demand\u00e9 ce certificat ; je vais moi-m\u00eame \u00e0 la Mairie, je l\u2019y fais appeler et il est oblig\u00e9 de me d\u00e9livrer ce certificat comme je le demande ; il n\u2019a pas os\u00e9 m\u2019envoyer promener, il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s poli. Je m\u2019arr\u00eate un moment \u00e0 Perpignan o\u00f9 je vois quelques personnes, puis je pars pour Claira ; j\u2019y couche. \u00c0 Perpignan, je me confesse.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, vendredi 6 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui premier vendredi du mois, j\u2019assiste \u00e0 la messe de 7 heures \u00e0 Claira et je fais la sainte communion. On commence les vendanges par le Champ Nougu\u00e9 ; c\u2019est la vigne la moins belle ; n\u00e9anmoins, la r\u00e9colte y est bien plus forte que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Perpignan en auto faire quelques commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, samedi 7 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vendange continue, on va aujourd\u2019hui \u00e0 la Cad\u00e8ne&nbsp;; la r\u00e9colte y est superbe, toutefois, je ne crois pas pouvoir arriver aux chiffres de 1910. Je vais d\u00e9jeuner \u00e0 Perpignan chez ma tante Augustine de Llobet&nbsp;; je vois Papa qui est venu, lui aussi, passer l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 Perpignan ; il vend ses raisins de Claira \u00e0 la maison Pierre Pams \u00e0 raison de 16 frs. les cent kilos rendus \u00e0 Bompas<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 8 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, \u00e0 Claira, j\u2019assiste \u00e0 la messe de 7 heures o\u00f9 je communie. Ensuite je vais \u00e0 la Cad\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on continue la cueillette de l\u2019aramon&nbsp;; \u00e0 la Cad\u00e8ne, je compte que la r\u00e9colte sera, \u00e0 tr\u00e8s peu pr\u00e8s, \u00e9quivalente \u00e0 celle de 1910&nbsp;; s\u2019il y a diminution, ce sera insignifiant. La vendange continue aujourd\u2019hui bien que ce soit dimanche, parce que c\u2019est une habitude des pays viticoles et que c\u2019est permis par l\u2019\u00c9glise ; je m\u2019en suis assur\u00e9 hier en allant voir M. le cur\u00e9 de Claira&nbsp;; du reste, j\u2019ai fait cesser le travail pendant une heure de 6h40 \u00e0 7h40 afin de permettre aux ouvriers d\u2019aller \u00e0 la messe de 7 heures ; je ne sais si beaucoup en ont profit\u00e9, mais j\u2019ai rempli mon devoir vis-\u00e0-vis d\u2019eux. Je quitte Claira \u00e0 9 heures, je m\u2019arr\u00eate une heure \u00e0 Perpignan, le march\u00e9 y est peu anim\u00e9 et j\u2019arrive \u00e0 Vin\u00e7a vers 11h \u00be. Je passe l\u2019apr\u00e8s-midi et je couche \u00e0 Vin\u00e7a ; je vais \u00e0 v\u00eapres et je me prom\u00e8ne avec N\u00e9nette.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 9 au 15 septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 9 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019emm\u00e8ne tante Josepha, Bonne Maman et N\u00e9nette \u00e0 Claira en auto ; je leur fais voir les vendanges \u00e0 la Cad\u00e8ne ; nous d\u00e9jeunons \u00e0 Claira ; nous allons \u00e0 Saint-Hippolyte, nous arr\u00eatons, au retour, \u00e0 Pia et \u00e0 Perpignan et rentrons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 six heures. Temps superbe, un peu chaud. Bonnes conditions pour vendanger ; mais la quantit\u00e9 n\u2019est pas ce que l\u2019on avait esp\u00e9r\u00e9 ; il faut compter sur une diminution de 1\/8 sur la r\u00e9colte de 1910.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 10 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Bouletern\u00e8re en auto ; j\u2019y m\u00e8ne tante Josepha. Nous recevons un t\u00e9l\u00e9gramme de la Motte annon\u00e7ant la naissance d\u2019un petit de Lavergne ; Philom\u00e8ne va bien&nbsp;; le nouveau-n\u00e9 s\u2019appellera Gonzague, il sera baptis\u00e9 samedi ; il doit \u00eatre le bienvenu ; apr\u00e8s deux filles, Philo et Henri doivent \u00eatre heureux d\u2019avoir un gar\u00e7on. Madeleine de Rodellec attend un b\u00e9b\u00e9 en novembre ou d\u00e9cembre ; Marthe Durand ces jours-ci ; Marie du Lac en octobre, Gabrielle de La Barri\u00e8re \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, Th\u00e9r\u00e8se de Lazerme en octobre et Bebelle en d\u00e9cembre&nbsp;; quelle formidable \u00e9closion dans la famille ! Heureusement que Dieu b\u00e9nit les familles nombreuses !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, mercredi 11 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin \u00e0 Vin\u00e7a, j&rsquo;ai fait c\u00e9l\u00e9brer une messe \u00e0 la chapelle de Saint-Antoine, j\u2019y ai fait la sainte communion ; cette messe est la r\u00e9alisation d&rsquo;une promesse faite au mois de juillet quand je souffrais d&rsquo;un phlegmon ; j&rsquo;avais fait cette promesse si j&rsquo;en gu\u00e9rissais sans intervention chirurgicale. Je vais \u00e0 Prades, en auto, avec N\u00e9nette, pour voir le m\u00e9canicien Roz\u00e9 qui doit arranger ma moto-r\u00eave. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je viens \u00e0 Claira o\u00f9 l&rsquo;on a achev\u00e9 de vendanger la Grande F\u00e8che, on en est au Lloucati. Papa y vient avec moi et repart le soir ; je le ram\u00e8ne en auto \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, jeudi 12 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais au Lloucati matin et soir&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, j\u2019y vais en auto et j&rsquo;en profite pour visiter la nouvelle cave de la Quintane, propri\u00e9t\u00e9 situ\u00e9e entre Torreilles et la mer et qui appartient \u00e0 mes tantes Em\u00e9rentienne et Augustine de Llobet et \u00e0 mon oncle Gabriel, elle est afferm\u00e9e \u00e0 mon oncle Charles de Llobet ; ce sont des terres de 1<sup>er<\/sup> choix. Au Lloucati, comme partout ailleurs, [la r\u00e9colte] est meilleure que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re mais para\u00eet devoir \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 celle d&rsquo;il y a 2 ans ; sur l&rsquo;ensemble, je crois que j&rsquo;aurai 3400 \u00e0 3500 comportes au lieu de 2592 en 1911 et 3915 en 1910, soit, sur 1910, une diminution de pr\u00e8s de un dixi\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 13 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, de Claira, je vais \u00e0 Rivesaltes voir M. Sisqu\u00e9, agent voyer, pour une question d&rsquo;alignement. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je quitte Claira, et vais faire ma visite de condol\u00e9ances \u00e0 la famille Henri Bertran ; j&rsquo;avais t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 \u00e0 Papa de se trouver \u00e0 Perpignan s&rsquo;il voulait y venir&nbsp;; il s&rsquo;y trouve et y vient avec moi. Apr\u00e8s notre visite \u00e0 Latour-Bas-Elne, nous nous arr\u00eatons chez Carlos \u00e0 Saint-Martin pr\u00e8s d&rsquo;Elne ; nous tombons bien mal, les Carlos viennent de recevoir la nouvelle de la mort du petit G\u00e9rard de Mauvaisin \u00e0 Biarritz et sont, naturellement, tr\u00e8s affect\u00e9s ; nous ne demandons m\u00eame pas \u00e0 voir Th\u00e9r\u00e8se et ne passons que cinq minutes \u00e0 Saint Martin ; nous repartons vers Vin\u00e7a ; pr\u00e8s de Corb\u00e8re, j&rsquo;\u00e9clate, ce qui nous retarde beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 14 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je prends part \u00e0 une r\u00e9union de la Commission cantonale d&rsquo;assistance-retraite sous la pr\u00e9sidence du juge de paix ; nous avons cinq dossiers \u00e0 examiner et admettons les cinq demandes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, dimanche 15 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de 8 heures \u00e0 Vin\u00e7a, puis je pars pour Perpignan en chemin de fer, je vais au march\u00e9 aux vins qui pr\u00e9sente une certaine animation, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;on est \u00e0 la hausse ; on constate partout un d\u00e9ficit sur les pr\u00e9visions ; moi-m\u00eame je r\u00e9colterai 600 comportes, soit 400 hectos de moins que je n&rsquo;esp\u00e9rais il y a encore quelques jours ; ce d\u00e9ficit est l&rsquo;effet du vent sec de nord-ouest qui souffle depuis un mois et qui a emp\u00each\u00e9 les raisins de grossir ; aussi j&rsquo;esp\u00e8re que les cours vont monter un peu. Je vais \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Saint-Jean et j&rsquo;arrive \u00e0 Claira par le train de 6 heures. J&rsquo;y coucherai et partirai demain pour la Borie Grande o\u00f9 je passerai 24 heures.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 16 au 22 septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 16 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis parti \u00e0 6 heures 8 ce matin de Claira, et par Rivesaltes, B\u00e9ziers, B\u00e9darieux, j&rsquo;arrive ici \u00e0 cinq heures ; le trajet est bien long ; j&rsquo;ai pass\u00e9 trois heures \u00e0 B\u00e9ziers, je me suis promen\u00e9 et j&rsquo;ai d\u00e9jeun\u00e9 \u00e0 la gare. Ici, je trouve Bebelle et les enfants en tr\u00e8s bonne sant\u00e9 ; les Albert sont ici.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, mardi 17 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je passe la journ\u00e9e ici sans bouger, cela me change un peu et me repose !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Claira, mercredi 18 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n&rsquo;ai pass\u00e9 qu&rsquo;un jour \u00e0 la M\u00e9tairie Grande ; j&rsquo;en suis reparti ce matin \u00e0 7h33 et j&rsquo;arrive \u00e0 Perpignan \u00e0 2h \u00bd ; de Narbonne \u00e0 Perpignan, j&rsquo;ai voyag\u00e9 avec l&rsquo;oncle Gabriel qui arrive du Congr\u00e8s eucharistique de Vienne qui a \u00e9t\u00e9, para\u00eet-il, malgr\u00e9 le mauvais temps, une superbe et grandiose manifestation de Foi ; l&rsquo;oncle Gabriel a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 la Cour avec les cardinaux et les \u00e9v\u00eaques ; il a vu de tr\u00e8s pr\u00e8s le vieil Empereur Fran\u00e7ois Joseph qui a donn\u00e9 un bel exemple \u00e0 l&rsquo;occasion de ce Congr\u00e8s. Je repars de Perpignan \u00e0 5h8 et j&rsquo;arrive \u00e0 Claira \u00e0 6h \u00bc ; on cueille le Champ Par\u00e8s o\u00f9 il y aura aussi une notable diminution sur les pr\u00e9visions ; je calcule que je ne r\u00e9colterai gu\u00e8re plus de 2000 hectos \u00e0 Claira&nbsp;; je comptais sur 2700 environ ; la s\u00e9cheresse m\u2019a fait beaucoup de mal.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 19 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je d\u00e9jeune \u00e0 Perpignan chez les Llobet ; j&rsquo;ai plusieurs propositions pour la vente des mille hectos qui me restent encore&nbsp;; je r\u00e9fl\u00e9chis. Je pars de Perpignan \u00e0 3h17, je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Bouletern\u00e8re, je visite les vignes et d\u00e9cide de commencer la vendange lundi prochain ; j&rsquo;avais t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 \u00e0 Vin\u00e7a de m&rsquo;envoyer le break \u00e0 Bouletern\u00e8re et je rentre \u00e0 Vin\u00e7a avec le break.