Le journal de l’année 1914 s’achève le 31 août, jour où Antoine d’Estève de Bosch s’est rendu à Perpignan pour signer son engagement dans l’armée le temps de la durée de la guerre. On sait qu’il est parti le lendemain pour Lyon. Il n’a pas emporté son journal avec lui sur le front, et ce journal ne reprend que le 14 février 1919, après sa démobilisation.
On sait qu’il n’a pas tenu de journal durant cette période. En revanche, comme il le dit lui-même au début du journal de 1919 :
« Pendant la guerre, j’ai écrit chaque jour quelques notes sur des calepins de poche ; je les relirai souvent, elles auront pour moi un vif intérêt ».
Malheureusement, nous n’avons pas retrouvé ces calepins dans les archives. Nous ignorons s’ils ont disparu ou s’ils se trouvent ailleurs. Peut-être les retrouverons-nous un jour?
Par conséquent, nous avons pris le parti d’essayer de reconstituer ici les différentes étapes du parcours d’Antoine d’Estève de Bosch dans l’armée entre 1914 et 1918, et les principaux événements marquants de sa vie de famille, à partir d’autres documents conservés dans le fonds d’archives familial, ou bien de provenance extérieure. Il s’agit principalement du livret de recrutement, d’un formulaire de demande de la carte du Combattant rempli par Antoine d’Estève de Bosch, et de la copie d’une lettre écrite en 1935, certainement dans le même but, et résumant ses campagnes.
1914
Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 1er septembre 1914 à la Mairie de Perpignan au titre du Service automobile, centre de Lyon. Dirigé sur le dépôt de Lyon.
Le 15 septembre 1914, affecté à la section automobile du Transport de matériel 272 qui a servi tout de suite en Loirraine (front de Saint-Mihiel). Transports de munitions, d’artillerie et de matériel de jour et de nuit, aux batteries du front devant Saint-Mihiel (à Marbotte, Mécrin, La Commanderie, Saint-Aignan, Etang de Rouval, Forêt de la Reine. Subi plusieurs bombardements.
Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « Quand je servais à la Section T.M. 272 (lieutenant Deler), je transportais fréquemment en camion Berliet, de jour et de nuit, des munitions et du matériel aux lieux suivants situés devant le saillant de Saint-Mihiel, non loin du Camp des Romains occupé par l’ennemi : Forêt de la Reine, Mécrin, Marbotte, La Commanderie, Saint-Agnant, l’Etang de Ronval, Rolecourt. Au cours de ces transports, mon camion automobile a subi le tir de l’ennemi, notamment le 26 novembre 1914 et le 15 décembre 1914 à l’Etang de Ronval pendant le déchargement d’obus de 220 que nous transportions. Nous allions aussi à la gare de Commercy souvent bombardée. »
1915
Le 6 janvier 1915, affecté à la 32e section de Parc au Parc automobile de la 1ère armée à Jarville.
Changé de corps le 11 août 1915. Affecté à la Section automobile de Transport de matériel 206.
Durant la fin 1915, nombreux transports de matériel et de munitions (obus, grenades) aux abords du Bois-le-Prêtre et surtout devant Verdun, en empruntant la route de Bar-le-Duc à Verdun, parfois sous le bombardement ennemi.
Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « Quand je servais à la section T.M. 206 (lieutenant Delrieu) en 1915 et 1916, j’ai été envoyé avec plusieurs camions, le 27 août 1915, à une batterie de marine en avant du village de Mamé (lisière du Bois-le-Prêtre) et nos camions ont dû traverser le faubourg de Blénod-lès-Pont-à-Mousson sous un violent bombardement. »
1916
Nombreux transports de matériel et de munitions (obus, grenades) aux abords du Bois-le-Prêtre et surtout devant Verdun, en empruntant la route de Bar-le-Duc à Verdun, parfois sous le bombardement ennemi.
Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « Toujours à la section T.M. 206, j’ai été envoyé plusieurs fois aux abords de Verdun en 1916, souvent comme chef de convoi avec plusieurs camions Saurer transportant des grenades prises à Foug, notamment les 30, 31 mars, 21 mai, 6, 7 juillet, 7 et 18 août. À plusieurs reprises nous avons conduit et déchargé nos camions à Lemmes ; une fois (le 30 mars) à Dombasles en Argonne ; le 31 mars au fort de Landrecourt. Pour ces transports, nous suivions la fameuse route de Bar-le-Duc à Souilly et Verdun, susnommée « la Voie Sacrée » et souvent nous traversions le faubourg de Verdun nommé Chauffour, constamment bombardé. Sur certains points, nos camions ne passaient qu’un à un pour moins attirer l’attention de l’ennemi. Avec la section T.M. 206, je me suis trouvé au bombardement par avions de Toul le 4 juin 1916 et d’Amiens le 10 novembre 1916″.
1917
Le 3 mai 1917, affecté au Parc automobile de la 3e Armée à Noyon.
Changé de corps le 13 novembre 1917. Muté au 114e régiment d’artillerie lourde, 11e S.M.A. Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « Au 114e R.A.L. (11e S.M.A.), je parcourais la partie de la Haute-Alsace alors reconquise (novembre 1917) ».
Changé de corps le 23 novembre 1917. Muté au 63e d’artillerie, affecté au poste 1/2 fixe de D.C.A. 138. Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « Au poste D.C.A. 138, j’étais secrétaire de l’Etat-Major de la D.C.A. de la 7e Armée (capitaine Lesouple) ».
1918
Le 11 mars 1918, affecté au poste de D.C.A. 102.
Voici l’extrait de la lettre de 1935 où Antoine d’Estève de Bosch résume cette phase : « En 1918, au poste D.C.A. 102 (lieutenant Lecomte), cantonné au Rudolphe près Belfort, j’étais observateur ; nous avons subi de fréquentes attaques d’avions ennemis qui nous mitraillaient au passage, notamment les 23 et 24 mars, 31 juillet 1918 etc. Le 20 juillet 1918, au cours d’un bombardement par nos pièces de D.C.A. d’un groupe d’avions allemands, un gros éclat d’obus est tombé à nos pieds, à moins de 50 centimètres de moi. »
Le 27 mars 1918 décède son fils Henri, âgé de 3 ans.
Changé de corps le 9 novembre 1918. Renvoyé dans la zone de l’intérieur comme père de 5 enfants. Envoyé à Versailles au 5e régimen de génie (chemins de fer).
Le 10 novembre 1918, affecté au Bureau militaire du réseau du Midi à Bordeaux, à la commission militaire du réseau du Midi à la gare Saint-Jean comme secrétaire.
1919
Assimilé à la classe 1899, père de 5 enfants – mis en congé illimité de démobilisation le 12 février 1919. Affecté dans la Territoriale, au 16e Train Auto Montpellier. Passé en domicile dans le subdivision de Perpignan le 21 octobre 1921 (bureau d’origine Angers).
Livret de recrutement
Le livret original ayant probablement disparu, un duplicata du livret de recrutement fut délivré en 1921 à Antoine d’Estève de Bosch. Ce document résume l’état militaire du titulaire, et résume ses campagnes. En voici le contenu :
Demande de carte du combattant


Lettre de 1935 résumant les campagnes militaires