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 20 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis revenu ce soir \u00e0 Claira pour le r\u00e8glement de comptes de la fin des vendanges. En journ\u00e9es d&rsquo;hommes, femmes, charretiers, j&rsquo;ai eu \u00e0 payer 2224 fr. 25 ; 143,10 de nourriture, gratifications au comptable et au chef de <em>colle<\/em>, voyage des vendangeurs etc.&nbsp;; le pressurage me co\u00fbtera bien 250 frs.&nbsp;; vendange et pressurage me reviennent \u00e0 2650 frs. environ ; il y a eu 992 comportes au Champ Par\u00e8s, soit 158 de plus que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re et 268 de moins qu&rsquo;en 1910 ; en tout j&rsquo;ai 3305 comportes ; il me semble que cela doit donner 2100 hectos de vin, donc, apr\u00e8s les mille hectos vendus \u00e0 M. Fourriques et les 35 hectos environ que je dois mettre de c\u00f4t\u00e9 pour mon approvisionnement, je pourrai en vendre encore 1060 environ ; les cours sont en ce moment stationnaires pour les petits vins ; il n&rsquo;est pas probable qu&rsquo;ils montent davantage, les gros vins sont nettement \u00e0 la hausse ; j&rsquo;ai plusieurs offres entre 22 et 23 francs et je suis sur le point de me d\u00e9cider \u00e0 vendre. Je vais, comme l&rsquo;an dernier, acheter des grapillons.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 21 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai pass\u00e9 presque toute la journ\u00e9e \u00e0 Perpignan, je suis en rapport avec plusieurs courtiers ; je suis m\u00eame victime de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, ou plus probablement de la duplicit\u00e9 de deux courtiers, M. Merlan et M. Gratia qui m&rsquo;annoncent \u00e0 11 heures \u00bd qu&rsquo;ils ont trouv\u00e9 pour mon vin, sans condition de degr\u00e9, preneur \u00e0 24,50 ; je suis enchant\u00e9 de cette offre et je m&#8217;empresse de l&rsquo;accepter apr\u00e8s leur avoir fait bien pr\u00e9ciser. Apr\u00e8s d\u00e9jeuner, nous allons ensemble chez le n\u00e9gociant M. Galt\u00e9, et l\u00e0 il a fallu d\u00e9chanter ; on m&rsquo;offrait ce prix si le vin pesait plus de 9 degr\u00e9s ; or il n&rsquo;en est rien, il p\u00e8se 8\u00b0 environ ; l&rsquo;un des courtiers M. Gratia, le repr\u00e9sentant de la maison et moi allons ensemble \u00e0 Claira, on prend \u00e9chantillon, on p\u00e8se le vin et, au retour, le repr\u00e9sentant de la maison me dit qu&rsquo;il ne r\u00e9pond pas \u00e0 ce que l&rsquo;on avait dit et qu&rsquo;on ne peut pas l&rsquo;agr\u00e9er. Les courtiers ont essay\u00e9, sans y r\u00e9ussir, de tromper et l&rsquo;acheteur et le vendeur ; voyant l&rsquo;affaire impossible, l&rsquo;un d&rsquo;eux, M. Gratia, s&rsquo;\u00e9clipse \u00e0 l&rsquo;anglaise pour \u00e9viter l&rsquo;explication qu\u2019il aurait eu \u00e0 me donner ; l&rsquo;autre re\u00e7oit sa semonce ; quant \u00e0 ce farceur de M. Gratia je le retrouverai. Je rattrape l&rsquo;affaire qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e hier soir et je vends le solde de la cave (y compris 130 hectos de vin blanc) \u00e0 la maison Roche, de Rivesaltes, au prix de 22,50, derni\u00e8re retiraison \u00e0 fin janvier. Tout fait pr\u00e9voir que le cours des petits vins va baisser dans l&rsquo;H\u00e9rault et le Gard, ils se vendent bien meilleur march\u00e9 qu&rsquo;ici ; c&rsquo;est ce qui m&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 vendre. Avec les 1000 hectos que j&rsquo;ai vendus sur souche, j\u2019aurai, somme toute, une bonne moyenne. Je rentre \u00e0 Vin\u00e7a par le dernier train.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 22 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand-messe et \u00e0 v\u00eapres ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi apr\u00e8s v\u00eapres, je vais en voiture \u00e0 Ille prendre deux robes que Bebelle me demande de lui envoyer pour le d\u00eener de fian\u00e7ailles de Marie-Am\u00e9lie de Llobet qui va \u00e9pouser M. Jean de Gensac<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a> ; la nouvelle est encore tenue secr\u00e8te. N\u00e9nette vient avec moi \u00e0 Ille.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 23 au 29 septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 23 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On commence aujourd&rsquo;hui la vendange \u00e0 Bouletern\u00e8re ; j&rsquo;y vais matin et soir, je fais beaucoup soigner la vinification, tenant \u00e0 faire du tr\u00e8s bon vin pour satisfaire la petite client\u00e8le qui commence \u00e0 se former pour ce vin.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 24 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re&nbsp;; la vendange continue, la r\u00e9colte est plus abondante que j&rsquo;aie cru jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent ; \u00e0 la Grande F\u00e8che, que l&rsquo;on vendange en ce moment, les raisins sont gros et juteux, bref c&rsquo;est une tr\u00e8s belle r\u00e9colte. De Bouletern\u00e8re je vais \u00e0 Prades par le train de 4 heures voir si ma motocyclette est pr\u00eate, elle n&rsquo;est pas encore pr\u00eate et je m&rsquo;en retourne par le train de 5 heures 40. \u00c0 Prades, je vais voir les jeunes filles de La Croix qui y passent le mois de septembre&nbsp;; je les vois au moment o\u00f9 elles viennent de rentrer du lunch du mariage de leur cousin Puech avec Mlle Roca. Le soir, je me un peu fatigu\u00e9, courbatur\u00e9 et je souffre d&rsquo;une dent ; je crois que je vais avoir encore une fluxion.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-153237.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"792\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-153237.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-717\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-153237.jpg 527w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-01-153237-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Demeure de la famille de Lacroix, rue du Palais de Justice \u00e0 Prades (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales) \u2013 Google Street View<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 25 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ma fluxion est bien d\u00e9clar\u00e9e, pourvu que ce ne soit pas un abc\u00e8s comme celui d&rsquo;il y a deux mois ! Je vais tout de m\u00eame \u00e0 Boule et \u00e0 Ille en auto ; les vendanges de Boule continuent, la r\u00e9colte est tr\u00e8s abondante.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 26 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira en auto ; on pressure&nbsp;; Maurice ach\u00e8te, comme l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, autant de grappillons qu&rsquo;il peut en trouver, je lui ai donn\u00e9 1100 frs. pour cela ; mais il n&rsquo;y en a pas autant que l&rsquo;an dernier. Je d\u00e9jeune \u00e0 Perpignan. Je rentre ici le soir \u00e0 7h \u00bd ; Papa est venu avec moi jusqu&rsquo;\u00e0 Claira ; mais il est rest\u00e9 ensuite \u00e0 Perpignan. Ma fluxion augmente et la course d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est pas faite pour l&rsquo;enrayer, je crois bien que je vais avoir un abc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 27 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai eu l&rsquo;abc\u00e8s auquel je m&rsquo;attendais, il a \u00e9t\u00e9 aussi d\u00e9sagr\u00e9able et g\u00eanant que celui du mois de juillet ; pendant deux jours j&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9 une grande g\u00eane, beaucoup de malaise, de la fi\u00e8vre etc. Enfin cet abc\u00e8s s\u2019est crev\u00e9 hier et je vais bien mieux, mais il faut prendre encore bien des pr\u00e9cautions parce que j\u2019ai eu une petite inflammation de l&rsquo;amygdale cons\u00e9quence de l&rsquo;abc\u00e8s dentaire. Il faudra que je fasse soigner ma m\u00e2choire inf\u00e9rieure ; j&rsquo;y ai, \u00e0 gauche, trois racines de dents qui m\u2019occasionneraient constamment des abc\u00e8s si je les conservais. Je me l\u00e8ve, mais ne sors pas encore aujourd&rsquo;hui.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 30 septembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 30 septembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis tout \u00e0 fait gu\u00e9ri et je commence \u00e0 sortir, je vais reprendre peu \u00e0 peu toutes mes habitudes. Il y a eu \u00e0 Bouletern\u00e8re 328 comportes au lieu de 235 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re ; l&rsquo;augmentation est tr\u00e8s forte ; jamais je n\u2019avais eu, \u00e0 Boule, une aussi forte r\u00e9colte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Octobre 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> au 6 octobre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 1<sup>er<\/sup> octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n&rsquo;ai pas grand&rsquo;chose \u00e0 faire aujourd&rsquo;hui, je fais avec N\u00e9nette plusieurs parties d&rsquo;\u00e9cart\u00e9 ; on nous photographie dans le jardin, en train de faire une partie. Le soir, Mois du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 2 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re et \u00e0 Ille en auto, je vais faire cimenter la cave Boule, j\u2019emm\u00e8ne d\u2019Ille avec moi le ma\u00eetre-ma\u00e7on Co\u00ffnat pour voir la cave et faire le devis ; on s&rsquo;y mettra vendredi. Nous avons, moi d\u2019abord \u00e0 Ille, puis tout le monde \u00e0 Vin\u00e7a, la visite de nos cousins Companyo.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, jeudi 3 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je quitte Vin\u00e7a \u00e0 9h \u00bd, je d\u00e9jeune \u00e0 Perpignan, vais \u00e0 Claira o\u00f9 je d\u00e9cide la construction d&rsquo;un mur de cl\u00f4ture pour la cour devant la cave, puis je reviens \u00e0 Perpignan, je laisse l&rsquo;auto au garage jusqu&rsquo;\u00e0 demain ; je couche au Grand H\u00f4tel. L\u2019oncle Xavier y est arriv\u00e9 dans la nuit, nous d\u00eenons et passons la soir\u00e9e ensemble. L&rsquo;oncle Xavier sera mis en disponibilit\u00e9 le 10 novembre, et sera \u00e0 la retraite en avril ; quel dommage qu&rsquo;il ne devienne pas divisionnaire !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Perpignan, vendredi 4 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je devais quitter aujourd&rsquo;hui Perpignan et aller \u00e0 la Borie Grande pour en ramener Bebelle et les enfants ; mais j&rsquo;avais laiss\u00e9 hier l&rsquo;auto au garage pour faire roder les soupapes et changer des segments et, au lieu de me la rendre aujourd&rsquo;hui midi comme on me l&rsquo;avait promis, on ne me la rend qu&rsquo;\u00e0 cinq heures ; il est beaucoup trop tard pour partir ; je prends le parti de coucher encore ce soir \u00e0 Perpignan&nbsp;; je passe la soir\u00e9e avec l&rsquo;oncle Xavier. Ce matin je suis all\u00e9 \u00e0 la messe de 7 heures \u00e0 Saint-Jean ; j&rsquo;ai fait la sainte communion.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, samedi 5 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai quitt\u00e9 Perpignan \u00e0 8 heures ce matin en auto et j&rsquo;arrive ici \u00e0 2 heures apr\u00e8s un arr\u00eat \u00e0 la Nouvelle au bord de la mer et un second arr\u00eat pour d\u00e9jeuner ; tr\u00e8s bon voyage ; temps beau et frais. Bebelle et les enfants vont tr\u00e8s bien ; nous repartons ensemble mardi pour Vin\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, dimanche 6 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de communion de 6h \u00bd \u00e0 Albine, je fais la sainte communion ; je retourne \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 Sauveterre. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous avons la visite de Germaine.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 7 au 13 octobre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La Borie Grande, lundi 7 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Mazamet en auto, avec Henry et Fran\u00e7ois ; je fais plusieurs commissions, puis je vais faire mes adieux \u00e0 Henry et Germaine \u00e0 Lapeyrouse. Nous les reverrons, du reste, dans trois semaines, au mariage de Mynny de Llobet qui aura lieu le 29. Nous faisons nos pr\u00e9paratifs de d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 8 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous quittons tous la Borie Grande \u00e0 midi en auto ; Bebelle ya pass\u00e9 deux mois et 6 jours. Nous passons par Saint-Pons, Saint-Chinian, Narbonne et Perpignan, nous nous arr\u00eatons plusieurs fois, et arrivons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 6h40 ; tr\u00e8s bon voyage, temps superbe. Nous allons passer quelques jours ici avant de rentrer \u00e0 Ille.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 9 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re et \u00e0 Ille en auto ; \u00e0 Boule, le cimentage de la cave est tr\u00e8s avanc\u00e9 ; on pressurera bient\u00f4t. Je re\u00e7ois deux fusils que Louis Bergeron m&rsquo;envoie \u00e0 choisir ; je les essaie en garderai un ; Louis Bergeron me fait une grosse r\u00e9duction, il me c\u00e8de au prix du gros, \u00e0 280 frs., un fusil qui vaudrait 400 \u00e0 500 frs. chez un armurier ; j&rsquo;aurai un excellent fusil de chasse.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 10 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Bebelle \u00e0 Perpignan en auto ; je pousse jusqu&rsquo;\u00e0 Claira o\u00f9 j&rsquo;arr\u00eate les comptes du pressurage qui est termin\u00e9. Tous comptes faits, j&rsquo;ai 2075 ou 2080 hectos provenant des vignes ; avec 60 hectos environ provenant des grappillons, j&rsquo;ai 2135 ou 2140 hectos&nbsp;; j&rsquo;en aurai donc plus de 2100 \u00e0 vendre ; avec 416 francs de marc, quelques centaines de francs de tartres et de lies, cette propri\u00e9t\u00e9 aura produit cette ann\u00e9e 48 \u00e0 49.000 francs brut bien entendu ; Bouletern\u00e8re donnera 5 \u00e0 6000 ; nos vignes auront produit 54.000 francs environ ; c&rsquo;est joli et je ne me plains pas. Nous d\u00e9jeunons chez l&rsquo;oncle Gabriel&nbsp;; je me fais arracher 3 vieilles racines de dents qui avaient occasionn\u00e9 les 2 abc\u00e8s dentaires ; nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a vers 7 heures \u00bc du soir.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 11 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, la sage-femme d\u2019Ille Marie Jampy vient voir Bebelle qui va tr\u00e8s bien&nbsp;; il faut s&rsquo;attendre \u00e0 la naissance vers la fin de d\u00e9cembre. Je vais \u00e0 Ille et Bouletern\u00e8re. On va fonder \u00e0 Bouletern\u00e8re une soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels catholique et conservatrice, la soci\u00e9t\u00e9 Saint-Gaud\u00e9rique ; j&rsquo;y donne mon adh\u00e9sion comme membre honoraire et je donne aussi une subvention de 50 frs. pour aider \u00e0 la formation et \u00e0 la mise en marche de la Soci\u00e9t\u00e9 qui rendra de grands services en groupant nos amis de Bouletern\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 12 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons voir Madame Thibault. Je renvoie un des deux fusils de Louis Bergeron ; je les ai essay\u00e9s tous deux&nbsp;; je garde celui qui a donn\u00e9 les meilleurs r\u00e9sultats ; c&rsquo;est une tr\u00e8s belle arme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 13 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la messe de 8 heures ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Doma Nova o\u00f9 il y a une nombreuse r\u00e9union de p\u00e8lerins \u00e0 l&rsquo;occasion de la b\u00e9n\u00e9diction d&rsquo;une statue de Jeanne d&rsquo;Arc ; Th\u00e9r\u00e8se de Lazerme, qui y assiste, fait une conf\u00e9rence consacr\u00e9e \u00e0 des dames de la Ligue patriotique des Fran\u00e7aises ; nous avons emmen\u00e9 Tony qui a tr\u00e8s bien suivi.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 14 au 20 octobre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, lundi 14 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais la sainte communion et j&rsquo;assiste \u00e0 la messe \u00e0 l&rsquo;occasion du double anniversaire de ma naissance et de ma gu\u00e9rison ; il y a 30 ans de l\u2019une et 23 de l&rsquo;autre. 30 ans ! J&rsquo;ai 30 ans ! Je ne peux pas me le figurer, quelle longue p\u00e9riode de vie ! Verrai-je 30 autres ann\u00e9es ? Ce n&rsquo;est pas s\u00fbr ! Je vends la vigne du Lloucati \u00e0 Claira&nbsp;; il y avait longtemps que j&rsquo;avais l&rsquo;id\u00e9e de vendre cette vigne qui \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e des autres, ce qui occasionnait une grande perte de temps et qui \u00e9tait aussi la moins productive. Il se pr\u00e9sente un acqu\u00e9reur de Torreilles, Maurice Roger me l&rsquo;accompagne ici&nbsp;; il offre d&#8217;embl\u00e9e 21.000 francs et arrive \u00e0 22.500 francs ; je vends \u00e0 ce prix qui est tr\u00e8s beau ; cette vigne a 1 hectare 80 ares&nbsp;; elle est donc vendue sur le pied de 12.500 frs. l&rsquo;hectare ou 7500 l\u2019ayminate ; il faut bien que le vin se vende cher pour qu\u2019on donne de pareils prix. Maintenant, je vais m\u2019occuper de remplacer cette vigne ; j&rsquo;ach\u00e8terai la petite vigne dite Champ Bourrou que Papa veut vendre ; je la prendrai parce qu&rsquo;elle est tr\u00e8s voisine de ma cave ; j&rsquo;en chercherai une autre plus grande et plus rapproch\u00e9e de Claira que le Lloucati. L&rsquo;acqu\u00e9reur est un nomm\u00e9 Michel Comes, de Torreilles ; il fait partie de l&rsquo;Action fran\u00e7aise de Torreilles. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Boule et \u00e0 Ille avec Bebelle. On pr\u00e9pare \u00e0 Boule.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mardi 15 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe \u00e0 8 heures. Dans la matin\u00e9e, je vais \u00e0 Boule. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais avec Bebelle \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La guerre est allum\u00e9e dans les Balkans ; la Bulgarie, la Gr\u00e8ce, la Serbie et le Mont\u00e9n\u00e9gro unis par la Haine du Turc, vont essayer de chasser d&rsquo;Europe la race turque qui n\u2019aurait jamais d\u00fb prendre pied. Les grandes puissances ont essay\u00e9 (au moins en apparence) d&#8217;emp\u00eacher le conflit, elles n&rsquo;y ont pas r\u00e9ussi ; elles essayent maintenant de le localiser&nbsp;; y r\u00e9ussiront-elles davantage ? Ce n\u2019est pas s\u00fbr&nbsp;; le danger vient pour l&rsquo;Europe de la rivalit\u00e9 de la Russie et de l&rsquo;Autriche dans les Balkans. La question d&rsquo;Orient violemment rouverte peut amener une guerre g\u00e9n\u00e9rale en Europe. Notre gouvernement, qui redoute la guerre par-dessus tout, fera l&rsquo;impossible pour l&rsquo;\u00e9viter mais il peut y \u00eatre entrain\u00e9 en quelque sorte malgr\u00e9 lui par le jeu des alliances. L&rsquo;avenir est sombre ! Dans la guerre actuelle tous nos v\u0153ux vont aux royaumes chr\u00e9tiens des Balkans ; je leur souhaite la victoire par sentiment chr\u00e9tien et aussi par int\u00e9r\u00eat, car nous avons int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir se former en Orient de fortes nationalit\u00e9s qui seront une barri\u00e8re contre le germanisme dont l&rsquo;Autriche, qui convoite Salonique, est l&rsquo;avant-garde.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, mercredi 16 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe de Saint-Gaud\u00e9rique&nbsp;; l&rsquo;apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Prades entre deux trains, j\u2019en ram\u00e8ne ma motocyclette qui n&rsquo;est pas encore arrang\u00e9e depuis plus d&rsquo;un mois.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, jeudi 17 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons tous, en p\u00e8lerinage particulier, \u00e0 Doma Nova ; M. le cur\u00e9 de Vin\u00e7a dit la messe que je lui sers ; nous communions. Ensuite, avec Bebelle, Papa et le cur\u00e9, nous allons \u00e0 Ille ; je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Bouletern\u00e8re ; le pressurage est termin\u00e9 ; mes 328 comportes ont donn\u00e9 192 hectos de vin ; jamais cette propri\u00e9t\u00e9 n&rsquo;avait produit autant ; le vin p\u00e8se 11\u00b0 et m\u00eame d\u00e9passe ce degr\u00e9. Nous ramenons d&rsquo;Ille \u00e0 Vin\u00e7a le docteur Pons qui fait une incision \u00e0 une grosseur que Papa avait \u00e0 la nuque ; il fait cela tr\u00e8s bien et Papa n&rsquo;\u00e9prouve aucune douleur gr\u00e2ce au chlorure d&rsquo;\u00e9thyl qui l&rsquo;a bien insensibilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, vendredi 18 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas aujourd&rsquo;hui ; je me contente d&rsquo;aller tirer quelques oiseaux avec mon nouveau fusil ; la guerre est d\u00e9finitivement et officiellement d\u00e9clar\u00e9e dans les Balkans ; que va-t-il en r\u00e9sulter ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, samedi 19 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Perpignan et \u00e0 Claira ; nous emmenons les enfants \u00e0 Perpignan. \u00c0 Claira, on a commenc\u00e9 la construction du mur devant la cave. J&rsquo;ai deux vignes en vue pour remplacer le Lloucati. Nous rentrons \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 8 h \u00bd.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Vin\u00e7a, dimanche 20 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; nous rentrerons demain \u00e0 Ille.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 21 au 25 octobre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 21 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous rentrons nous installer ici pour de longs mois ; nous rentrons en auto.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 22 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan le matin en chemin de fer \u00e0 l&rsquo;occasion du Congr\u00e8s dioc\u00e9sain qui se tient \u00e0 la salle des \u0152uvres sous la pr\u00e9sidence de Monseigneur ; j&rsquo;assiste \u00e0 la fin de la s\u00e9ance du matin et \u00e0 toute celle du soir ; tr\u00e8s beaux discours de M. Henri de \u00c7agarriga et de M. Henri Bertran. Je rentre par le train du soir ; je d\u00e9jeune chez les Lutrand.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 23 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je reviens \u00e0 Perpignan toujours pour le Congr\u00e8s ; le matin rapports de M. le chanoine Bonet et de M. Maymil (presse et \u0153uvres sociales) ; l&rsquo;apr\u00e8s-midi est consacr\u00e9 \u00e0 la Ligue patriotique des Fran\u00e7aises ; discours de Madame de Noaillach-Devuns. Je vais et viens en chemin de fer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 24 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dernier jour du Congr\u00e8s ; j&rsquo;y vais plus t\u00f4t que les autres jours ; la journ\u00e9e est consacr\u00e9e \u00e0 la formation de la jeunesse ; on met en vedette l&rsquo;Association catholique de la Jeunesse fran\u00e7aise ; le matin, rapport tr\u00e8s bien fait du chanoine Patau, rapport tr\u00e8s \u00e0 critiquer de M. Parent du Comit\u00e9 de l&rsquo;A.C.J.F. de Toulouse. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, beau discours de M. de Gailhard-Bancel, fils du d\u00e9put\u00e9, et remarquable rapport de l&rsquo;oncle Gabriel de Llobet sur la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres dioc\u00e9saines. La s\u00e9ance de l&rsquo;apr\u00e8s-midi est pr\u00e9sid\u00e9e \u00e0 la fois par Mgr de Carsalade et Mgr Yzart. Le soir, belle c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture \u00e0 la cath\u00e9drale, superbe discours de Mgr Yzart&nbsp;; la cath\u00e9drale est comble. Nous repartons tout de suite apr\u00e8s en auto et sommes ici \u00e0 10h \u00bd. Bebelle est venue me rejoindre \u00e0 Perpignan l\u2019apr\u00e8s-midi&nbsp;; je d\u00e9jeune et nous d\u00eenons chez les Llobet.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 25 octobre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je fais faire diff\u00e9rentes choses dans la maison&nbsp;; on tapisse deux chambres et je fais faire un devis pour installer la lumi\u00e8re \u00e9lectrique. Nous allons au Mois du Rosaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>[Ici, le journal s\u2019interrompt brusquement du 26 octobre au 4 novembre 1912, avec plusieurs jours et passages barr\u00e9s par de gros traits \u00e0 l\u2019encre noire, que l\u2019auteur a visiblement souhait\u00e9 effacer. \u00c0 travers les biffures, on peut n\u00e9anmoins distinguer certaines phrases \u00e9parses&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Ille, samedi 26 octobre 1912. Aujourd\u2019hui a \u00e9t\u00e9 la [\u2026] \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Ille, lundi 4 novembre. Que d\u2019\u00e9v\u00e9nements [\u2026] j\u2019ai abandonn\u00e9 mon journal [\u2026] d\u2019une grande douleur [\u2026]&nbsp;; ne voulant pas me fier \u00e0 mon [\u2026] dans cette circonstance si p\u00e9nible et si [\u2026] j\u2019ai consult\u00e9 mon oncle l\u2019abb\u00e9 de Llobet qui a \u00e9t\u00e9 parfait pour moi&nbsp;\u00bb. Le 4 novembre se poursuit non barr\u00e9, transcrit ci-dessous. Plus loin au 4 novembre, un autre passage a \u00e9t\u00e9 barr\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les quelques lignes que je viens d\u2019\u00e9crire para\u00eetront myst\u00e9rieuses \u00e0 celui qui les lira&nbsp;peut-\u00eatre un jour&nbsp;; si je [\u2026] je ne peux pas m\u2019\u00e9tendre, mettre des <u>d\u00e9tails<\/u> [\u2026] dans mon <u>journal intime<\/u>, car il ne s\u2019agit pas que de moi. Oui, j\u2019ai beaucoup souffert les 26 et 27 octobre surtout&nbsp;; mais peut-\u00eatre [\u2026] cette souffrance&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ces passages barr\u00e9s mentionnent de toute \u00e9vidence un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s douloureux et intime v\u00e9cu par Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch les 26 et 27 octobre 1912. La mention \u00ab&nbsp;il ne s\u2019agit pas que de moi&nbsp;\u00bb, en plus de ce que l\u2019on conna\u00eet de la suite de sa vie de famille \u2013 \u00e0 savoir sa m\u00e9sentente, s\u00e9paration puis son divorce d\u2019avec son \u00e9pouse Gabrielle du Lac \u2013 peut faire penser que l\u2019\u00e9v\u00e9nement dont il s\u2019agit concerne son \u00e9pouse. On peut \u00e9mettre l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il l\u2019a surprise en train de commettre une infid\u00e9lit\u00e9 par exemple, ou qu\u2019ils ont eu tous deux une violente dispute&nbsp;; les jours et semaines qui suivent semblent marquer, par un \u00ab&nbsp;retour \u00e0 la normale&nbsp;\u00bb apr\u00e8s un myst\u00e9rieux voyage \u00e9clair \u00e0 Paris (pour consulter un avocat loin du Roussillon par souci d\u2019\u00e9viter le scandale&nbsp;?), la volont\u00e9 de faire comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 et de maintenir les apparences autant que possible]<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-718\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121023-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Double page du journal d&rsquo;Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch entre le 23 octobre et le 8 novembre 1912 comportant de nombreuses biffures entre le 26 octobre et le 4 novembre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Novembre 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 4 au 10 novembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 4 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai assist\u00e9 lundi et mardi au Castelet au mariage de Marie-Am\u00e9lie de Llobet avec le vicomte de Gensac<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. Ensuite j\u2019ai accompagn\u00e9 Bebelle \u00e0 la M\u00e9tairie Grande et, mercredi soir, je suis parti pour Paris&nbsp;; j\u2019ai pass\u00e9 moins de dix heures \u00e0 Paris, j\u2019\u00e9tais de retour vendredi \u00e0 la M\u00e9tairie Grande et avant-hier samedi avec Bebelle \u00e0 Ille. Hier je suis all\u00e9 \u00e0 Vin\u00e7a en auto. Maurice est ici. Aujourd\u2019hui je reviens \u00e0 Vin\u00e7a avec Bebelle et Tony&nbsp;; Tante Josepha et N\u00e9nette partent demain pour Nice.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 5 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais, avec Maurice \u00e0 Claira en auto ; je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Perpignan ; \u00e0 Claira, le mur devant la cave est achev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 6 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais chasser avec Maurice, pour essayer avec lui mon nouveau fusil ; mais il fait un vent affreux et nous ne voyons rien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 7 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons en auto \u00e0 Corneilla et \u00e0 Millas&nbsp;: visite aux d&rsquo;Ax et aux Ferriol.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 8 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe \u00e0 8 heures ; je fais la sainte communion ; j&rsquo;avais bien besoin de ce r\u00e9confort apr\u00e8s les \u00e9preuves que j&rsquo;ai travers\u00e9es ; je les ai offertes au bon Dieu ! Mon voyage \u00e0 Paris est ignor\u00e9 de tout le monde, sauf de Bebelle, de ma belle-m\u00e8re, de l&rsquo;oncle Gabriel de Llobet, et des deux personnes int\u00e9ress\u00e9es. Ces pr\u00e9occupations m&rsquo;ont presque emp\u00each\u00e9 d&rsquo;arr\u00eater mon attention sur les trois graves \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulent dans les Balkans ; la Turquie battue, \u00e9cras\u00e9e par la coalition de la Gr\u00e8ce, de la Bulgarie, de la Serbie et du Mont\u00e9n\u00e9gro ; les Turcs vont \u00eatre chass\u00e9s d&rsquo;Europe ; l&rsquo;arm\u00e9e bulgare va entrer \u00e0 Constantinople ; cette revanche chr\u00e9tienne, cette victoire de la Croix sur le Croissant apr\u00e8s cinq si\u00e8cles et demi ne peut que nous r\u00e9jouir. Mais quel sera le lendemain de la victoire balkanique ? L&rsquo;Europe est inqui\u00e8te ; l&rsquo;Autriche para\u00eet d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 se tailler un morceau dans le partage de l&rsquo;Empire ottoman, l&rsquo;Italie veut aussi sa part ; l&rsquo;Allemagne soutient ses alli\u00e9s. La Triple Alliance a refus\u00e9 de souscrire \u00e0 la d\u00e9claration de d\u00e9sint\u00e9ressement territorial propos\u00e9e par la France au nom de la Triple Entente. La Turquie a demand\u00e9 l&rsquo;intervention de la France pour mettre fin \u00e0 la guerre ; avec beaucoup de raison, le gouvernement a refus\u00e9. Les ambitions austro-italiennes s&rsquo;affirmant, la Triplice affichant la pr\u00e9tention de r\u00e9gler sans le consentement du reste de l&rsquo;Europe le nouveau statut balkanique, quelle va \u00eatre l&rsquo;attitude de la Triple Entente, surtout de la Russie qui est peut-\u00eatre de toutes les nations, la plus int\u00e9ress\u00e9e dans ces questions ? Un conflit est dans l&rsquo;air ; ira-t-il jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre g\u00e9n\u00e9rale ? C&rsquo;est le secret de Dieu et&#8230; des chancelleries.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Corb\u00e8re, Boule et Vin\u00e7a en auto avec Maurice ; le soir avec Bebelle, je vais voir les \u00c7agarriga \u00e0 Millas, puis les Jean Bertran que nous ne rencontrons pas et les Barescut.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 9 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais en auto, \u00e0 Perpignan et Claira pour m\u2019occuper de l\u2019achat d\u2019un cheval ; je vois des chevaux, mais ne fais aucune affaire. Avec moi viennent Bebelle, les enfants et Maurice. Je vois un moment Maman qui est install\u00e9e pour quelques jours \u00e0 Perpignan o\u00f9 elle s&rsquo;occupe beaucoup d&rsquo;une kermesse au profit du dispensaire de la Croix-Rouge, dispensaire dont elle est Directrice.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"531\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1-531x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-692\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1-531x1024.jpeg 531w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1-156x300.jpeg 156w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1-768x1481.jpeg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1-797x1536.jpeg 797w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t537687922_1.jpeg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 531px) 100vw, 531px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab\u00a0Pour nos soldats\u00a0\u00bb, lettre d&rsquo;Henri d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch, p\u00e8re d&rsquo;Antoine, publi\u00e9e dans <em>Le Roussillon <\/em>du 8 novembre 1912 en faveur de la Croix-Rouge fran\u00e7aise \u2013 Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 10 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 je prends part \u00e0 la f\u00eate de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels \u00ab&nbsp;L&rsquo;Union familiale&nbsp;\u00bb qui vient de se fonder et dont je suis membre honoraire ; cette soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;est form\u00e9e par l&rsquo;adh\u00e9sion de tous les conservateurs, catholiques et royalistes qui se sont retir\u00e9s de l&rsquo;ancienne soci\u00e9t\u00e9 dont le bureau est r\u00e9publicain et blocard ; elle comprend des hommes, des femmes et des enfants ; le pr\u00e9sident est mon fermier Joseph Jacomy. La f\u00eate est mouvement\u00e9e : l&rsquo;ineffable Mary, maire \u00e9lu par la fraude, pour ennuyer ses adversaires, avait pris un arr\u00eat\u00e9 pour interdire tout cort\u00e8ge ; sur mon conseil, le bureau de la Soci\u00e9t\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de passer outre. Aussi j&rsquo;ai tenu \u00e0 prendre part \u00e0 la f\u00eate et \u00e0 \u00eatre au premier rang, afin de me solidariser enti\u00e8rement avec le bureau. On m\u2019a dress\u00e9 proc\u00e8s-verbal, je ne m\u2019en porte pas plus mal ; je ne raconte pas plus longuement ce petit \u00e9v\u00e9nement car j&rsquo;ai l&rsquo;intention de coller ici l&rsquo;article du <em>Roussillon<\/em> qui le relatera demain ou mardi. Les Tournamille, venus \u00e0 Perpignan pour le mariage de leur cousin de Lapasse<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>, viennent d\u00e9jeuner ici et passent l&rsquo;apr\u00e8s-midi avec nous. Je leur fais faire une petite promenade en auto.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 11 au 17 novembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 11 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas d\u2019ici&nbsp;; je vais seulement \u00e0 Bouletern\u00e8re ; nous nous promenons un peu avec Maurice&nbsp;; avec Bebelle et Tony.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 12 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan et j&rsquo;assiste au mariage d\u2019Henriette de Massia de Ranchin avec le lieutenant Bernard de Lapasse<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a> du 6<sup>e<\/sup> cuirassiers, proche parent d\u2019Henri Tournamille ; apr\u00e8s la messe, j\u2019assiste au lunch chez la marquise de Massia ; c&rsquo;est un lunch de 150 couverts. Bebelle y \u00e9tait invit\u00e9e aussi mais n\u2019y est pas venue, elle a eu peur que cela ne la fatigu\u00e2t. Henry du Lac, qui connaissait le mari\u00e9, est venu au mariage et viendra ici demain.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 13 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Henry arrive ce matin vers 11 heures. L\u2019apr\u00e8s-midi, Bebelle, Maurice, Henry et moi faisons une promenade en auto ; nous allons d&rsquo;abord \u00e0 Thuir, puis \u00e0 Bouletern\u00e8re, nous allons \u00e0 pied \u00e0 la Guill\u00e8re, et rentrons \u00e0 Ille vers 5 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 14 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, avec Maurice et Henry, promenade \u00e0 la Sybille<a href=\"#_ftn41\" id=\"_ftnref41\">[41]<\/a>, dans \u00ab&nbsp;les Orgues&nbsp;\u00bb etc., \u00e0 R\u00e9gleilles, nous allons en auto jusqu\u2019\u00e0 la Sybille&nbsp;; temps superbe. L\u2019apr\u00e8s-midi, Henry va \u00e0 une r\u00e9union au ch\u00e2teau de Castelnau<a href=\"#_ftn42\" id=\"_ftnref42\">[42]<\/a> ; avec Bebelle, Maurice et les enfants je vais \u00e0 Perpignan ; nous allons \u00e0 la kermesse de la Croix-Rouge que dirige Maman et qui a donn\u00e9 d&rsquo;excellents r\u00e9sultats pour la caisse du dispensaire ; Bebelle m\u00e8ne les enfants \u00e0 un cirque. J\u2019ach\u00e8te pour Claira un des chevaux que j&rsquo;avais vus samedi, je le paie 1550 francs ; c&rsquo;est une b\u00eate superbe ; j\u2019ai vendu l&rsquo;autre 400 frs.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"634\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8-1024x634.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-719\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8-1024x634.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8-300x186.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8-768x475.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8-825x510.jpg 825w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/large-8.jpg 1155w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le ch\u00e2teau de la Sybille \u00e0 Ille-sur-Tet \u00a0\u2013 Carte postale Couderc, s.d. [ann\u00e9es 1910] (Site G\u00e9n\u00e9anet cartes postales)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 15 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Henry repart dans l\u2019apr\u00e8s-midi pour la Borie Grande. On parle de n\u00e9gociations de paix entre la Turquie aux abois et le roi de Bulgarie dont les troupes sont aux portes de Constantinople ; la Turquie d\u2019Europe, \u00e0 l\u2019exception du vilayet de Constantinople, serait partag\u00e9e entre les coalis\u00e9s ; la grosse difficult\u00e9 de la situation vient de l&rsquo;opposition entre l&rsquo;Autriche-Hongrie et la Serbie ; le conflit para\u00eet cependant un peu moins aigu qu\u2019il y a cinq ou six jours. Voici le compte-rendu des incidents de Bouletern\u00e8re paru dans <em>Le Roussillon<\/em> de mardi ; <em>L\u2019\u00c9clair<\/em> le reproduit aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"831\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115-1024x831.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-720\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115-1024x831.jpg 1024w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115-300x243.jpg 300w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115-768x623.jpg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/19121115.jpg 1177w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Coupure de presse du \u00ab\u00a0Roussillon\u00a0\u00bb du  15 novembre 1912 (article relatant les p\u00e9rip\u00e9ties \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate de la Soci\u00e9t\u00e9 de secours mutuels de Bouletern\u00e8re), coll\u00e9e \u00e0 cette date par Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch dans son journal<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 16 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il fait froid ; je sors tr\u00e8s peu et travaille dans la maison ; j&rsquo;\u00e9cris plusieurs lettres ; je fais un article pour <em>Le Roussillon<\/em> sur les questions ext\u00e9rieures. La lumi\u00e8re \u00e9lectrique est install\u00e9e depuis avant-hier dans la maison ; c&rsquo;est bien commode.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 17 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe, l\u2019apr\u00e8s-midi nous allons voir Bonne Maman \u00e0 Vin\u00e7a, nous allons \u00e0 v\u00eapres \u00e0 Vin\u00e7a.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 18 au 24 novembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 18 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne bouge pas d\u2019ici ; l\u2019apr\u00e8s-midi je me prom\u00e8ne un peu avec Bebelle et Maurice.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 19 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maman, qui est encore install\u00e9e \u00e0 Perpignan jusqu\u2019\u00e0 vendredi, vient ici entre deux trains, elle d\u00e9jeune avec nous. L\u2019apr\u00e8s-midi, nous faisons en auto, avec Maurice, une tourn\u00e9e de visites ; nous allons d&rsquo;abord \u00e0 la Grange o\u00f9 nous ne rencontrons pas les Henri de \u00c7agarriga ; puis \u00e0 Argel\u00e8s o\u00f9 nous rencontrons la baronne de Vilmarest&nbsp;; nous retrouvons chez elle M. de \u00c7agarriga, et plusieurs autres visites ; enfin nous allons aux Capeillans, nous ne rencontrons pas les Rovira, mais M. de Juvenel fait visiter les \u00e9curies \u00e0 Maurice&nbsp;; nous sommes de retour \u00e0 Ille \u00e0 6h \u00bd. <em>Le Roussillon<\/em> d\u2019aujourd\u2019hui publie un article de t\u00eate que je lui ai envoy\u00e9 sous la rubrique \u00ab&nbsp;Chronique de l&rsquo;\u00c9tranger&nbsp;\u00bb ; dans une r\u00e9union des chefs de l\u2019Action fran\u00e7aise du d\u00e9partement \u00e0 laquelle j\u2019assistais, on m\u2019a demand\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire de temps en temps une Chronique de l\u2019\u00c9tranger pour <em>Le Roussillon<\/em> ; j\u2019ai d\u00fb accepter et je commence aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"820\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-820x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-721\" srcset=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-820x1024.jpeg 820w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-240x300.jpeg 240w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-768x959.jpeg 768w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-1230x1536.jpeg 1230w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1-1640x2048.jpeg 1640w, https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Le_Roussillon___journal_politique_.Action_francaise_bd6t53768801k_1.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 820px) 100vw, 820px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab\u00a0Chronique de l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb, article d&rsquo;Antoine d&rsquo;Est\u00e8ve de Bosch publi\u00e9 en premi\u00e8re page du <em>Roussillon <\/em>du 19 novembre 1912 \u2013 Gallica<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 20 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons Bebelle, Maurice et moi&nbsp;; il fait beau.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 21 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand&rsquo;messe \u00e0 9 heures ; je me prom\u00e8ne avec Maurice \u00e0 Casenove ; l\u2019apr\u00e8s-midi nous nous promenons encore avec Bebelle. Maurice nous quitte ce soir ; son cong\u00e9 est fini, il part \u00e0 6h21 du soir pour Paris o\u00f9 il sera demain matin \u00e0 10h41 et, de l\u00e0, pour Angers o\u00f9 il doit reprendre son service lundi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 22 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Claira et Rivesaltes en auto ; je m&rsquo;occupe de l\u2019achat d\u2019une vigne que l&rsquo;on m\u2019a signal\u00e9e et qui me conviendrait pour remplacer le Lloucati ; l\u2019affaire n\u2019est pas conclue mais est en bonne voie. Papa et Maman rentrent aujourd\u2019hui \u00e0 Ille apr\u00e8s plus de 15 jours pass\u00e9s \u00e0 Perpignan.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 23 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re et Vin\u00e7a en auto ; Maman vient avec moi en auto ; Bonne Maman va bien. Les affaires s&#8217;embrouillent de plus en plus entre la Serbie qui veut un port sur l\u2019Adriatique et l&rsquo;Autriche-Hongrie qui veut l\u2019emp\u00eacher de le prendre ; la Russie para\u00eet soutenir la Serbie&nbsp;; jusqu\u2019\u00e0 quel point ? Je l&rsquo;ignore. Il y a des pourparlers d\u2019armistice et m\u00eame de paix entre les alli\u00e9s et la Turquie, mais ils ne semblent pas devoir aboutir. Le chol\u00e9ra s\u00e9vit dans l&rsquo;arm\u00e9e ottomane et \u00e0 Constantinople ; peut-\u00eatre fera-t-il r\u00e9fl\u00e9chir les Bulgares et les emp\u00eachera-t-il, mieux que les Turcs, d\u2019entrer \u00e0 Constantinople.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 24 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; de 4 \u00e0 6 heures du soir nous nous promenons un peu dehors et faisons des visites.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 25 au 30 novembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 25 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous promenons dans la direction de Corb\u00e8re et de Saint-Michel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 26 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi nous allons \u00e0 Perpignan o\u00f9 nous faisons plusieurs visites : nos cousins de Chefdebien, \u00e0 Maillole, les Massia, les Lazerme etc. ; nous faisons plusieurs commissions et sommes de retour ici \u00e0 7h \u00bd. La situation internationale tend \u00e0 s\u2019aggraver ; le conflit entre l&rsquo;Autriche et la Serbie pour le port que r\u00e9clame cette derni\u00e8re est loin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9solu. L\u2019Autriche mobilise son arm\u00e9e, c\u2019est certain ; la Russie en fait autant. Les pourparlers en vue d\u2019un armistice et m\u00eame de la paix entre la Porte et les \u00c9tats balkaniques n\u2019aboutissent pas, et il para\u00eet certain que l\u2019Allemagne et l\u2019Autriche poussent la Turquie \u00e0 r\u00e9sister. Bref, la tension europ\u00e9enne actuelle est pleine de danger et peut m\u00e9nager les plus terribles surprises pour ceux qui ne prendront pas en temps voulu les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires. Prend-on en France ces pr\u00e9cautions que la prudence exigerait ? Je l&rsquo;ignore. Cependant des bruits de guerre courent dans le pays ; l&rsquo;opinion reste calme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 27 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Bouletern\u00e8re dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi ; je vais \u00e0 la vigne de la Grande F\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 28 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi nous allons voir les Passama \u00e0 Sa\u00fc pr\u00e8s de Thuir ; nous rentrons de bonne heure.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 29 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons la visite de Tante Augustine de Llobet qui vient d\u00e9jeuner avec nous et passe l\u2019apr\u00e8s-midi ici ; nous allons faire une petite promenade en auto sur la route de B\u00e9lesta et de Montalba. L\u2019Autriche mobilise de plus en plus son arm\u00e9e, la situation devient inqui\u00e9tante et le gouvernement se d\u00e9cide enfin \u00e0 prendre quelques pr\u00e9cautions militaires. Dans le public, on commence \u00e0 parler ouvertement d\u2019une guerre europ\u00e9enne dans laquelle nous serions entra\u00een\u00e9s par le jeu des alliances.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 30 novembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Vin\u00e7a ; Maman et Tony y viennent avec moi ; je crois que j\u2019aurai vendu le vin de Bouletern\u00e8re \u00e0 30 francs l&rsquo;hecto.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9cembre 1912<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 tous les offices ; l\u2019apr\u00e8s-midi je me prom\u00e8ne un peu malgr\u00e9 le froid assez vif.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 2 au 8 d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 2 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Perpignan tous en auto. Nous allons chez le Dr Espinouze, oculiste, pour Germaine et chez le Dr Vidal, dentiste, pour Bebelle ; nous en profitons pour faire quelques visites : De Llamby, Lutrand.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 3 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous ne bougeons pas ; il fait froid, je vais me promener du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Michel. Ce matin je suis \u00e0 la messe \u00e0 7 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 4 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bonne Maman vient d\u00e9jeuner et passer la journ\u00e9e avec nous. Mes parents ont la visite de Lucien Darru.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 5 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous revenons \u00e0 Perpignan \u00e0 cause de Bebelle qui est forc\u00e9e de revoir son dentiste ; nous en profitons pour faire plusieurs visites.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 6 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, nous allons \u00e0 Boule en auto et revenons par la route qui longe la montagne&nbsp;; nous prenons les enfants avec nous. Le matin je vais \u00e0 la messe et fais la sainte communion.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 7 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 Perpignan avec Bebelle ; je vais seul \u00e0 Claira o\u00f9 je fais un tour dans les vignes que l&rsquo;on continue \u00e0 tailler.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 8 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais avec Bebelle \u00e0 la messe de 8h \u00bd, nous faisons la sainte communion ; je vais ensuite seul \u00e0 Perpignan o\u00f9 j\u2019assiste au d\u00e9jeuner mensuel des repr\u00e9sentants des sections d\u2019Action fran\u00e7aise ; je rentre par le train de 4 heures mais je vais coucher \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 cause d\u2019un enterrement auquel je dois assister demain matin ; j\u2019ai laiss\u00e9 l\u2019automobile \u00e0 Perpignan pour faire changer les axes des pistons.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 9 au 15 d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 9 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019assiste le matin \u00e0 Vin\u00e7a aux obs\u00e8ques du soci\u00e9taire Sir\u00e9 Joseph ; je rentre en voiture dans l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 10 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan par le train de 1h25 et j\u2019en rentre le soir par le dernier train&nbsp;; \u00e0 Perpignan je fais une foule de courses et commissions ; je fais \u00e9tablir mon changement de domicile pour mon livret militaire ; j\u2019\u00e9tais encore domicili\u00e9 \u00e0 Angers ; en cas de mobilisation je serais probablement affect\u00e9 \u00e0 la conduite des automobiles ; qui sait si on ne mobilisera pas bient\u00f4t ; le conflit austro-serbe qui ne se r\u00e8gle pas peut donner lieu \u00e0 toutes les surprises. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Autriche redoute beaucoup, peut-\u00eatre avec raison pour elle, la formation de la conf\u00e9d\u00e9ration balkanique et elle cherche \u00e0 l&#8217;emp\u00eacher en cherchant noise \u00e0 la Serbie ; si elle attaque la Serbie comme c\u2019est probable, et si la Russie prend la d\u00e9fense de la Serbie, la situation deviendra tr\u00e8s grave pour la France car l\u2019Allemagne soutiendra l\u2019Autriche.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 11 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons Papa et Maman \u00e0 d\u00e9jeuner ; nous avons la visite des Ferriol. Vers le soir, Tony se plaint de mal \u00e0 la gorge ; nous faisons venir le Dr Pons qui recommande de le tenir au chaud ; s&rsquo;il ne va pas mieux demain, il lui fera une injection de s\u00e9rum antidipht\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 12 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, je vais \u00e0 Boule p\u00e9destrement (et en reviens de m\u00eame) pour m\u2019entendre avec le fils Llense et Joseph Jacomy qui comparaissent demain avec moi devant le tribunal de simple police \u00e0 Vin\u00e7a \u00e0 la suite du proc\u00e8s-verbal qui nous a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 \u00e0 Bouletern\u00e8re le 10 novembre. Tony ayant quelques points blancs dans la gorge, le docteur lui fait le soir une injection de s\u00e9rum ; il lui en injecte deux tubes ; ainsi nous serons tranquilles, il n\u2019y aura pas de complication \u00e0 redouter.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 13 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tony a pass\u00e9 une excellente nuit, il va bien mieux, mais ne se l\u00e8ve pas. Je vais \u00e0 Vin\u00e7a en voiture et rentre par le train de une heure ; nous comparaissions devant la justice pour infraction \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du maire de Bouletern\u00e8re interdisant toute manifestation avec ou sans embl\u00e8me sans son autorisation. Devant le juge, je soutiens que l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 \u00e9tait ill\u00e9gal parce qu&rsquo;il n\u2019avait pas le caract\u00e8re d&rsquo;un arr\u00eat\u00e9 d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral et qu&rsquo;il \u00e9tait d\u2019ordre particulier, il \u00e9tait pr\u00e9ventif et non r\u00e9pressif, contrairement \u00e0 ce que peut faire un maire en mati\u00e8re de tranquillit\u00e9 publique (article 97 paragraphe 2 loi du 5 avril 1884)&nbsp;; je me d\u00e9fends longuement en me tenant sur ce terrain&nbsp;; je montre \u00e9galement que cet arr\u00eat\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pris uniquement pour vexer des adversaires politiques et que dans ces conditions nous avions le devoir de ne pas en tenir compte, et en cons\u00e9quence je demande l&rsquo;acquittement. Mes co-inculp\u00e9s ajoutent quelques explications du fait. L\u2019organe du minist\u00e8re public n&rsquo;est pas de mon avis, je lui r\u00e9plique&nbsp;; je vois que le juge a son si\u00e8ge fait d\u2019avance et va nous condamner ; cela m\u2019est bien \u00e9gal, mais, pour ennuyer davantage le maire de Boule, je veux faire durer le plaisir et je demande le renvoi \u00e0 une prochaine audience, ce qui est accord\u00e9. La prochaine fois, je ferai venir un avocat. Je d\u00e9jeune \u00e0 Vin\u00e7a et rentre \u00e0 Ille par le train. Ce matin, je suis all\u00e9 \u00e0 la messe de 7h avec Bebelle ; elle \u00e9tait c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 nos intentions \u00e0 l&rsquo;autel de Sainte Lucie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 14 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tony va de mieux en mieux et nous le levons ; je me prom\u00e8ne avec Bebelle du c\u00f4t\u00e9 de Casenove. Je crois bien que Bebelle ne sera plus valide longtemps ; il est probable que le b\u00e9b\u00e9 na\u00eetra dans 8 ou 10 jours au plus ; nous l&rsquo;appellerons Joseph ou Marie ; Maman sera sa marraine et l\u2019oncle Charles de Lalobet son parrain. L\u2019attitude de l&rsquo;Autriche demeure \u00e9nigmatique ; elle a fait d\u2019\u00e9normes pr\u00e9paratifs militaires et il semble probable que si elle n&rsquo;obtient pas ce qu&rsquo;elle veut de la Serbie par persuasion, ou plut\u00f4t par intimidation, elle engagera les hostilit\u00e9s contre ce petit peuple slave ; et alors la Russie sera peut-\u00eatre entra\u00een\u00e9e dans le conflit et une grande guerre europ\u00e9enne pourra s&rsquo;ensuivre.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 15 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous allons \u00e0 la grand&rsquo;messe et \u00e0 v\u00eapres ; nous nous promenons un peu dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 16 au 22 d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 16 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan et \u00e0 Claira ; je prends la voiture \u00e0 Perpignan o\u00f9 elle \u00e9tait depuis quelques jours pour changer les axes des pistons. Je m\u2019occupe, \u00e0 Claira, d&rsquo;une vigne que je voudrais acheter pour remplacer le Lloucati.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 17 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons, dans l\u2019apr\u00e8s-midi, la visite de Fernand et de Marie de Rovira. Un t\u00e9l\u00e9gramme de l\u2019oncle Xavier nous annonce la naissance d&rsquo;un fils de Madeleine, un petit de Rodellec ; je ne sais pas comment on l&rsquo;appellera<a href=\"#_ftn43\" id=\"_ftnref43\">[43]<\/a> ; \u00e0 bient\u00f4t notre tour.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 18 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Perpignan, Rivesaltes et Claira en auto&nbsp;; \u00e0 Perpignan je vois M. Henri Bertran qui me donne certaines instructions confidentielles ; dimanche, je ferai avec lui une tourn\u00e9e dans les sections d\u2019Action fran\u00e7aise de Claira, Bompas, Pia ; il faut passer la revue de nos troupes pour \u00eatre pr\u00eats \u00e0 toutes les \u00e9ventualit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 19 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9jeuner chez mes parents avec M. et Mme Jean Bertran de Balanda, la cousine de Guardia et sa fille Zete, Mme de Llamby, sa fille et son gendre Darru ; ils repartent \u00e0 4 heures.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 20 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin je vais \u00e0 Boule ; Maurice Roger est ici, il m\u2019apporte 2 barriques de vin et des sarments ; il vient \u00e0 Boule avec moi. Je me prom\u00e8ne avec Bebelle du c\u00f4t\u00e9 de Saint-Michel.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 21 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La journ\u00e9e est pluvieuse, je ne sors presque pas ; j&rsquo;\u00e9cris un article pour <em>Le Roussillon<\/em>, j\u2019entreprends l\u2019histoire de la Question d\u2019Orient. Je suis \u00e0 10 heures au moment de me mettre au lit, Bebelle commence \u00e0 souffrir, il est probable que le b\u00e9b\u00e9 attendu arrivera cette nuit ; j\u2019envoie chercher la sage-femme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 22 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 2 heures 20 du matin, Bebelle apr\u00e8s 4 heures seulement de travail, donne le jour \u00e0 un fils, c\u2019est un assez beau petit&nbsp;; nous l\u2019appellerons Joseph. \u00c0 la fin, les choses se sont tellement pr\u00e9cipit\u00e9es que le Docteur Pons est arriv\u00e9 apr\u00e8s la naissance ; mais tout a \u00e9t\u00e9 pour le mieux. Bebelle va aussi bien que possible. Je vais \u00e0 la messe de 8h \u00bd et vais faire ma tourn\u00e9e de r\u00e9unions, je passe la journ\u00e9e ici&nbsp;; comme je ne me suis pas couch\u00e9 de la nuit derni\u00e8re, je suis tr\u00e8s fatigu\u00e9.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 23 au 29 d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 23 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bebelle et le petit ont pass\u00e9 une tr\u00e8s bonne nuit ; je vais \u00e0 Vin\u00e7a pour passer chez M<sup>e<\/sup> Bouch\u00e8de l&rsquo;acte de vente de la vigne du Lloucati, en m\u00eame temps j&rsquo;ach\u00e8te \u00e0 Papa pour 8500 francs sa vigne dite Champ Bourrou \u00e0 Claira (si je trouve un bon prix de cette derni\u00e8re, je la revendrai). Je vends le Lloucati 22.500 francs ; en attendant de trouver une bonne vigne \u00e0 acheter, je vais placer l\u2019argent qui me reste apr\u00e8s avoir pay\u00e9 le Champ Bourrou (je paye 6000 francs aujourd\u2019hui, 2500 en janvier 1914). Monsieur Bouch\u00e8de vient ici avec moi en auto faire signer ces deux actes \u00e0 Bebelle dans son lit ; pour faire une grosse \u00e9conomie d\u2019enregistrement, j\u2019ai profit\u00e9 d&rsquo;une voie d&rsquo;\u00e9change pour ces deux vignes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 24 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous fixons \u00e0 dimanche prochain \u00e0 2 heures le bapt\u00eame du petit Joseph ; naturellement, c\u2019est l\u2019oncle Gabriel de Llobet qui fera le bapt\u00eame. Je vais \u00e0 Perpignan dans l\u2019apr\u00e8s-midi et je m&rsquo;entends avec lui \u00e0 ce sujet. Je place 19.500 francs en obligations Maroc 1904 5%.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mercredi 25 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la messe de minuit et je fais la sainte communion&nbsp;; je reviens \u00e0 v\u00eapres, je r\u00e9veillonne chez mes parents apr\u00e8s la messe. Bebelle va tr\u00e8s bien.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, jeudi 26 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 la grand&rsquo;messe de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-\u00c9tienne qui est en m\u00eame temps la messe d\u2019enterrement de Madame Roca ; je reviens \u00e0 v\u00eapres.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, vendredi 27 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Finestret en auto enterrer, avec une d\u00e9l\u00e9gation de la Soci\u00e9t\u00e9 Saint-S\u00e9bastien, l\u2019ancien ermite de Doma Nova, le vieux Chicou Paraire, je d\u00e9jeune \u00e0 Vin\u00e7a ; l\u2019apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Prades, je vois longuement M. Jean D\u00e9jan de la part de M. Bertran.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, samedi 28 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le matin, je vais \u00e0 Boule et en reviens en me promenant ; on taille la Grande F\u00e8che. L\u2019apr\u00e8s-midi, je ne bouge pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, dimanche 29 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019assiste \u00e0 la grand&rsquo;messe. Aujourd\u2019hui \u00e0 2 heures a lieu le bapt\u00eame de Joseph. \u00c0 cette occasion j\u2019ai invit\u00e9 quelques parents et amis, les uns \u00e0 venir d\u00e9jeuner, les autres \u00e0 venir assister au <em>ralleu <\/em>et \u00e0 luncher. J\u2019ai le parrain qui est l\u2019oncle Charles de Llobet, Tante Augustine, l\u2019oncle Gabriel qui fait le bapt\u00eame, les Lutrand, les Chefdebien, les Rovira, les Lazerme et Marthe avec son mari, et les de La Croix. Le bapt\u00eame a lieu \u00e0 2 heures pr\u00e9cises ; le cur\u00e9<a href=\"#_ftn44\" id=\"_ftnref44\">[44]<\/a>, qui nous en veut \u00e0 mort depuis 18 mois (j&rsquo;ignore pourquoi) n\u2019y assiste pas et emp\u00eache m\u00eame le vicaire d\u2019y assister (ce dernier en est d\u00e9sol\u00e9 et m&rsquo;en fait ses excuses) ; c\u2019est un affront que veut nous faire ce cur\u00e9 mal \u00e9lev\u00e9, mais il lui retombera sur le nez sans m&rsquo;atteindre. Le petit re\u00e7oit les noms de Joseph Marie Antoine Auguste Paul Philippe ; ce dernier nom \u00e0 cause du Roi. Le <em>ralleu<\/em> est tr\u00e8s r\u00e9ussi et amuse beaucoup mes invit\u00e9s ; le lunch qui le suit est aussi tr\u00e8s r\u00e9ussi. C\u2019est Maman qui est marraine de cet enfant.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Semaine du 30 au 31 d\u00e9cembre 1912<\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, lundi 30 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019apr\u00e8s-midi je vais \u00e0 Perpignan en auto pour conduire Germaine chez M. Espinouze, oculiste, et pour causer avec M. Bertran que je vois au Panache o\u00f9 nous nous \u00e9tions donn\u00e9 rendez-vous. Je fais une foule de courses et commissions.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ille, mardi 31 d\u00e9cembre 1912<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vais \u00e0 Vin\u00e7a en auto pour la r\u00e9union de la commission d&rsquo;assistance-retraite ; j&rsquo;y d\u00e9jeune et j&rsquo;offre \u00e0 Bonne Maman mes v\u0153ux du Jour de l&rsquo;An ; en rentrant ici, je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Bouletern\u00e8re o\u00f9 la taille de la Grande F\u00e8che s\u2019ach\u00e8ve ; ici, j\u2019assiste \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie, chant du Miserere, du Te Deum et b\u00e9n\u00e9diction qui cl\u00f4ture l&rsquo;ann\u00e9e, triste ann\u00e9e pour moi et ma famille ; elle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 heureuse pour moi qu\u2019en raison de la naissance de mon dernier enfant et aussi de la bonne r\u00e9colte de vin. \u00c0 tous les autres points de vue, je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 heureux cette ann\u00e9e. Je crois que 1913 sera une ann\u00e9e historique ; il est probable que d&rsquo;importants \u00e9v\u00e9nements politiques auront lieu en 1913 en France et hors de France. Prions Dieu de les faire tourner \u00e0 l\u2019avantage de notre ch\u00e8re Patrie, ce sera ma meilleure consolation<a href=\"#_ftn45\" id=\"_ftnref45\">[45]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> S\u00e9zanne, Marne (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Gabrielle de Llobet (1888-1967), fille de Charles de Llobet et de Genevi\u00e8ve Guiraud, mari\u00e9e le janvier 1912 \u00e0 Cuq-Toulza (Tarn) avec Christian de La Barri\u00e8re (1883-1945). Cousine germaine de Gabrielle du Lac (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Roger de Lancrau de Br\u00e9on (1882-1934) \u00e9pousa le 11 janvier 1912 \u00e0 Paris Marthe de Corbel Corbeau de Vaulserre (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Fran\u00e7ois Xavier Louis No\u00ebll (Finestret, 1<sup>er<\/sup> octobre 1828-Vin\u00e7a, 16 janvier 1912), receveur de l\u2019enregistrement et des domaines, fils de Fran\u00e7oise No\u00ebll et de Marguerite Ribes. Mari\u00e9 en 1860 \u00e0 Th\u00e9r\u00e8sine de Girv\u00e8s.&nbsp;Cette famille est et sera souvent cit\u00e9e au fil du journal. Son neveu Louis No\u00ebll (1885-1964) \u00e9pousera en 1912 Marie Antoinette Magu\u00e9 dite \u00ab&nbsp;N\u00e9nette&nbsp;\u00bb, cousine germaine de l\u2019auteur du journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Albert de S\u00e9r\u00e9 de Lanauze (1872-1959), mari\u00e9 en 1900 avec Mar\u00eda de los Dolores Mu\u00f1oz (1866-1931), fille de Fernando Mar\u00eda Mu\u00f1oz (1838-1910), duc de Riansares, et de Eladia Bernaldo de Quir\u00f3s, petite-fille par son p\u00e8re de Mar\u00eda Cristina de Bourbon des Deux Siciles, veuve en premi\u00e8res noces du roi Ferdinand VII d\u2019Espagne, remari\u00e9e en 1833 avec Agust\u00edn Fernando Mu\u00f1oz, duc de Riansares (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Marie-Th\u00e9r\u00e8se Pujade (Am\u00e9lie-les-Bains, 10 f\u00e9vrier 1861-Perpignan, 27 janvier 1912), fille d\u2019Abdon Pujade, m\u00e9decin, et de Fanny Pujade, avait \u00e9pous\u00e9 en 1881 le docteur Paul de Lamer, dont il a souvent \u00e9t\u00e9 question au fil de ce journal. Voir <em>supra<\/em> notes du 23 mai 1904, 17 avril 1906 et 15 mars 1908 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 28 mai 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Il s\u2019agit d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 de la famille du Lac situ\u00e9e dans l\u2019H\u00e9rault. Voir <em>supra<\/em> 28, 29 et 30 octobre 1908 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 19 septembre 1903 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Jules V\u00e9drines (1881-1919), aviateur fran\u00e7ais, pilote brevet\u00e9 en 1910, embauch\u00e9 chez Morane \u00e0 partir de 1911, il effectua divers exploits et impulsa en 1912 une souscription nationale pour le d\u00e9veloppement de l\u2019arm\u00e9e a\u00e9rienne (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Raymond d\u2019Arexy (Toulouse, 29 d\u00e9cembre 1856-Charenton-le-Pont, 12 f\u00e9vrier 1912), fils de Sylvain d\u2019Arexy et de Doroth\u00e9e de Falgui\u00e8re, avait \u00e9pous\u00e9 le 28 novembre 1883 \u00e0 Perpignan Th\u00e9r\u00e8se Bertran (1856-1943), s\u0153ur de Jean et d\u2019Henri Bertran (ou Bertran de Balande) (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Marie-Louise Jarlier (Port-Vendres, 17 ao\u00fbt 1883-Perpignan, 1912) avait \u00e9pous\u00e9 en 1909 Adolphe S\u00e8be (1877-1961), notaire puis banquier \u00e0 Perpignan, fils de Fr\u00e9d\u00e9ric S\u00e8be et de Marie Boluix, cette derni\u00e8re petite-fille d\u2019une Lazerme et donc cousine de Mme d\u2019Est\u00e8ve de Bosch n\u00e9e Lazerme (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> Tante par alliance d\u2019Albert du Lac, fr\u00e8re de Gabrielle du Lac (Mme d\u2019Est\u00e8ve de Bosch), par son \u00e9pouse n\u00e9e Marie de Vill\u00e8le (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> Jeanne de Vill\u00e8le, belle-s\u0153ur d\u2019Albert du Lac, fr\u00e8re de Gabrielle du Lac (Mme d\u2019Est\u00e8ve de Bosch), par son \u00e9pouse n\u00e9e Marie de Vill\u00e8le (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Robert Ducourneau (Hagetmau, Landes, 10 janvier 1877-tu\u00e9 sur l\u2019a\u00e9rodrome de Pau dans un accident d\u2019avion le 24 f\u00e9vrier 1912), Saint-Cyrien, lieutenant au 49<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie \u00e0 Bayonne, il entra dans l\u2019aviation militaire en 1910 comme volontaire (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Lucien Millevoye (1850-1918), journaliste et homme politique, d\u00e9put\u00e9 de la Seine de 1898 \u00e0 1918, inscrit successivement aux groupes boulangiste, antijuif et \u00e0 l\u2019Action lib\u00e9rale (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> Cirque itin\u00e9rant allemand cr\u00e9\u00e9 par la famille Hagenbeck de Hambourg, connu pour la pr\u00e9sentation de fauves dans des \u00ab&nbsp;cage-ar\u00e8nes&nbsp;\u00bb. En 1912, la m\u00e9nagerie Wilhelm Hagenbeck comprenait 200 animaux (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Op\u00e9rette compos\u00e9e par Edmond Audran sur un livret d&rsquo;Alfred Duru et Henri Chivot, repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1877 \u00e0 Marseille, version r\u00e9vis\u00e9e en 4 actes cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris en 1884. Deux Parisiens d\u00e9barquent en Inde pour \u00e9chapper \u00e0 leurs cr\u00e9anciers, le prince h\u00e9ritier s\u2019amourache de l\u2019une des deux, qu\u2019il finit par \u00e9pouser (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> Ernest Auguste William Helouis (1849-1916), g\u00e9n\u00e9ral de brigade en 1903, de division en 1907, commandant sup\u00e9rieur de la d\u00e9fense des places du groupe de Nice et gouverneur de Nice et commandant de la Subdivision de r\u00e9gion de Nice (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> Henri Beaudenom de Lamaze (1848-1938), g\u00e9n\u00e9ral de brigade en 1903, de division en 1910, commandant de la 29<sup>e<\/sup> division d\u2019infanterie \u00e0 Nice (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> Xavier Rouflay (1843-1924), m\u00e9decin principal de 1<sup>\u00e8re<\/sup> classe, directeur du Service de Sant\u00e9 de la province d\u2019Alger, il \u00e9tait le fils d\u2019une catalane, Jos\u00e9phine Felip, originaire de Prades (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> Honor\u00e9 Jean Baptiste Pierrugues (1849-1926), X 1869, g\u00e9n\u00e9ral de brigade (1910), gouverneur militaire et commandant sup\u00e9rieur de Langres (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> Jean-Baptiste Charcot (1867-1936), officier de marine, m\u00e9decin et explorateur polaire fran\u00e7ais (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> Gaston de Campredon (1850-1912), fils de Pierre Albert, baron de Campredon, et de Marie Antoinette Cavaillon, avait \u00e9pous\u00e9 en 1876 Esp\u00e9rance de Lazerme (1854-1935), fille de Charles de Lazerme et de Charlotte Delon de Marouls, cousine germaine de Suzanne Lazerme, Mme d\u2019Est\u00e8ve de Bosch (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Com\u00e9die en trois actes de Tristan Bernard, cr\u00e9\u00e9e en 1911 au Th\u00e9\u00e2tre du Palais-Royal. L&rsquo;intrigue suit Albert, un gar\u00e7on de caf\u00e9 qui, devenu riche, se retrouve contraint par un contrat de continuer \u00e0 travailler dans le bistrot de Philibert (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> Com\u00e9die en quatre actes de Flers et Caillavet, cr\u00e9\u00e9e en 1908 et redonn\u00e9e en 1912 au Th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s. Satyre politique et sociale tournant en ridicule un d\u00e9put\u00e9 socialiste millionnaire tromp\u00e9 par sa ma\u00eetresse puis par son \u00e9pouse (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> Paul Louis K\u00fchling, allemand naturalis\u00e9 fran\u00e7ais n\u00e9 en 1870, brevet\u00e9 pilote en 1910, il r\u00e9alisa plus de 300 meetings en trois ans (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Christian de La Barri\u00e8re, mari\u00e9 en 1912 avec Gabrielle de Llobet. Voir <em>supra<\/em> note du 18 novembre 1911 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> Jean Le Cardinal, marquis de Kernier, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 d\u2019Ille-et-Vilaine le 31 mars 1912. Le marquis de Kernier \u00e9tait un l\u00e9gitimiste fervent et un partisan av\u00e9r\u00e9 du \u00ab&nbsp;Roi&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Philippe VII&nbsp;\u00bb). \u00c0 la suite de son \u00e9lection \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s en 1912, le duc d&rsquo;Orl\u00e9ans lui a adress\u00e9 une lettre de f\u00e9licitations. Le pr\u00e9tendant y f\u00e9licite le marquis pour sa victoire \u00e9lectorale dans un bastion traditionnellement fid\u00e8le \u00e0 la cause monarchiste (le pays de Foug\u00e8res\/Vitr\u00e9) et y r\u00e9affirme le lien entre la noblesse bretonne et la tradition monarchique (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> Anne-Pauline Lambert (Phalsbourg, 17 mai 1824-Paris, 21 mai 1912), mari\u00e9e en 1844 avec Thomas de Roig (1813-1888), colonel, lui-m\u00eame fils de Fran\u00e7ois de Roig Pontich et de Victoire d\u2019Oms. Par sa grand-m\u00e8re n\u00e9e Pontich, il \u00e9tait le cousin de la grand-m\u00e8re de l\u2019auteur, n\u00e9e Antoinette de Pontich. Voir <em>supra<\/em> note du 25 juin 1901 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> Il semble qu\u2019il y ait une lacune \u00e0 cet endroit du journal, la semaine du 10 au 16 juin 1912 \u00e9tant manquante (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> Voir <em>supra<\/em> au 3 octobre 1904 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> Voir <em>supra<\/em> au 23 et au 25 septembre 1903 notamment (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note du 10 avril 1902 et au 21 juin 1911. Il doit d\u2019agir d\u2019Henriette de Balanda (1871-1954), mari\u00e9e en 1898 avec Michel de Pous (1870-1934) et de leur fille Anne Marie dite Anny de Pous (1908-1991), future arch\u00e9ologue (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> Maurice du Cos de La Hitte (1865-1924), cousin issu de germains de Ludovic de Vill\u00e8le, p\u00e8re de Marie de Vill\u00e8le, \u00e9pouse d\u2019Albert du Lac, beau-fr\u00e8re d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> Note marginale de l\u2019auteur&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce soir j\u2019ai fait, en auto, 3314 kilom\u00e8tres&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Voir <em>infra<\/em> au 4 novembre 1912 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> Marie Am\u00e9lie de Llobet (La Falga, Haute-Garonne, 30 ao\u00fbt 1886-Pouy-Loubrin, Gers, 31 d\u00e9cembre 1975) mari\u00e9e le 29 octobre 1912 \u00e0 Cuq-Toulza (Tarn) avec Jean de Colomez de Gensac (n\u00e9 en 1885), fils de Fran\u00e7ois de Colomez de Gensac et de Marie-Marthe Esmangart de Bournonville (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> Voir <em>infra<\/em> au 12 novembre 1912 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> Bernard de Lapasse (Toulouse, 22 mars 1886-Pau, 12 f\u00e9vrier 1969), fils de Jean de Lapasse et de Marie Derrouch (elle-m\u00eame cousine germaine de Gabriel Tournamille, p\u00e8re d\u2019Henri Tournamille, beau-fr\u00e8re d\u2019Antoine d\u2019Est\u00e8ve de Bosch), \u00e9pousa le 11 novembre 1912 \u00e0 Perpignan Henriette de Massia de Ranchin (Perpignan, 18 octobre 1889-Pau, 10 septembre 1983), fille d\u2019Albert de Massia de Ranchin et de C\u00e9cile Conte de Bonet (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref41\" id=\"_ftn41\">[41]<\/a> Le ch\u00e2teau de la Sybille est une demeure historique embl\u00e9matique construite en 1889 par la c\u00e9l\u00e8bre cantatrice d&rsquo;op\u00e9ra Ren\u00e9e Vidal au-dessus des Orgues d\u2019Ille-sur-Tet (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref42\" id=\"_ftn42\">[42]<\/a> Il s\u2019agit certainement de Castelnou (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref43\" id=\"_ftn43\">[43]<\/a> Olivier de Rodellec du Porzic, n\u00e9 le 17 d\u00e9cembre 1912 (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref44\" id=\"_ftn44\">[44]<\/a> Joseph Bonafont, voir <em>supra<\/em> note du 16 janvier 1904, et \u00e0 de nombreuses reprises dans la suite du journal (Note de l\u2019\u00e9diteur, S. Chevauch\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref45\" id=\"_ftn45\">[45]<\/a> Note de l\u2019auteur en marge&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Total des kilom\u00e8tres parcourus en automobile en 1912&nbsp;: 5766&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Janvier 1912 Semaine du 1er au 2 janvier 1912 Biarritz, lundi 1er janvier 1912 Nous allons \u00e0 la messe \u00e0 Saint-Charles ; nous pla\u00e7ons cette ann\u00e9e qui commence sous la protection de Dieu. Un brouillard froid et tr\u00e8s \u00e9pais r\u00e8gne toute la journ\u00e9e. L\u2019apr\u00e8s-midi nous allons un moment au casino. Biarritz, mardi 2 janvier 1912 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/2026\/05\/01\/1912\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">1912<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-684","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal-intime-dantoine-desteve-de-bosch"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=684"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":722,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions\/722"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sources.sasl-des-po.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}